‹ Le Mexique et l'expédition franc̜aiseChapitre 5 sur 5 · SECONDE PARTIE · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE

Au milieu de tous les commentaires auxquels la guf rre k Mex que sert de texte, le | oint le plus important est QS contredit celui qui touche au ré.^ultat final de Texpé- UoD. 11 nous semble, en effet, que le motif de cette guerre Mi être cherché bien plus dans la perspective de résultats niitageux que dans une nécessité péiemptoiie, quoique iffiiile à apprécier.

' Nous avons entendu énoncer de si singulières opinions, |int aux résultats qu'on s<mble espérer de la signature de ) paix ; nous avons lu d»ns les journaux 1 expression lespérance^s si complètement illusoires, à notre avis, que fi% allons essayer d'exposer ce qui, suivant nous, est iKat réel des choses.

{ Remontons d'abord à quelques années en arrière, et JÉerchons dans les antécédents de l'histoire quelques enyignements applicables à la situation actuelle. , Ce n'est pas la première fois que les armées françaises fit traversé l'Océan pour se jeter sur la terre des iMonte- |[ima. Déjà en 1838 la Fiance alla porter la guerre au lexique et revendiquer par la force des armes le redres*

sèment des torts très-réels dont ses représentant nationaux avaient à se plaindre. Pendant huit mois, taine Bazocbe, commandant de Tescadre française le littoral du Golfe, sans réussir à lasser la patii Mexicains qui refusèrent obstinément d'obtempéré timatum lancé par le ministre de France, M. D Le scorbut, la fièvre jaune, voire même le manq et des privations de toute espèce, firent beaucoup les équipages de la flotte, et menaçaient de rend campagne désastreuse. Le contre-amiral Baudin, pagtié du prince de Joinville, arriva enfin avec uf escadre dans les eaux de Vera-Cruz, rallia celle ( taine Bazocbe, et put articuler de nouvelles son qui, appuyées comme elles Tétaient, semblaient de\ efficaces.

Bustamente, «lors président du Mexique, envo; tôt M. Cuevas, ministre des affaires étrangères, p< poser un arrangement par lequel le Mexique s'eng payer une indemnité de trois millions de francs, refusant d*obtempérer aux autres articles de 1 ultim

L'amiral Baudin rejeta ces propositions^.. Le 27 bre, il ouvrit le feu contre le fort d'Uloah et en p session le lendemain. La chance avait voulu qu'une vînt éclater dans la poudrière de la citadelle et la f en causant de terribles dévastations.

Les négociations furent reprises, et un projet d's ment fut convenu entre l'amiral et le général Rinco OMindant de la VeraCruz. Mais le congrès ne rat

Hta convention ; les vocift^rations les plus fl^roces 8^ firent Itondre, et cette assemblée lança un décret d'expulsion iblre les Français établis au Mexique. A cette époque, le Biîque était bien loin d'être ce qu'il est de nos jours: c'était more un pays aux passions sauvages et barbares, tel que iMiit laissé la tutelle démoralisante de l'E&pagne.

général Santa- Anna, qui n*a jamais manqué aucune ion de pêcher en eau trouble, crut le moment venu de oublier sa honteuse campagne du Texas, et de se kaisir du pouvoir. Il apparut inopinément à Vera-Cruz, '^près avoir pris du service sous Rincon, il le supplanta ' ae fut probablement pas étranger à la disgrâce qui vint h|jrper ce dernier.

tl/arrangement de Vera-Cruz ayant échoué, les hostilités rcnt reprises. L'amiral Baudin ne voulut pas bombarder Ole, et la civilisation doit lui en savoir gré. Il se borna à ruiner les défenses des fortins du port. Dans ce il prépara un débarquement de 12 à 1S00 marins, à e desquels il espérait surprendre Tennemi, s'emparer redoutes et faire prisonniers les généraux mexicains, rofitant d'un épais brouillard, il débarqua avant jour trois colonnes devant les deux fortins et sur le môle. Ce ement se fit avec une telle promptitude que les Mexifurent saisis de panique et détalèrent. Les marins çais enclouèrent les canons des fortins, jetèrent les es dans la mer et détruisirent les affûts. Sur le môle, fit sauter la porte avec un pétard, et les Mexicains ne se nôrent pas même le temps de mettre le feu à un canon

tout chargé. Néanmoins, le coup de main ne réusi rooiiié. Le prince de Joinvilie s*empara bien du Arista, qui était tranquillement resté à sommeiller d lit, prenant le coup de pétard pour le coup de cano diane ; mais Santa-Anna, mieux avisé et prévenu un avant Tarrivée du détachement qui devait se saisir eut le temps de sauter dans son jardin, de s*évade donner Talarme dans les casernes.

Le combat fut bientôt engagé dans les rues, et la française n'étant pas en mesure de forcer la case obligée de se retirer, n*emmenant que le général Pendant qu'elle opérait son rembarquement, Santapressait avec la troupe mexicaine Celui-ci voulut cb voir, sans s'exposer, ce qui se passait sur le môle, ce but, il s'était placé derrière un parapet de piei croyait suffisamment à l'abri, mais il ne s'était pa: que son pied gauche dépassait l'angle du mur. A ment, un matelot français, avant de sauter dans u mit le feu à la pièce de canon que les Mexicains abandonnée sur le môle et que les Français venaiei tourner pour protéger leur retraite. Un biscaïen vi per le bout du pied de Santa-Anna qui dépassait h la blessure se trouva assez grave pour nécessiter i putation.

Santa-Anna relata à sa manière cette échauffoui son rapport officiel Dansceltepiêcequi, du reste, s peindre le saltimbanque qui la rédigée, il représe affaire comme une glorieuse bataille par lui gagné<

Ble TenDemi d*avoir attaqué avant la rupture des n^go- Prions, il traite les Français de lâches qu*il aurait pourliftisTépée dans les reins, et prétend s'être emparé sur le ble d'un canon français (il s*agissait du canon D)exicain qui Kft^ait coûté le pied, on conçoit qu*il lui gardait rancune). tHe vantait, de plus, de n'avoir pas respecté les parlenoenfiÉes ennemis, sous prétexte que cet ennemi ne méritait iseoD des égards dus aux nations civilisées ! Quar.t à la Uisurede son pied, elle devient dans ses rapports un pied Ime main fracassés et un cheval tué sous lui(1). h Cette misérable rodomontade, où la forfanterie, Tinsodu langage et le mensonge se disputent le premier ', a influencé la tradition historique, qui se perpétue Mexique au sujet de l'expédition de 1838. Comme les

H) Je cite cette anecdote parce qu'elle ne se trouve, que [sache, dans aucun livre connu. La version s'est accréditée, »rès les rapports mexicains sur cette affaire. qneSantala a eu sa jambe emportée par un boulet français dans combat du môle de Vera-Cruz. Le rapport de ce gé* 1 sur la prétendue victoire remportée par lui à celle ;asion, est singulièrement inexact et peut servir de ;iroen de la manière dont il sait toujours profiter des 'constances les plus fortuites pour se faire valoir. Comme le voit, ce n'est pas un boulet français, mais bien un iscai>n mexicain (\u\ lui a emporté le pied! Après saguélîi, il fit dire une m^sse pour le repos de sa jambe et la enterrer militairement, clergé en tête, et assista à la Wmonie, On éleva un monument à cette jambe au cimere de Mexico, mais en 1855, à la chute du dictateur, la lopulace renversa le monument et voua la jambe à l'oublL

Français sont eux-mêmes, en général, assez sujefsàs'id-i mirer dans leurs ex[>loits, les étrangers ne savent pas au ji ce qui doit être rabattu de l'absurde rapport de Saota-ÂonLJ

Le lecteur ne devrait point inférer de ce qui précèdij que, de nos jours, les rapports mexicains ne méritent de confiance. La nation mexicaine d'aujourd'hui est diff Tente de la vieille nation de la guerre de l'indéf daoce. Celle-ci était encore toute imbue de la barbarie i des vieux préjugés de Tinquisition ; celle d*aujourd'lu^| diamétralement opposée dans ses instincts, proclame liberté moulée sur celte des Etats-Unis. Elle a méfue forte teinte de Yankeemanie. La jeune génération \m des idées aussi avancées que celles de Tancienne ^tiic retardée. Or, SantaÂnna est ce qu'il y a de pire eo bHi vieille génération.

Si j'ai insisté en passant sur ces faits misérables, c'e que Smta-Anna vient de faire une réapparition èVe Cruz. Expulsé en 1855, il s'était retiré à Saint-TI où, suivant son habitude, dans les jours de malheur, ili consolait de ses fréquents exils par une sordide conte plation des millions qu'il a détournés du trésor mexicain, < en jouant sans trop de succès le grand homme incoin| Aujourd'hui, Son Altesse Sérénissime de 1855 semble trevoir une nouvelle occasion de s'installer sur le siège de la présidence, ou, peut-être môme de se coiffer de petite couronne impériale qu'en i8o4 il allait placjTSur tête, lorsque, fort inopinément, son collègue Alvarez ^l^| rêta par le bi as.

Malheur au Mexique, si le clergé et les agioteurs des deiers publics réussissent à replacer cet habile dilapidateur

la tête de TElat !

Santa-Anna n*est plus de notre siècle. C'est aujourd'hui D homme impossible, môme au Mexique.

Hais retournons à nos moutons. L'amiral Baudin, n'ayant B8 réussi à s'emparer de la solide caserne de la Merced, rit le parti de la bombarder. Il s'embossa devant Veraroz et fit pleuvoir sur la caserne une grêle de bombes qui a expulsa les troupes et les obligr'a à se ri^fiigier dans ^ collines des dunes qui s'étendent au sud de la ville.

Cependant, les exploits de l'amiral Raudin n'avaient en len avancé les affaires de la France. Le Mexique avait, pur lutter contre l'ennemi, mieux qu'une flotte, mieux u'une armée, savoir sa force d'inertie et cette patience dés- Bpérante, contre laquelle viennent se briser les efforts les lus énergiques. Après la piise d*Uloah, loin d'accepter ultimatum du ministre de France, le gouvernement avait, ornme nous l'avons dit, lancé un décret d'expulsion contre ous les Fi ançajs résidant au Mexique, et les dommages ^usés par ce soudain bannissement dépassaient de beau- Coup ceux dont l'amiral Baudin était venu demander répa- Bation.

i On avait d'abord voulu obliger les bannis à s'embarp|uer à Acapulco, qu'ils ne pouvaient gagner que par des ipenliers affreux, mais les ministres étrangers obtinrent ^u'on.renonçâl à cette rigueur inutile.

tes Frapçais de toutes les villes du Mexique furent donc

obligés de se diriger en toute hâte vers la Vert Cna.Lnn caravanes offraient le plus navrant spectacle. On y voji des femmes et des en fanLs entassés pêle-mêle dans des riots, objet de commisération, même pour les poj mexicaines. Ils allèrent chercher un asile dans la fi d'Uloah, qui était an f>ouvoir de la flotte française, chose pénible à dire, les souffrances de ces malbeurenx furent de beaucoup augmentées par la manière iocro; dent les accueillit le commandant du fort* qui était les prot(^er. Cet ofOcier, homme brutal et bautaia, laissait presque mourir de faim, tni'ant ses mail compatriotes de bandits et de banqueroutiers, les dans les cachots, rudoyant les femmes et imposant hommes de pénibles travaux, quoiqu'il ne leur donolt toute nourritureque les mauvais aliments trouvés dans II teressf , et les soumit même par foisè un jeûnede2iheam(i Ont Aiii<(i que Parmée, qui allait protéger les Françaii M«^ï{lr|Mii, nr» faisait qu'ajouter à leurs malheurs. Le ddjiiifivillri ItiKtrnit de ces faits, malheureusement on tard, oVfnjin^fiKtt d*apporter quelque adoucissement m d«e ftii(ii)f(>

I/a/niral Itmirlln se trouvait, de son côté, dans iiù jjraiid tiiuimnnu ilopuis qu*il ne lui restait plus rien è barder, il n'ftvait pas entre ses mains les forces n TtQ pour pi^iii^lrer dans Tintérieur du pays, et les Mexii ne fiun^çeiiieiii h i'm\ moins qu*à demander la paix.

(1) Voyez, à en Hujflt, lo livre de Mathieu des Fossefi témoin oculaire.

ville de Mexico était uniquement occupée il faire des à Sanla-Aona, le i vainqueur de Vera-Cruz! t de loules les nuunces s'y livraient i la plus ilalion el causaient au gouvernement les plus luiéludes. Dans le Nord, les fédéralistes remsucc^sEignalés; dans la capitale, ils publilisuée de brochures dirigées contre le président, lit de mollesse et presque de trahison. Tous les le la guerre devenaient des griefs dans la bouche savaient les exploiter au profit de leur faction intles passions delà multitude. Pour conjurer menaçait d'éclaler sur sa télé, le président s'éde faire lui-même retentir, du haut de son le cri de : Vive la Fédération ! et de changer [uement son ministère dans le sens fédéraliste. %D même temps, une flotte anglaise de toute force apposait devant Yera-Cniz, et le minisire d'Angleterre offrait médiation qui se présentait presque comme une menace. Fort heureusement pour l'amiral Baudin, les troubles de Mexico, qui auraient pu lui créer les plus rribles embarras s! les fédéralistes avaient renveisé le ivernement, devinrent pour lui un utile auxiliaire, car ite, fortement inqiiiélé par ces derniers, avait hËte avec le guerre étrangère.

loins, l'amiral fui obligé, pour sortir d'embard'accepter la médiation ani;laise, qu il avait refusée , l'ouverlure des hostilités. Les bons offices de l'Angleélaient du reste présentés avec une parfaite courtoisie

ptr M. PKkenhaBi, qnis'eBprean de faire ébignerqBelqaB nisseaui an^ais, ifîa d*eaI^Yer i sa BédiatÎM tout en» tère hoetilc. il déploya dans sa misaieB une grande InlM^ sav laquelle il eût été impossible de trioapher da saœptiblUtés (NBbn^e«Bes des partis. Les pléaipolai' maieaÎQS (le Biaislre Gorostiza et ie général Tkt0ril)l^ rivèrent eo6n i Vera>Cniz et sisaéreot arec l'aminlBndÎQ les eoaditious de la paix. Les subtilités dîploBMiq« et les formalités de tout genre qui n'sTaient cessé d'enlrrer les cégociatioos, donnent madère i rire, et ae sont pub partie la moins curieuse de cet épisode de Miislflire Mxicaine. Le traité de paix »gné, il faiiut en dissimQkr les termes au congrès mexicain pour lui escsoMter a tification. On lui expliqua que le mot payer 600,000 très à la France signifiait seulement les remeiirt^ n donna lieu à de nouvelles réclamatioiis de la part de Y\ rai. Bref, les ratifications furent cependant échangées fin finale, ce qui n\ st pas peu dire au Mexique.

Les conditions de celte paLx ne laissent pas que d*i assez curieuses, car ce sont précisément celles que ks cains avaient offertes avant Touverture des opérations, que Tamiral Baudin avait repoussées. Le Mexique payai la France une indemnité de trois millions de francs, la France renonçait à son ultimatum, quoique celui-d ne passât [)oint les linntes de justes exigences.

Ainsi, npn'^s tant de succès, Tamiral Baudin en était réduite accepter les conditions formulées par le Mexique aui Touvcrturo des hobtililés !

Sar les trais mO^is» i|ib f urani favës à h FVvMi^^ dna

\aaaA furent «fiWtés as rp^iemevl des mV—iitêsJ»» pir le trésor ■MÔciin au CBKomatt friaçùs da Hrxiqiie^ mais le gouwniement français mit uoe IcUe kvii^^r à régler ces iDdeojDJtéss qu il faiiut plas <le quatMa^ i«s p<Mir eo tenDÎoer la répailition lég««le^ €i. peniaot c^ )ap$ dit lemps, plusieurs des rëdai&ant> étaient laorts dans la mi$èr>&.

Eo résuioé, quek oot été Ir^ résultats de rej^pédiiion de 1838?

Beaucoup de gloire, cela va sans dirr; mais apr^? Lm graodes dt^iteuses duoe expédition navale; l^humiliatiMi d'avoir dû, en un de compte, accepter les conditions des Uexicaîus ; une augmentation exe* ssive des soi.fTrancesdes nationaux qu Vile allait prot^er ; une indemnité qui avait été ofTcf te avant la guerre, et qui, sans suftii^ à s* Ider les pertes subies p^r le commerce nation;«l, en a amené d autres infiuiment plus considérables ; en un mot, la ruine au Mexique du commerce rr<inçais qu'on allait y relever.

Heureusement que la France s*est toujours déclarée assex riche pour payer sa gloire, et comme peu de gons cherchent ^ pénétrer le fuiid des choses, renivrement qui suit la victoire devient pour la na:ion comme un vernis qui ^>«re les événements de la couleur la plus brillante, en faisant ou-* ^her la nature même de Tubjet qu'il recouvre. Les auteurs jui ont relaté cette campagne de 1838 n'ont point songé à îiire le rapprochement que nous venons d'établir entre les prétentions, du reste très-justes et presque modérées de ^ 'ultimatum français et les conditions de la paix.

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EuMMie» «Cte |»aix i été bMortUe pour la hooonbie surtoai par la SMidératioa daa vainqueurs, a coaUîbué par la auite à oovrir le Hesique au coi étranger, Uaia lea réanllata B*ottt point été eo prc daa aacrificea que rexpéditioii a exifés.

avons reçu, h Toccasion de noire arlicle du 30 jne lellre fort intt^ressanle d'iin des officiers de Tesrançaise qui s'empara de la Vera Crnz en 1838.

reproduisons ici avec le consenlenienl de l'auleur :

Wiesbade, 8 août \ 863.

jdriez-vous bien, Monsieur, accu» illir les reclificaivantes de Tinti'ressant récit que vous faites, dans le de Genève du 30 juillet dernier, des événements de -Gruzen 1838.

iscadre fut, en effet, très-inaltrailée par la fièvre jaure 9rbut, mais elle ne manqua [jas d'eau. Elle n'aurait stationner vingt- quatre heures dans ces conditions, ent, Teaude VWe Sacrificios, auprès de laquelle elle crée, étant mauvaise, on ne remployait que pour la , et l'on faisait venir de la Havane l'eau potable, it de celle-ci, l'eau de Sacrificios pouvait se boire à îur.

l'attaque du fort de St-Jean d'Ulloa, ce ne fui pas la poudrière qui sauta. Seulement, les bombes ayant le toit de sa casemate, elle élair à la merci de la pre- |ui y tomberait. Ce qui sauta, ce furent les poude service de plusieurs batteries et des cavaliers du

f LM Hflxiciios 8'y d^smlireiit ébergiqiieiMiil, mil i dflB manhkNis, des boulets et des eanoos imni chaque eiplosioo» le fort dispsnisittt dant la la fumée ; mais, de dessous A du centre nAme de cet nuage de pierrei et de débris, 4* coupage salent de partir eootre nous. Quand la fo dor ^aa e ja les ravages avaient été horribles, et, lorsque i possession le lendemain matin, nous fflunes oUlgéi 4lj ser sur des cadavres mutilés ^ caldnés, et, eo j nos embarcations heurtaient des corps flottant! .

f A l'assaut'de la Vera-Grus, au contraire, lasfurent d*une Iftcheté incroyable, fuyant à toute» ji tenant nulle part, sans doute parte qu'ils amante pris ; mais pour se laisser surprendre il ftflait qun J nelles n'eussent guère Toreille fine ; car, da inM? nous massions entre le fort , et nos troii petili guerre mouillés à côté (i), nous entendioDi les alertai de ces sentinelles, se répétant à d'heure sur tout le tour des remparts, et elleaii bien pu entendre le bruit que nos embareatioia nécessairement en arrivant de Sacrificios tu rendsi- Le temps était brumeux, mais tout à fait calme. .

i On ne put faire sauter la porte du môle au pétards, parce que la chaloupe de la Niréidff où oo bii placés, s'égara. Après quelques minutes de vame attente,!

(i) C'étaient les bricks YAkibiade, le Cttiroatter corvette la CréoU^ montée par le prioce.de Joinville.

Im notre situation/paraissaient des siècles, on se décida à ieiifoiicer, en entassant contre elle des gargousses et des Iwrrfin. Ce Ait ce relard qui permit à Santa Anna de se ■Piver par les terrasses des toits, dit-on, car le poste n'a- ■il pas été sans renvoyer prévenir de Tarrivée de Venneini. ^ • Ce ne fut que par extension du projet primitif, à la vue 10 la mollesse de la défense, que nous descendîmes dans m ville et même que nous fîmes le tour d. s remparts* car itfirdre du jour de Tamiral se bornait à nous enjoindre de l^fmanteler les deux fortins des extrémités de la plage, E^^clouer les canons et de ne nous avancer sur le tour le la ville que si Tennemi n^était pas en forces.

« La colonne du centre, sous les ordres du prince de Joinille, avait pour mission spéciale d'essayer de prendre ^Dta-Anna et Arista dans le palais, qui est à proximité de i porte de mer.

c Quand nous filmes descendus dans la ville, nous recon- ■ûmes qu'elle était admirablement barricadée; les rues itiasées libres n'étaient que des pièges, car elles étaient toutes koBlées par les feux d'une caserne ou de quelque fortifihation. On avait monté de l'artillerie jusque sur les plate- Pbrmes des clochers des églises. A celte vue, la fuite des ikxieains nous étonna encore bien davantage.

* f Ce ne fut pas l'amiral qui ordonna l'attaque de la caserne Mb la Merced, placée à cheval sur les remparts : ce fut le ^nce de Joinville qui, ignorant que la porte en était toorée en dedans avec des sacs-à-terre, commença par y bire tirer deux ou trois coups de son obusier de montagne,

pour l'enfoncer et faire brèche à l'attaque. La fusillade ffi, partait de ses fenêties grillées en fer devint d'autant meurtrière que, vu le brouillard, nous poussâmes lac {iresque jusqu'au seuil de la porte avant de distinguer T des lieux. Ce ne fut que rendus presque à bout portant nous reconnûmes notre erreur de nous être massés, charger, de chaque côlé sur les trottoirs, en abaDdannat milieu de la rue, parce que c'étaient précisément les toirs que le feu des fenêtres enfilait. Ce fut là que essuyâmes toutes nos pertes de la journée, celles éprouvées dans le canot de Tamiral et dont je pi^î lerai bientôt. iM. le prince de Joinviile, animéàlavaede rc^sistance de cette terrible caserne, me dépêcha, à travers ville, vers l'amiral Baudin pour lui rendre compte del'i des choses et lui demander de Tartillerie pour réduire fortification. Je le rencontrai surveillant J'enclouage pièces du fortin opposé à la caserne. A mon récit, il de laisser en état une forte pièce de campagne qui s'y vait, et me dirigea avec cette pièce, amplement app née, vers le point de la résistance. L'effet de ce canon s* montré inefficace aussi, l'amiral se décida à faire cesser mode d'attaque et à bombarder la caserne par le fort de Jean d'Ulloa, dont la batterie, donnant sur la ville, avait remontée.

c C'est pour prévenir l'ennemi qu'il eût à cesser la lutter s'il voulait éviter à l'édifice militaire et aux édifices particuliers environnants une ruine certaine, que l'amiral fit avancer, par trois fois, avec le drapeau blanc, les officiers par-l

neniaires que Santa- Anna osa se vanter de n'avoir pas spectés. En elTd, à chaque apparition quils faisaient dans rue, c'était un redoublement infernal de la fusillade. Ces irlenientaires «Paient, la première fuis, le lieutenant de vaisau Morel, avec le bras droit, où il ve^ait d'ôtre bless(^, I écbarpe, et les deux antres, l'intrépide commandant uquesn^, descendant de l'illustre amiral de Louis XIV, et spuis devenu amiral lui-môme.

€ A mon avis, ce fut une très-grande imprudence à nous ékve restés massés si longtemps aupiès de cette ca^^erne, ir toute l'expédition s'y était peu à peu ralliée. Si SantakOna avait eu le moindre talent ei la moindre résolution niitaires, il aurait |»u s'emparer d une des portes dt^ la fille, faiblement gardées derrière nous, et, en nous attaquant Mo8 pendant que la caserne nous eût fusillés en face, il ions eût abîm<^s d'autant plus complélenv-nt que nous É'âions pas en ordre, et qu'un tn^s l'Ctit iiombre d'entre nous ijpuiement connai^=saient la ville. Pei sonne prui-élre ne serait [irvenu au rivage. Au lieu de rrla, il resta dans l'iitaoiion en ÎUiors avec ses 3000 lionimes, nous laissant tranquillement lèleTer nos gardes des portes et retounur a«ix embarcations IfluI à notre aise, en devisant et en manp:eant des oranges. |l ne s'avisa d'apparaître que lorsqu'il put nous croire 'o'js embarqués et dt^jà à distance, comme ces mauvais plaidants qui crient de sortir à celui qui, les ayant insulhîs, s'en •st allé de lui-même, il en eût été tout à fait ainsi, sans m contre-temps fort imj^révu arrivé à la yole de l'amiral He-mém'^ : les matelots de son armement s'en étant éloignés

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pour voir le combat, la laissèrent échouer à sec. Tous ki| autres canots étaient déjà partis dans les directions de! navires respectifs, même ceux de l'escorte du chef, pini.| que la yole étant une embarcation légère, on pensait qi*i n'aurait aucune peine à la remettre à flot ; mais avec poids de lamiral et de son entourage, il en fut aut et le fameux Sauta-Anoa eut le temps d'arriver, trop pour ses calculs et pour sa jambe.

c Dans la prévision de cette éventualité, Tamiral avaiti emmeffer au bout du môic, faisant face à la porte, la p8 mexicaine encore bourrée de mitraille. Lorsque la ennemie débouctia, il y fit mettre le feu, et cette mitraillei cima les assaillants et les dispersa. Les uns disent que eei à la tête de cette colonne que Santa-Ânna fut blessé et qu'il trouva même pris pendant un moment sous son cheval; les autres, mieux informés selon toute vraisemblance, tiennent qu'il a été blessé à la fenêtre de la maison d'oà contemplait la charge, monté sur une chaise (t). Quoiijal en soit de celte particularité, peu importante du reste, ce (pi y eut de grave pour nous en ce moment vraiment critiq*»] ce fut que trois ou quatre tirailleurs mexicains se glis

(1) Nous croyons que ce fait s*est bien passé con nous l'avons relaté à la page 125. On le trouve raco 'n détail dans une brochure publiée à Mexico en i8i8, . [»ar un ofllcifir d'artilicntî, où celui-ci réduit à leur juà valeur les pr/îlend'is exploits de Santa-Anna Nous avort déjà eu o«:c;isionde j)arl(îr de cette pubhcation, quifutétorf fée par Santa- Annn, qtii s'y trouvait malmené de maiink maître

môle sur la plage, et là se mirent à fusilier ramiral prèst à bout portant. Le commissaire d'escadre, M. Moroau, mit deux hors de combat avec les doux coups de son il ; mais le patron de Tamiral, se tenant debout pour cour celui-ci qtii ne voulait pas s'asseoir, reçut cinq balles is le corps et cependant n'en mourut pas. L'élève de rine Halna-Dufrétay reçut deux bail s, l'une qui lui tra- 'sa un bras, l'autre qui lui traversa les deux à la fois r un bonheur inouï, personne ne fut atteint mortellement. s choses se passaient presque aussi rapidement que je

écris. La yole flotla et l'amiral put partir. D'ailrs, les grosses embarcations de son escorte, montées busiers, revenaient le dégager et balayer les ennemis itants.

« Comme l'on voit, le canon du môle était bien une pièce ^xicaine; mais ce ne furent pas les Mexicains qui l'y amerent. L'amiral avait ordonné de le placer tellement à l'exémité que, par la force seule du recul, il tombât dans l'eau ; ms cela n'arriva pas. Il fut donc abandonné sur le môle, et ' fut seulement à la troisième nuit suivante que les Mexikins osèrent faire quelques pas dehors pour le prendre et le entrer.

♦ Notre coup de main réussit donc au delà de toute prévion. Cependant, pour les personnes qui n'en connaissent j 'imparfaitement l'objet restreint et l'étal des choses, il n'a 16 ces apparences, et Santa-Anna a pu dire, sans que son ensonge parût aussi énorme que d'habitude, que nous ^ions tenté de nous emparer de la Vera-Cruz, mais c|u'i|

nous avait forcés à Fabanlonnpr au.ssildl, en fujaot préapitamm?nt. Le fait est que nous y fim^s plus que vm n'avions d'abord vonlu, et plus peul-éîre que doos l'airions dû. Il n'entrait pas dans nos proj^s de noMS empam de la ville, et il n'était pas d.ins nos possibilités àe hprder, une fois priso, puisque nous n'avion*^ pas de garoîM à y mettre. Tattaque ayant été faite par les équipa*^ 4^ navires oi par deux compi^nies d'artilleurs de marine, ^ devaient retourner o«^cup»?rle fort de St-Jean-d'Uiloa;» l»î but, tel qu'il était en premier li<*u, n'était pas frivole. I s'agissait de sauver la ville de U Vera-Cruz d'un boadivdement, car Sant<)-Aima menaçait de tirer avec les canons Ai fortins du rivage sur la forteresse et les trois navip»s quia étaient voisins, et si cela était arrivé, l'aniirat Baudioil été obligé de foudroyer la ville.

« Cette ville, on lésait, est tout à fait à la discrétion de Si- Jean-d'Uiloa. Aussi, lorsque cette grande citad-lleseli lendise, le général Bincon ne put penser qu'à se tenir sur II défensive et Santa -Anna, qui y était alors, le lui comfllî f(»rme|jemeni, tout en partant aussitôt pour l'accuser à Jl'-j xico La fonvcnlion de l'amiral haudin fut sage. Nef vant pense à occuper la Yera-Cruz et ne voulant («j la détruire, il y laissa la garnison mexicaine, sous le dn-j peau mexicain, mais îj la condition qu'elle resterait comn dée par le général Rincon, dont il connaissait laloyautf^J r^u'elle ne serait pas augmentée. Enfin, en cas de non-raû llc^tion à Mexico, il y avait un cerîaia d »lai à resp<^w avant de rompre l'armistice. Cela dura ainsi quelques joit

faction de tout le monde et surtout des habitants e, avec laquelle on avait rouvert les communicaut à coup Santa-Anna y fait irruption avec des troulémentaires, et apprenant, que le prince de Joinville a- Cruz, il donne l'ordre de Tarrêter. Heureusement, en fut averti chez le consul anglais où il se trouvait, a demeure était voisine du môle ; mais à peine en ranchi la porte que Tordre d'arrestation y arrivait, que le temps de se jetor dans son embarcation et r le large. D'un autre côté, Santa-Anna arrêtailimlent U général Rincon et Pexpédiait sur Mexico tre jugé. Cet homme de bien, en même temps que aire, y fut condamné et mourut de chagrin quelque rès.

à, Monsieur, ce qui motiva le coup de main de l'audin sur la Vera-Cruz dès la nuit suivante, et ce it en penser pour être dans la vérité, evez, etc.

Comte Le Serrec de Kervîly, iificien officier de marine. »

L'expédition actuelle du Mexique est loin d*6tre a bien motivée que Tétait celle de 1838. Le Mexique a M vingt ans des progrès immenses en civilisation, et leséln gers n*y sont plus en butte à ces persécutions incessid qu*y entretenait jadis le fanatisme de la superstition romn Il est vrai qu'on peut lui reprocher quelques violences, n plus encore au détriment des Anglais qu*à celui des Fn çais, et d'ailleurs, comme Tarmée française a pris pour lié précisément le parti qui est Tauteur de ces\ioleDoei, qu'elle combat le gouvernement le plus régulier qu'ait mais possédé le Mexique, on ne saurait sérieusement di cher les motifs de l'expédition dans ces vexations pas gères.

Pour donner cours à une entreprise aussi colossale celle d'une intervention au Mexique, il fallait de tout ail raisons.

Si le gouvernement français avait été renseigné sur le | comme on devrait Têlre avant d'envoyer une expéditii deux mille lieues de dislance, il est probable qu'il n'ai jamais songé à se lancer dans cette aventure. Mais di début de cette campagne, ouverte en pleine saison de fi

ém4l fMiMglMMIMt*

A peindre les choses sous un pareil jour, il y aval g;agé plus d'uQ intérêt ténébreux. Mais nous ne prêt point discuter ni les causes de Texpédition, ni Torig faux renseignements. Laissons à d'autres cette lâcl: cale.

Biv'f, rillusion dura assez longtemps pour que 1' (ion pût s'emmancher. Une fois lancde, débarquée, d elle fut en partie désabusée, quoiqu'un peu tard. Apr fait le premier pas, il fallait en faire un second, et le rendait le troisième nécessaire. C'est ainsi qu'on i obligé de suivre jusqu'au bout cette voie, que le \ appelle la chaussée de Mexico, et la diplomatie, grand dérivatif de raclivlté française.

Les grandes difficultés qu'a rencontrées Texpédili dépenses énormes qu'elle nécessite, la perle d'il regrettable qu'elle enirïîne, sont hors de proporli( los avantages que la signature de la paix peut fa pérer. Les journaux ont bâti bien des châteaux au M mais il en est peu qui aient apprécié les choses juste valeur, et, dans la plupart de leurs prévisit se sont flattés de résultats fort problématiques.

Qu'on nous permeltc de discuter rapidement co dorés de la presse contemporaine, et d'examiner si proportion gardée des sacrifices déjà fails, les n promettent d être supérieurs à ceux qui sont venu ronner la première expédition franç:iibe.

L'armée en rapportera, comme en 1838, beauc gloire. Quant au commerce français au Mexique,

I oi plus ni moins ruiné qu*en 1838, c'est-à-dire que pertes seront bien supérieures à celles que lui auraient subir dix ans de révolutions mexicaines. Pour ce qui icerne les souffrances des nationaux français , elles n'ont Dt été ce qu'elles étaient en 1838, et riiumao'té pare avec laquelle les Mexicains ont traité leurs ennemis, joigne suffisamment de leur civilisation actuelle. Néanins, un blocus de dix-huit mois les a mis tous aux abois, les torts, dont le très-petit nombre avait h se plaindre, ■ont-ils redressés? Le fait est que les griefs qu'ils articuînt étaient loin d'équivaloir aux souffrances par leselles ils en rachètent le redressement.

Mais remarquons bien que la question du redressement i torts paraît être tout à fait reléguée dans Tombre, c'est si peu de cela qu'il s'agit aujourd'hui que les maux français ne semblent pas môme s'occuper de ce nt de vue. Les résultats qu'ils ont fait espérer tournent jsque exclusivement autour des points suivants : Changement de gouvernement; bénéfices à lirer des mines rgent; acquisition de la province de Sonora.

Passons en revue tous ces points et cherchons à mesurer 3lle est la solidité des espérances auxquels ils servent de le.

1** Changement de gouvernement, — Depuis que la guerre commencée, les journaux n'ont cessé de répéter que arez opprimait le Mexique et que l'armée française allait Dorter la liberté. Or abattre le gouvernement constitué r le parti libéral, c'est rendre le pays au gouvernement i clergé et de son parti. 13

9mmàÊS àbMl rfrtibi rabwc—ts et M»

ras bicmOl à d'émis cskIkmos. Nous nrroDS pffti sent ai esapraAre II Dberlé. leprogr&smi fiékttKi^ tm n ahI, ta«leeqn fiât h gloire sâdde. U Ta prwm rcmhkhi caoore dans le pro Kbml qitll a «firifé CMire MataMns, Alhama ei scélér^ (|«i« s m les avail Ihsks &iir, auraiei iBSsî, pu drreur des opprasscors de TEspagne, e de petits Jaara. A certaîa paial de \Qe, il n*est rie prcfisif mmrm la Eiberlé de taas e àmot Eo empêc pefsécuter» eUe perséoite de Mî ceux qui seuls ont de le fiùre, dreîl îaprescriplîbie, établi par la Pnr et Cfsacré par uae longue série de siècles. U o'est ptas graade persécutitfa que celle qui dépouille A\ acquis. C*esl m toi cooune oa antre. Partout < parte espagnol» cette grande Térilé s'est conservée pour la glotre de Rome et le bonheur de rbninanité.

A Mexico on n*avatt jamais songé à plaindre t misérables que les dooànicaÂtts ont si loogtenps sur ces bancs du palais de l^uisîtion, sur lesquel décou|>e plus aujourd'hui que des cadavres, dep l'ikHïlo d» médeeioe en a pris possession. On pi iiiuin» pnooi^' Uuis ces démons dont Tarchevéque £û Joymix aulo-da-fiJ sur la place du palais. (De temps i la |mi|HiIbop Io* brùlo euoore en effigie pour son dîvc iiiPiil p| luOtuo |H)ur sou édiâcatioo , mélaot ainsi 1

rniCif^Rlilp ) Aujounl'liul quo voyons-nous? Toute logique est i

im. On se prend de compassion pour toute cette c cassi pirille, » et, ce qu'on ne plaint pas du tout, ce sont ces malpreux moinilloos à la vaste circonférence, aux livrées de ||Hes les couleurs que Ion prive de revenus plus considé- |Ues que ceux de TEtat et qu'on oblige à dérouler les aijpde leur chapeau-Torquemada! Et si loin va le mal sous ;, que ces malheureux, n'ayant plus la jouissance des d'église, ne peuvent plus soudoyer la contre-révolution le cela s*est pratiqué pendant tant d'années. Et sans ntre-révolution, quel moyen d'annuler les ventes de biens ■tiooaux, comme ils avaient l'habitude et le pouvoir ■ le pratiquer, il y a peu d'années encore? Cela va, MBme on le voit, jusqu'au cercle vicieux. Plus d'immutés» donc plus d'argent; — plus d'argent, donc plus Mxjen de reprendre les immunités. Et c'est Juarez qui est utear de toutes ces iniquités !

n ne faut pas moins que cet enchaînement de sophismes Mir expliquer l'esprit qui semble avoir dominé dans l'exédition du Mexique. Si nous raisonnons sérieusement, fiooaialie de cette expédition apparaît dans tout son jour |l l'iDConséquence de la situation ne saurait être mieux k)eiDte qu'elle ne l'a été dans les proclamations du gétkA Ortega. En voici à peu près le sens : c Vous vous lofiez de votre révolution de 1789 où vous avez pro* Ihmé les principes de la liberté et de l'égalité, où vous Wez supprimé les immunités des classes oppressives ; et iDJourd'hui vous venez au Mexique pour combattre Juarez, m loi reprochant d'avoir imité la nation française dans ce [a'elle a de plus cher et de plus précieux. »

rsraBq

Les proclamations du général I d'une 'elle inconséquence qu'il faodrait s'iHoDi ignorance des càoses si l'on n'y voï."*! le paili ft ten fbiis poui' les besoins de la cause.

• Si lions au.i.'ES F an^ais, di>-il (bins s f du 15 fëwier, qniiiroiëgeans vospersoi

■ et vos propii<iiés (?), nous sommes vos flOi

■ seront donc ces Mexicains, vos compaliiote I gouveioenl par la lerreur, qui désolciil vos • qui, en t'uirinot la fortune privée par des ext < exemple, minent par conicc-coup la fortum 1 et lout cela pour conserver on pouvoir dont " usage si d<!;iiorat)le? *

Que penser d'un Itl lyrisme, si on le rapproc lenees du colonel Dunin dans la province de Vei ses exactions dans les l'crmes, oii il faisait este* vaux des culiivaleurs, des actes de pilbgr^ qiiatiflBbleg qu'il y lolcrait, et ties procédés ei mfirae officier qji, pour fermer la bouche aux aa protection, faisait porlef goor.Flleros tout avaient le iiia"ieur de se pîitindre et les envo piisonnic.s de^i'erre à !a Guadeloupe (i)î Qu dévasta'ion de la l'ueliln, du rccetitdécrel du géi qui proclaiiie le ré^ne de h lerieur, confisque ceux (|ui portent les annes cunl-e l'armée d

nonce qu*on fusillera dorénavant tous les prisonniers dans \ vingt-quatre heures, qu'ils appartiennent ou non à Tarée régulière ?

< Oui, Mexicains, continue la même proclamation, vous avez reconnu la vérité, la loyauté de nos paroles, lorsqu'au nom de l'empereur je vous déclarais solennelle* ment ce que je vous répète encore aujourd'hui, savoir : Que les soldats de la France ne sont pas venus ici pour vous imposer un gouvernement ; ils n'ont d'autre mission, sachez-le bien, après avoir arraché par la force à ce gouvernement qui prétend être l'expression de la volonté nationale; après lui avoir arraché, dis- je, le redressement de nos griefs, que nous n^avons pu obtenir parla voie des négociations, que de consulter cette même volonté nationale sur la forme de gouvernement que le peuple mexicain désire, et sur le choix des hommes qu'il croit les plus propres à assurer l'ordre avec la liberté à l'intérieur.

i Après avoir rempli cette tâche, il restera encore à l'armée française à remplir le devoir de guider et de faire marcher résolument le gouvernement de votre choix dans le chemin du progrès, pour faire du Mexique, en dépit de ceux qui ne savent pas l'apprécier, un pays I qui n'aura plus rien à envier désormais aux autres * peuples*

« Alors ceux d'entre nous qui n'aurons pas payé de la I ^ la réalisation de cette noble entreprise, se rembar-

iperoDt sur les vaisseaux de la France, et retourneront

f dans leur patrie heureux et fiers d^avoir rempli ur € devoir, si la régénération de vol»e pays doit en f iVuil. »

Cette proclamation est transparente comme le jci innonce le protectorat que la France compte imp Mexique, et qui dit protectorat dit tout ce qu'on voud événements ne permettent plus de douter que Tex soit une guerre de conquête, et le changement de \ nement est le premier pas à faire pour arriver très résultats. L'un des moyens les plus efficaces de accepter est de se donner des avocats habiles et de f bouche à ses adversaires. Le premier acte du génér a donc été, en arrivant à Mexico, de couper court à ! de la presse, de supprimer les journaux patriotique fonder de nouveaux dans le sens de Tinterveotioi

Mais, môme sans avoir recours à cette mesur désiré aurait été atteint, car il est hors de doute ( tout ofl arrivera Tannée française, on n'aura g peine à former un gouvernement contraire à celui d( Dons les bourgades ce sera moins facile que grandes villes, attendu que, plus d'une fois déjà, vellei autorités installées sur la promesse d'une p efllcace, so sont vues subitement privées de cetu tien par suite dos vicissitudes de la guerre, et qu'a ceux qui avaient accepté des emplois de la main c hisseurs ont M punis par la confiscation de leui Mais dans les grandes villes, à Puebla, à Mexico, avait de longue main tout préparé d'avance pour s

J parti à celui du président, et le nouveau gouvernement •a acclamé avec eDlliousipsrae par la populace toujours êle à acclamer tous les chaogenrents. Le gouveroement îrical t'Ouvera, de plps, un appui coPsitJéiaMe daos tous I agioteurs du îrésor mexicain, des Sj^é^u'ateiTS f jp itat, habiles dans Tartdes mal versai ioos qui se font sous garantie occulte du gouvernement. A la tête de ces agio- \cs se trouve Santa-Anna, qu'on pourrait appeler le and courtier des opérations sur l'Etat. Toutes les fois e cet homme revenait au pouvoir, on voyait la même sotte médie reprendre son cours. Sous prétexte de régénérer Mexique, il se faisait donner des pouvoirs extraordiires; ses amis imaginaient des spéculations aussi savantes e ténébreuses, et Santa-Anna les couvrait de sa protec- Q après avoir touché sa commission ou s'être fait adttre de compte à demi dans les bénéfices de la contrende pour laquelle il fournissait des saufs-conduits. Mais le rti libéral cherchait à mettre un terme à cette tradition litico-fmancière ; Juarès surtout déployait la phis impiable énergie à poursuivre ces gaspillages ; il n'y réussait pas toujours, car on ne saurait guérir en un jour h il d'un pays gangrené par le venin que trois siècles de luvais gouvernement lui avaient inoculé.

La classe des agioteurs est donc nécessairement l'ennee de Juarez qui la traque, et une ennemie d'autant plus doutable qu'elle est puissante par ses richesses. L'Indien tpuiera, en fait de gouvernement, tout ce que son curé mdra. Que peut-on attendre d'une classe d*b6mmes qui,

trav?n,ai aednuwkBt s a boite le recèle pe mpà

Jbi^ taai d'âéoMBts dérkaax. «pealdve^k peff est fiMcsémunt jmrisre. Toufie b parue saae è k Mfm, le oimaerce bMBAe , les dans ÎHiniBi «CeiiMpenres envst^^^knt imm cMine m réSnÉH^ #teeii'«l p^s «ans raisao. Ea f9SS^ JoarczMlpnfK anr iir^xKa : cet Elai était le sral donc radMHlntiilir[ MirdMtl T^lîèrtmnt, le seol où le caaiaem liaifl wkxaWé^ à Tabrî de toute Tei4tMNi,le seal eà Foa iefi|i fas de brîjrmds sor In routes. Absn Joarez état rktfi it prot'étre le seul bomaie qui pAt r^'oérer le Heift On peut lui reprocher d'aToir Toohi narcher tnpA d'aroif sap^ V% abos par leur base nas aocaa mhÊpÊÈ H a?fc une MrtefJe bmtalité. MarsTeipëneocedeioii^i d(^f e«>eor8 ai ait montré que, lorsqu'on voulait raartkrfC' lità fi^tit, leclergë reprenait le dessus, employait sfsiaifl'i les ressources à (aire des contre-révolutions, remettait en qu^^^ion du jour au lendemain, et que, par •a ne pourrait en finir au Mexique avec le mojes qu'en arrachant au clergé d'un seul coup toute sa sance*

On ne passe pas du moyen âge au dix-neuvième sans une n^^e secousse; le saut est trop grand, et la qui le fraoriiit en quelques bonds, est nécessairement nf [ Iratnée pins loin qu'elle ne le voudrait. La révolution frise de 1793 en a donné un exemple autrement terril4 I

^Uient donc peut-on s'étonner quele Mexique aitjuiaussi, ^ssé roomentanénoenl la juste mesure des réformes ? aurait fallu que la mer agitée eût le temps de se cal* ' et de reprendre son niveau normal. Mais tel n'a pas le sort de la république, et nous voyons ici un nouvel mple de ce fait que Thistoire de tous les siècles a enp\é : c'est qu'il n'y a de durables que les modifications enues par des actions lentes, et que les t«'ansformations arapides sont le plus souvent suivies de réaction. ]elle réaction s'upère maintenant h Puebla et à Mexico, milieu de cette crise, que deviendra Juarez ? Malgré tle respect et toute la sympathie dont Teotoure son patisme, nous doutons fort que la nation lui reste fidèle, parti rétrograde une fois réinstallé, il se grossira du îbre immense des indilTérents^ particulièrement de la ;se des Indiens, toujours prête à subir tout ce qu'on veut imposer. Ensuite, nous l'avons d'Jà dit, le pays est las a guerre, las du blocus, et, par la force des choses, il obligé de se rallier au gouvernement qui lui oiTri.^a la i et le repos. Aussi ne doit-on pas s'étonoer qu'il se le de droite et de gauche des pronuncîH-nentos en faveur Frai)(;ais Les provinces adhèrent au nouveau gouverneit de Mexico, beaucoup moins dans l'inienlioii de réiei' Juai-ez que dans celle de faciliter une paix devenue ispenspble.

l'ebi sans cloute sous un tout autre jour que la presse içaise peindra ces adhésions.

Elles seront censées le symptôme du bonheur des Mexi-

cains de se voir honorés de ralteotion de la France, deeetfe France apnelée è porter chez toutes les nations sa lïb&iéd sa civilisation; ooais qui y apporte trop souvent la civilisatioi sous la forme de la guerre, et la liberté sous cdledeli conquête :

Vous leur faites, Seigneur, En les croquant beaucoup d'honneur.

11 est dans les habitudes du gouvernement françaises faire prendre à la France les apparences pour la râlité. Nous apprendrons, peut-être, que le nouveau gou9efB^ ment de Mexico, proclamé sous la surveillance de SO,000 baïonnettes vigilantes, est celui qui réalise le vœu de la ution; qu'une guerre de dix-huit mois, queladétouelB Puebla n'étalent que des erreurs regrettables, reposant wr un malentendu, et que la terreur juariste ayant cessé, hïberté règne enfin dans ce beau pays.

Hélas! ce malentendu n'existait que trop. LoDgtem|ft avant le début de la campagne, les représentants de laFranel au Mexique, M. de Gabriac et M. Dubois de Saligny, pool' ses par des moti s intéressés, p.enaient tait et cause potf; le parti clérical, et la conséquence en Tut que les chefs rexpeditioii, guidés par de semblables agents diplomatîq se fourvoyèrent dès le premie /s pas dans le choix de amis. Ils s'associèrent un Marquez (1), le pire des

(i) Il n'est pas de crimes qu'on ne puisse reprocher à homme. Vols à main armée, meurtres et assassinats

du Mexique ; un Almonle, le type des eitaltés, et

^L du

^^Bi que le clergé Iraîne à sa suite ; ce qui n'est pas la

^^^M la nnr.on, pas plus au Mexique qu'à Naples, à Ro-

^^^P<eD Kspag.ie. Beaucoup de moines, beaucoup de bri-

^Hn. Ces deux classer de la société luarchent loujours

pair : là où abonde la [iremiêre, on est slir de voir pros-

^r la seconde. C'est là un fait incontestable et desim'

«observation.

Les Français auront donc pour alliés ceux qui, précisent, sont leurs ennemis naturels. Qu'il nous soit permis de llToborer ce fait de l'article suivant, que nous lirons du irnal fiançais de Mexico, organe du commerce français I Mexique ;

< M. le licencié Manuel Bomn, quia remjili plusieurs Ibis les fonctions de juge dans l'Etat de Vera-Cruz, était chef d'une des forces do garde nationale dans les environs de Jalapa ; il fut fait prisonnier dans un ranchi, et on allait le fusiller comme guérillero, disent certains rapports, lorsque plusieurs Mexicains s'interposèrent pour déclarer qu'il était assesseur dans l'armée régulière ; on a décidé, dès lors, de l'envoyer à la Martinique. c H. Romo est un jeune borome enlbousisste de la ■France, de sa langue et ses idées ; il en connaît à fond 1b littérature, et c'est dans ses livres surtout qu'il a élu-

BVX, enfin toute espèce d'abominations commises dans Ifluerres civiles. En 1855, il Ht fusiller, après le combat Tacubaya, des Français tombés en son pouvoir.

dié la scieDce du droit. N'est-il pas étrange c précisément Tune des premièies viciimes de ï'y tioi» Jcençalse? Ce cas, du lesie, n'tst pas isc représeote^a souvent, sans doute, daosjalui prépare, car ojus connaîseons, pani^i lesch^r^ mée lUjTicame» para^i les autorités de toute s foule d^bommes qu'auifiient les syinpaibies le: ves pour la France et pour les Français, et qi moins, se croient forcés par les circonstances de battre à outrance. Il est rare, croyons-nous, c; phénomène se soit produit à ce point dans le politiques et militaires du monde; nous devor n?îlre, cependant, qu'en compensation. Tinien pour an^is d un jour et pour anxiliaiies inlér Me>icairs qui abhorrent la France et les iè çaiscs.»

II n'est pas jusqu'aux Français, si nombreux, é Mexique, qui ne soient juan'stes renforcés, et qi soient montrés très hosiiles à Tinvasion.

Il est probable que, si Texpodition avait pris,dèj ne, un autre drapeau, elle n'aurait pas rencontr d*antipathies.

Or, comme ledit fort bien M. Michel Chevalier, ble impossible que la France aille rétablir au Me qu'elle a aboli chez elle. 11 feudra donc qu'après s' vie du parti d'Almonte pour arriver à Mex'co, elle 1 compagnie et qu'elle reprenne, sous une autre forn vre de Juarez. Ce serait, sans doute, peu logique;

convient rarement aux alTaires des ualions et aux le la |io1itique.

arrivait autrf ment, le nouveau gouvfrnemfnt ne

inîtpas d'êlfe renversé, aussitôt que l'arrnt^e se se-

lîr^, ou bien la France se verrait obligée d'entretenir

lods frais une armt'e i Mexico, [jour y maintenir, com-

i Rome, un gouvernement contraire aux vœux du pays

Bi exigences du dix-neuvième siècle.

lome et Mexicu sont deux villes qui ont le privilège de

nr les armées qui y pénètrent.

ut récit de l'accueil fait ï l'armée française par les villes

hiebis et de Mexico, vient entièrement confirmer ce

disions du parti clérical qui préside à ces dé-

etralrons. Des adresses aux vainqueurs, dÉptorables

mssesse, des platitudes sans dignité, des ovations sans

bure faites è une armée étrangère qui foule le sol du

tiique ; des flatteries sans pudeur adressées à Mexico

bandes de Marquei; qui servent contre leur propi-e pa-

et que la population de fuelila avait reçues en leur je-

de la boue au visage (1), tel est le triste spectacle que

IB oifre ce parti, spectacle qui ne laisse que trop voir de

cOté était le véhtable patriotisme. Mais Uui cela n'est.

l'tes bandes de Marquez furent obligées de quitter I et d'aller camper au debors pour se soustraire aux "fstions bruyantes de la haine el du mépris national 9 OÙ les )>arlisans de l'indépendanct' avaient fui à lie de l'armée d'inva^ion, ces bandes n'eurent pis ^tos mêmes liumilialinns.

sans doute, encore rien i côté de ce que proinet le dl ment des passions des factions qui surnagent auj et des vecgeauces quVlles méditent.

Le drapeau que l'expédition fi*ançaise a arboré i que ne saurait y engendrer rien de stable. Ce n*e ramenant les peuples à cinquante ans en arrière civilise et qu on les satisfait. Il faudra nécessairen ch.inge de couleur s*il doit présider à la régénérai pays.

2» Mines d*argent du Mexique. — Il n*est rien sonne avec plus de force dans Tesprit des popula ie nom magique des mines et le son argentin des pi talliques qu*il fait retentir à loreille du vulgaire, étincelant que les uns nomment précieux, les autn le triste privilège d>n(Uimmer les esprits et de fai donner les travaux des champs pour eni rainer les avec une sorte de frénésie, vers les districts qui le Chacun se promet d'y ramasser en se baissant la foi le sillon de la charinje n'accorde qu'à ceux qui Tar leurs sueurs. Les leçons du passé n'ont pas suffi ; Iruire les hommes de la fragilité de ces espéran* rinanilé de ces monceaux d*or, que Timagination é1 plflli«mm«?nt à leurs yeux ravis, comme des effets d qui llfllliKirit au soleil ardent de la convoitise sur l( meuVHhU ik l'avenir.

I*iis plim (|ue les particuliers, les guuverneme («u f^i'liiipiuT h cet entraînement de mauvais aloi, m bien dofi i«xpériencesils ont le plus souvent reconi

%Ur les niioes devait être abandonne à la spéculaiiun ■caliëre, et que le lise trouvait un intérêt plus réel à se Ter des chances variables el capricieuses des exploitais, pour ne tirer de ces trésors cachés qu'un intérêt indiiniais assuré.

de nos jours nous avons vu le fisc français s'abandonner lerne vertige qui entraine tant d'émigrants vers les ;)/ade la Ciilifornie, et croire qu'il n'aura qu'à fouiller les Milles de la terre pour en retirer des boisseaux d'argent ■es à remonter les finances de la France, c'est seulegrâce à celle ignorance de toutes choses qui, de|)uis but de l'expédition, a frappé les esprits les m'oins obteurs.

y a au Mexique beaucoup de mines, une infinité de Leur nombre s'élève probablement à plus de lëOO. ce nombre, il en est une petite quantité qui enrichisleurs propriélaii es, passablemeiil qui ne les enrichisni oe les appauvrissent; une multitude qui les rui- Mais le) est le vertige qu'engendre la vue du b1 brillani, qu'à peine un exploiteur s'est-il ruiné dans trou plus 0(1 moins profond, que déji il s'en trouve un ! qui aspiie au bonheur d'en faii'e autant, et qui s'emdu trou abandonné pour suivre les traces atlrayanles iD prédécesseur, car Un sot trouve toujours un plus sot qui l'admire!

Et quand tous y auront pa^së, il y aura encore de la rescar le lise français s'est déjà iuscrit comme candidat

; à l'honneur d'engloutir dans «s mus nouveaux miUions.

Il (put considérer les mines du Mexique comme desi dans lesquels on jelte des monceaux de piastres dhhiu; et dont on retire de temps en temps un sac deliogolt Tl le tdt les lingots qui remonleitt sonl plus lourdsquebi de piastres qui y soDt descendus, tantôt ils sont plœK^lMqu mais, en somme, ils ont une malheureuse tenducel; (ni montrer légers i la balance. El telle est ta puisuDcel^ sorption de ces puits que, loin de se combler i forcée gloutir des |>iastres, ils oe raal que s'approfondir III vjenDent cliaque jour d'une plus grande capacité.

— Mais, objectera le lecteur, ces 200 million» que r dent ennuellenient les raines du Mexique, d(»)l les jaurnaux, et au moyen desquels on aura, en peu nées, sold^ les frais de IVxpédilion, — qu'en faites-"

Hélas ! je demande seulement i ces journaux la siofl lie placer è ce sujet quelques timides réflexions.

Uisans d'abord que ce chiffre est passablement Depuisque les minesdu Mexique s'exploitent, elles onli (déduction faite de l'exportation de contrebande), ji 1856, la somme de 2,636,713,955 3 i de piastres.

En 1850, elles ont rendu 19,390,000.

En 1853, » • 17,250,000,

En 1856, ' > i 6,306,000.

Comme forte moyenne, on peut donc admettre 17 millions de rendement par an, soit 90 millions de

Mais que l'on veuille bien réfléchir que ce chiSîre

ç le rendement brut. Il laut donc en défalqurr tous les Hd'exploilation, qu'il est impossible de connaître, mais I je ne crois pas coter trop haut à 60 ou 70 millions.

rait donc net ; 30 ou 10 millinns su plus.

I est assez singulier qu'on ait pu prendre le rendement i pour le rendement net. Cette erreur s'explique par le Mue les stalisliques officielles ne rendent compte que du Suit brut des mines, et voici pourquoi. La loi mexicaine fge tous les mineurs à vendre leurs lingots aux hOtels des jinaies, où on les réduit en piastres. L'Etat connaît ainsi produit brut des mines et ne connaît que celui-là. C'est,

reste, le seul qu'il lui importe de connaître, car c'est u-là qui profite tout entier au pays, et peu importe à l'Etat B les n)ineura se soient ruini^s ou enrichis, pourvu qu'une bble quantité d'argent soit livrée au commerce. En effet, lu filons d'un district de mines ont rendu 1 millions, c'est inillions d'acquis au pays. Que les mineurs aient dette S, 10, 13 millions pour les extraire, ces sommes fnt fait que circuler, et les 10 millions de produit brut ia sont pas moins pour le pays un produit nel, payant Mpôl et permettant d'importer pour 10 millions de marludises étrangères en échange de cette marchandise d'ar-

(1) L'argent est en effet ta seule marchandise d'expoitsu de Quelque importance que fournisse le Mexique. Le irécbal Forey, en iaterdisani l'exportation des espèces,

nuon ues espèces, >

C'en ainsi que doit raisonner l'Etat

qui n'ex{)laJlp|M Mais si l'Etal se fait mineur, tout change de faee;c'i lui qui aura dépensi! les 5, 1f>. <2 millions de mise en ■ hors, et il ne peut donc plus compter que le rendemi^Dl qui, suivant les circonstances, soldera par S millions, K^ro, ou par un déficit de S millions.

C'est dans la confusion entre ces deux situatioua. traires que réside l'erreur fondamentale de la çaise.

La question des mines du Mexique e-st assez inli en elle-même ponr être examinée avec plus de détails rés rv p t vB I l

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enlève donc au commerce étranger le seul équivalent de* « roiir sur lequel il puisse compter. Si cette niesure dertU ^ prolonger quelque peu, elle arrêterait net l'imporlalii» achèverait la ruine dj commerce mexicaio.

peu éloigaé, le reodement des raines tendra à dé- I, lorsqu'on aura exploilé tout ce que les nouveaux s mécaniques permeltent d'atteindre au delà des lioù les vieux procédés avaient obligé d'abandonner >loilations. On ne saurai), du reste, se dissimuler lo i du fait que iors de la proclamation de l'indépenépoque à laquelle il s'était manifesté en Angleterre irie d'enthousiasme vertijçineux pour les nouvelles réues espagnoles, une vingtaine de sociétés s'étaient 3s pour la remise en œuvre des mines de tous les de l'Amérique espagnole, et que toutes ces socié- !puis la première jusqu'à la dernière, ont fait failliic avoir englouti dans ces raines des capitaux elits.

n'est que trop porté à croire en Europe que l'expéfrançaise a ouvert encore une nouvelle ère aux mines >xique 11 est fort à craindre que l'Etat qui pourrait se • entraîner par ces suppoii lions à vouloir exploiter ines, ne subisse le même sort que les spéculaanglais qui, en ISJi «e sont pris d enthousiasme ces mêmes mines sur de simples préi^omptions que litlait la transformation folitiquede la Nouvelle-Es-

st fiicile de prévoir ce que deviendraient deaexploitaaussi vastes, atissiLompliquée*) séparées les unes des I par des centaines de lieuet si elles tombaient entre tins d'une administration gouiernemenlale, puisqu'elles- ^]i lant de peine a se soutenir entre les mains as

compagnies industrielles dont l'activité, le savoir-^ l'économie sont toujours inlniiment supérieurs i i l'on peut attendre d'une adminisIratioD fiscale. Dana pays, l'Etat ne s'est impunément fait industriel, et !'« dire que^ de loules les administraiions, c'est peut-Ctrv mintstralion française qui serait la moins aple è le à cause de sa grande complication qui naft d'une i salion poussée jusqu'aux dernières limites du possibit EnriD, il nous reste à signaler h plus grande de Unt difficultés que rencontrerait la France, si elle voulait d'exploiter les mines à son proGt. On a toujours put ces raines sans trop s'inquiéter de leurs propriétaires: même toujours semblé oublier qu'elles fussent le miB monde possédi^es par qui que ce soit. Or, avant de rif Ireprendre pour son compte, le gouvemement fraa;ii son représentant aurait à s'approprier loules ces mioa comme de nos jours il n'est plus de mise que le vaÎE dépouille les vaincus de leurs propriétés partïculiërK faudrait racheter toutes ces mines et dépenser pour cehl des centaines de millions.

On s'est abusé jusqu'à croire que l'acquisition des serait une bonne affaire, dans la conviction que les iagi français en tireraient un tout autre parti que les d) qui les ont exploitées jusqu'ici. Celte opinion est \ii On se berce peut-être de l'espoir de découvrir di veaux liions qui auraient échappé jusqu'ici il ia a grossière des Mexicains; ces filons n'appartenant à sonne, reviendraient de droit au gouvernement,

nn français ont été expédiés vers ces awota-

Mtées d'oïl l'on tiie le métal précieux. On s'al-

i doute 1 L-e que des filons ayant échappé aux

^ols. aux Mexicains et aux Anglais, soient rapidement

n jour par lecoupd'œil de ces savants ,. — Qu'on ne

e pas que le plus habile théoricien réussisse i trou-

e piastre là où a passé le (lair des Mexicains.

lie des Anglais et la science de ces ingénieurs alie-

R qui, depuis quarante ans, ne cessent de travailler

ws des Cordillères !

e lecteur pourra maintenant se faire une idée exacte de

B l'on doit attendre de l'Eldorado du Mexique.

o'est pas i dire cependant qu'il n'existe au Mexique de

tnts encore vierges; mais, pour les rencon-

^ il faut se transporter bien loin des provinces les pius

;, au nord, dans les déserts du Durango et du Chi-

, dans la Sonora et dans la basse Californie. Si Jus-

^ présent ces mines sont restées abandonnées, cela tient

iBisémenl à l'impossibilité d'aller se fixer au milieu de

sauvages, presque sans communication avec

bico et infestées par les Indiens errants. En effet, depuis

Sjguerre de l'indépendance, les Etats du Nord sont deve-

presque inhabitables ; les bandes indiennes n'ont cessé

■ dévaster, de refouler la papula^on créole, incendiant

mes, massacrant les blancs et rendant toute exploila-

9 plus en plus impossible (i).

Jf Sous la dominaiion espagnole, on jouissait cependant irees provinces d'une assez grande sécurité. De nos

itndfl

L'existence de mines dans les régions septentnon nous condiiiltoul natjrellenieni â dire quelques molsilt!! |b Snnora, province qui semble avoir lout parliculiÈreimiiHÉ | lire i'attenlion de la France, et dont la presse s'est s m vent occupée depuis le co m men cernent de la guerre.

3° AcqaûJtion de ia Sonorii. — Celte provioM ijM pn France d'une grande célébritt^, gcSce à l'eupàlItiHii haousset'Boulbon, dont le triste di'nouement a liii»il Mexique les plus fScheiix souvenirs. Il est horedefc que la Sonars renferme de nombreux gisements d'or* ^ d'argenl encore inexplorés. Non-seulement ilyexlsieM g montagnes traversées par des filons précieux, trouve aussi àf.i placer» anolop;ues à ceux de laCifilif |i nie, où l'on peu! séparer l'or et l'argent par le seul It ), vage dés terres. Plusieurs de ces gisements sont parbitt ^ menl connus des Indiens sauvages dont la vie htHI || s'étend sur Ips prairies du Mexique seiilenirional et i ^ Texas. Les peaux rougf'S n'en ignorent pas la v

jours, les bandes sauvages arrivent jusqu'aux portes fl villes. On ne peut plus atteindre Duraugo qu'avec des U'^ vanes nombrpuses auxquelles les Apaches et les Comau' font souvent courir de grands dangers. Pendant q: temps, les gouverneurs de Durango avaient essayé d Ire à prix la léle de ces Indiens Mais il fallut bientOtyni cer, parcequeleschasseursqui se chargeaient delestif ne se conlentârenl bientôt plus des lëtes indiennes, n mirent aussi à couper celles des voyageurs pour se pro ka prime à moins de ûais.

ils redoutent de voir les blancs s'en emparer. Quoique ne se livrant point à des exploitations régulières, ils savent cependant utiliser ces richesses du sol lorsqu'un désir ardent vient à triompher de leur paresse naturelle. Ainsi, il leur arrive fréquemment de partir du Texas, de traverser achevai tout le continent américain, de faire ainsi plusieurs centaines de lieues, pour aller laver une petite quantité d or et de traverser une seconde fois le continent pour venir troquer à Matamores le produit de leur industrie contre un mousquet ou contre des provisions de chasse. Ce fait est une grande présomption en faveur de la richesse des placers de la Sonora et peut-être aussi de ceux de la Sinaloa.

On connaît depuis longtemps dans les montagnes de la Sonora des gisements d'argent natif, tellement riches qu'on y ramasse sur le sol des pépites de la grandeur d'une assiette. L'un des plus puissants financiers de Mexico, M. Barron, ava't dirigé à ses frais deux voyages d'exploration vers ces districts ; malheureusement ces tentatives révélèrent l'impossibilité de tirer aucun parti des placers tant que le pays n'aurait pas été purgé d'Indiens. L'un des explorateurs fut tué par les Apaches sauvages, et un autre n'échappa à ce sort fatal qu'en se cachant pendant plusieurs semaines au fond d'une caverne. Il réussit néanmoins à rapporter à Mexico deux énormes pépites qui firent Tadmiration des curieux, autant que le désespoir des spéculateurs, qu'elles mettaient au supplice de Tantale. L'une de ces pépites, d'un poids de huit kilogrammes, m'a paru être

d'argent pur; sa surface seule était recouverte d'une légère couche de chlorure d'argent, telle qu'il s'en forme au contact de l'air.

Le comte de Raousset-Boulbon, qui était au coaraot de ces faits, avait formé le projet d'exploiter les raines de li Sonora ; mais «on orgueil naturel, son esprit entreprenant au delà de toute mesure lui suggérèrent bientôt la pensée funeste d'étendre bien au delà de son but primitif le champ de see entreprises. La fortune ne suffisait pas à son ambition; i) voulut profiter des forces dont il disposait pour s'emparer de la province tout entière de Sonora, et peut-être même pour conquérir l'empire du Mexique. Des projets aussi vastes» auxquels la plupart de ses hommes i^raignaient de s'associer, occasionnèrent sa perte. Néanmoins il est à présumer que Raousset-Boulbon n'aurait point été traité aussi sévèrement qu'il le fut, s'il ne s'était trouvé le concurrent è M. Barron dans la recherche des mines, et si le ministre d'Angleterre, influencé par les relations intimes qui l'unissaient à ce spéculateur, n'avait contribué à paralyser les démarches qu'on aurait pu faire en faveur de M. de Raousset.

La Sonora est peut-être la seule province mexicaine où il reste des mines vierges à exploiter en grand nombre, el il serait vraiment à désirer qu'on en rendît l'exploitation possible en protégeant ses territoires intérieurs par des forces capables d'arrêter les incursions des Indiens.

Malheureusement, cette belle province est si éloignée qu'il sera bien difficile de soumettre les Apaches. Plus de 400 lieues la séparent de Miexico, et par mer on ne peut l'at-

teindre qu'en traversant Tisthme de Panama et en se livrant ensuite à une navigation de 6 à 700 lieues.

Les détails qu'on vient de lire, autant que les simples renseignements que peut fournir' une carte, suffisent pour montrer ce que vaudrait pour la France le gage de la So- Dora. On ne pourrait tirer un bon parti de ses mines qu'en chassant les tribus sauvages de vastes territoires* Ce serait une sorte de guerre d'Algérie à commencer sur TOcéan Pacifique. Il faudrait établir des postes militaires permanents dans rintérieur des terres jusqu'à 200 lieues de la côte, et les mineurs ne pourraient entreprendre leurs travaux que sous la condition d'être protégés par des détachements toujours sur le qui-vive.

Que la France ait sérieusement l'intention de fonder une colonie aussi coûteuse dans une province qu'on ne peut atteindre que par l'isthme de Panama ou par le cap Horn, et où l'on ne peut recueillir que des richesses ruineuses, c'est ce que personne ne consentira à admettre Ce serait d'ailleurs se préparer pour l'avenir des difficultés trop sérieuses pour être balancées par la chance aléatoire d avantages douteux. En effet» la Sonora étant située aux porles de la Californie, les Etats-Unis ne peuvent manquer de chercher à s'emparer de cette province dans un avenir plus ou moins rapproché et de faire naître les conflits les plus graves avec la puissance qui chercherait à lui disputer cette proie.

Si le gouvernement français tenait à cotiserver un territoire au Mexique, il aurait tout avantage à diriger plutôt

ses vues sur la presqu île de Yucatan, qui e.-^ rOcéan Atlantique, aux portes des ÂDtilles et pi route de Vera-Cruz, de Mexico et de rislhme tepec. Ce pays ne possède pas de terrains mâalh il possède mieux que cela : un sol très- fertile, ci Têts, et surtout un bon port de mer et tin climat enfin il n'otfre pas l'inconvénient d'être liiiiiti> nation turbulente, toujours avide d'agrandissemei riaux. — Mais nous pensons qu'il serait plus avan cure pour la France de ne rien garder, car pour les colonies sont toujours une ruine.

Le If cteur qui aura suivi ces pages jusqu'au L prendra que, lorsqu'il s'agit d'entreprises en Améi doit s'attendre à des ditficultës qu'on ne soupçonn pas en Europe.

On établit de loin des projets beaux en théorie, d tièrement impossibles à réaliser.

Notre opinion est que la France ne saurait tirer avantage de son expédition au Mexique, et que les pensations à ses sacrifices, qu'elle pourrait vouloir chei dans le pays, sont plutôt de nature à l'entraîner à de i velles dépenses qu'à la rémunérer en aucune façon.

Le parti le plus simple et aussi le plus sag3 serait d de s'en tenir à ce qui est fait et de se retirer le plui^ possible d'une Mitreprise qui n'offre aucun avenir, et qui saurait être envisagée que comme une erreur malheoiMit

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