‹ Le Mexique et l'intervention européenneChapitre 19 sur 59 · CONVOCATION DE PRETENDUS NOTABLES · texte numérisé non relu

CONVOCATION DE PRETENDUS NOTABLES

Ils élisent M. Miramon. — M. Mathews, cha^ê d'affaires

DU GOUVERNEMENT ANGLAIS REFUSE DE LE RECONNAÎTRE EN aUALITÉ DE PRÉSIDENT.

Le lendemain de l'arrivée à Mexico du fugitif de Silao, le journal officiel du coup d'Etat contenait la dépêche suivante adressée par le Ministre des affaires étrangères à son collègue de l'intérieur.

Ministère (F Etat et des Affaires Etrangères.

" Excellence:

" Conformément à l'art, 1." du décret du 29 Jl^nvier 1859, le dépôt du pouvoir exécutif a été confié à S. E. le Président du Tribunal Suprême, M. Ignacio Pavon.

" Ce que j'ai l'honneur de communiquer à V. E. pour qu'elle n'en ignore et qu'il en soit donné connaissance aux autorités et bureaux de ce Ministère.

« Dieu et Loi. Mexico le 13 août 1860.

" Signé J. M. Arro Yo.''

Cette dépêche était accompagnée de la circulaire qui suit, adressée personnellement aux membres de la junte chargée par les insurgés eux-mêmesy dé procéder à l'élection du nouveau président des Oaranties.

Ministère dFEtat et des Affaires étrangères,

" 8y E. M. le Président du Tribunal Suprême de Justice de la nation étant revêtu du pouvoir exécutif^ aux termes du décret du 27 janvier 1859, a tenu à bien ordonner la convocation immédiate de MM. les représentans des Départemens nommés le 21 Janvier 1858 avec mission d'élire un président intérimaire de la République, le tout conformément au susdit décret.

" V, S. étant l'un des représentans susdits, j'ai l'honneur de vous communiquer le présent arrêté, conformément aux ordres de S. E., en vous invitant à vous présenter, demain à 2 heures de l'après midi, dans la salle des séances du conseil de gouvernement, afin d'organiser la junte et de procéder, avec la promptitude que demandent les circonstances, à remplir la mission qui vous est confiée."

« Dieu et Loi. Mexico le 13 août 1860.

" Signé: J. M. Arroyo."

Voici maintenant les noms des prétendus notables qui composaient cette jante.

Nnm. 1. MM. Teodosio Larès, né k Zacatecas, futur

ministre du coup d'Etat, avait reçu mission de ses complices de représenter PEtat de Aguascalîentcs.

„ 2. „ Le chanoine Bernardo G&rate de représenter celui de. ••...• • Cohahuila.

„ 3. „ Manuel Larrainzar, président de la

cour suprême au nom des Garanties, celui de • • • • • • Chiapas.

„ 4. „ Le Lie. Manael Femandez de C6r-

doba, celui de • ^ • . • • Californie.

„ 5. „ ïiC général Francisco Cosio, né à Mexico, celui de. • * • • • Chihuahua.

„ 6. 9> Le ïdc. José Maria Rodriguez de San

Miguel, celui de. . • ••...•• Colima,

I, 7. )) José Q. Arriola, celui de • • • Durango.

„ 8, „ Le Lie. Luis G. Guevas, ancien ministre de Santa- Anna et de Zuloaga, le District.

„ 9. „ Le Lie. J. Mariano Campos, l'Etat de Guerrero.

„ 10. „ Le Lie. Mariano Morela, celui de Guanajuato.

„ 11. „ Miguel Arroyo, né à Mexico, secrétaire général au ministère des affaires étrangères, celui de Yucatan.

i> 12. „ José Maria Gonzalez de la Yega, né

également à Mexico, celui de...» ••s#Jalisco.

o 13. „ Le Lie. Antonio Moran, remplissant

les fonctions de juge dans la capitale, et né dans l'Etat de Guanajuato, celui de ••••«•• MichoacMX.

„ 14. fy Le Lie. Mariano Icaza, employé supérieur des rentes sous la double administration de Zuloaga et de Miramon, celui de • Mexico.

„ 15. „ Le général Ignacio Mora y Villamil,

attaché à l'Etat Major de l'armée

des Garanties, et né à Mexico, celui de • • • • Nuevo-Leon.

No. 16. MM. Manuel Régules, celui de c . . • • Oajaca.

„ 17. „ L'évéque Pedro Barajas, chef du clergé de l'Etat de San Luis, et né à Guadalajara, celui de. • • • • • • Paebla.

„ 18. „ Madrid, évoque in partibus de Té-

nagre, celui de... Querétara

„ 19. „ Pedro Jorrin, ancien ministre réactionnaire, né à Guanajuato, celui de ..•••»'* Sonora,

„ 20. „ José Joaquin Pesado, né à Veracruz,

celui de • Tabasco.

„ 21. „ Gregorio Mier y Terân, espagnol naturalisé, celui de • . • • • Tlaxcala.

„ 22. ,, Hilario Elguero, né à Yéracruz, xûi«

nistre par le grâce du coup d'Etat celui de • • • • • • • • Tamaulipaa.

y, 28. „ Le Lie. Gabriel Sagaseta, deux fois

ministre par la même grâce, celui de • • Zacatecas.

„ 24. ,; Nicolas de la Pefia Muguiro, né à

Guadalajara • • • • • • • • l'Ile de Oarmen.

„ 25. „ Juan B. Ormaechea, né à Mexico, le

territoire de Sierra-Gorda.

„ 26. „ Bemardo Couto, ancien ministre réactionnaire, né à Puebla, l'Etat de. % Yéracruz.

C'est-à-dire,^u'après avoir, grâce à la trahison de M. Comonfort, renversé la constitution le 17 décembre 1857; le coup d'Etat, au moyen de ses agens et de ses créatures, s*établissait cette fois en organe de l'opinion du pays, .et se préparait à lui donner une seconde représentation revue, corrigée et considérablement augmentée de La Journée des Dupes,

On a peine à comprendre, nous l'avouons, comment des hommes qui ne manquaient pas d'un certain mérite relatif, et dont quelques uns, tels que M. Luis G. Guevas, avaient pris part à l'administration des

«Ibîrefl de la Bépa1>lique depuis plus de 20 ans ^ purent imp<M9er silence à leur propre raison, jusqu'au point de se &ire les instrumens passifs d'une ambition que rien ne pouvait justifier à leur yeux.

Cependant rien n'est plus vrak Entre tous ces liommes privilégiés 8u ])oiBt de^ue de la fortune et du savoir, deux seulement, MM. Hilario BIguero et Juan B. Ormaechea, chargés de représenter, par <Mrdre, l'Etat de Tamaulipas et le territoire de Sierra-Gorda, eurent le bon esprit de s'abstenir en prétextant d'une indisposition. Un troisième, M. Joaquin Pesado, s'excusa en alléguant qu'il avait déjà donné sa démission en 1858, et enfin, MM. Gregorio Mier y Terftn et Joaquin Rosas, ne daignèrent pas même répondre à la lettre qu'ils reçurent en cette oocaâon.

I/assemblie des prétendus notables composée dans le principe de 26 votants, se trouva donc pax* le &it des abstentions, justifiées ou non, dont nous venons de parier, réduite à 21.

Sur ce nombre, 19 répétèrent avec la docilité d'une troupe de serins bien dressés, le nom qu'on leur avait aj^ris «à siffler avant de leur envoyer leurs leires de<convocation; un seul^ Véyêqae dn partibus do Ténagre, donna son vote au président de la cour suprême M. Pavon; et il y eut on bulletin blanc

Nous pourrions demander maintenant k quel tils'e M. le lie. Antoliio Moran, né à Salamanca, ville située dans l'Etat de Guani^uatOy €t M. L'abbé Barajas, né à Guadalajara ot évêque du diocèse de Saii Luis Potosi, prétendaient représenter, le premier, l'Etat de Micboacan, et le second celui de Puebla, dont les habitants ne leur avaient donné, ni à l'un ni à l'autre, aucun pouvoir à ceti^gard ; et quand il était surtout notoire que le premier de ces Etats soutenait depuis près de trois ans la guerre que lui avaient déclarée l'armée et le clergé dont M. Miramon était le champion, et dont MM. Barajas et Moran n'étaient que les très-humbles mandatures ?

1 M. Lais 6. Caevas était ministre des afiaires étrangères en 1838. Il fol alors chargé par le général Santa- Anna de suivre^ en qualité de plénipotentiaire mexicain, les négociations qni précédèrent le traité de Jalapa, et l'année suivante il signa ce traité conjointement avec l'amiral Baadin.

La réponse est tirès-sûpoiple.: si simple que ce que ixoua dirona dû ces messieurs s'applique également ^,tou8 leurs collègue &•

Personne ne peut jamais représenter que son opinion individuelle ou celle de ses concitoyens quand ceu^-ci lui ont spécialement donné mi(B« 8içn.à cet effet. D^ns le cap doiit il s'agit, ni M. Barakas, ni M« Moraa n'avaient reçu d^ pouvoirs de la part des populations deii, Etets de Michoa^an et.de Puebla; et ces populïttiona n'avaient pas même ent^^u dire que l'adlninistratii^n réactipunaire les eut chargés de doni\Br leur vote à M. Miranxon. Les sus dits Ba^as et IVIoran, en compagnie de lei(i?s dix sept acolytes obéirent alors avec la aoumis-* sipii de gens qui savent qu'ils font mal, et qui sacrifient l<$ur conscience à ce qu'ils nomment la nécessité de la discipline. Ils élu* rent M. Miramon, cela est vrai; mais pour cela le sus dit Miramon n'était pas plus président aux yeux des populations de Micboacaa et dp Fuebla qui n'avaient dç^nné aucun pouvoir à MIVL Barajas et Moran de les représenter dans cette élection, quïl ne l'était pour oellefl. de Véracruz qui, doj ^' par deux fois, l'avaient reçu à coups de Canon; ni pour celles de Tamaulipas, Nuevo-Léon, Zacatecas, Jaliaco, Sonor^^ Guanajuai^p, &tc* • • • dont les troupes réunies lui avaient prouvé, quatre Jours aupai*avant, dans les cbàmps de Silao, ce que le payfl pepsait de ses prétentions. Après comme avant le vote des sus dits notables, M. Miramon n'était que Miramon, nous voulons dire le. vaincu honteux de Silao; l'éditeur responsable, en compagnie do fameux Marquez, des assassinats commis par leurs ordres le 11 avril 18^9 à Tacubaya.

Mais il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. | M. Miramon connaissait certes, mieux que pexBoune, la. çiature des moy'ens mis en jeu pQi# fabriquer, son élection : cependant il n'hésita pas un. instant à la prendre au sérieux ; et pour que nul n'en ignorât, il fit adresser le 10 août, à chacun des représentans étrangers, par M. Miguel Arroyo, secrétaire général au ministère des affaires étran* gères et l'un des parrains de cette étrange nomination, upe circvilaire conçue en ces termes :

" Palais national de Mexico, le 18 août 1860.

Lo soussigné, secrétaire. général dQ|mif4stère des Affaires. Etran?

gères, chargé de ce dép^tement^ al^lKm^eor de voad annoncer que par suite de l'absence du président intérimaire, prévue par le décret du 27 janvier 186^, S.' E. le président du tribunal suprême de la nation a été chargé du gouvernement, au nom de la loi, et a décidé que Fôn convofc[uerait immédiatement la junte de représentans nommés Te 21 janvier 1858 S afin de procéder à l'élection du président de la K<*publique ; le tout conformément au décret précité!

"La junte réunie le 14 du mois courant, a procédé à l'élection dont il 8*agîtr, et nommé S. E. le général de division D. Mîguol Miramoû qui, cette nuit môme, a prêté le serriient d'usage, et a pris possession de ses hautes fonctions.

J'ai l'homiettr &tc ....

" Sîgnéj J. Miguel Arroyo.'' .

L'ambassadeur nouvellement arrivé de la reine d'Espagne, M. Paeheoo, s'empressa dès le 22 août, de reconnaître cette façon grotesque de gouvernement, dont l'unique titre était d'avoir enlevé et fait disparaître le chef que l'insurrection elle-même s'était donnée après sa victoire; mais il n'en fut pas ainsi des autres représentans étirangers. Noua aurions désiré insérer m extenso la réponse textuelle adressée par chacun deux i M. Teodosio Larès, ministre des affkiros étrangères depuis le* 20 août, mais nous avons craint de fatiguer les lecteurs par des répétitions inutiles, et nous avons choisi de préférence lacorres^ pondance échangée à cette ocassion, entre cet agent du parti réactionnaire et M. Mathews, chargé d'affaires du gouvernement anglais, parce qu'elle est à nos yeus la seule qui puisse bieniaire connaître ce qui se passait alors, et les prétentions absuraes de ces hommes qui ne se soutenaient, depuis deux ans et demi, que grâce au prestige qu'ils avaient reçu de la reconnaissance des gouvememens étrangers.

Voici la réponse de M. Mathevs à la communication officielle de M. Miguel Arroyo, renouvelée le 21 par M. Téodosio Larês, en lui annonçant sont entrée au Ministère.

1 Avant m4toe la réssaîtédo coup d'Etat, pukqtie M. Comenfort éttât eneera au Palais, et que les insurgés^el'oocapèieiitiquè le S^l

Légation Britannique à Mexico.

» 80 août 1860.

^ Le Boussignéi chargé d'affaires du gonvemement Britaamqiie près le Bépnblique du Meziqne, a l'honneur d'aocnser n^ptian de la note qui lui a été adressée le 21 courant par S. E. M. Téodosio Lares, et supplie S E. d'être convaincue que le gouvernement de S. M. B. partage dans toute son extension le désir qu'elle manifeste de voir la continuation des relations amicales qui existent entre le gouvernement de S. M et la Bépublique mexicaine.

'^ Le soussigné ne peut, par anticipation reconnaître l'administration établie dans cette capitale sous la présidence de S. E. le général Miramon, en qualité de gouvernement de la BépubUque, avant d'avoir reçu des ordres exprès de son gouvernement, au quel il transmettra, ainsi qu'il le doit, un rapport sur les circonstances gui ont motivé son établissement^ en l'accompagnant d'une copie de la note qu'il vient de recevoir de S. E. M. larès.

" Mais il croirait manquer à la firanchise dont il a donné tant de preuves dans l'accomplissement de ses devoirs officiels à Mexico^ s'il oubliait de dire que le gouvernement de S. M. B., à cause des exac" tions antérieurement commises sur les sujets de S. M^ se trouve dans la nécessité de ne point reconnaître le général Miramon en qualité de président de la Bépublique; et c'est avec une véritable peine que le soussigné est obligé d'ajouter, que non seulement ces exactions se sont renouvelées, d'une manière aussi injuste qu'inqualifiable, depuis que ce général a été élevé au suprême pouvoir ,mais elles se sont encore aggravéis de plusieurs outrages graves qui tous sont demeurés sans châtiment et sans réparation*

« Le soussigné croit devoir encore fiiire observer que ces offenses ne sont pas telles qu'on pourrait le supposer de divers documents publiés dans les journaux placés sous Pinfluence du gouvernement dont S. E. est Porgane; c'est-à-dire, des préjudices et d^s pertes occasionnés comme conséquence inévitable de la guerre civile, mais qu'ils proviennent d!actes directs et intentionnels du sus dit gouvernement ou de ses principaux chefii militaires.

*^ n croit cependant devoir assurer à M. Larès qu'il sera toujours heureux de pouvoir annoncer à son gonvemement, les mesures adoptées par l'administration actuelle, pour arriver au châtiment des auteurs de ces outrages, et à la légitime réparation des pertes pécuniaires qu'ils ont gcoanonnés aux sujets, anglais."

Passant ensuite à ce qui concernait le général Marquez, alors prisonnier au palais pour avoir tenté de s'approprier une conduite de plus de 600,000 piastres, — trois millions de francs, — dont la garde lui avait été confiée pour l'escorter jusqu'au port de San Blas, et qui devait, disait-on, être mis en liberté, sans même être soumis au moindre simulacre de jugement, M. Mathews ajoutait:

^' Le soussigné désire particulièrement persuader à S. E. M. Téodosio Larès qu.e) conformément aux sentimens bien connus du gouvernement de S. M., sentimens dont il est heureux d'être en ce moment l'interprète, il sera toujours à la disposition de S. E. pour l'aider i sortir de la position où se trouve actuellement l'administration dont il fiiit partie, dans le cas où cette administration présenterait un plan conciliateur pour mettre fin à la guerre civile qui désole, d'une mamère si lamentable la République, et qui, si elle continue, mettra en péril son existence même comme nation. Mais il manquerait à ses devoirs et à l'assurance qu'il a donné à S. E. de l'intérêt que prend le gouvernement Britannique dans la continuation de ses relations amicales avec le Mexique, et dans l'honneur et la prospérité de la République, s'il négligeait d'appeler son attention sur le bruit, rapporté par les journaux, de la mise en liberté du général Marques et de sa collocation à la tête d'un commandement militaire important

^ Depuis l'arrivée du soussigné à Mexico, cet officier général s'est rendu coupable de plusieurs assassiruUs atroces: un entre-autreSi sur un sujet britannique, en faveur du quel le soussigné avait intercédé ^ , qui fut arrêté au moment où il remplissait les devoirs de sa profession de chirurgien, devoirs sacrés chea toutes les nations civilisées; et il commit la bassesse plus grande encore de vouloir justifier sa conduite en calomniant sa victime.

1 M. le docteur Daval^ une des victimes de Tacobi^a.

" Ensuite, il s^ est etnpavérde la cmidcui^xdPaTgsjfi ôof^ée ai la garde de son honneur, et a aggravé son crime en alléguant, pour se disculper, q.^'i]. avait besoin (d'argent pour établir leig^uvemement et les epinicms qu'il pré teii4ait soutenir.

" A la^uite de ces différens tx}mes qui .^honorent jusqu'au nom ,da MeziqujÇ, on croit ^néralement, ce qui n'est. pas, que le général Marquez est en prison, où ilattend le jugeoient et ,1a punitioa jqQele général Miramon, lui-même, et son ancien cabinet ont pronciis de lui infliger. - ,

^' Si donc on employait en^ce moment un pareil homme, cette action, serait considérée comme une insulte à l'humanité et. à la civili- Sivtion: elle ne pourrait qil'exciter des sentimens de justes indignation chez les membres, qui composent le gouvernement de S. M- B.; et elle serait en plus un obstacle puissant qui viendrait accroitre les difficultés de tout genre qui s'opposent au rétablissement de la paix dans la Bépublique.

" Le ^oussî^é ^ct.

" Signé^. George. B. Mathews.

" A S. M. Téodosîo Larès, Ministre des relations extérieures.— Mexico.**

M. Larès, dans sa réponse datée du 10 septembre, refusa de s'expliquer sûr le éompte du g«*nêral Marquez, et se contenta de dire que du moment oft, M. le chargé d^a'SiBiires du gouvernement Britannique nepbuvfiit pas reconnaltrelegouvememôiït du général Miramon avant d'en avoir reçu l'ordre.de Londres, celui-ci, de son côté, attendrait qull ^ ^n eut le temps, pour s'occuper des intérêts dea sujets britanniques. •Ainsi, du moins, le comprit M, Marthews, en lisant les termes de la réponse dont nous nous occupons, car deux jours api'ès il répondit en termes qui faisaient directement allusion à l'opinion du corps -^plomatique dans cette question. !

Lëgàtion brità¥tnîqUe à Mexico.

12 Septembre 1860.

'^ Le soussigné, &tG,

^^ Ija conduite i^opt^e pftr le souss^é et manifestée dans sa note da 30 du mois demier, n'est point inusité^ et de plus, elle est, ainsi qu'il le croit, conforme'à celle qui a été ^i\>ie d'ans les mêmes cifconstances par la plus grande partie du corps diplomatique qui se trouve à Mesik»

^^ Il veut bien supposer 'qte, di^ns sa réponse, S. E. M. Téodosio Larès n'a pas l'intention d'éluder, au nom du gouvernement de M. MiramOD, larespohsabilité qui incbnibe, en pareil cfts, à tdut gcruvéirneneiit <Jb 'feit, jûstju'à'ce que le sdu^sighé ait reçu la réponse de 9($n 'gcruremétnetit Mais s'il en était àiiiBi, <$e serait avec lii pits géande surprise que le soussigné recevrait la déclaration (qu'il aura le dCÎagréable dwoirxle'cbmmdnîquer à'don gWïVei*tifefliëtït) qtie M. Lai^ls croirait convenable tf attendre, *ptttir- prendre en «)nsidéi»at}on la JusfM- ^e due en plusieurs circcHÎStantfceS tant kus sujets aiiglais qu'au goavêr&emeBt de la Cf^râtnâe ^Bretagne, de savoii* si le gouvernement de 8. !M* reconnaîtra ou non, en qualité dé gotcvértiéitient de lit République, l'administration dernièrement formée dans cette capitale par le général Miguel Miramon.

" M. Téodosio Larès, en examinant attentivement cette affaire, reconnaîtra que la décision dont il s'agît de la part du gouvernement.de S. M. B. ne peut avoir aucune connexion légitime avec Pînfraction des droits et immunités reconnus par le droit international ou par des traités spéciaux, à des sujets b^ritanniques dan^oute Vextension de la République mexicaine; et encore moins avec des questions de réparation ou de compensation aux quelles s'est déjà coinpromis le généra Miramon, et dont le strict accomplissement intéresse l'honneur de ce haut fonctionnaire et de ses ministres.

" Le soussigné &tc.

Signé, George B. Mathews,

" A M. Téodosio Larès, Ministre des affaires étrangères du gou- ▼emement^o Mexico." ....

fe* Mks.auoii* i^^^'^^J^ ^"'*^^ ** ministre de S. M. R

M' ^l^^»^ '^ti l^ gouTcrnement du général Mi-

" EnF /^^ È^^^^i!^^^ '^ ^^ pouvwt traiter avec le

garde ^C^^^I^'^ ^"^^^ ^"^ goBvemement de fiût; et

dw !l^;!S^ ^^i» ^^^^^ P*"^ ^' Mathcws, il ne pourrait

ft^^ff^ suscitée par M. Mathews dans sa demièie

/w«ji^ i ^ ^ . I l'opinion du corps diplomatique sur la légitimireJ^^^^j^t de M. Miramon, M- Larès s'exprimait ainsi:

ifetf titres ou de Forij^ne du pouvoir du gouvernement

J^'^^^g^publique exercé par S. E. k général Miramon, n'appar-

get"^ j^cnne manière aux représentant des nations étrangères; et

lîe0^ ^V ]g^ Grande Bretagne ne reconnaissait pas celui du général

^ ^ 00 ^ dernier ne pourrait par ce motif entrer en arrangement

^jNgli ni sur les réclamations ni sar les difficultés qui sont pendantes,

*^e tort en retomberait tout entier sur M. Mathews, attendu que le

^avernement de la République n'a rien fait pour amener la 8ituati<Mk

AgoB la quelle se place le chargé d'affaires du gouvernement anglais.

» Le soussigné, etc.

Signé, Tfonosio Lares.

'< A M. George B. Mathews, chargé d'affaires da gouvernement anglais. — Mexico."

M. Mathews, placé sur ce terrain scabreux par l'administration réactionnaire elle-même, répondit le lendemain par la note suivante, qui puisait toute sa force dans le souvenir des traités conclus, une année auparavant, par les amiraux Dunlop et Penaud, avec le gouvernement de Véracruz.

Légation Britannique à Mexico.

^ 25 septembre 1860.

^^ Le soussigné etc.

^ Dans cette réponse S. E. a daigné l'informer, par ordre exprès de S. E. le général lliramon, que le gonremement récemment établi dans cette capitale sons la présidence de S. E., quoique disposé h reeonnaiire les droits et immunités garantis aux sujets de S. M. B. par les traités et les d^îts internationaux, s'excusait, cependant, d'entrer en ^eeuesion à cet égard sur les réclamations pendantes en ce moment, jusqu'au reçu des instructions relatives à la reconnaissance de la qualité du général Miramon, que le soussigné avait cru de son devoir de soumettre à l'approbation du cabinet de Londres.

Le soussigné transmettra, sans perdre de temps, à son gouvernement, la réponse de S. E., et; il lai sera permis d'exprimer tout de suite la surprise qu'il a éprouvée, en lisant le dernier paragraphe de cette réponse.

** Le soussigné n'a examiné en aucune manière, et parconséquent n'a rien décidé sur la nature des droits que possèdent le général Miramon et son gouvernement : dès lors il n'a fait aucune déclaration qui pût donner moti& aux observations de S. E. M. Larès.

^ Ces questions doivent être décidées par son gouvernement; et pour ce motif il s'est contenté de suivre le ceurs habituel des usages internationaux en pareil cas, qui veulent, dans toutes les circonstances extraordinaires, que les représentans étrangers attendent des intructions de leurs gouvememens.

"Ha donc suivi la coutume générale en adressant au gouvernement de S. M. B. toutes les communications qu'il s'est vUi^^ns la nécessité de lui envoyer 4 ce sujet.

^ Le soussigné doit croire que par une erreur seule échappée à la connaissance de S. E. M. Téodosio Larès, celui-ci a pu dire, dans sa note du 24 courant, que la position qu'il désirait prendre, au nom de son gouvernement, ne se limitait pas aux questions du moment, mais qu'elle impliquait aussi pour l'avenir; et que dans le cas où le gouvernement de M. Miramon ne serait pas reconnu par celui de S. M. B. en qualité de gouvernement de la République, on ne ferait droit à aucune des réclamati(«s passées ou futures des sujets de S. M.

" Ceci équiYaudrait à une dôclafation que l'ttmbsssAdetir de S. M. C. non plas qae tout antre Ministre qui reeomiQttraiMégotfveTnéinent établi dans oette capitale, n'aurait àncun dtoit k ëlever de justes ri- €lamiitions!pi*ès du gouvernement de fait de Véraérus; et que seulement le gouvernement êtmiiger qui reconmaltrai^ les deux gouvernemens comme gouvememebs défait, serait autorisé par le droit international à adresser, dans ôertains cas, ses rfclaniaiîons 'à l'un on ^ l'autre.

" Le soussigné etc.

Signé, Georqb B. Mathrws.

" A M. Téodosio Larès, Ministre des affaires' étrangères da gouvernement de Mexico."

Cela dit, M. Mathews attendit les instructions de srn .gouvernement, au quel il s'était adressé pour l'informer de tout ce qui s'était passé à l'occasion du rapt perpétré sur la personne de M. Zuloaga, et lui demander s'il devait ou non reconnaître la façon de gouvernement sortie de cette nouvelle insubordination militaire.

Ces instructions lui arrivèrent dans le courant du mois d'octobre suivant, et, le 17, il adressa à ces hommes qui se faisaient un jeu de violer les engagemens les. plus saints, une dernière note dans laquelle il leur répétait, en termes un plus tnesurés, mais identiques quand au fond, ce que le 28 mars précédent M. le capitaine Aldham avait déjà écrit à M. Miramon * ; et il terminait en déclarant à M. Larès que ses instructions lui enjoignaient cPinterrompre ses relatmis avec le gouverneme^ établi à Mesico, et de sortir avec la légation anglaise de la capitale.

1 Voit la lettre de M, le capitaine Aldham à M. Mitamon, page 146 de ce vc lume.

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