‹ Le Mexique et l'intervention européenneChapitre 46 sur 59 · KI · texte numérisé non relu

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1» dbeetioii d'une affaire aitsai grave au zèle pour le xaoisB îndîfleret da gouveraeur général de la Havane, chargea fion ambasBadeur à Lon^ dreSj M. de Flahanlt, de voir Lprd Biisaell et de le prévenir que la frécipitcUian du général Serrano à commencer les opérations eans attetidre Parrivée des forces combinées de Freinée si ^Angleterre était de nature à ^croître la difficulté âe Pe»pédition. En conséquence M de Flahault devait amiKmcer au ministre anglais que le gouvernement français allait augmenter de 3 à 4,000 hommes le chif> fre des forces qu'il avait déjà envoyées au Mexique, et Lord Bussell adressa la lettre suivante à Lord Gowley, ambassadeur du gouvernement anglais àParis^ipour Im expliquer que tout en regrettant cette asesnre, il ne voyait cependant aucune objection à &ire contre les ar* guaens iinroqués près de lui pour en démoMrer la nécessité:

Le comte Russell au comte Cowley, (Extrait).

" Ministère des affaires étrangères.

20 janvier.

<< J'ai vu hier le comte Flahault; S. E. m'a informé qu'il avait ordre d'annonoer que le gouvernement français jugeait nécessaire d'envoyer de nouvelles forées de débarquement au Mexique. Votre dépô* dho du 17 janvier m^vait déjà prépavé à recevoir cette eommuiÛQa* tiotL Le comle Flahad^l; a iyouté*qiie la préeipîlatiQn du générd Serrano à eomnenoer les opérations sans attendra les forœs de la France et dô l' Angle tetre étaUi de nature à aocroltee les difficultés de Ttepédition.

** II semblait maintenant inévitable que les forces'^lliées s'avançassent dans l'intérieur du Mexique, et non-seulement la £aroo convenue actuellement serait insuffisante pour cette opération, mais encore l'opération elle-mOme devait prendre un caractère tel que l'empereur ne pourrait pas permettre que l'armëe française fût dans une position dUftférioriiévis^-i^-^is de Vatmée espagnole^ ni qvfeUe amrut le risque é^itre compromis^.

'^ S. M. I. a, en conséquence, résolu d'envoyer un renfort de S^à 4,000 hommes au Mexique* /'«i dit au comte FlahauU que je te-

greUais beaucoup cette mesure. Je n'avaift pas d^bjecrïon à fiûre aa nom du gouverueiaent de S« M« contre la validité de l'argument que 1^ forces delà France ne. devaient pas être infôriettres à celles de r£spagne. Je devais faire seulement observer qu'il ne serait pas pos* sible au gouvernement de la reine de détacher une }du8 grande quantité de troupes pour les opérations de te>*Fe .que l^nombre de soldati de marine d^à envoyés à la côte mexicaine*

'^ Signes Ru&sfiLL.''

Trois jours ^près le noble Lord ^idressa le billet qui suit an minis* tre espagnol, pour lui donner l'absolution, au nom du gouvernement britannique, de la conduite suivie dans cette afiaire par le gouverneur général de File de Cube:

Le comte Russell à M. Isturitz,

" Affaires étrangères, 28 janvier.

'^ Monsieur le ministre,

^' En vous accusant réception de la communication du 18 janvier dernier,' je disais à Votre Excellence que, bien que le g&uvememeni de S. M. ne soit pas entûrement satisfait de ^e^ùplicafion damnée par Votre Excellence au sujet da départ de^Cuha de Pexpédition espagnole pour le Mexique avant lemoment ocnivenu entre le» trois puissances, il consent néanmoins à accepter la déclaration de Votre Excellence que le gouvernement de S. M. G. a eu l'intention d'agûr conformément aux dispositions du traité de 2 novembre 1861 ^ •

"• Je suis écet

Signé, Russell, "

Enfin, pour parer autant que possible aux complications que pou* valent faire naître dans l'avenir les passiéïiS \ltf ' sijàréchal Berrano, il adressa au ministre du gouvernement anglais près la cour de

1 Nom ji*.iv4Dt 4paB conaoîssanco du traita ilont il ^agU*.

Madrid, ayec ordre de la lire au maréclial O'Donnell et à M. Calderon Collantes, une note dans la quelle il indiquait atcc une rare précision les conséquences de la politique suivie depuis par le cabinet des Tuillexies. 1/ Angleterre cependant se tx^ompait: non sur le fait en loi-mè* me; elle l'avait prévu et en avait depuis longtemps précisé les résultats; mais sur les auteurs d'un événement qui devait la mettre dans la nécessité d'opter entre l'abandon, non sans quelque hante de l'entreprise, le mot est écrit tout au long, et l'extension de la mesure prise contre le Mexique, au deU des limites et jde l'esprit de la triple Oonvention.— Bn on mot,. elle craignait l'ambition de l'Espagne, et ce fut de Paris que partit lé coup qui devait la fidre reculer.- Voici cette importante dépêche.

Le comte Ruesell à sir J. Crampton,

" Ministèr€l des affaires étrangères,' le 19 janvier 1862.

"Monsieur,

« '< Quoique, le gouvernement de la reine ait la conviotîon, d'après les explications qu'a données M. Isturitz, quelegotivemement de S. M. 0. a donné des ordres à ses commandans à la Havane en conformité avec les conventions conclues avec la r^ne «d'Angleterre et S. M. l'empereur des français, néanmoins la conduite du maréchal Serrano est de mâture à inspirer quelque inquiétude.

" Le départ de l'expédition espagnole de la Havane et l'occupation militaire de Véracrusi pour ne rien dire du ton de la, proclamation faite au nom du gouvernement espagnol^ prouvent qu'une expédition combinée à une grande distance de l'Europe <lit subordonnée à la discrétion toujours^ à VirréflexUm quelquefois des commandans et agents diplomatiques distincts. Je désire que vous lisiez au maréchal O'Donnel et à M, Calderon Collantes le préambule et l'article de notre Convention qui définissent ce que doit être notre intervention et ce qu*elle ne doit pas être,

" Vous ferez remarquer que les forces alliées ne doivent pas itre employées à priver les mexicains de leur droit incontestable de choi" sir eux-mêmes leur propre forme de gouvernement.

^ Si les tnexicâins Tealent oènstitaer un nouTeaa gouyemera^nt de BAtnre à rétablir l'ordre et à conserver des relations amicales avec les nations étrangères, le gonvernement de ]fk reine sera oharmé de saluer la formation et d'appuyer la consolidation de ce gowernement.

^' Si, an contrskire, les troupes des puisscmces étrangères servir àinstMer un gottvernement qui rëpiiffneraUaiix sentimens du Mexique, et à Vappuyer par les bayonnetteSj le gon?enieni6Dt'de la reine ne poureait pas compter sor cPaotre résultat d'une telle tentative que la disoôrde et le dôsappcintement; Dans ce cas, ies gmh vemèmens àlHés n^aruraient -qu^a elMstr entre f^Aandwi dfune telle entreprise avec quelque honte, ou Pextension de leur int&rvof^ tion au-delà des limites de Vohjet et de V esprit de la triple Convention, '

'' Vous expliqueres au marëckal O'Doimeli que oetie appréhension de notre part ne vient pas de ce que nous ayons quelque soupçon sur la bonne foi du gouvernement de S. M. C; mais dés chefs d'expédition agissant à une grande distance doivent être soigneusement surveillés, de peur qu'Us ne compromettent leur gomernethènt par des procédés vnjustifiabtes.

^ Tous lires cette dépêche a M. Oalderon OoHantes.

"Signé, ïfareerELi*.**

A la même époque I0 bruit se répandit aux quatre coins cardinaux de Paris que M. de Laurencez, envoyé au Mexique avec les renforts dont il est parlé ^ans la dépêche de Lord John Bussell à l'ambassadeur britannique près la cour des Tuileries, pour y prendre le commandement en chef des troupes françaises, avait la mission expresse d'y préparer un trône sur le quel devait s'asseoir une altesse romanesque, selon Pexpression de Jules Favre, quoique cUlemandey et qui porte dans l'almanach de Gotha le nom de Maxinûlien d'Autriche. Ces bruits étaient colportés par les officiers de l'expédition: Lord Cowley les crut assez graves pour en faire l'objet d'une explication avec M. de Thouvenel; et la dépêche qu'il adressa à son gouvernement au sujet de ces bruits et de la réponse qui lui avait été faite, établit

malhearensement que S. E. n'est guère plus forte en diplomatie po« litique, que ne l'était le marquis de la Ghitre en diplomatie amoureuse " .

he comte Cowley au comte Russell (reçue le 25 janvier. — Extrait).

«Paris 24 janyier 1862.

« J'ai entendu dire de tant de côtés que les officiers qui se rendent au Mexique avec des renforts disent qu'ils y vont dans le but de placer Farchiduc Maximilien sur le trône du pays, que j'ai cru nécessaire de questionner M. de Thouvenel à ce sujet.

« Je lui ai demandé si des négociations étaient pendantes entre la ' France et l'Autriche au sujet de Parcliiduc Maximilien. S. E. m'A * répondu négativement. Elle m'a cKt que les négociations avaient été entamées par des mexicains seuls qui s'étaient rendus à Vienne dans ce but.

** Signé, CowLEY."

La vérité, celle du moins qui a été confessée par M. Billaud, le 26 juin dernier, en présence du corps législatif, c'est que, tout en déclar rant, devant Dieu et devant les hommes, qu'on ne voulait pas intervenir dans les affaires intérieures de la République, on prétendait ce* pendant renverser à tout prix le gouvernement de M. Juarez, et l'on voulait le renverser sans savoir au juste de quelle manière on le remplacerait.

Nous n'examinerons pas s'il peut être possibleneiu gouvernement de la France de renverser en ce pays le gouvernement constitutionnel pour le remplacer par telle ou telle fcnrme de gouvernement, et de

l Le marquis de iâ Cb&tre, amâ&t de la famensa Ninon de V^gIob, exigea avant de partir pour l'armée, on billet signé de sa charmante maitressey par le quel elle s'engageait sur l'honneur à lui rester ûdàle pendant son absence. I^ïtaon le lui remit, mais à peine eut-il disparu qu'elle donna sa survirance au marquis de Viilarceaux et dans les momens les plus tendres de ses entretiens avec ce dernier, elle s'écriait joyeusement en frappant ses petites mains l'une contre Pautre: Ah! le bon bSUt qv^a La Châtre!

— • Wu —

piëteadre enraite qnll ne Teot pas mterreidr dans les affaire intérieures de la République; ce sont là d^s discussions purement logomacliiques, dont la subtilité nous échappe et que nous abandonnons de grand coeur aux profonds politiques qui ont Thabitude de perdre leur temps à. chercfaMr les moyens de couper un. cbereu en quatre^ Kous acceptons la déclaration de M. Billaud pour ce"^ qu'elle vaut; si l'ont veut pour ce que ce ministre prétend qu'elle vaut, sans j rien ajouteri sans en rien retrancher, et uniquement parcequ'il nous répugne de croire et de soutenir ayant d'en avoir les preuves en mains, que dans l'affaire du Mexique M. Billaud a consenti à jouer le r61e qu'ont représenté avant lui MM. Odilon Barrot et Falloux dans Farfoire de Borne. Nous admettons donc sur la seule parole de ce misna^ tre qu'on ne veut en aucune manière faire violence aux sentimens du pays; et^ ce qui est beaucoup plus fiu»le à croire^ que l'armée française airivera jusqu'à Mexico; et nous nous demandons, 8a«a pouvoir rien y. comprendre:- que fera^t-«on après?

Si l'expëdition ne se compose qtfe de 15 à 20,000 hommes, et jusqu'à présent nous ne voyous rien qui nous autorise à supposer qu'il en soit autrement, l'armée française arrivera facilement dans la capitale, du moins nous le croyons ainsi; mais comme il faudra garder un cordon de 90 lieaes environ» de la. capitale jusqu'à Yëracrua, afin que les communications entre ces deux villes ne soiei^ pas^ interceptées, ellese trouversi^ vis*à*vis des populations de plus en {dus hostiles de l'intérieur, dans une situation exactement semblable à ceHe ok se trouve en ce moment la division de M.» de Laorences vis-à*-vis de la ca* pitale, et nous demandons^ pour la seconde fois: que fera^^-en a{Apès?

On fera, répond M. Billaud, un appel aux populations du pays, pour savoir si elles^eulent, otd ou noTt, maintenir ce qu'il appelle, pour les besoins dé sa cause, la tyrannie de M. Juarez.

Soit: on fera- cet* appel; mats de quelle maniera ]eierar<^«on?

Par trois 'Ibis déjàyles eomimssaires'aHiéed^abor<l,^pttitfle»obâitDiisaûres français, puis ^nfin, M. Almonté, ont procédé de cette niiAnidrS; c'est-à-dire par voie d'appel aux populations, et si notfs en exceptonU quelques hommes tarés tels que Marquez, Taboada, Buitron et Galvez,. personne encore n'a daigné leur répondre: nous sommes donc au* torisés à demander pour la troisième fois: que^fera-4-<m après?

On Ira a Tintérieur, exactement comme on est yenn à Mexico, afin d'y délivrer ceux quî, cfàns les vocabuTaires à Tusage de la réaction, Ée nomment entre-eux lès honnêtes gens, de la tyrannie de Jaarezf, et leur donner, gràco à Pappnl des bayonnéttes de la France, un coa« rage qu'As n^auraîènt jamais sans cela.

Soît encore: mais alors, pour occuper seulement la grand' route de T^râci^uz au Manzanillo et i San Blas, c^est-à-dire de FAtlantique au Pacifique, «u Keu de 15 à 20,000 hommes, il en faudra, 50,009 au moins, et après?

It faudra soumettre a tout prix lés populations situées sur là droî-' te et sur la gaucTiê de cette ligne, c'est-à-dïre Kntérieur toué entier, te Nord et le Sud de la République, ce qui nécessitera encore un renfort de 50,000 hommes, et après?

Après aroir ainsi prodig9é l'or et le sang de la France pour la satisfaction d'un intérêt complètement opposé à la mission de notre pays, il pourrait arriver en cette situation extrême, nous parlons toujours dans la supposition que Fon n'a pas l'intention de faire violence aux sentimens du pays, que le nom de M. Juarez sorte en définitive de Furne et se jette, en signe de dernière protestation, aux bayonnéttes françaises étonnées, comme en 1848, le nom de Bonarparte, sortit des entrailles mêmes du peuple, et fut jeté à FEurope ébabie comme la seule réponse de la France aux insolentes déclarations des 21 décembre 1813 et 18 mars 1815 * .

Pour la sixième' fois nous demandons: Que fera-t-on aprèa?

Après, répond M. Billaud forcé dans ses derniers rétrancbemens : après, si la nation nommé de nouveau M. Jiidrez, nous répondrons AINSI 80IT-IL et tout Sera dit. ,

1 Frahçaîs, la victoire a conduit les arméeis allides sur votre frontière; elles vont ta franchir. Ihus ne faisons j pas la guerre à là France, ffèt/^

(DécYarâtion an prince de Scfawartzenberg, eh date du 21 décembre IB18%

^ Lei puissances dédareat que Napoléon Bonaparte s^estpiacéhorsdei rdations civiles et sociales, et que comme ennemi et pertabateur du repos du monde, il s'est livré à la vindicte publique."

(Déclaration à Vienne, des souverains alliés, en date du 13 mars 1815.)

Certes, il fallait à Vayanee s'être assuré de tout ce qu^une majorité complaisante pouvait accepter de non sens, pour oser soutenir une pareille doctrine devant les réprésentans du pays. Le gouvernement anglais ne fit pas comme le corps législatif. H avait, dans plus d'une occasion, fait lui-même des promesses semblables, et il s&vait, par l'histoire de son passé, combien peu elles avaient pesé dans la balance de ses déterminations ultérieures. H écrivis, donc à son représentant, sir Charles Wyke, que dans le cas où le peuple mexicain, par un mouvement spontané^ placerait Parchiduc Mazimilien sur le trôno de Moctezuma, il ne voyait pas de motif pour Teimpêcher de se passer cette fantaisie; mais qu'il ne devrait en aucun cas prendre part a une intervention qui aurait pour but' de lui imposer un gouvernement contraire à la volonté du pays. C'est-à-dire, qu'aux yeux de Lord Russel, l'Angleterre se trouverait par ce seul fait dégagée des engagemens contenus dans la Convention du 31 octobre 1861. Voici cette dépêche:

Le comte RussM à sir C. Wjfke.

" Foreîgn-Office, 2T janvier»

'^ Monsieur; j'ai reçu vos dépêches du 18 et du 28 novembre, et je les ai mises sous les yeux de la reine. Depuis que je vous ai écrite l'empereur des firançais a décidé d'envoyer 3,000 hommes de plus à la Véracruz.

'' On suppose que ces forces marcheront sut Mexico avec les troupes françaises et espagnoles qui sont déjà au Mexique. On dit que l'archiduc Ferdinand-Maximiiien sera invité par un grand nombre de Mexicains à monteiil&ur le trône du Mexique, et que le peuple mexicain sera joyeux de ce changement dans la forme de son gouvernement.

*' J'ai peu à ajouter à mes premières instructions à ce sujet Si le peuple mexicain, par un mouvemeni spontané, place V archiduc autrichien sur le trône du Mexique, nous n^avofis pas à fempicherf cda n^est pas dans notre Convention.

" D'un autre coté, nous ne pourrions prendre pari à une inter-

teniîon par la force dans ce hut. Les Mexicainsi doivent consulter leurs propres intérêts.

*^ J'ajoaterai à mes premières instmciions, relativement aux amiraux qai commandent dans FAtlantique et le Pacifique, que vous ne ferez aucune objection à ce qu'ils retirent les troupes de marine de la Yéracruz, lorsque viendra la mauvaise saison.

** Vous ne ferez pas non plus d'objections aux mesures qm pourront être prises de concert par le plus ancien o£Scier de marine & la Yéracruz et l'amiral Maitland pour l'occupation ou le blocus de Pun ou de tons les ports du Mexique sur le Pacifique, qu'il sera nécessaire de bloquer ou d'occuper pour l'exécution de la Convention! TL s'agit surtout d'Acapulco, de Mazatlan et de San Blas.

" Je suis, ctc.

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