‹ Le Mexique et l'intervention européenneChapitre 47 sur 59 · RUSSELL · texte numérisé non relu

RUSSELL

De son côté M. Wyke, dans une dépêche datée du 29 décembre 1861, c'est-à-^lire, antérieure de huit jours à Parrivëe des escadres combinées de France et d'Angleterre, racontût à Lord Bussell l'effet produit au Mexique piu* la nouvelle de la formidable coalition qui se préparait contre lui, et anooaçait en ces termes les espérances que faisait naître auprès de lui l'entrée de M. Manuel Doblado au ministère des affaires étrangères.

Sir C. Wyke au comte Russell (reçue le 29 janvier 1862).

La nation est maintenant très effrayée de la Coalition formidable qui se forme contre elle, et elle sera plus disposée à accorder ce que nous demandons avant que le sang ne soit versé et que les passions n'aient été excitëes, comme elles le seront alors que la lutte avec les espagnols sera engagée.

Le rejet de ma Convention par le Congrès, telle que je l'ai exposé dans ma correspondance du mois dernier, a eu l'effet de renverser le dernier cabinet, et la crise qui s'en est suivie a amené l'élévation du général Doblado, qui n'a consenti à former un gouvernement qu'à la

condition où de pleins pouYoirs lui sèment confi^rés p^r le Cmg^y afin de l'autoriser à terminer, de la manière qm lui paraîtrait la meilleure, les questions en litige avec les trois puissances. Les ayant obtenus, il a ajourné l'assemblée jusqu'au mois d'avril prodiain, etpaior tenant il demeure libre de faire avec nous les meilleurs arrangem^p^ qu'il pourra. Qest un homme iPun talent et cPun^ ir^v^enpe ieiUe dans le paj/s, que les chefs réactionnaires commencent à d€pçser les armes et à donner leur adhésion à son élévation^ car il s'occupe à former un cabinet des homnu^ lespltis capables qu^U pourra trouver, sans avoir égard à leurs opinions politique^. Son preniier acte a été de m'engager h ne pas quitter le Mexique, car il était, m Vt-îl diti maintenant à même de conclure avec mpi un arrangement qui donnerait à l'Angleterre des garanties positives pour l'exécution des engagemens du Mesdque envers nous.

Gomme cette ouverture m'était faite après l'arrivée de la maUe du mois 'dernier qui m'apportait des journaux anglais dans lesquels il était annoncé positivement qu'il allait être formé une convention par laquelle les trois puissances s'engageraient à une intervention collective an IfexiqTie, je ne pouyais natu^ellemenjt profiter d'une o&e qu'en d'i^utres circqnstances j'aurais été heureux d'^MCÇcpter»

Tout dépend de la manière dont les choses seront d'abord traitées ici. Si l'intervention est bien reçue, elle sera pour le pays un bien- &it ; mais, d'un autre côté, des mesures violentés au début perdraient tout et nous engageraient dans une entreprise dont on ne peut exagérer les difficultés.

Heureusement l^commandans espagnols, tant de l'armée de terre que de celle de mer, paraissent être des hommes de prudence et de mo dération, et jusqu'à présent ils ont montré un esprit de justice et de conciliation qui parlé hautement eh leur faveur.

Dans une longue conversation que j'ai eue avec l'amiral Bubalcabai avant-hier, il exprima son opinion à ce sujet dans des termes presque identiques à ceux dont je me ^uis servi pour donner la mienne.

Signé, Ch. Wyke.

Les JBffieoUéB inKérenteB è PétabUssement d^me monarchie da&B un pays eomme le Mexique, et plus que tous cela, peut-être, l^titu« de pleine de réserve de l'Angleterre jointe i Pentrêe de M. Doblado au ministdre laissaient cependant espérer que les choses ne seraient pas poussées à Vextrême, et que dès lors on pourraît assez fiusiles'entendre sur lies termes d'un arrangement avantageux à tout le mondcj quand cette espérance s'évanouit tout à coup sous le souffle des véritables passions qui avaient préparé et amené l'intervention.

PïtéLIMDfAffiES DE U SOLEDAD.

En parlant d'un arrangement que la nécessité imposait à tout le monde, nous comptions, il faut l'avouer, sur le bon sens des commissaires alliés, dont les noms, répétés par toutes les bouches, nous paraissaient une garantie à la quelle nous avons personnellement crue j'usqu'au dernier moment.

La nomination du général Prim par l'Espagne, était en effet d'une éloquence capable do lever h elle seule bien des doutes. Kous ne voulons parler ici ni de ses antécédens, ni de ses relations de famille ^ y mais il nous paraissait <|ue le brave général devait arriver au Mexique comme doit le faire tout homme de cœur chargé d'ujie mission semblable h la sienne sans parti pris it l'avance, sans préventions, et animé de dispositions plus &voKahks qu'ho^tij^s^

n nous paraissait encore qu'avant de se décider, il devait désirer voir et entendre par lui-même, et quelque bien disposé qu'il pût être^

1 Le géaéral Piim a epoasé une mexicaine, MI(e. AgâerO| nièce de M. Sekerenia^ ancien ministre des ftnmoes.

nous étions certains qu'il verrait et qu'il entendrait des choses sur les quelles il ne comptait certes pas. Il verrait, par exemple, que dans ce pays, que les cabinets européens youlaient, disaient-ils, laisser libre de se constituer à son gré, sous la forme de gouyemement qui lui conviendrait le mieux, il n'y avait^ depuis plus d'un an, ni un Etat, ni un district, ni même une seule ville, petite on grande, qui ne reconnût les autorités établies au nom de la constitution ; et que si, après trois années de guerre civile, il restait encore par ci, par là, quelques bandes de dissidens, vivant de pillage et de vols, ces bandes étaient toutes commandées par des malfaiteurs reconnus, tels que Marquez et ses complices, ou par des espagnols qui s'efforçaient précisément de maintenir cette anarchie à la quelle le gouvernement espagnol lui avait ordonné de mettre un terme.

Le fait était assez remarquable par lui-même pour qu'il y prît garde, et pour sç convaincre du triste rôle joué par ses compatriotes dans ce malheureux pays, le général Prim n'avait qu'à parcourir chaque matin les colonnes des journaux. Li il devait trouver les rapports des chefs militaires qui combattaient les derniers restes de la réaction, et pour peu qu'il eût daigné jeter les yeux sur les faits qui s'étaient passés avant son arrivée, il y eut rencontré la déroute, la capture et l'exécution de Marcelino Cobos, Lindoro Cagigasy Ibarguretif Islas, Beltran, CctsiUas^ Romero, Otero et de plusieurs autres espagnols qui étaient tombés dans ces derniers temps sous les balles des défenseurs de la loi et des autorités constitutionnelles.

Alors, selon nous, il comprendrait ce que les espagnols honorables, pacifiques, laborieux, avaient dû souffrir de cette conduite de leurs compatriotes, et il saurait, nous n'en doutions pas, en qualité de commissaire extraordinaire de l'Espagne, séparer le bon grain de l'ivraie.

De leur côté les amiraux Dunlop et Jurien de Lagravièrc, à leur arrivée à Véracruz, n'avaient qu'à s'informer auprès de leurs compatriotes pour savoir immédiatement de quel côté étaient leurs sympathies, du quel leurs antipathies ,* du quel encore leurs véritables intérêts. Us devaient peut être s'étonner, et certes il y avait bien de quoi, de voir que, dans des circonstances aussi graves, quand ils débarquaient sur la plage les armes à la main, le Mexique se refusait encore à les prendre pour ses ennemis ; qu'il ne voulait pas croire à leur hostilité, et que les noms de la France et de l'Angleterre ét»>

ient soigneasement écartés de tous les bniletîns de gnerre dirigés contre l'Espagne ^ .

C'étaient là des réflexions que toutes les personnes sensées se faisaient, et si nous les taisions ici nous croirions manquer à un devoir de consdenoe. Les trois commissaires devaient donc être surpris de tout ce qu'ils allaient voir, de tout ce qu'ils allaient entendre, et il était impossible qu'ils ne comprissent pas, en dépit des plaintes intéressées portées au delà des mers, que dans tout ce qu'on avait à loi reprocher, le Mexique avait été beaucoup plus malheureux^ que coupable.

Ta question une fois posée sur ce terrain, ety était là le^ véritable, il nous paraissait naturel qu'elle se simplifiât chaque jour d'avantage. Les commissaires allaient comprendre que le Mexique avait besoin tout d'abord d'une pacification complète i et que les outragea, les exactions^ les actes arbitraires dont se plaignaient avec raison les étrangers disparaîtraient en même temps que la guerre civile et le pillage : mais que la pacification complète de la République ne pourr rait avoir lieu qu'au moyen de la consolidation de l'édifice constitutionnel élevé avec tant de peines sur les ruines du passé, et arrosé depuis quatre années par le sang des plus généreux champions de la réforme.

Personne ne fut donc surpris des préliminaires de paix signés le 19 février h la Soledad, entre M. le comte de Beus, d'une part, et M. Manuel Doblado, d'une autre ; préliminaires qui furent ratifiés depuis par les commissaires alliés et par M. le président de la République.

1 Cette vérité est tellement vraie, que le général Prim, lui-même, en a été frappé, et que, dans une dépêche en date du 27 janvier 1862, adressée à M« Calde« ion Collantes, il s'exprimait à cet égard ainsi qu'il suit :

<<!/ n'y apas id contre les anglais et lesfrançw la htùne et les rancunes qtd eads* << tent contre les espagnols; et ces méchants sentimens, quelques immérités qu'ils *• soient, n^en sont pas pour cda moins profonds et moins géniraur. Il esp donc

** IlTDlSPEnSABLB QU'IL »'r AIT POIWT DB SÊPABATlOir SRTBS LES TBoIS PUISSAN- " CBS.»

Ces pr^liiamairefi êtoieixt aii^si icançQfl :

Préliminaires dont sotit convenus M. le comte de Reus et le ministre des RekUions Extérieures de la République mexicaine.

1 ? Attendu que le gpuyevaement coQ9titatiQii&el .qui régit taellement la JELôpublique mexicaine a manifidste aux commifisaires des puissances alliées qu'il n'a pas besoin du secours qu'ont (jSeA ces derniers arec tant de bienveillance au peuple mexicain, ya possède en lui-même k^ ëlêmens de force et d'opinion popr se tenir contre to]ite tévdte intestine, les aUiés entrent de suite aor le terrain des traités, pour formaliser toutes les réclamations qo'ils ont à faire au nom de leurs nations respectives.

2 «^ A cet effet, et les représentans des puissances alliées protestant comme ils protestent qu'il n'intentent rien contre l'indépendance, la souveraineté et l'intégrité du territoire de la République, les négociations s'ouvriront à Orizaba, ville dans laquelle se rendront MM. les commissaires et deux de MM. les ministres du gouvernement de la République sauf le cas où, de commun accord, on conviendra de nommer des représentans délégués par les deux parties.

8 P Pendant les négociations, les forces des puissances alliées occuperont les trois contres de population de Cordova, Orizaba et Tebuacan, avec leurs rayons naturels.

4 ^ Pour qu'on ne puisse proirie, mémo d'une max^ère éloignée, que les alliés ont signé ces préliminaires pour se procurer le passfige des poçitious fortifiées qu'occupe l'armée mexicaine, il es^ stipulé qu'au cas malheureux où les négociations viendraient à se rompr^ les forces des allés désoccuperont les centres de population sus-mentionnés, et retourneront se placer sur la ligne qui est avant ces fortifications, dans la direction de Yéracruz, en désignant comme points extrêmes principaux, celui de Paso Ancho, sur 1& rputp de Gordovi^ et Paso de Ovejas, sur çfJle de Jalapa*

5 ^ Si le cas malheureux de la rupture des hostilités venait à se présenter, et si les troupes alliées se retiraient sur Isi ligne indiquéi^ dans l'article qui précède, les hôpitaux qu'auraient les alliés reste^ni sous la sauvegarde de la nation mexicaine.

6P Lejoi^r où les troupes oIKées entreprendont leur marche pour occuper les points désignés dans l'article deuxième, on arborera le drapeau mexicain sur la ville de Yéracruz et au (di^teau de San Juan de Ulûa.

La Soledad, dix &euf février mil huit cent soixante deux. — Le comte de Reus. — Manuel Doblado. — Approuvé.— C Lennox Wyke. — Hugh Dzmlop, — Approuvé les préUminaires oi-dessua, A, de Sa- Ugny. — ^Approuvé les préliminaires ci-dessnsi E. Jurien.

JPapprouve ces préliminaires en vertu des amples facultés dont je me trouve investi. Mexico, vingt trois février mil huit cent soixante deux.— £eni^o Juarez^ président de la République.

'' Certifié conforme, en qualité de chargé du ministère des Relations extérieures et de Gobemacion.

Signé, Jésus Teran."

Après ces préliminaires signés par les représentans des puissan* ces alliées, ratifiés par le président de la République, et transmvi à leurs gouvernemens respectifs par les commissaires des gopyememens d'Ai>glet^rre, de France et d'Espagne, il était naturel de supposer qu'on attendrait pour prendre une détermination positive, pour ou contre la guerre, le résultat des conférences qui devaient s'ouvrir à Orizaba le 15 avril suivant. C'était du moins le seul parti qu'indiquât la logique. MalheurjQusement il n'en fut pas ainsi ; et ces préliminaires si impatiemment attendus par toutes les personnes de bonne foi, amenèrent, en Europe, une mésintelligJhce grave entre les gouvernemens des puissances allit^eS) qui préludèrent ainsi à une rupture dont les événemens d'Orizabane furent^ à proprement p^- 1er, que la co|:\séquence et l'écho.

Des trois gouvernemens qui s'étaient mis d'accord, à Londres, pour combine^ leur action contre le Mexique, le premier, l'Angleterre, approuva purement et simplement la conduite de scm représentant ; le second, l'Esp^^e, en Accepta les conséquences, et se contenta de regretter qu'en traitant avec M. Doblado, le plénipotentiaire ^epa^

gnol eut reconnu^ par le/ait^ le gouvernement de M. Juarez * ; le troisième, le gonvemement lErançais, désapprouva de la manière la plus formelle la conduite de l'amiral Jurien de Lagravière sons prétexte que ces préliminaires lui paraissaient contraires à la dignité de la France^ et rappela le négociateur, en laissant les pouYoirs politiques entre les mains de M. de Saligny.

n nous reste à voir ee quMl pouvait y avoir de vrai dans cette ae* cusatîon ; surtout dans la partie du discours prononcé sur la matière par M. Billaud, dans la séance du corps législatif du 26 juin dernier et pour cela nous n'aurons qu'à nous rapporter à la Convention éDemême, et aux instructions remises par M. de Thouvenel à Psmiial Jurien de la Gravière, sous la date du 11 nov^nbre 1861.

L'article II, en effet, de la Convention signée à Londres le 31 octobre 1861, entre les gouvememens de France, d'Angleterre et d'Espagne, pour combiner leurs moyens d'action contre le Mexique, s'exprime ainsi: '0[ies hautes parties contractantes s'engagent mutuclle- << ment, en faisant usage des moyens de coaction prévus dans la pré- ^ sente Convention, A ne chercher pour elles-mêmes aucune acquisition *' de teiritoîre ni aucun avantage politique ; à v! exercer aucune in- *^Jluence dans les affaires intérieures de la République, et à ne " point restreindre le droit qui appartient à la nation m^exicaine de " choisir la forme de gouvernement qui lui convient le mieux, et de ** se constituer librement.^ Donc l'intention première des gouvememens alliés, etnous devons à la justice de reconnaître que les ministres anglais n^ont jamais varié à cet égard, n'était pas d'intervenir dans les affaires intérieures de la République. Elle n'était pas même de procéder sans motifs sérieux h une invasion quelconque, car, ainsi que nous allonk bientôt l'établir au moyen des instructions remi* ses par M. de Thouvenel à l'amiral Jurien de Lagravière, les forces de débarquement mises i bord de l'escadre avaient pour mission (f atteindre le gouvernement mexicain, dans le cas, oà il se serait refusé à entrer en rapport avec les commissaires européens. Or, comme il était impossible à ces agens d'entrer en rapport avec l'autorité locale si ce n'est au moyen d'un traité, il est clair, en dépit des

1 Dépèche de M. Calderon Collantes au général Prim^ on date du 32 man

défiégations de M. Billaud, qu'en signant les préliminaires de la Sa* ledad, M. Jurien de Lagravière ne fit que se conformer aux instractirais qu'il avait reçues avant son départ de France.

Plus tard, c'est-à-dire à leur arrivée à Véracmz, les commissaires crurent devoir lancier une proclamation pour faire connaître au pays le but de l'expédition, et cette fois encore il eurent soin d'en écarter toutes les phrases dont l'analyse aurait pu laisser croire à une inter^ vention de leur part dans les affaires intérieures de la République. Écoutons-les parler: E vous appartient^ disaient-ils, à vous, exclusivetnerU à vous, et sans intervention aucune des puissances étrangères de vous constituer cPune manière forte et définitive.

Enfin ils s'adressèrent directement à M. Juarez,. et là encore, c'est en vain que nous cherchons une phrase, une ligne, un mot, qui ait trait à cette . mtervention si décidée aujourd'hui ; nous ne trouvons rien, absolument rien, à moins qu'on ne veuille prendre comme une insinuation de leur part, cette phrase du message que nous soulignons k dessein. Il nous apfartiejït de vous signaler le chemin aui CONDUIRA LE Mexiq^ue AU BONHEUR ; tnais c'est au peupla mexicain^ en toute liberté, avec la plus entière indépendance^ et sans hiiervention étrangère, ni directe, ni indirecte, à c/ioisir et à suivre ce chemin comme il lui conviendra.

Mais il y a plus, M. de Thouvenel a fait insérer au Moniteur la teneur des instructions remises par lui à l'amiral au moment de son départ, et ces instructions qui avaient pour but de lui indiqaer dû quelle manière il devait interpréter la Convention de Londres, sont entièrement confçrmes à ce qne nous venons de dire nous -mêmes de cette Convention ; au sens qne nous avons attaché à 4hi proclamation du 10 janvier et au message adressé par les commissaires alliés au président de la Bépublique.

L'expédition que vous êtes chargé de diriger, a potir but, lui dit-il, de contraindre le Mexique à exécuter des obligations solennellement contractées, et à nous donner des garanties de protection plies efficaces pour les personnes et les propriétés de nos nationaux ; et pour qu'il n'y ait point d'erreur possible à cet égard, il a soin d'ajouter plus bas : Lies puissances alliées ne se proposent^ je vous Vai dUf

antuti autre bût que cèliii qui est indiqué datt3 la' Convention; elles ^interdisent dintervenir dans les affaires intérieures du paysy et notamment d exercer aucune pression sur lès volontés des pùpulor tions quant au choix de leur gouvernement.

Fuis il lai parle dé Poecupfttion des ports da littoral et il loi dit : LHntention des puissances, ainsi que Findiqtie la Conveniimi du 31 octobre, est que les forces combirië^s procèdent à T occupation immédiate des ports situés sur le golfe du Mexique ; et passant en suite aux devoirs des colûmissaireé de Franoé et d'Angleterre, il s'exprime ainsi : Le caractère dont ces deux agens sont révttns (MM. Wyle et Dubois de Saligny) non mains que la connaissance pratique quHls possèdent des affaires du Mexique, les appelle naturellement à prendre pàtt aux négociations, le lùot est écrit tout au long dans lés instructions de l'amiral, qui devrotit précéder lé rétablissement des rapports réguliers.-^Ils devront notammejit ienJtendre^ ainsi que lé commissaire désigné par F Espagne (M. Prîm), avec lès commdndans en chef des forces alHées (MM. DuâÏo^ et Jurien de ÏAgravîère) poûrformulèf après la prise dé possession des ports du littoral, et non Ae^ villes de l'intérieur, les conditions aux QUELLES LE GotxvERNEMENT MEXICAIN et uou la farco de gouvernement établie par M. Aimohté, ^éra requis de donner son assentiment.

Puis afin de lever jusqu'au derniet doute sur le droit qtfil avalent d'entrer en arrangement avec le gouvernement actuel, il terminé par cette pïïrase qui suffirait â elle seule pour dédruîre l'artifice construit avec tant de peine par M. Bitlaud. Afin de votis mettre à mime de suivre toutes les négociations et de signer tous lés actes e^coN* VENTiONS à intervenir, fat Vh&nneur de vous envoyer ci-Joint les PLEINS POUVOIRS en vertu des quels S. M, vous a nommé son plénipotentiaire au mime titre que M. Dubits dé Saligny.

Ainsi denc il reste démontré par ées instructions elles-mêmefl, instructions que M. Billaud ne saurait nier puisqu'elles émanent du ministre des Affaires* Étrangères du gouvernement français :

1 ? Que l'expédition envoyée par les gouvememens cPAngleterre, de France et d^fispag-ne, contre le Mexique, avait uniquement pour

^jet de contraindra le gont^ffiement Ae 66 dernier pays à exécuter les conventions célébrées par lui avec les puissances intervenantes, et à donner des garanties de protection plus efficaces aux persoiines el'anz propriéf^s de leurs nationaux.

2^ Que dans ce but, MM. Jurien de Lagraviêre et Dubois de Salîghy avaient été investi de pouvoirs suffisanà pour traiter avec le gouvernement du Mexique, et comme on ne peut traiter qu'avec un goûvéraement qui existe, et non avec un simulacre de pouvoir qu'on établirait exprès pour lui donner l'occasion de vendre son pays à ceux qui Fanraient installé, il s'en suit que c'était javec Tadministration présidée par M. Juarez, et seulement avec celle là, que MM. de Lagraviêre et SaligHy avaient le droit d'entrer en arrangement.

Les'préUfminaires signée à la Soledad ne faisaient doiic que cons^ tcter rigoùr^tsement une situa^on qui s'imposait toute seule; ef à raôinfl ée supposer, ce dont M. Btllaud n'a pad même parlé, dés instrwctîons secrètes en opposîtibn cémptète avec celles qui ont été publiées par le Mùniteurj nous croyons que ce ministre s'est tronipé du tout at tout, et qu'en soutenant que la Convention signée à Londres a?ait pour but cie renverser le gouvernement actuel du Mexique et de le remplacer par un autre sur le. quel il ne s'expliqfuait pas, il n'avait réeBement étudte ià la Convention, ni les in^rucfîont dont il parlait. Nous le croyons, diMiis^nouB, et nous sommes df autant mieux fondé à le erràrey que dans la même séanoe, ayauft eu l'occasion de parleif des pouvoirs confiés à M. de Saligny et des bitsed invariables de tous* te négociation ultérieure, il a dit que ce diplomate avait prdre d'e< xioBR, avant tout, la riéparattoit î>EB'QniKF»CAVst» AUX Bxrjitta Dff l'empiuée, eti'de prêter s&n appéi ns&rat à téutêsw$ méstire&qui auraienê pour but dP4tabti^ ungom>ernemmt ^iqf rirait des ffùrictrtf^

tiet dè.St(MiitiyêA.HS' CErSTIDANT inrPOSBtt ce ÔOVVfiRNEMEVT

têa la fdbcb: O^^ pdùr ouvrir vcè» négmoLtiôn, il fiint atéir ms g imveruem etrtr 'aVee qui* traiter. Le but ici ne vient qu'en seconde li>gne; et à moins de reconnattre le droit imprescriptible du gouvernement aetuel, nous ne voyons pas avee qui M^' deâàligny pourrait B%n* tendx^ptisqVil^en'esletepaÉd'a'itre, et qéb même encas de àê^' fiûte, 06 gouvernement' né suoctiii^j^init pas pour cela; tandisqn'auoofttraire le fimtôme d'autorité soutenu dans la capitale par les bajonnet^

tes françaises, aurait toujours Pair d'ayoir été installe pour vendre le pays à ceux qui l'auraient établi.

Derrière cette phraséologie sans pitî6 qui s'échappait de l'i blée pour se répandre dans le peuple comme un bruit de clairon ayantcoureur de la bataille, et que nous serions les premiers & applaudir s'il était question de payer la dette contractée depuis le premier empire par la France envers la Pologne, cette France du Nord, ou d'arracher pour toujours la Vénétie aux serres de l'Autriche, M. Billaud cachait le dépit d'avoir été pendant si longtemps la dupe de renseignemens erronés, et le regret, peut-être plus grand encore, d'être obligé de renoncer à monarchiser le Mexique au profit de l'archiduc Maximilien d'Autriche. C'est une si belle invention que la. monarchie!

Toutefois il faut être juste: l'idée n'était pas de luL Nous doutons même qu'elle lui eut beaucoup souri, al(»rs qu'engagé daaft les rajigs de la gauche dynastique, il était chargé de répéter chaque année devant les centres ébahis ces lieux communs tant de fois ressasséci sur l'immoralité des Ibnds secrets, qui fournissaient chaque fois & M, Guiisot l'occasion de le battre et de développer son magnifique talent oratoire. Mais entre l'éclaireur du côté gauche sous la mcmarohie de juillet et le ministre de la nouvelle épopée napoléonienne^ il y & nécessairement, au point de vUe des procédés bien entendu, toute la distance qui sépare cea deux dates historiques, et sans vouloir approfondir la cause de ce changement, nous allons raconter en peu de mots l'origine de cette lutoineuse idée.

Ce fut, si nous en croyons M. Joseph Hidalgo, un homme qui àait le savoir, s'il ear vrai, comme il l'affirme dans sa lettre à M. Francisco Arroyo, qu'il .ait été attaché en qualité de secrétaire au grand prêtre de cette religion au Mexique, IL José Maria, G-utierrea Extrada, en 1854, et sous la férule dictatoriale de Santa* Anna^ que cette altesse d'un geare à part proposa à l'Europe de monandiis^ son pays, en appelant au trône un prince de race royale. Le mortel privilégié à qui l'on destinait l'héritage de Moctezuma, était l'infimt D. Juan de Bourbon, mais, par malheur pour lui, Santi^Anna fiit obligé de se sauver l'année suivante et la couro^j^Au protégé disparut avec lafi»tune du protecteur.

En 1S57, low de là roptare entre FEspàgne et le Mexique, M. Hidalgo, qui ne laisse passer aacane occasion de poayoir faire du mal à ea patrie, reprit soudainement courage, et il 'croyait arriver au comble de ses vœux sous Padministration du coup d'Etat, dont les grands hommes, Zuloaga -et Mii^mon, avaient repris en sous-œuvre les macliinations de Santa- Anna, quand la fortune qui se joue, en véritable femme, des aspirations les mieux combinées, i^mit de nouveau tout «n question et emporta le rêve d'Hidalgo et de Crutierrez Estrada avec la fortune du vaincu de Capulalpam«

Maïs la nouvelle de l'intervention projetée au Mexique par les gouvernemens de France, d'Angleterre et d'Espagne yînt encore une fois relever leur courage, et les chevaliers errans de la royauté s'attachèrent à cette espérance suprême avec la ténacité des joueurs qui exposent les restes de leur fortune sur une dernière carte. Ils comprirent tout d'abord, c'est le sieur Hidalgo lui-même qui a bien voulu nous l'apprendre, que du moment ou ces trois puissances* se* chargeraient des frais de l'entreprise, il n'était pas convenable de choisir le futur monarque parmi les princes de leurs familles: ils firent plus, il eurent le courage de le déclarer au chef du gouvernement fran^is et de lui présenter le prince Maximilien d'Autriche comme l'homme le plus capable dé régénérer leur malheureux pays,

Hous ne voulons ri^i dire de ce qu'il y ami de profbiid«&aent contraire «ttx intérêts de la France dans cette idée de faire servir son er et le sang de ses ea&ns pour élever de ee e6té de l'Atkntîqtte ma. trtoe en &vear d'iin prinae autrîeUen. Pans la situation extrême où s'étaient depuis si kmg temps placée ces laessieursy on fait ce qu'on peutf jamais ce qu'on veut» Il leur ftikôt lua monarqvey dmeent-ils pour ecla s'adresser au grand turc ou i l'empefeur de la Ohîne, et du moment où ils sacrifiaient à oette monomaoie les liene qui attachent tout homme de cœur au pays qui lui donna le jour, nous ne devons pas être étonnés qu'ils fissent si bon marché d'un or et d'un sang qui n'étaient pour eux que l'or et le sang des étrangers. Cétaient aux ministres de l'empire à représenter au chef du gouvernement l'uieonvenance d'un pareil sacrifice» et le diseotts de M. Billand, un des plus fidbles que nous ayons fai de eet orateur, aurait été suivi, dans tout autre temps, d'un acte d'accusation qui aurait renvoyé son

auteur devant le tribunal chargé de prononcer sur les attentats de haute trahison.

Mais si, d'une part, nous ne voulons sous aucun prétexte irriter le débat; si, d'une autre, nous sommes obligés de constater que M. Billaud etses collègues ne connaissent rien, ni des hotnme0, ni de choses de ce pays; il n'en est pas de même de MM. Gutierrez Estrada et Hidalgo. Ceux-ci savent, ou du moins ils doivent savoir l'histoire de leur temps, et puisqu'ils ont l'air de l'avoir aussi complètement oubliée, nous demandons aux lecteurs lapermissio de leur rappeler une page que nous empruntons à un travail publié sur cette matière par M. José Yalente Baz, et qui traite d'une époque qui n'est point en* core assez éloignée pour que ces deux monarchiens en aient déjà perdu le souvenir. .

• Quand, dit-il, en 1821, les classes privilégfés du Mexique eurent obtenu les réformes politiques inhérentes au régime constitutionnel, elles s'aperçurent, mais trop tard, que l'indépendance du pays était désormais un fiskit inévitable, et pour frapper au cœur une révolution qu'elles craignaient encore plus que l'Espagne, elles préparèrent dans Pombre des cloîtres le plan monarchique d'j^ua/a ^ . Le peuple, de son côté, était fatigué de la guerre à la quelle l'appelait encore dans le Sud la voix formidable du général Ouerrero. Il ne vit dans ce plan qu'un moyen expéditif de couronner l'œuvre de l'indépendance, et dans cet appel tardif à la race des Bourbons, que la dernière ressource employée par une aristocratie agonisante pour retarder, de quelques jours à peine, le triomphe certain de la démocratie. Aussi, ni Fimmense prestige qui entourait le nom d'Iturbide, ni sa grande réputation militaire, ni la gloire qu'il s^était acquise comme libérateur, ni la splendeur d'un trône érigé dans la capitale de Moe tezuma, ni le brillant verni» d'une cour pleine d'ostentation, ni Pappareil de son couronnement, ni les cérémonies imposantes d'une consacration reli-

1 Ce plan portait que le Mexique, désormais indépendant de l'£spagne, serait cependant gouverné par un prince de la famille royale, et que les européens et les mexicains seraient entièrement égaux en droits et en privilèges. Le g^n^ ni Ituibide fit naître habilement des conflits de pouvoir^ des dissentimens entre le congrès et la juv^e de goavemement qn'il dîrigeait| et se fit proelamer empe* reur, en 1822^ sous le nom d'Augustin l^-

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gieuse, ni Pappai que doniiût an hoûyeaa trône le pouvoir et les richesses d'une opxilente aristocratie, lien ne put maintenir le diadème impérial sur la tête d'un homme que le peuple aimait cependant, même en le voyant couronné par les nobles et le clergé comme la victime que les prêtres de l'antiquité couronnaient avant de la sacrifier. Ce rêve de faonarchie, cet appareil fantastique de majesté, tout s'évanouit en un instant comme la fumée à travers les airs. Tout dispanit) répétons-nous, è la voix du peuple, du vrai souverain, du véritable roi, parce qu'en présence de cette royauté d'un jour il se rappela, ce peuple, qu'il avait sur les champs de bataille brisé le sceptre des rois séculaires et conquis sa propre souveraineté au nûlieu du bruit des canons et de la fareur des oombattans. Eh bien! ce qui est arrivé à l'empereur Iturbide arrivera au Mexique chaque fois qu'on entreprendra d'y fonder une monarchie, parce que cette institution n'y rencontre^ ni base ni point d'appfui: parce qu'elle ressemble à cette statue du songe de Nabudiodonosor, dont la tête était. d'or pur, la poitrine et les bras d'argent> le venk'e et les muscles de cuivre, et qui fut cependant renversée au premier souffle de la tempête, parceque ses pieds n'étaient que de terre.

Ce fut quand Iturbide était encore ivre de l'encens que la servilité des courtisans prodigue à tous les monarques en les appelant les Dieux de la terre, qu'il entendit une voix dont le bruit fit frémir son trône et trembler cette cour improvisée. C'était celle d'une des victimes les plus pures du patriotisme, d'un martyr deVindépendance, du P. Mier, et cette voix répétait les terribles paroles que le prophète, par ordre de Dieu, fit entendre aux Israélites quand il leur dit: Je vous donnerai des rois comme des instrumens de ma fureur^ et je tes précipiterai du trône dans le jour de ma colère. L'imprimerie, avec ses mille- voix, répéta sur tous les points du^ays ce formidable anathôme et commença dès lors à propager les idées démocratiques, les principes fondamentaux de la Bépublique, en les présentant à toutes les intelligence?, à tous les esprits, sous autant de formes que l'homme sait en donner à ses pensées quand il veut les répandre dans les masses et les rendre populaires. Ces idées trouvèrent tout de suite un écho dans tous les cœurs, un appui dans toutes les consciences, parceque ceux qui les propageaient n'étaient que les interprètes fidèles de l'opinion nationale et des désirs des populations. Quand donc un peuple a conquis sa nationalité avec ses seuls forces; quand il' a

pu assurer soa mdépoziâaiiceay^ 8aprQ|>r6 yiJe«r; quand il s'est cheibé de Vesdayage ayec son propre sang, sans qu'anciui des poissaos de la terre lui ait tendu une main amie pour Farracher à ses tyrans; quand ce peuple, enfi% obligé de prendre de nouyeau les furmeaponr défendre sa liberté, n'a reçu des aristocraties que des outrages et des marques de mépris, ce serait -pour lui le oomUe deTl'igoQiiiînîe d'abdiquer le pouvoir et sa majesté entre les mains d'un roi, do&t l'iu^* que mobile serait de satisfaire ayeo les vessourees du pays l'orgueil et la yanité de quelques indiyidus ûlolâa ^ •

M« Ban tramine cette magnifique imprécation en demandant ce que frisaient pour le Mexique les reis et les grands de l'Europe quand les habitans de ce malheureux pays, couyertsde sang comme les gladiateurs antiques, luttiient corps à corps àyec les forces de PBspagne p<Hir assurer l'indépendance de leurs dedcendans? — la, r^K>tt8e est bien simple: ils calculaient f roidem^t tes ayantages que pourrait recueillir le cemmeite de l'Europe de ses transactions ayec les nou« yeaux gouyememens*— Maie les Gutierres Estrada de IVpoque, que feûsaient-ils? — ^Ils combattaient sous les étendards espagnols pour maintenir l'esclayage dans leur patrie et n'ayant pas de yertus à laisser à leur déscendans, ils leur ont pieusement légué leur haine contre toute espèce de liberté.

Entre ces deux politiques dont l'une eut &it chérir de plus en plus le nom de ûos compatriotes au Mexique, tandîsque l'autre paryîendrâ peut-être à l'y faire détester autant qu'il y était aimé, le gouvernement français trompé par ses agens a choisi celle qui paraissait conyenir le mieux ft ses aspirations personnelles Ce fut une faute, à notre sens, une grande faute, qui le fit s'embarquer sans boussole sur cette mer orageuse de nntervention; et s'il se refusa plus tard ft ratifier les préliminaires de la Soledad, ce n'est pas comme la prétendu M. Bitlaud parceque ces préliminaires lui paraissaient contraires à la dignité de la France^ mais parce tju'il avait engagé sa parole k des traîtres qui s'étaient joués de sa crédulité, et qu'en la retirant il aurait craint d'être accusé par eux de faiblesse ou de versaHté.

1 Numéro 1921 da f&raUo.

BEUITS BE JOURNAUX-MISSION D'ILMONTE.

TiAfisqne, an Mfladq.iie, mi àtteadaii bwo tranqxiiEté l'oB^erUm SttinégooitttionBfixéeaalS ami, tant il -y aT»U pea dé doutes sur la ralîfieaiioQ^ifB préfiminaireB; à Paris, on ne négligeait «leun moyen de préparer Fqd&ion en fàvear de la monarchie.

Dans ee Imt, le journal la Pairi^ nnioéro de 2 lévrier, annonçait à BûB lecteurs, d'après «ne oorrespondançe de Yémonui, qu'il se formait aa Mexiqœ urf parti m$nardtique très-sérieux; et le Moni* ieur kn-^-mAnte, le giraTe MonHewTj instodt à la joéme date une oorrespondance de la sus-dite ville qui oontenait entre autres, cette phra* se significatiTe: " Ce que désire, ce que demande la partie saine '' p« LA poi^vLA^ioN, c'est l'unîté du pays sonu une numarehie indé- '^ pendante et ecmstiitutîoBnelle." C'est-i^*-dire, qu'après avoir prévu, pe cas dans les instructions données à M Jmxîen de Lagrayière: H pçurruU arriver que Im pr€$ence des forces aUiëes surie territoire du Mçsique déterminât la paavib saike j>s: la POPtiLATiON,/aliguée (Tati^ckie^ amde dordtfi etderepos^ à tenter un effort pour constituer dans le pa/ys un gùuvernetnetit présentimt les garanties defdtce et de stabilitf ^ui ont manqué à tous ceux qui iy sont suo œdé depuis P^nancipation; on. a^ liatait, avant même d'avoir reçu offioiellement la i^ouveUe de l'arrivée do l'expédition, de l?expIoiter dans, nne correspondance dont les auteurs n'avaient pas môme pris le soin de déguiser le plagiat.

Auiç yeux des correspondans anonymes de la Patrie et dn Moniteur ^ comme à ceux de M. de Tbouvenel, la population du Mexique ^tait divisée en deux parties séparées l'une de l'autre par le cordcm sanitaire de l'opinion monarchique. Tous ceux, sans exception, qui Sympathiseraient avec les idées soutenues par les rédacteurs officiels

et semi officiels de ces journaux, quelques fussent d'ailleurs lenr^ an* técédens et les crimes dont ils se fussent souillés, étaient à Vayance classés dans la partie saine de la population; et pour qu'il ne restât pas de doute sur la yaleur de cette dénomination, il était décidé que le gouvernement présentant les garanties de force et de stabilité qui ont manqué à tous ceux qui se sont succédé en ce pays depuis Vémancipation^ n'était et ne pouvait être autre que le gouvernement MONARCHiaUE.

On pourrait répondre à cela que les auteurs des correspondances dont il s'agit, aussi bien que celui de la note ministérielle, ne oo&naissaient probablement pas la tentative essayée en 1821 paar le général Iturbide, tentative dont nous avons parlé ci^dessus, et qui a échoué, en dépit du prestige personnel du* libératear et des services qu'il avait rendus au Mexique en le débarrassant des derniers liens qui l'endiainaient encore à l'Espace. Mais il n'y a, dit le proverbe pire sourd que celuiqui ne veut paa entendre, et nous préfércms abandonner une discussion sans objet pour noua occuper des candidats désignés par l'opinion pour occuper le trône que les habiles se proposûo&t d'élever en ce pays.

Ces candidats étaient nombreux, comme on va le voir: trop nombreux même, car n'ayant qu'un trône à donner il était impossible de ne pas faire un grand nombre de méoontens. On citait publiquement les noms, du comte de Flandre, fils puiné du roi des Belges; des infans D. Juan et D. Sebastien de Bourbon; des fils de D. Juan, tous deux fort jeunes, et de la duchesse de Môntpensier sœur de la reine d'Espagne. Mais- celui qui paraissait avoir le plus de chance, celui qui, dès lors, était le seul sérieux, était l'archiduc 'Ferdinand fiTaximilien, frère de l'empereur sictuel d'Autriche! On répétait hautement que M. Almonté était allé lui-même lui offrir la couronne, et le Ctnit' fier du Dimanche, dans son numéro du 1'/ février, s'exprimait amsi sur son compte:

" ï/idée de créer au Mexique un trône royal en faveur de l'archiduc Maximilien est de date moins récente qu'on ne le suppose généralement. Avant même que n'aient été faits les préparatifs sérieui de l'expédition mexicaine, le cabinet des Tuileries avait sondé les intentions de la cour de Vienne sur l'accueil éventuel qu'y rencontrerait

Foffre dn trône mexicain poar un prince antrichien. Le cabinet de Vienne ne s'est pas montré foit empressé, quoiqu'on eût à cette époque soignetisement évité de parler de compensations.

*^ Depuis quelques semaines seulement, on a délicatement touché à certaine connexfté entre cette extension transocéanique du pouroir autrichien avec la limitation de ses possessions européennes. On comprend que cette confirmation des soupçons que les offres françaises avaient dès l'abord fait naître à Vienne n'était point de nature à mieux disposer le cabinet autrichien. La candidature offerte à l'archiduc Bfaximilien continuait à y être accuillie très froidement.

^^ On aurait cru alors devoir chercher, en sus du^Mexique, une seconde compensation qu'on offrirait à l'Autriche, en Europe m A me, pour 'abandon qu'on lui réclamerait du côté des Alpes. On aurait eu de sérieux motifs pour croire que la Turquie ne se montrerait point intraitable si, contre une large indemnité pécuniaire et contre d'autres avantages, on lui demandait, dans l'intérêt de la paix européenne, la cession de l'Herzégovine.

" Cette combinaiscm aurait eu quelques chances de réussir à Vienne. Mais les dernières nouvelles font supposer qu'ailleurs elles rencontreraient les plus grandes difficultés. Le cabinet de Saint-Pétersbourg, qui avait si sérieusement pris à cœur l'affaire relativement minime de la Suttorina, ne donnerait jamais sont assentiment à d'aussi importans changemens' territoriaux dans les contrées basses-danubiennes. Il ne semble pas qu'on soit résolu à Paris et à Vienne de passer outre.

" Nous ajouterons, comme dernière nouvelle je rattachant à cette question, que, d'après une dépêche de Vienne qui nous arrive à l'instant, le conseiller privé de l'archiduc Maximilien, M. Scherzenlechner, vient de partir pour le Mexique."

Et la Patrie, loin de démentir ces bruits, se contentait au contraire de les enregistrer en les faisant suivre de la déclaration suivante:

'' Nous laissons au Courrier du Dimanche la responsabilité de ses informations. Nous ignorons si elles sont exactes, mais ce que

notus croyons pouvoir répéter, c'est que l'idée dHme comlJnûgoii qui consisterait k offrir è l'Autriche, en échange de la Yénëtie, des dédommagemens territoriaux en Europe, n'est plus regardée comme impraticable, et qu'aujourd'hui les difficultés que signale ce journal et que nous connaissions, ne sont poi^t considérées comxpe insolubles."

• Dans un autre article publié à la même date et destiné, comm^ tous ceux qui paraissaient alors, à préparer l'opinion, le mêii^e journal s'exprimait ainsi:

'' La plupart des journaux espagnols ne seraient pas éloignés de prétendre que les affaires mexicaines intéressent moins la France et l'Angleterre que l'Espagne, et que c'est k cette dernière puissance qu'U appartient de jouer le principal r61e dans u^e interyentipa qu^ bien que collective aujourd'hui, a été provoquée par le gouvernement espagnol.

" Ces journaux se trompent. La question mexicaine intéresse an même degré les trois puissances intervenantes. C'est là, certainement, l'opinion du gouvernement espagnol, et cette opinion repose sur des faits qu'un amour-propre exagéré n'arriverait pas à détruire.

" Les pièces dipbmatiques du Becuil français ont suffisamment démontré, d'ailleurs, que la France avait à venger au Mexique des a^ tentats à la personne de ses nationaux ; qu'elle avait aussi k récla;mer satisfaction d'actes de mauvaise toi commis^ par des ag^^^ du goi^vernement de Juarez. L'Angleterre a, de son côté, les mêmes griefe ou à peu près: la cause est donc commune, eomme la répetraiiw doit l'être.

^'Mais il 7 a au-dessus des intérêts personnels que les trois pui^ sauces ont mission de défendre eoUectiV6me&t, on intérêt politiqas

et social qui justifierait au besoin l'intervention aogjo-française et espagnole. La situation déplorable du Mexique inquiète l'Europe. Depuis longtemps le désordre qui régne dans toutes les Républiques de l'Amérique septentrionale a dû attirer l'attention du Gontinent, et si c'est par le Mexique qu'une intervention des trois puissances européennes débute aujourd'hui, c'est que le désordre a pris dans le Me- :idque de déplorables proportions*

<' l0 question inexieaiiie est donc è yrai dâre une qiieation européenne. L'Espagne, la Franco et TAngloterre, on s'armant contre le gouyemement do Joarex ont eu raîaon de songer à ponranivre an* tre chose qne la réparation de dommages partiels. Il s'agit de mettre fin à raaaarcliie qui désole nne riche contrée ; il s'agit d'aider la population mexicslne & relever les mines de pon gouyemement. Four aceompUr cette tâche, ,]^ France et rAngleterre ont les marnes droits que Pfispagne, et l'Sspagne aura les mêmes droits que l'Angleterre et la France à 1^ reeonnitissanee du OMxtinent.

<<En enyîsageant ainsi la question mexicaine, et il était difficile de l'enyisager autrement, on comprend aisément comment la France et FAngleterre ont été amenées à mettre en avant des noms de candidats futurs au trône du Mexique. L'intervention n'a pas, il est vraj, un caractère politique proprement dit. On a vu que les trois puissances avaient également écarté toutes les chances qui pouvaient as» surer & IHipe d'elles le bénéfice moral de cette interyention. MaiSi par la fiN*çe naturelle des choses, les trois puissances devaient être appelées & réclamer plus qu'une satisfaction pécuniaire. Borner leur action commune à cette seule satisfaction, c'eût été entreprendre une pande lâche sans Pachever.

^La population mexicaine, sera libre dans la manifestation de ses vœux, et on peut dire que le jour où elle se prononcera sera le premier, depuis longues années, où elle se sera sentie maîtresse de ses destinées. Mais dans la présence des troupes européennes, elle trou« vera un appui considérable qui lui permettra de constituer sSriiBusepient un gouverneçient régulier.

^ Quant an eh(»x àa chef de ce gmiyememeiit U lui appartiendra, Bans mma doute. Toutefois, c'eût été encore ne remplir qtPà demi leur mission répaarattice, si les puissances n'avaient songé au préalable à chercher quel prince européen pouvait accepter un tel fardeau. Le nom d'un àrofaidoe aalriefaîen a été prononcé. Noua n'apprécierons pas encore cette candidature ; nous devons constater seulement qu'elle parait obtenir au Mei^qué, comme en Europe, l'adhésion com- Aune* Le moment viendra où il y «ura lieu d'examiner les oonséquenoes que ce choix peut avoir.

"^ Ce qui nous seijDble dès à présent devoir plaider en faveur de la candidature de l'arohiduc Maximilien, c'est que cette candidature &ît bien ressortir le désintéressement des puissances intervenantes; m lEspagne, ni la France, ni l'Angleterre n'ont un 'intérêt immédiate voir fonder dans l'Amérique septentrionale une dynastie issue des Ilapsbourg. Que le projet se réalise, et après le fterique, c'est l'Europe tout entière qui aura à applaudir & la création de cete monarchie. Constituée avec tous les élémens d'une prospérité durable, elle servira de modèle dans un pays que les révolutions intestines ont trop longtemps ravagé, pour que l'heure soxme bientôt oà elles pourront échapper à la ruine,"

Enfin, pour enlever jusqu'au dernier motif de doute aux personnes qui pouvaient encore se rapaftre d'illusions sur les véritables tendances de l'expédition, la Patrie du 6 février, publiait la nouvelle suivante, forgée sans doute dans ses propres bureaux, et que nous reproduisons pour montrer ce dont étaient capables, ces journalistes «ans pudeur, pour égarer l'opinion de la France sur la question dn Mexique;"

'' Nous avons, par la voie de la Havane, des dépêches de la Yérar cruz du 5 janvier. Elles nous apprennent un &it important :

" Le nombre des provinces disposées à adhérer au projet Almonlé était à cette époque de dix-huit sur vinfft et une dont se compO" -se la confédération mexicaine.

** On sait que le projet Almonté a pour but rétablissement au Mexique d?un gouvernement monarchique libéral, La situation du pays est telle, qfl^on regarde comme certain que toutes les villes, sans exception, voteront en fiiveur de. ce projet lorsque les trois puissances alliées. auront annoncé par ai^e proclamation adressée aux populations qu'elles sont décidées à &ire respecter leurs vœux."

Pour le coup la question avait entièrement changé de fiice.

D'abord on n'avait d'autre intenti<»i que celle de contraindre le Mexique à respecter les obligations contractées par songouvernem^ avec les puissances étrangères ;on avait donné dans ce but, aux T^

présentana de ces puissances, les pouvoirs nécessaires pour outrir à ce sujet des négociations avec le gvuvernemeut mexicainj et com«> me il fallait tout prévoir, on avait mis à leur disposition des forces suffisantes pour' contraindre j Ç!ù. cas de • nécessité, /e^ autorités lo^ cales à accepter V ensemble des conditions qui devaient leur être im^ posées.

Poia on avait réfléchi que, peut-être, la présence des forces alliées sur le territoire du Mexique, pourrait déterminer la partie sai- K£ DE LA POPULATION^ nou9 Bavoos maintenant ce qu'on. entendait» par ces mot», fatiguée ^anarchie^ avide, d? ordre et de repos, k ten* ter un effort pour constituer dans le pays un gouvernement présentant les garatities de force et de stabilité qui ont manqué à tous ceux qui s^y sont succédé depuis Véf!(i4mcipaiion, et l'on avait, en prévision de cet effort, donné pour instructions aux commissaires, de fie point décourager cejs tentatives, mais aussi.de ne rien faire pouq.

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