‹ Le Mexique et l'intervention européenneChapitre 56 sur 59 · RÉPONSE DE M. LE GOUVERNEUR DE PUEBLA · texte numérisé non relu

RÉPONSE DE M. LE GOUVERNEUR DE PUEBLA

Gouvernement et comm^andance militaire de VEiat de Putbla.

Le gouvernement interprète des sentimens des habitans de l'Etat de Puebla, et parfaitement convainca que le reste de la nation estanimé des mêmes sentimens, a reçu arec la plus vive satisfaction la manifesti^ tion que vous, Monsieur, et les autres citoyens firani^ais qui résident dans cette ville, avez bien voulu lui adresser au sujet des soldats de Tarmée française qui ont été blessés, ou qui sont tombés prisonniers le 5 du courant lors de l'attaque des hauteurs de Loreto et de Guadalupe. Cette manifestation prouve à la face du monde civilisé, que même dans les circonstances actuelles, et lors qu'il se voit obligé de repousser une agression que rien ne justifie, le Mexique n'a pas perdu ses sympathies pour la nation française, et qu'il déplore au contnôr^ l'erreur de ses ennemis gratuits qui ont contraint la République a défendre parles armes son indépendance et son honneur.

Je profite de cette occasion, pour prier Monsieur le consul de France, ainsi que les autres citoyens français qui ont signé la manifestation qui est l'objet de cette réponse, d'accepter l'assurance de ma considération et de mon estime.

Liberté et Réforme. Puebla 9 mai 1862.

Signé, Santiago Tapia.

A Monsieur le consul de France, Victor Nâron.

FANATISME DVOLERg£ DE PI7EBLA DANS LA MEME CIRCONSTANCE.

Un grand nombre de soldats mexicains avaient été blessés an com« bat de Puebla, lorsque l'armée française attaqua la hauteur de Guadalupe et ils avaient été transportés aux hôpitaux de la ville. M. l'abbé y. Ouevara, aumônier de Parmée, se dirigeait vers un de ces hôpitaux pour y administrer les sacremens, quand par hasard le gouverneur de la mitre, c'est à dire le prêtre qui en l'absence de Févôque en remplit les fonctions, se trouva sur son passage. H s'informa des intentions do M. l'abbé Guevara, et déclara h celui-ci que les firançais étant les alliés du clergé^ tous ceux qui les attaqueraient étaient par ce seul fait déclarés hors du giron de Pëglise; et qu'en conséquence il eut à s'abstenir de leur porter secours et à se retirer. Ce/ait est tellement horrible, tellement atroce, tellement contraire aux préceptes de l'Evangile, qu'un grand nombre de nos lecteurs, le plus grand nombre peut-être, nous en sommes certain d'avance, ne voudra pas nous croire sur parole.

Voici, comme preuve de ce que nous venons d'avancer, la communication que M. l'abbé 6«evaraa adressée à ce sujet à M. le gouverneur de Puebla.

" Citoyen gouverneur: '

" Le prêtre soussigné porte & votre oonnoissance que se dirigeant vers l'hôpital, il a été rencontré par M. le gouverneur de la mitre qui l'a arrêté pour le prévenir qu'il eut à s'abstenir d'administrer les secours spirituels aux moribons parce que les confessions que ceux-ci feraient tiavaieni aucune valeur. — Le soussigné toujours disposé i servir son pays, surtout quand une guerre étrangère le menace, désirerait qu'on fit disparaître cette difficulté qui le met dans l'impossibilé d'exercer son ministère auprès des soldats mexicains, ^t c'tcst

pour cela qu'il voos prie de prendre les mesures que tous croires eonvenables ft cet effet.

Fnebla, 10 mai 1862.

^' Signé, Vicente QvbvaraJ'

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