‹ Le Mexique (volume 2)Chapitre 4 sur 17 · DOUZIÈME LETTRE · texte numérisé non relu

DOUZIÈME LETTRE

SOttMAlKE.

Le Mexique, mis pnr un Républicain sous l^ttnpire d*uti Saint, et par un Capucin sous Tempire d*ua DiabU : folies et rébellion. — Départ de Mexico. — Ayantage de Yojager seul. — Le Prince Pignatelli au Mexique : ses malheurs. — Méchanceté du Ministre Alaman. — La Grande Digue de Saint-Latare : tableaux enchanteurs qu^elle offre. — Le Volcan et les Montagnes Matiaicayes, «^ Passage de ces Montagnes. -^Le HcVFno.*-— Chemin par où passa Gortèè> — Saint- Martin et son Mason, —-Des restes d'anciens Tem«pies. — Le Volcan et sa cime. — Gholula l'ancienne et son Théocalli. — La Palestine, la Rome, la Méca de TAncien Mexique. — Les Choiulthécas et Gortès. — Foi punique punie. — Massacres. — Conspirations des Prêtres : conséifuenoes. — Cholula la moderne; son Courent de Saint- François. — Trouraille curieuse» — La yilie de Puebla : son origine; sa situation; ses richesses; sa magnificence; son commerce ; la beauté de son soi , etc* —La Ccnqui^tadortu — La Cathédrale; son grand autel; 9i^ richesses. --^ La Confession y ou grand autel de Saint-Pierre à Rome. — Influence du climat. — Grand établissement d'éducation. — Le Révérend Don Antonio Maria délia Rosa : sa philanthropie ; ses Tertus ; son talent. ^—Académie des Beaux- Arts. — Aperçu historique des artistes de Puebla. — L'État de Puebla. — Son Congrès: le brigand Gomès; Manifeste qui le concerne. — L'Évéque. — Séparation de l'auteur avec le

Prince Pignatelli. — T/cucaiTo.-^ Aperçu historique de cette République et de ses peuples : trouvaille qui sert beaucoup 4 illustrer le nom de leurs Rois. — Les Rois Mexicains et les Rois vaincus par Abraham. • — La Jurisprudence sacrée de tous les temps et de tous les pays. — Politique des anciens Tlascalthecas ; forme de leur Gouvernement. — Les Barons Tlascaltheca& et les Barons du Médiève de TEurope. — Les ÉSections des Anglais, lesJsmes des Français, ne sont qu'une copie étonnante d'une institution des anciens Tlascalthecas, — Les Pratores Pellegrini des Tlascalthecas et des Romains. — Les BasUicœ , les Silliœ Curules des uns et des autres. — Ce qu'étaient les Tlascalthecas à l'arrivée de Certes. — Fables , fanfaronnades de Thistoire Espagnole sur la Conquisia et les Conquistadores. — Documens et monumens contraires. — Ce sont les Tlascalthecas et d'autres peuples ennemis de Moctezuma, qui ont conquis Mexico. — La part qu'on doit accorder à Certes et aux Espagnols. — Politique astucieuse des Espagnols pendant et après la Conquête. — Les Tlascalthecas devenus aussi esclaves , mais avec quelques privilèges. — Ce qu'ils ont été avant et pendant la Révolution ; ce qu'ils sont maintenant eut et leur ville. — Conclusion.

Tiascala» tS avril i8a5.

Le nom de Fendroît d*où je vous écris doit exciter et votre curiosité et votre intérêt. C'est, )e crois, le jdus célèbre de toute l'Amérique, et» sans con* tredit, le plus important de toute l'histoire du Mexique : l'endroit où les Espagnols trouvèrent l'égide puissante qui seule devait les sauver des effets de leur témérité, et les aider à cette Conquête

qu'on a tant vantée, et qui n'est due, en pure analyse, qu'aux Tlascalthecas.

Mais retournons à Mexico, où )e vous ai laissée dans ma dernière lettre. Arrêtons-nous-y un instant encore, et traçons de là le chemin que nous avons, jusqu'ici parcouru.

Yers la fin de mon séjour à Mexico, deux choses assez singulières occupaient le public de cette capitale, et, je crois, de toute la Confédération : un soi-disant républicain voulait donner le Mexique à un saint, et un fnère de la Charité chrétienne voulait le délivrer à un diable. Je vais vous expliquer ces deux anomalies.

Un de ces êtres arlequins, je veux dire, un de ces acteurs de toutes les couleurs, à plusieurs rôles, lequel fut d'abord Moine, puis Révolutionnaire, Amnististe y Impérialiste, Centraliste, Fédéraliste, maintenant Évéque in partibus^youlant en quelque sorte rentrer dans les bonnes grâces du Ciel, puisqu'il se voit assez méprisé sur la terre, a fait proposer formellement au Congrès général de décréter saint Thomas pour patron du Mexique, comme l'apôtre, dit-il, qui vint y prêcher l'Évangile. On ignore d'où il a tiré ce point historique : peut-être de ces mêmes livres qui déclarent l'Amérique 1'^tlantide de Platon. Mais la discussion n'a pas moins été vive ; et s'il a exposé son héros à la mortification d'un ballottage noir, U peut se vanter d'avoir fait retentir son nom dans tout le Mexique. Je fus tenté

de lui faire observer qu^Âbdias, un des ^lus grands historiens des temps apostoliques, dit formellement que saint Thomas alla, et prêcha le christianisme dans rAsîe, même à la Cour du Roi Gondafer; mais, ne m'eût-il point répondu qu'il était possible à saint Thomas de se trouver à la fois en Asie et en Amérique, puisque saint Antoine s'était ainsi trouvé à Padoueet à Lisbonne? Voilà comment un zèle imprudent ou l'hypocrisie de quelque tartufe exposent au ridicule ou profanent ce qu'ils prétendent exalter et honorer.

L'autre incident historique est un manifeste par lequel l'évêque de la Sonora, dont je vous ai parlé dans ma précédente, détruit la Confédération, la souveraineté du peuple, etc., et proclame solennellement l'empire de la tyraimie à laquelle on venait de se soustraire.

Le Gouvernement a montré beaucoup de modération envers ce prélat ; le public, néanmoins, ne parait pas trop disposé à l'acquitter si indulgem ment : des pamphlets soulèvent contre lui ta rumeur et l'indignation publiques. On en a publié de violens. Par respect pour l'Épiscopati sinon pour certains Évéques, je me bornerai à vous communiquer le plus châtié de ces écrits *.

Vous verrez, dans ce manifeste qu'on a parodié en fortne de dialogue bien original, d'un côté, uii langage conspirateur, une uniformité de principes

* Voyez^ie à la fia da Tolaœe, au n» 9.

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