‹ Le Mexique (volume 3)Chapitre 29 sur 39 · DOCUMENT N* III · texte numérisé non relu

DOCUMENT N* III

1TU1B1DE AU SOP1ÊHB C0H6BBS COHSTITUTIOHlfEI,.

A bord du bric* tê Sprint, 8 Juillet i8a{.

Messibubs,

Sous la date du i3 février, j'ai adressé à cette honorable assemblée la représentation dont j'ai l'honneur de vous soumettre ci-jointe la sextuple copie : les autres copies ayant été

transmîtes par don Francisco de Borja atigoni, agent du Gouvernement Mexicain à Londres, qui m'a assuré tous les avoir fait parvenir, à la diligence de don Lucas Âlarnan. Mais, dan» la crainte qu'elles ne soieut pas armées à temps, et les circonstances m'a pp élan t avec plus d'urgence à offrir encore mes services à mon pays, j'ai dû franchir les obstacles que je voyais se multiplier autour de moi, et je me sois décidé à partir d'Angleterre dans le mois de Mai, y laissant mes enfans, à l'exception de deux, les plus jeunes. Dans cette représentation je rappelais les desseins de plusieurs ministres étrangers à la cour de Toscane , pour me faire arrêter dans mon chemin. Maintenant je dois ajouter que la Sainte- Alliance ne négligea rien pour empêcher ma famille de quitter Livourne : tous les consuls étrangers refusaient de signer ses passe-ports conformément aux ordres de leurs ministres respecti/s, qui tous conspiraient contre notre départ. Par des efforts et une adresse extraordinaires, je réussis à surmonter toutes les entraves, et celles notamment que m'opposait le duc de San- Carlos, ambassadeur d'Espagne à la cour de Versailles.

On aurait voulu élever contre mot une barrière insurmontable; mais, plus on s'obstinait, plus je voyais des intentions hostiles contre mon pays, et je persistais à les tromper et à venir offrir mes services à ma. patrie contre leurs intrigues.

Ayant abandonné mon pays, ma femme et mes enfans, dans des circonstances qu'il est inutile de rappeler ici , et séparé ainsi de mon vénérable père, de mes sœurs, d'autres parens et de mes amis, afin d'éviter toute effusion de sang, et pour que ma présence ne fût point pour mes concitoyens un obstacle au choix de la forme de Gouvernement qu'ils jugeraient la plus convenable, pouvais-je demeurer indiffèrent à l'aspect des dangers imminens dont je voyais mon pays menacé, et interposer un délai qui eût peut-être rendu mon secours inutile? J'aurais été indigne du nom Mexicain, et an

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criminel impardonnable & mes propres Jeux, §i j'eusse pu hé-» siter un inétant quand tout demandait résolution et promptitude. J'ai crn de mon devoir de mépriser toute difficulté, toute considération personnelle.— Était-il nécessaire d'abandonner mes chers enfans, de vendre tous les bijoux de ma femme, et même de me dépouiller de tous mes omemens personnels, pour me ménager les moyens de voyager sans compromettre le crédit de mon pays? C'est ce que j'ai fait. — Était-il nécessaire de traverser les plue hautes montagnes couvertes de neige, et de m'exposer à tous les dangers d'une mer orageuse et dans une mauvaise petite nacelle, pour arriver & Londres à temps? J'ai pris ce parti avec la plus prompte déKbérfctioh.— Fallait-il renoncer aux jouissances d'une Vie privée et tranquille, et exposer encore une fois mon existence ? Je n'ai ptiittt hésité A le faire. — Était-il nécessaire de vaincre toute agitation excitée dans mon cœur par la pensée que ma nouvelle résolution patriotique pourrait être méchamment interprétée; considérée comme Un attentat ambitieux? J'ai su frussi triompher de cette crainte. Animé d'un àmodr le plus vif; ieplus sincère pour mon pays , aucun sacrifice , quelque garni qui! fût, ne pouvait arrêter mon désir dvaccenrir pou* lui être de quelque utilité. ... .^ l

Je me trente sur lés parages du Mexique, et j'espère ïjiiè le Congrès actuel, maître lui-même de se» volétités, dépouillé de tout esprit de parti, ejt entièrement occupé de tout ce qti peut faire le bonheur de la Nation, no souffrira pas qu'elfe soit plongée de nouveau clans ces abîme* de disgrâces où pen s'en fallut que tte la jetât une faction ambitieuse. -»*- Je parle sans ressentiment; mon cMsuren est incapable. La franchise de mon langage est 'l'effet des plus sincères principes de patriotisme et -d'honneur. Permettes que je m'explique sans contrainte. .. ■ En méditant lé ptinflgUâU; l'objet de mes vdiix lut de

délivrer mon pay> de ialjraooie de r£spagoe9 de le met ton mesure de se donner k Constitution qu'il jugerait la plus ta* • rable, de conserver ces mœurs qui caractérisaient sa Nation- Uté, et d'éviter, au milieu de la Révolution, de répandre le sacç de mes concitoyens, ht résultat est trop connu , et personne n'pserait révoquer en doute que le but de mes intentions uàk été sacré, juste et propre à faciliter la prospérité, le bonheur national. Il est vrai que cette Révolution a été accompagné? de quelque malheur» et le pays est encore en butte à des factions dont l'anarchie tend à le jeter dans les mêmes chaînes ignominieuses dont il s'était délivré ; mais ce n'est ni une conséquence du plond'Iguala, ni la faute de son auteur. Si le premier Congrès eût agi de bonne foi, avec sagesse et discrétiqn, la Nation aurait pu voir s'affermir sa Liberté et modeler ses Institutions d'une manière plus favorable et conforme à sa volonté. Elle aurait pu posséder une unanimité, une armée, un sysfènie de. finances qu'elle n'a point maintenant, et VEspagne^jneme assistée par, des Puissances étrangères, n'oserait j&inaii entreprendre de reconquérir le Mexique , événement qu'eue ,se croit certaine {le réaliser.

. i tes sqntuaeus* .les opinions de Ferdinand et de la Nation Espagnole et l'intérêt que les Puissances alliées attachaient à leur .cause, en ,i8»i et.i8aa, n'étaient pas moins èv&dens qu'aujourd'hui; je n'avais aucun doute qu'Us eussent tenté Aou&les.jnpyens de renouveler notre esclavage. Mes archives privées, telle* de la Secrélaireried'JÈVat contiennent des preuve* incontestables de ma prévoyance, de l'empressement, de l'activité que je déployais pour prévenir et anéantir leurs nw- 4>biqaj^ons.» mais la faction qui dominait le Congrès paralysa. iKp l'origine, tous, pies efforts. Le but de cette . faction était jj'eniplcher. qu'on formât une Constitution, une armée, ro système de finances, voulant affermir ainsi l'anarchie et frayer Je çheinjn à l'Étranger, pour la reconquête du Mexique.

: jh îcafFnt ourbon» ont toujours en vue de répandre la discorde *- Jic'.'jvu ^fo**011 Parnù nous. On fit de nos rivalités un instru-

^T^mut'' 9UCC689 OQ tâcha de semer parmi nos concitoyens, ou '-• aûj^jjJU ignorans, ou sans expérience , des soupçons contre , wm t ^uvernement; on imputa à ambition cette énergie et

* - - m f***1** 4ue )e déployais Pour opérer le bien et repous- . mal de mon pays: leur intention est encore la même. , répugne de retracer le souvenir de ces malheureuses

' , ctures ; mais c'est le bonheur de mon pays qui me parle e.t'.kpriHti

force impérieusement de revenir sur cette histoire la-

"",'' ble, pour exhorter mes concitoyens à la sagesse. Je dois

, , Jure que la même faction existe toujours, et que la situa-

'" ' "Lu pays lui offre encore de grandes chances de succès.

P faction s efforcera de vous faire croire que je suis soumis a

1 r^'" îence de l'ambition plutôt que de rattachement à ma p*-

a:tnt *ûr eiie tâchera de vous convaincre que vous n'avez rien à

*** "^idre des étrangers, et que tout ce qu'on dit de l'intention

* 7^ Espagne et des Puissances alliées d'assujettirde nouveau les

^^'iriquesau joug de ses premiers maîtres, n'est qu'un tissu de

v^'^ses et ridicules inventions ; elle aura recours à toutes sor~

^ le manèges pour aveugler et précipiter la nation -et opérer

^^* ruine.- Telle a été et telle sera encore sa conduite, dirigée

if

:'M*^ jeg instructions de la cour de Madrid depuis 1 8a î. Ne me <^7* 'ardent- ils pas comme le plus grand obstacle à la réalisation ne çbw jcur9 plans : qu'ils réussissent à me jeter hors ligne, et il *f^ jr sera plus facile alors d'animer cet esprit de division qui Jnù<msure le triomphe de leurs complots.

^F® Heureusement dans le Congres sont encore des hommes de ien» doués de talent et de patriotisme, qui connaissent, qui '"'avent peser les intrigues des vieux cabinets; heureusement

nés actions ont fourni qes preuves non équivoques que j'ai-

,mais mieux mon pays que moi-même. L'indépendance de

mon pays a ete mon unique but : et a quoi aspiré-je mainte-

mot? ù contribuer de mon mieux A sa défense, à empr

toute rinflaeoce que les circonstances me menacent eue.-

pour réunir et intéresser les opinions du peuple, p€nwley

ter à ce degré de pouvoir et de grandeur auquel la Pi-ondeo*

TappeUe.

Je ne doute pas que cette souveraine Assemblée n'ait feiss

échapper aucune occasion d'épier et de découvrir les vues de1

Sainte- Alliance, de reconnaître l'ennemi, et de calculer toute

les forces nécessaires à loi opposer ; je n'entrerai donc d*n

aucun détail sur ce point. En vous envoyant ci^oint un articii

publié à Londres, le 3 du dernier mois de oui, concernant h

discours prononcé par le Roi de France à l'ouverture desCnaiB»

bres, et un antre article du Moming Chroniciê, mon seul b»

est de fixer votre attention particulière sur divers objets <fe

haut intérêt. La ville de Mexico renferme dans son seis te

vipères dangereuses qui voudraient vivre de sa ruine; sa*

heureusement elle possède aussi des en fans fidèles et afTecft»-

nés, qui sauront comment déjouer les machinations et décru»

les attentats de ses ennemis par une résistance ferme et ii-

f goureuse. C'est au nombre de ces hommes que j'ai désir de

compter.

AvGWTur as IrtmBum*

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