‹ Le Mexique (volume 3)Chapitre 3 sur 39 · J.-C. BELTRAMI · texte numérisé non relu

J.-C. BELTRAMI

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Étranger, je dois, pour me faire connaître au lecteur français, entrer dans des détails qu'en tout autre cas je voudrais éviter. C'est à ce titre qu'on me pardonnera, j'espère, de parler de moi , avec un peu d'étendue , dans cette préface.

Cet ouvrage est la continuation du Pèlerinage que j'ai publié Vannée passée à Londres en deux gros vol. in-8° (*).

(*) Quelques observations sur ce Pèlerinage ne sembleront peut-être pas indifférentes.

Embrassant une étendue de quatorze mille milles environ , il conduit le lecteur de ma chaumière aux sources de la RivUre âanglaute et du Mississipi , et de là aux embouchures de ce dernier fleuve.

On devait le faire paraître à Paris en même temps qu'à Londres. M. Jullien, le directeur de la Revue Encyclopédique, dont le monde littéraire gavant, et les Étrangers, admirent, à si juste titre, les talens et l'obligeante courtoisie , avait bien voulu s'en occuper. Un de ses illustres collaborateurs, M. le baron de H...., l'avait assuré de sa coopération ; c'est lui qui se chargeait de la révision de mon mauvais français, à mesure que j'envoyais de Londres le manuscrit sortant des inains du traducteur anglais, et les premières épreuves.

Pour faire voir que l'ouvrage avait obtenu amplement leurs suffrages , je pourrais citer ici textuellement les lettres qu'ils daignèrent m'écrire , si elles n'exprimaient, en termes trop flatteurs pour l'auteur, les présages de succès; mais je me bornerai à rappeler la note mise en bas de l'article où les rédacteurs de la Revue Encyclopédique (vol. 39, page 659) me firent l'honneur de parler du Pèlerinage, imprimé en Anglais.

Inférieur, peut-être, sous le rapport physique et géographique, il n'offre pas moins d'importance par le côté politique et moral.

« Nota. Un de nos collaborateurs avait traduit en français l'ouvrage de M. Beltrami , sur des premières épreuves (et sur le manuscrit) envoyées de Londres , et il avait pris des arrangeinens avec un libraire de Paris, pour assurer la prompte impression de son travail. Des obstacles imprévus, indépendans de la volonté du traducteur, ont empêché jusqu'ici cette publication , qui , nous l'espérons , ne sera pas long-temps différée. »

J'ai appris que ces obstacles consistaient dans la banqueroute de l'imprimeur, qui était en même temps l'éditeur.

Les deux volumes dont se compose mon Pèlerinage en Europe et en Amérique, embrassent, le premier, mes promenades dans divers États de l'Europe, et principalement en France et en Angleterre; le second, mon passage de l'Atlantique, une petite revue des États-Unis orientaux et occidentaux , le passage des Alleganys, tout le cours de POhio et du Mississipi , la découverte des sources de ce grand fleuve , qui se jette , au Sud, dans le golfe du Mexique ; de celles de la Rivière sanglante, qui, descendant au Nord, va verser ses eaux dans la mer Glaciale, dans la baie d'Hudson ; la description des pays et des tribus sauvages, qui occupent un monde de déserts, ou inconnus ou presque inconnus.

Ce que je dis de l'Europe a été qualifié avec faveur dans plusieurs États du Continent, quoique, dans quelques-uns, il ne soit pas trop permis de louer l'homme qui expose franchement sa manière dépenser. Je citerai notamment les suffrages qu'ont obtenus des traductions en Allemagne, exprimés récemment encore parle Morgenbtatt deStuttgard (i7avrili8ao); et les éloges de presque tous les journaux anglais, qui ont même reproduit plusieurs fragmens , en particulier mon tableau physique et moral du Parlement ( le Times a ouvert par la , dans ses colonnes , la session en i8a8) ; mon portrait allégorique de leur John Bull; mes Premiers pas I dans Londres, etc., etc. , bien que, en général , l'ouvrage flatte moins qu'il

ne heurte la susceptibilité facile et l'orgueil national de ce peuple. Entre

autres, le Weekty Ternes s'exprime ainsi M. Beltrami, very happily

mingUs the eharacters of the antiquary, connaisseur, the man of letters, and the traveller. Hc is never found ai fault; nhatever subject arises, as

XTII

Les peuples que je peins étaient ou inconnus ou défigurés par l'ignorance , la superstition et la tyrannie.

Vous percez, de vos conjectures, jusqu'à la première lueur

connected with aneient kistory, the fines-arts, littérature, or geography, is sure to receive most apt illustration front our indefatigable voyageur, fWe alto admire hit ahnost total absence ofdogmatism : an ipie diiit is not to be found throughout the work, but events appear to be depieted in tkehr natural cohurs, and then left to the faste andjudgement ofthe. reader. M, Beltrami9 s mind is évident ly of the mercurial order ; it glanées haetity at an objeet9 throws a full yet momentary light upon it, and then hastens on to touch on other points* Tlieremarhsof M. Beltrami onhioroidto and trough France are replète with the émanations ofan élégant taste and an mformed mind; bis valuction of Napoléon is perfectly correct : whilst the writer pays every homageto the lastmg évidences ofthe Imperor's genius with whieh France is fitted, lie does not loose m his vénération of profound intellect, a memory ofhis selfihness, ... •

Le Scots-Timm, an des journaux les pins estimés de l'Ecosse , se plaignant du vide que renferment d'antres ouvrages, même de ses concitoyens, sur le continent qu'ils parcourent, déclare que c'est mon ouvrage qui vient remplir ce» vide. « A work affording this desideratum nom lies before us, and as such is well wortky of serious investigations* » Ensuite , après une longue critique, me faisant l'honneur de me comparer au Baron de Staël, il ajoute : mJtiê not often that a foreigner at once hit* upon the slrong points, and appréciâtes the many seeming contrarieiies of our national char ad er. We hâve Utile hésitation, howener, in saymg, that we thinch M, Beltrami, even during his short stay, lias done so. fVe woutd say that his Ptnelli sketch on England is one ofthe fairest and most graphie that bas been lately mode by any foreigner. »

Le Quarterly Revient lui-même, quoique le plus grand Séide dn cabinet de Saint-James, que je n'ai pas trop épargné dans le cours de l'ouvrage, me compare avantageusement à don Michel, a l'occasion de mon tableau de la Tamise; et, après d'autres citations, il continue ainsi : « M, Beltrami' s observations on London and the manners ofthe English gênerai ly are more

correct thon foreigners are apt to make Theyoccupy liai f the firsl volume,

but we shall pats them contenting ourselv.es, as a spécimen, with this I h

qui «'échappe des ténèbres de leur antiquité la plus reculée ; tous passez & travers leurs temps fabuleux et merveilleux, les suivant jusqu'à la Conquête , image trop fidèle de la fable de

brief and masterly sketch of John Bull moral character and personal habits »

Mes observations sur l'Amérique n'ont pas été moins honorées de 'l'approbation publique. Elles m'ont valu les mentions favorables, et souvent répétées, d'un grand nombre de journaux, surtout en Amérique, en Angleterre et en France.

C'est à la Nouvelle-Orléans qu'aussitôt descendu des sources du Mîssissipi, etc., et en présence même du grand fleuve, le héros de la pièce, je publiai d'abord et séparément ma Découverte, sous les yeux de mes juges naturels et les plus sévères, qui ne devaient pas voir sans jalousie qu'un Européen eût pu tout seul faire ce qu'avaient inutilement tenté des Expéditions envoyées dans le même but. Je ne voulus pas, comme d'autrfs voyageurs, mettre l'Océan entre ma plume et le théâtre de mes exploits. Voici notamment quelques-uns des témoignages de l'opinion publique Américaine :

Le Courrier Louisianais(i5 avril i8a4): ■ J' may trulbesaid that

M. Beltrami's work is the onty one giving a fiill Knowledge of the Mîssissipi, and of the tribes thing on its banks. Before he discovered the reat sources of that great River, as many merely were given to it as its outlets. The fVhiie Bear Lahe, the Leach Lahe, the Read Cedar Lahe, were disputing, each xÂhcr, the honoar of being the sources of the finest river in the world ; and MM. Pihe and Scoolscrafl that of having discovered it. When voe reflect that a Stranger, assisted by only a few inierpreters, has dont more, alone, thon ail the Expéditions unfiertaken ai great expansés by Gouvernement ; when we ihinh of the dangers to which he has been exposed ; the toit and fatigues he has endured, the obstacles of ail hinds whicli he has h ad to surmount to achieve such an underiahing, we can-not h dp admiring the persévérance and courage of that distinguished individual, and regretting that the glory of the enterpi ise do not belong to one of onr one citisens. »

Le Constitutionnel, journal imprimé en Français...:* Nous voudrions, après avoir lu chacune des lettres de M. Reltrami, pouvoir faire partager

l'aigle gouvernant les oiseaux de toute l'Ornithie, sans d'autres droits que ceux de s in bec et de ses griffes. Vous rencontre» les restes de réactions fratricides, de révolutions récen-

a nos lecteurs le vif plaisir que nous éprouvons toujours en suivant ce hardi voyageur dans sa noble entreprise ; mais les bornes d'un article de Gazette nous forcent k n'offrir, pour le moment, que des extraits; et notre embarras est assez grand lorsqu'il faut faire un choix dans un écrit où tout doit intéresser également. »

Mais le Gouverneur, le Sénat, le Congrès de l'État, le Maire de la ville, voulant me récompenser de leur avoir montré les sources et le cours entier du fleuve qui fait à la fois l'orgueil et la richesse de ces immenses contrées, m'offrirent aussi les félicitations les plus nobles et tes plus affectueuses dans des lettres que je me plais à conserver comme un des monumens de mes pèlerinage* transatlantique*. Je ne donne ici quelques fragmens que de celles en français du Maire et du Congrès, les deux autres me témoignant en anglais des sentimens non moins généreux.

Le Maire ; «... Si votre pays fut le berceau du grand homme qui nous a fait connaître cet hémisphère, de nos jours il était destiné a être celui de l'homme qui devait lui arracher des secrets dont la révélation vous appelle à la considération publique •

io avril i8»4. Signé RvmostAC.

Le Congrès: «... Les habitans delà Louisiane ne doivent-Us pas éprouver la reconnaissance la plus profonde, la prédilection la plus particulière , pour l'homme savant et courageux qui , au prix des plus grands sacrifices, des privations les plus pénibles, est parvenu à découvrir les source* dm fieuve auquel ils sont redevables de la majeure partie de la prospérité de leur pays? et lorsque leurs députés vous expriment ces sentimens , n'est-U pas vrai de dire qu'ils ne font que prévenir les vœux de toute la

population? •

i3 avril it)a4. Signé Cakohgi, membre secrétaire.

J'ai reçu des témoignages non moins flatteurs des journaux, de corps scientifiques et littéraires, de professeurs de New-York, etc., etc.

A mon retour de l'Amérique à Londres, ce fut le Montfily Magazine (mars 1837), une revue de grande autorité, qui, publiant ce que les Americains avaient dit de ma Découverte, etc., me sollicita de la reproduire eu

tes, qui vous retracent les événement les plus mémorables , les héros et les monstres qui y ont figuré ; et tous voyez les

anglais. Son long article, dans lequel, modestement, je n'ose trop me contempler, finit ainsi : *We hope that the réception mhich M. BeltramVs Discoveryofthe source of[the Mississipi, has met with (en Amérique) whill induce him to make'it known in this country (en Angleterre); and in addition to give tho the world the détails ofh'u subséquent adventures. »

Ce ne fut qu'après cette généreuse et publique^sollicitation, et d'autres encore, que je me décidai a écrire mon Pèlerinage en Europe et en Amérique y où je reproduisis la Découverte des sources du Mississipi, etc. Sans rappeler ici ce qu'ont dit le même journal et d'autres journaux Anglais de ce qui dans l'ouvrage a trait à l'Amérique , je n'ajouterai que cet extrait du Monthly Review, février 18 28 :*Thus, the glory ofhaving accomplished a work which varions expéditions had faited to exécute , though supportcd by unlimited funds, stimulated by promised rewards and comprehending the ability, energy and labours of many, was won. triumphantly by the persevering enterprise of an unpatronised individual. The sources of the Mississipi had been variously appropriated by former travelers : the latest expédition, undertaken ( par le général Cas ) for the pur pose of ascertaining them, fixed upon Lake Cedar, now Gassina, as being the true point.,,. »

En France, la Revue Encyclopédique, la Revue Britannique, le Journal des Voyages, les Annales de la Société Géographique, etc., etc., en ont aussi parlé. plus d'une fois; et M. de Chateaubriand a bien voulu me citer avec éloge et m'emprunter quelques pages, dans son Voyage en Amérique.

Je suis Je seul, jusqu'à présent, qui connaisse et qui ait décrit, sans négliger même d'indiquer tous ses grands tributaires, le cours entier du Mississipi, qui est d'environ 1 100 lieues, et que je n'ai pas quitté un instant de ses sources à ses embouchures ; et un homme qui a vécu, chassé et mené une existence nomade avec les peuples les plus sauvages de la terre , au milieu des premiers traits de la création , doit s'être trouvé à même d'offrir aux deux inondes des aperçus et des tableaux au moins aussi curieux que nouveaux.

Je suis entré dans tous ces détails pour conclure que la France peutêtre n'aurait pas vu d'un œil indifférent la traduction de mon Pèlerinage en Europe et en Amérique

personnage» qui figurent encore sur la scène Mexicaine. t«e passé, en tous étonnant, tous attriste ou tous indigne ; le présent tous soulage; l'avenir tous offre de douces espérances : le tout tous instruit. Il serait bien difficile à une âme sensible de n'être pas virement émue , en se promenant sur le sol Mexicain , devant les tableaux si variés de contrastes, sans cesse renaissans , d'une nature toute brute et d'une civilisation ébauchée. Le Musulman y passerait peut-être avec une indifférence moins asiatique qu'il ne passe au milieu des vénérables antiquités de la Grèce , de la Troade, etc., etc.

Souvent la configuration extraordinaire de la terre, les spectacles merveilleux d'une nature morte et vivante, toute nouvelle, et même des découvertes géographiques, fixent aussi nos regards étonnés.

Pour faciliter la lecture de l'ouvrage, si on le juge digne d'occuper quelque loisir, il m'a semblé bon de tracer sommairement l'itinéraire que j'ai suivi.

Je traverse d'abord le golfe du Mexique. Les différons phénomènes que j'y rencontre, je tâche de les expliquer, à travers les contradictions de ceux qui les ont vus de loin.- Puissé-je avoir été de quelque utilité aux savans!

Je débarque sur les rivages de la mort , de la fièvre jaune, dont je décris la nature, les ravages, et la manière dont je euis parvenu à triompher de ses atteintes ; où les lamentations de l'Humanité, toujours couverte du linceul funéraire, font un contraste frappant avec le chant, le gazouillement enchanteur d'oiseaux les plus rares , qui font retentir de leur joie ce triste séjour, et dont l'éclatant plumage dore les forêts et les tombeaux ; où l'avarice lutte avec courage contre l'action homicide de tous les élémens.

Avant d'avancer dans les terres, j'essaie de vous faire connaître le terrain sur lequel je vous ai conduits, par un aperçu historique et philosophique, qui tous montre le chaos,

l'antiquité, le moyen âge et les temps les plus modernes de ces pays extraordinaires, qui sembleraient être plus vieux que le Vieux Monde. Là, je tous mets sur les traces de l'expédition Mexicaine que Mina commença aux embouchures du Saint - Ander, et qui, bien loin de l'endroit du début, alla finir en tragédie sur un des grands théâtres de la Révolution encore vivante de ces peuples, où la Parque cruelle arrêta ses exploits et sa carrière mortelle, que la renommée ranime, en quelque sorte, avec le faible secours de ma plume.

Eu nous avançant vers les hautes terres, un grand colosse, l'une des merveilles du monde, se déploie à nos regards étonnés. Est-ce l'ouvrage de la Nature ou de l'homme ? Je donne à cet égard mes conjectures.

Le passage soudain d'un pays plat, brûlant d'une canicule éternelle, à de hautes régions , où le printemps ne finit que pour recommencer, est un phénomène des plus surprenans ; c'est la réunion, sous un même degré de latitude, des extrêmes des différentes natures, de dilîérens climats, de différentes configurations de la terre. Je peins le tout de mon mieux, sous l'aspect physique et moral ; je vous conduis d'escalier en escalier, d'étage en étage, sur les plus hautes Gordillières de Tantamanga. De leur sommet , je vous montre , à l'Est, l'horizon qui couvre de son voile l'Atlantique ; à l'ouest, celui qui cache la Pacifique. Là, deux sources, qui, sous nos pieds, découlent de deux côtés opposés, semblent nous montrer la naissance, encore inconnue, des deux principales rivières du Mexique : le Rio-Grande9 ou San-Yago, qui se jette dans la Pacifique, et le Saint- Ander, tributaire de l'Atlantique. J'expose les apparences, les probabilités et les théories propres à nous confirmer dans cette découverte.

D'autres, peut-être, auront un jour plus de loisir, de moyens cl de talent pour mieux voir que moi, et mieux fixer voire opinion sur ces deux points intéressans de la terre, mais

tous me sauret au moins gré de leur avoir tracé la route, et <fe vous avoir montré, le premier, les plus hautes terres, et les eaux les plus élevées de ces régions lointaines.

De là, je vous fais descendre le revers occidental de ces Gordiilières, comme je vous ai fait monter leur revers oriental: toujours d'escalier en escalier, d'étage en étage, jusque près de la Pacifique, où un incident malheureux et des obstacles insurmontables arrêtent mes projets de pousser mes pas jusque dans les Californies. Je vous en donne quelque notion sur le seuil de ces vastes contrées, ainsi que de la Sonora, dont elles dépendent maintenant ; mais, vues dans leur intérieur, elles vous auraient peut-être montré une autre partie extraordinaire du monde pleine d'intérêt , et d'autres découvertes.

En remontant, du côté de la Pacifique, les régions de Xalisco, je me rencontre avec une peuplade d'Indiens, qui ont toutes les mœurs, les superstitions et une partie de la langue des- SUua>9 l'un de ces peuplés sauvages que nous avons vus sur les hautes terres du Mississipi, et vers les sources do Saint-Pierre : c'est une rencontre singulière , et qu'un manuscrit , trouvé dans un couvent de moines , m'a aidé à expliquer, d'une manière que je crois satisfaisante.

J'esquisse toute l'histoire de cette province, Tune des plus riches et des plus curieuses du Nouveau-Monde. J'insiste sur sa capitale, Guadatawara, et je rappelle le rôle qu'elle a joué, à toutes les époques du Mexique, surtout lors de la dernière Révolution. Je finis par un tableau physique et moral de- ba situation actuelle.

De Guadalaxara je passe a Guanaauato , à travers la grande scène où les dernières réactions révolutionnaires et contrerévolutionnaire» se sont succédé, constamment féroces ; où la petite cohorte de Mina opéra des prodiges de valeur; où ce jeune aventurier, digne d'un meilleur sort, se vit toujours environné, entravé, soit par la jalousie, soit par la trahison,

où je vous conduis verser quelques larmes de piété sur son tombeau.

Pendant ce passage je vous détourne du chemin, pour tous montrer le Rio-Gr<mde, oubliant son obscure origine, étalant a,vec pompe toute sa majesté, formant des lacs, s 'élançant sur ctets précipices épouvantables, entraînant avec lui des monts et des forêts, mugissant comme le lion de ces déserts, clans ses cataractes profondes, et s'ouvrarit un chemin à travers les plus puissant obstacles de la Nature. Tout ce spectacle est encore entièrement inconnu, même aux habitans des villes voisines.

A Guanaxualo , je vous fais voir ces endroits pittoresques, ces montagnes arides, stériles de végétation, et si fertiles en minéraux. Je dis ce qu'ont été et ce que sont ces mines, le séjour à la fois des richesses et de la misère. Je dis ce que les Anglais ont fait et ce qu'on leur a fait faire ; les dupes et les fripons; ceux qui perdent et ceux qui gagnent; les vues eolossales des grands spéculateurs qui président à ces entreprises ; quels avantages leur promettent le temps et la politique ; quels sont, à mon avis, les moyens d'y mieux ménager les intérêts des Anglais et des Mexicains. Je vous signale enfin Guanaxuato comme un des plus grands théâtres, et le plus sanguinaire de la Révolution Mexicaine.

Le passage de Guancucuato à Zelaya, de Zelaya à Queretaro, et de Querêtaro à Mexico, est, selon moi, du plus haut intérêt. Je l'ai peint en miniature; mais assez, je crois, pour vous donner une idée du passé et du présent de ces beaux pays, même d'une partie. du Mechouacan. Je termine le portrait physique et historique de ces régions , par la description d'un grand ouvrage hydraulique , l'un des plus gigantesques des deux mondes, anciens et modernes. Sur ce passage, de nouveaux argumens appuient mes conjectures relatives à la découverte des sources du Rio-Grande. C'est là aussi que

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