A LA NATION
Citoyens, nous sommes arrivés au but : nos vœux sont accomplis : nous avons déjà un acte constitutif; et, si nous aimons l'ordre , si nous désirons avoir une patrie , si nous avons à cœur de compter parmi les Nations , le moment est venu où nous pouvons y prendre place.
Le Congrès Souverain a fait ce qui dépendait de lui : ce n'est pas l'ouvrage de volontés individuelles, mais de toute la Nation, tout ayant été débattu et arrêté librement par ses représen- T. I. a8
tans, de façon que déroger à sa teneur, ou opérer en sens contraire, serait disputer à la Nation son indépendance et sa souveraineté.
Pour ce qui était de notre pouvoir, nous sentons l'ineffable satisfaction d'avoir vu se vérifier cette époque mémorable pendant notre administration, quoique au moment où elle touche à son terme. Citoyens , on pourra nous reprocher de n'avoir pas gouverné avec tout Tentendement, avec toutes les lumières nécessaires, mais nos intentions ont été toujours justes; notre point de vue n'a pas cessé d'être la prospérité publique. Nous n'avons pas pu faire tout le bien que nous aurions voulu : des obstacles insurmontables , que le temps seul peut détruire , s'y sont opposés ; mais nous avons conservé l'État dans toute sa plénitude; les appointemens des employés sont au courant; et, pour le reste , si nous n'avons pas rempli l'attente publique, si nous avons commis quelque faute d'inexpérience , que cela serve au moins de leçon à nos successeurs. Enfin, si, en administrant la chose publique dans des temps orageux, au milieu des crises les plus anarchiques; si, en luttant de toute notre force, et perdant tant de mois contre mille obstacles et contrariétés ; si , en tenant le gouvernail de l'État au moment qu'une horrible tempête nous menaçait tous de nous ensevelir dans l'abîme ; si , en un mot , par tout ce que nous avons souffert dans une si terrible position pendant plus d'un an de notre administration, nous avons acquis le droit de supplier et de conseiller, nous en usons envers nos concitoyens pour leur recommander, avec les sentimens les plus paternels, l'amour de l'ordre , ce principe protecteur des États. Veuillez vous pénétrer, citoyens, que l'union et la subordination aux autorités peuvent seules nous sauver des orages qui nous entourent encore; et ceux qui, sous un prétexte quelconque, se permettraient d'enfreindre ce principe, ne pourraient être considérés que comme les ennemis de l'Anahuac , les fauteurs des tyrans, qui sont là, prêts à
nous surprendre au moment du désordre, et à nous enchaîner d-e nouveau.
Fait au Palais National de Mexico , le i" février 1834.
Signé José Mariano Michelena, Président.
Miguel Dominguez.
ViNCENTE GlIERRERO.
Le Suprême Pouvoir exécutif, nommé provisoirement par le Souverain Congrès Mexicain, à tous ceux qui verront les présentes, savoir, que le Souverain Congrès Constituant a décrété ce qui suit :