CHAPITRE VI
M. Cumplido, le second, la fabrique d’écharpes de M. Francoz.
M. Cumplido a su faire de rien un établissement superbe. C’est le fait d’une intelligence supérieure qui, unissant la prudence à la sagacité , se bâte lentement dans sa marche, et proportionne toujours les moyens aux fins qu elle se propose. Plût à Dieu qu’il se trouvât au Mexique beaucoup d’hommes comme M. Cumplido! Ce ressort nerveux qui manque aux arts mécaniques et à l’industrie saurait bientôt jouer activement entre leurs mains habiles. Toutefois les hommes comme lui sont rares partout; aussi devonsnous considérer comme un devoir sacré de leur payer notre tribut d éloges , quand nous rencontrons sous notre plume leurs noms, dignes d’ailleurs d’un honneur moins stérile.
M. Francoz est un ancien colon du Goatzacoalco. Après notre dispersion, il ne fut guère embarrassé de ce qu’il ferait: doué d’un génie inventif, d’un esprit actif et méthodique, il réussissait à tout; cependant la fortune, aveugle et capricieuse comme toujours, a été longtemps à lui sourire, mais enfin, et de guerre lasse, elle paraît avoir cédé au mérite, à la patience, à la constance des efforts de son heureux poursuivant. C’est justice.