CHAPITRE IX
Le climat de Mexico est loin d’être aussi bon qu’il est beau. — Exhalaisons putrides. — Voyage à Oaxaca. — Tlacotepec. — Hospitalité des Indiens en pays chauds. — Le pochotle. — Les pitciyas. — Le clriçle. — - Mauvais chemins.
— Cuicatlan. — Le cacique de Cuicadan. — Dégradation des races esclaves.
— Hacienda de Huendulein. — Culture de la canne à sucre. — Moulins à broyer la canne. — Accidents frequents. — Esclavage de fait dans les haciendas. — La prière des hommes de glèbe, le malin et le soir. — Le barde zapotèque. — Aptitude des Indiens pour les arts libéraux. — Caractère de l’Indien. — Ses goûts. — Moyen de le rendre meilleur. — Les scorpions.
— Les tarentules. — Le carolin. — La rivière des Détours. — Mon cheval Negro. — Son instinct. — Sa force. — Sa triste fin. — Le Cacborro. — Comme on traite les chevaux au Mexique. — Comme on les traite en France.
— Les mules. — Leur instinct. — Services qu’elles rendent. — Côte de San-Juan. — Vallée d’Ella. — Oaxaca. — Tremblements de terre — Culture de la cochenille. — Son exportation. — Les Indiens cultivateurs de nopal enfouissent leur argent. — (juelqnes-uus sacrifient au luxe et à la vanité. — Séjour chez un Indien de Mitla. — Vaisselle plate. — Simplicité du maître de la maison. — Affabilité des habitants d’Oaxaca. — Les femmes supérieures aux hommes sous beaucoup de rapports. — La danse des bolerus. — Bal chez le premier président de la haute cour de justice. — Souper. — Désordres dans le service. — Processions du Rosaire. — Feux d'artifice en plein jour. — Principale dévotion des Mexicains. — Révolte d’Acevedo. — Les Français maltraités. — Le général Quintanar. — Le général Canalizo. — LapuiUade fusillé.
Nous voici revenus à Mexico; mais ma santé, altérée par le climat de celle capitale , m’obligera bientôt de
m’en éloigner pour longtemps. Le climat de Mexico est loin d’être aussi bon qu’il est beau : l’air y est infecté des exhalaisons qui s’élèvent des égouts de chaque rue, surtout dans les grandes chaleurs et au commencement des pluies. Ces égouts débordent dans quelques endroits, et forment des flaques d’eau croupie qui infectent le voisinage. Les marais fangeux des environs chargent encore l’atmosphère de miasmes putrides, île sorte que si les rues n’étaient ni aussi larges, ni aussi bien percées qu’elles le sont , et que les vents ne pussent pas mieux balayer ce mauvais air que dans la cité de Paris, la ville de Mexico serait un cloaque inhabitable.
D’un autre côté, la transpiration diminuée par l’élévation du plateau occasionne un malaise continuel qu’on ne peut éviter que par un exercice journalier, suffisant pour rétablir l’équilibre. Les personnes qui mènent une vie sédentaire, inactive, ont toujours une santé languissante. Elles ne sauraient se livrer à un travail mental assidu et prolongé sans s’exposer à des souffrances nerveuses qui les rendent pour longtemps incapables de rien faire.
Je cherchai donc un pays plus sain , et la réputation du beau climat d’Oaxaca fixa mon choix. Je m’y rendis au commencement de 1837.
La route de Mexico à Oaxaca est dangereuse jusqu’à Tebuacan. Les environs de Tlacotepec surtout sont funestes aux voyageurs. Là il faut préparer ses armes... ou sa bourse, car les habitants de cette bourgade regardent le vol comme un droit de péage. Mais avec la température des pays chauds et les bienfaits d’une végéta-