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CHAPITRE IX

une distillerie dans la même maison, reçut dix-huit ou vingt blessures dont aucune ne fut mortelle, bien qu’un coup de lance lui eût traversé le corps de part en part. Dans cet état, on lui fit seller les chevaux de la maison pour les emmener; et comme ce malheureux n’allait pas assez vite au gré de ces honnêtes fédéralistes, chacun le piquait à l’envi pour lui faire hâter le pas.

Les Mixtèques, auxquels s’etaient réunis les fédéralistes, restèrent treize jours maîtres des trois quarts de la ville, sans que les 1 500 hommes de garnison bougeassent de la forteresse, d’où ils se contentèrent de tirer des coups de canon qui n’eurent d’autre résultat fâcheux qne d’empêcher de dormir le petit enfant du vieux général Quintanar, inconvénient qui fit plusieurs fois suspendre le feu, si je dois en croire les dires de quelques olficiers d’artillerie qui étaient là.

Cependant les Mixtèques étaient à leur merci , et pas un n’eût échappé, si deux ou trois compagnies des troupes du gouvernement eussent fondu sur eux à limproviste après huit heures du soir: ensevelis dans le sommeil léthargique de l’ivresse, ils encombraient les galeries de la place. Quelques rares sentinelles étaient disséminées çà et là, maintenues dans un état de somnolence par les vapeurs alcooliques. Elles eussent été immolées avant de songer à crier aux armes.

Mais Quintanar laissa les Mixtèques tranquilles possesseurs de la ville dont on lui avait confié la garde, jusqu’à ce qu’ils se décidassent à la quitter pour aller combattre un corps de troupes aux ordres du général

Canalizo, que le gouvernement suprême envoyait contre eux.

La rencontre se fit au bourg d’Etla, à quatre lieues d’Oaxaca. .Après une fusillade de quelques heures, la bande d’Acevedo fut dispersée, et lui-même fut fait prisonnier avec les deux principaux chefs de son étatmajor et un jeune Français qui, entraîné par un caractère ardent et un esprit inquiet, s’était laissé séduire par les fédéralistes, et avait pris du service dans leurs rangs.

Quoique ce malheureux jeune homme ne dût être considéré que comme la généralité des prisonniers qui avaient pris les armes à l’instigation des moteurs de l’insurrection, Canalizo jugea que sa qualité d’étranger aggravait sa faute, et on le fusilla le lendemain avec les trois chefs ci-mentionnés (78).

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