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CHAPITRE X

chila , capitale des Zapotèques. — Limites du pays zapotèque. — Guerre entre les Zapotèques et les A?lèqucs. — Mariage de la belle Coyolicotzin avec Cosijoeza. — Arrivée de Cortès dans la vallée d’Oaxaca. — Il y prend des terres pour son domaine seigneurial . — Tombeaux. — Ce qu’on y trouve. — Cuilapa. — Vicente Guerrero. — Ses cendres. — Ocoltan. — Culture du nopal à cochenille. — - Récolte. — Gisements aurifères de San-Migucl de las Peras. — Le général Stavoli. — Mines d'argent dans les montagnes du nord-est. — Coutumes des mineurs européens. — La chasse. — Le dindon sauvage. — Tehuanlepec, — La pourpre de Tyr retrouvée. — Costumes des femmes de Tehuanlepec. — Impression produite par les jeunes fdles de celte ville zapotèque sur mon imagination. — Souvenirs de jeunesse.

lia nature n’a rien donné de bien pittoresque aux environs d’Oaxaca, mais la main de l’homme les a singulièrement embellis, transformant les villages en jardins pleins d’arbres fruitiers et d’arbustes d’agrément, où les cabanes se mêlent aux massifs de verdure. Les rues sont des allées bordées de buissons émaillés d’amaryllis 1 et de mélias, de haies de nopals, de dahlias 2 arborescents, de frangipaniers en fleurs, ou de goyaviers, d’avocatiers, de capoulins qui unissent leurs branches en forme de berceau et donnent un ombrage agréable au temps le plus chaud du jour. Ici, dans la vallée de l’est, c’est le beau et grand village de Talixtaca, qui abonde en fruits de toute espèce. Là, c’est Huayapan, ombragé d’une forêt d’orangers, de cédrats et d’arbres à cacao*, dont la fleur aromatique sert aux naturels à faire une boisson rafraîchissante. Puis vient San-Felipe del Agua, situé sur

1 Amaryllis formosissima , ou fleurs de Santiago.

2 Les fleurs de ces daldias, simples ou doubles, sont pérennes; leur couleur est le lilas clair. Ce sont les plantes primitives dont la culture a multiplié les nuances à l’infini.

1 II ne faut pas confondre Varbie à cacao, qui me parait être un symploque, avec le cacaoyer.

le penchant des montagnes : l’air qu’on y respire est délicieux, et l’atmosphère s’y embaume des odeurs les plus suaves. Mais le plus joli de tous est le village de Santa-Maria del Tule, où l’on voit le fameux cyprès dont le tronc ne le cède en grosseur qu’au châtaignier de l’Etna. À six pieds de terre , le tronc a 90 pieds 1 d’amplitude ou de courbe circonscrite, et il en a 141 en le mesurant suivant les ondulations de ses angles saillants et rentrants. A quinze pieds de hauteur seulement commencent les branches, dont les plus grosses n’ont pas moins de 37 pieds de tour; mais elles n’ont pas une bien grande étendue relative : à peine si l’arbre entier atteint 70 pieds de haut, et si son ombre à midi embrasse une circonférence de 400 pieds. Aussi ne produit-il pas l’effet qu’on en attend, et même, à une très-petite distance, ne paraît-il pas avoir rien de bien remarquable. J’ai vu au Goatzacoalco des arbres qui, beaucoup moins gros, étonnaient davantage par leur hauteur et l’immense envergure de leurs branches.

Plusieurs voyageurs qui ont visité le cyprès du Tule ont cru que ce n’était pas un seul et même arbre, mais bien la réunion de trois arbres, dont les troncs paraissent en effet détachés l’un de l’autre en formant des angles rentrants très-profonds. Cependant, après l’avoir examiné souvent, je suis demeuré convaincu que ces saillies n’ont jamais appartenu qu’au même arbre.

Les troncs de cette espèce de cyprès 2 présentent

1 Pieds métriques.

2 Schuberùa disticha.

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