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CHAPITRE XII

bants1, mais aussi pour l’agrément de sa société. L’étranger auquel sa position sociale et ses relations permettent de fréquenter les familles avec quelque intimité y trouve toujours des visages riants, des manières simples , un accueil amical et franc. Il n’y verra pas de divertissements bien coûteux : ce sont de petites réunions où l’on danse au son des guitares, des déjeuners dans les vergers des faubourgs , des promenades aux bains de Colomas ou au village de San- Pedro, des cavalcades au clair de lune, et tout cela avec accompagnement de chants joyeux et un entrain irrésistible.

Les habitants de cette province ont un goût particulier pour la musique; leurs compositions ont un cachet d’originalité qui les distingue entre toutes celles du même genre; leurs romances surtout brillent par l’imagination musicale et le bon goût des inspirations.

Je vis un joueur de jarana 2 qui faisait positivement ce qu’il voulait de son instrument; il le lançait en l’air ou le faisait tourner entre ses doigts, jouait d’une seule main , et tout cela sans perdre la mesure.

Ce lut la veille du pronunciamiento 3 qui renversa le gouvernement de Lopez Portillo que je l’entendis pour la première fois. J’avais été invité à un déjeuner

1 On dit que le population de Guadalaxara dépasse 90,000 âmes.

2 La guitare mexicaine a sept cordes doubles, à l’exception de la chanterelle, qui est simple. La jarana n’a (pie cinq cordes doubles; les cordes filées y sont remplacées par des fils de laitou pur.

3 26 juillet 1852.

à la campagne offert au gouverneur et au commandant général par quelques-uns de leurs amis. Or, à Guadalaxara, il n’y a pas de bonne fête sans musique, et la plus gaie est celle qu’on préfère. Nous fûmes donc régalés pendant le repas d’un concert de harpe, de guitare et de jarana, et Souza, c’est le nom du virtuose, déploya devant nous toutes les merveilles de son talent.

Le climat de Guadalaxara est extrêmement agréable; sa température moyenne est plus élevée que celle de Mexico, sans atteindre cependant le degré ou la chaleur incommode. Quoique la ville se trouve aussi dans les meilleures conditions de salubrité , les fièvres intermittentes régnent cependant assez souvent dans le quartier de Mejicalcingo. Cela provient du voisinage d’une petite rivière dont les eaux, chargées d’immondices, croupissent en beaucoup d’endroits, inconvénient que quelques travaux de voirie suffiraient pour faire disparaître.

A trois lieues de Guadalaxara seulement, j’ai retrouvé la chaleur brûlante des côtes dans un grand ravin au fond duquel coule le Tololotlan; il y avait 4 degrés centigrades de différence au mois de mai entre le haut de la côte et le lit du fleuve. La végétation fait son profit de ce surcroît de calorique combiné avec la vapeur des eaux : les fruits des tropiques qu’elle y produit sont d’un excellent goût.

Le fleuve prend naissance aux lagunes que nous avons traversées à Lerma, sur la route de Mexico à Toluca ; il entre dans le lac de Cbapala près de la Barca ,

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