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fants furent confinés dans un couvent. A sa place, YAudiencia appela à la vice-royauté un militaire obscur qui, par le grade et l'ancienneté, était le premier des officiers espagnols; mais il fallut le remplacer après quelques mois, et on lui donna pour successeur l'archevêque de Mexico, qui luimême dut plus tard céder la place à YAudiencia, et celle-ci gouverna jusqu'à ce que la régence espagnole eût, de la Péninsule, envoyé un vice-roi.

Aussitôt qu'on eut déposé le vice-roi Iturrigaray, on mit sous les verrous plusieurs Mexicains des plus influents qui appartenaient à YAyuntamiento de Mexico ou qui s'étaient prononcés dans le même sens. Quelques-uns furent bannis aux îles Philippines, d'autres emprisonnés dans le château de Saint-Jean-d'Ulua, citadelle de la Vera-Cruz réputée imprenable. Il y en eut même d'envoyés en Espagne pour y subir leur jugement. VAudiencia ordonna aux Espagnols de former des juntes de salut public, et de s'organiser en troupes armées, qui prirent le nom, bizarrement choisi, de patriotes. On se flattait ainsi de comprimer l'élan qui avait porté les Mexicains à se croire quelque chose. On obtint le seul résultat possible de tant de violence et de présomption : on démontra aux Mexicains qu'entre eux et les Espagnols il y avait un abîme. Le langage que tenaient les meneurs de YAudiencia et des péninsulaires n'était pas de nature à calmer le mécontentement des Mexicains : Yoïdor Bataller avait coutume de dire que tant qu'il resterait dans la Péninsule un savetier de la Castille ou un mulet de la Manche, ce

serait à eux qu'appartiendrait le gouvernement de l'Amérique. L' Ayuntamienlo de Mexico ayant voulu élever des réclamations en faveur du ci-devant viceroi, il lui fut répondu sèchement par YAudiencia que son pouvoir se bornait à tenir en respect les leperos (lazzaroni) de la capitale.

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