‹ Le MexiqueChapitre 62 sur 96 · Le mot mérite d'être remarqué · texte numérisé non relu

Le mot mérite d'être remarqué

les principes modernes auraient leur place largement faite.

Tant que la politique de la cour de Rome n'aura pas complètement changé en Europe, il est grandement à craindre qu'elle ne continue de favoriser dans l'Amérique espagnole et nommément au Mexique, le parti de l'immobilité. Tant que ce parti aura un tel auxiliaire, on pourra bien le mettre en déroute sur les champs de bataille, on pourra bien le renverser du pouvoir lorsqu'il sera parvenu à l'escalader, mais on ne l'aura jamais définitivement vaincu. Irrité des obstacles toujours renaissants qu'il rencontrera, le parti libéral continuera de se montrer emporté et extrême. Le bon ordre sera impossible daus le pays, et l'anarchie y relèvera perpétuellement la tête. Notre tentative de le régénérer sera vouée à un irrémédiable avortement.

Ainsi nous retrouvons au Mexique la question de Rome, aussi ditficile là-bas qu'ici.

Je dis difficile et non pas insoluble. Quelle que soit mon incompétence dans les questions qui concernent la foi, mon sentiment se révolte contre la pensée que la foi interdise à la cour de Rome de changer son système et son attitude, même en Italie. Les enseignements de l'expérience sont pour tout le monde. Ce n'est pas trop présumer du saintsiége que d'espérer qu'il en profitera pour son compte. Lorsque les aveugles provocations de la cour de Rome obligeaient le général en chef de l'armée d'Italie à faire la petite campagne de 1797, que termina le traité de Tolenlino, les actes qui mar-

quèrent les premières années du pontificat de Pie VII ne semblaient-ils pas aussi impossibles que peut le paraître aujourd'hui l'adhésion du saintsiége aune politique libérale? Et ne serait-ce pas calomnier le saint-siége que de soutenir que jamais il ne se ralliera à des idées dont la substance est dans l'évangile même, et en dehors desquelles il est devenu clair, pour tout homme de sens, qu'il n'y a pour l'autorité pontificale que des déceptions, pour l'Église que des périls?

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