CHAPITRE XÏX
Remarques sur les pyramides mexicaines.
La rencontre des deux pyramides près de Remedios et de Tepatitlan me paraît de quelque importance pour la connaissance des anciens monuments de l'Amérique.
Je crois non-seulement que Ton peut y apporter l'intérêt que l'on attache à toute nouvelle découverte de restes importants des temps passés , mais que l'emplacement de ces monuments , surtout de celui de Remedios , dans le voisinage immédiat de la capitale , est propre à jeter quelque lumière sur l'époque de leur construction.
C'est particulièrement l'âge de ces monu ments qu'il est intéressant d'approfondir, puisque l'analogie qui existe entre les pyramides du Mexique et celles de l'Egypte, par leur
tait sur un& sorte de bouclier , une croix a cinq branches , avec deux ronds au milieu , et deux raies sur les bords , recouvertes en partie par les branches de la croix, dont chacune est divisée en deux parties, et ornée de huit petits ronds.
Il doit exister des galeries, souterraines dans ces ruines , puisque je parvins sans difficulté k y introduire une perche de 5 mètres environ.
Je suis persuadé que des excavations , que ni le temps ni les circonstances du moment ne me permirent d'entreprendre, conduiraient k la découverte de ces galeries , qui doivent être analogues a celles qui se trouvent dans le monument de Xochicalco et dans l'un de ceux de San Juan de Teotihuacan . U faudrait diriger ces recherches près des ruinés des murs où est placée la pierre sculptée que j'ai décrite! •
On trouve sur le sommet un plateau assez étendu qui me parut de forme carrée , comme le reste de la pyramide , et d'oii on
jouit d'une vue que je considère comme la plus belle des environs de la capitale.
Il n'existe sur ce plateau aucun vestige de ruines de constructions , quoiqu'il soit plein de débris de vases, comme tout le reste du monument , et que je ne mette pas en doute que l'édifice principal , le temple , dût se trouver sur ce sommet , et que le fanatisme des conquérants l'aura fait disparaître comme tous les autres souvenirs du culte des anciens Mexicains, surtout dans la capitale et ses environs.
Ce monument , malgré son voisinage de la capitale, et sa situation dans l'un des lieux les plus fréquentés de ses environs, était resté complètement inconnu aux Mexicains.
Une indifférence aussi étrange ne pourrait se concevoir dans tout autre pays , mais ici elle s'explique autant par l'apathie des habitants pour tout ce tfai ne rentre pas dans la sphère de leurs habitudes journalières , que par le soin que prennent les Indiens de cacher ou du moins de ne rien divulguer sur
tout ce qui a rapporta leur ancienne histoire. Le propriétaire de la hacienda située au pied de la montagne , et qui venait de mourir une quinzaine de jours avant ma visite , ne permettait à personne d'y monter, et les Indiens , dans leur superstition , étaient persuadés qu'il connaissait l'entrée des souterrains qui, selon leur idée, devaient contenir des trésors.
U faut un œil exercé pour reconnaître de pareils monuments et les distinguer des montagnes naturelles , qui , au Mexique , ont souvent une forme très -régulière. Je dus à l'expérience que j^avais acquise par la vue de la plupart de ces monuments, autant qu'au hasard qui semblait me favoriser dans ceê çirconstancesy^AHhire par la suite une semblable découverte dans des lieux fréquentés avant moi par nombre de voyageurs. Ce fut lors de mon voyage aux côtes de la mer Pacifique, que je reconnus, dans une petite montagne non loin de Tepatitlan, à 1 mille au nord de la route de la capitale à
Guadalaxara, une autre pyramide. Cet ancien monument, situé à une distance de dix-huit a vingt léguas N.-E. de Guadalaxara, k ane demi-fe^tia d'un petit endroit nommé San José , qui lui-même est à une demi-Iejftia de la ville de Tepatitlan et à six ou sept de San Antonio , aussi nommé la Venta de Pejeros, possède un intérêt particulier, en ce qu'il est l'unique antiquité de ce f enre qui soit connue k l'ouest de la capitale , et surtout parce qu'il paraît être sur la route même que les Aztèques ont suivie lors de leur migration de la Californie au Mexique.
Cette pyramide , d'une élévation d'environ 30 k 40 mètres et d'une dimension bien moins considérable que celles du Soleil et de la Lune a San Juan de Teotihuacan , les surpasse cependant par l'élégance de sa forme.
Elle est divisée en trois étages et surmontée d'une élévation en rotonde qu'on pourrait comparer k un dôme , forme que je n'avais jusqu'alors remarquée dans aucun autre de ces monuments. On reconnaît par la base
qu'elle était de forme carrée, quoique, en l'examinant de son sommet , elle paraisse , vu son état de délabrement, de forme octogone.
La pyramide près de Tepatitlan> est composée de terre et de gravier comme celles de San Juan de Teotihuacan ; elle est encombrée à sa base d'une, quantité considérable de pierres.très-Iarges, avec lesquelles elle semble . avoir été entièrement recouverte, comme celles de Xochicalco et de Remédiés.
Toute la pyramide était plantée de maïs, et je ne pus y reconnaître aucune trace de souterrains.
Les Indiens que j'interrogeai sur ce monument, le nomment Cerrito (petite montagne) de Montezuma , le désignaîH de ce nom qu'ils appliquent à tout ce qui a rapport aux temps antérieurs à la conquête.
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