CHAPITRE il.*— tXMAL
fut charmante ; j*avais enlevé les draperies qui masquaient la porte, et les balancements du hamac rendaient la chaleuf supportable.
Je dormais seul dans le palais ; les Indiens fee refusèrent constamment à pâsseï? la nuit dans lé» rulhes; ridée seule lent inspirait une frayeur mortelle. Aûtonio m'avait supplié d'aller chaque èolr coUchéi? & Yhatiendà; c*eùt été perdre trop de témpiâ, et comme je vis bien où tendait cette manœuvre, je le laissai libre d*aller où il lui plairait, pourvu toutefois qu'au petit joui» il se trouvât, lui et les Indiens, â ma disposition. Us y manquèrent rarement, et le majoMome eut la bonté de veiller à ce qu'ils fUfeSent ponctuels. L'un d'eux n'étant atrivé q(l*â huit heures î*eçut, à ce qu'il parait, et sans qUe j*y fusfee pour riett, une bâs^ lonnade des mieUx appliquées. Depuis ce jour, il ftit exâdt. J'étais donc seul, et grâce à mes traVau*, à
peine étendu sur mon hamac, ]e dormais comme un
bienheureux.
Lé troisième jour, je perdis â jamais ce doux fepos ; il y avait eu, vers les quatre heures, un orage épou^ vantable, accompagné d'une pluie torrentielle; la promenade du soir m'avait été interdite, et je Me bornai à prehdfe quelques notèfe, assis à la porte dô
mon logis. La nuit vînt, je me roulai sur mon ha= mac, où je ne tardai pas â m'endormîr du sommeil du juste. Mais, hélas ! juste, je ne l'étais point, câl?
je m'é Veillai soudain en proie i d'atroces dônletiw.
Un bruit d'ailes remplissait la chambre, et, portant les mains au hasard, je sentis une multitude d'insectes froids et plats de la taille d'un grand cafard. Horreur! une multitude d'entre eux passèrent sur ma figure ; je me précipitai pour allumer une bougie, et mes yeux furent frappés du spectacle le plus déso* lant qui se pût voir.
Dans mon hamac, plus de deux cents de ces affreuses bêtes restaient comme prises au filet ; trente, au moins, de ces animaux, que je me hâtai de secouer, restaient encore sur moi ; j'avais à la figure, aux mains, sur le corps, des enflures qui me causaient une douleur insupportable.
Une grande quantité, parmi ceux du hamac, étaient gras, rebondis et gonflés du sang qu'ils m'avaient tiré ; les murailles étaient couvertes de compagnons de même espèce, qui paraissaient attendre que leurs amis, rassasiés, leur cédassent la place. Comment me défaire de tant d'ennemis?
Je m'armai d'une petite planche et je commençai le massacre. C'était une besogne atroce et dégoûtante à soulever le cœur; le combat dura deux heu* res, sans pitié, sans merci : j'écrasai tout. Quand je vis la place nettoyée, qu'il n'y eut plus que des cadavres, je fermai hermétiquement la porte et tâchai de me rendormir, deux heures après il fallait recommencer. Ces insectes étaient des piques ou punaises volantes* Le lendemain, je changeai mon domicile,