L'UZUMACINTA
Cfttnpèehe.— La ville.— L*liAtel»— La c&n6a.'«-*La ttavefsëe.— Carmen.— Don Francisco Anizan.—L'Uzumacinta jusqu'à PaUs8adii.-«-Le Cajuco»<~Quaftif« jours sur le fleuve.— Le rancho.— San Pedro et la chasse aux crocodiles. Les marais.— L'iguane.— Las Playas.
Le fidèle Antonio fut encore mon guide jasqtt*ft Campéche, où ses mules me conduisirent en iro\ii longues journées. La physionomie de Gampéche diffère en toutes choses de celle de Merida s l'entrée tor^^ tueuse des faubourgs, les fossés avec pont-levis et les murailles lui donnent un air de ville de guerre dont elle est glorieuse, et ses combats avec Merida, ses victoires et le siège qu'elle soutint à cette époque^ se mêlent souvent à la conversation de ses habitants « Les rues ne sont pas tirées au cordeau, comme toutes celles de la république; ses maisons, inégales et plus 4 élevées que celles des villes mexicaines, lui donnent un air moins oriental. Les monuments y^ont rares et sa cathédrale est des plus modestes.
Les riches commerçants possèdent, en dehors des murs, des habitations de plaisance où la flore des tropiques étale toutes ses magnificences, et dont l'ensemble forme à la ville une enceinte de verdure.
Vue de la mer, assise sur le rivage en pente douce, appuyée sur les promontoires de deux collines, avec son bois de palmiers placé sur la gauche comme une aigrette mobile sur la tète d'une jolie femme, Campèche offre un coup d'oeil d'une coquetterie ravissante. Le port est mauvais, ou plutôt, il n'y a point de port. De même qu'à Sisal, les navires doivent stationner au loin^ de crainte des bas-fonds et des vents du nord. Quoique bien déchue de sa grandeur commerciale, Campèche est encore la ville la plus riche de la Péninsule, et la plupart des maisons de l'Ile de Carmen ne sont que les comptoirs de ses habitants.
Tout le monde sait que les bois de teinture, connus sous le nom de bois de Campèche, viennent de l'État de Tabasco et de la partie marécageuse de l'État du Yucatan ; l'Ue de Carmen, devenue district libre aujourd'hui, en a pour ainsi dire le monopole ; aussi la ville de Campèche décline -t- elle chaque jour.
J'avais une lettre de Juarez pour le gouverneur, don
Pablo Garcia. Je trouvai, dans le chef du petit Etat, un homme bien élevé, parlant plusieurs langues, le français efttre autres, avec beaucoup de facilité, et qui me reçut avec une exquise politesse; il se mit