‹ Le Mexique: souvenirs et impressions de voyageChapitre 13 sur 185 · CHAPITRE ï. LA VERA-CRU · texte numérisé non relu

CHAPITRE ï. LA VERA-CRU

çà et là donnent Tidée d'une grande population.

Artificiellement arrosée par les cours d'eau de la Cordillère , cultivée comme un jardin , la terre n'offre partout que l'image d'une admirable fécondité. I^e mais, le froment, le frijol et la fève s'y succèdent tour à tour. Les gracieuses ondulations des blés, le bruissement de la brise dans les hauts maïs rappellent les cultures de France : moins déboisée, la plaine de Puebla offrirait le plus délicieux aspect.

Avant d'arriver à Mexico, il nous reste à gravir toute la haute chaîne de Rio Frio.

D'habitude, la route est gardée; de nombreuses escortes ghssent ou bivouaquent dans les bois, car une fois le voyageur engagé dans les gorges, les hauts sapins sont remplis de terribles mystères, et souvent à la plainte du vent dans le feuillage sombre se mêlent les gémissements de victimes inconnues. Dans la partie la plus élevée de la sierra, quelques Indiens se sont groupés en village; presque tous occupés à l'abatage du bois dans la forêt, ils ne cultivent que des champs d'avoine et de seigle, qui mûrissent péniblement par cette latitude élevée.

Un maître d'hôtel français tient table ouverte pour tous les voyageurs que la fatigue et la faim rendent ses tributaires. Le malheureux n'y fait point fortune, et le plus clair de ses bénéfices passe en impositions forcées, en dons involontaires sollicités parles sourires menaçants des chefs de bandes.

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