‹ Le Mexique: souvenirs et impressions de voyageChapitre 137 sur 185 · CHAPITRE XIII. PALENQUÉ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII. PALENQUÉ

de faim. Le hocco fut vite apprêté ; nous le dévorâmes à belles dents.

Les ruines de Palenqué impriment à l'esprit l'idée de la plus haute antiquité; mais rien, dans ces monuments extraordinaires, ne peut lutter de grandeur, d'élégance, de richesse et d'harmonie avec les édifices d'Uxmal. Il n'est pas improbable que les fondateurs des villes yucatèques descendissent des habitants de Palenqué, ou, tout au moins, que leur civilisation ne procédât de cette civilisation beaucoup plus ancienne ; dans ce cas, Uxmal en serait l'apogée.

Quant â la ville même, dont l'existence est l'appréciation d'études si diverses, nous ne croyons pas qu'elle exista jamais. Cette multitude de temples, semblables entre eux et fort éloignés les uns des autres, s'étendant sur une ligne de près de quatrevingts lieues, partant de Palenqué, par Ocosîngo jusqu'à Commitan, frontière de Guatemala, ne fait supposer qu'une même civilisation chez toutes les peuplades de ces montagnes, civilisation religieuse, organisation théocratique par excellence. Le grand palais, entouré de ses temples, ne représente, â notre avis, qu'un centre religieux plus considérable que les autres. En voici la raison : quand on parcourt la montagne et qu'on a vécu parmi les Indiens, on ne tarde pas â se convaincre que ces populations ont conservé leur antique manière de vivre, portant &

ridée chrétienne et aux prêtres qui les dirigent le même respect dont ils entouraient leur aaeienne relie gion. Gomme autrefois, ils vivent séparés, perdus dans les solitudes de la forêt, loin de Téglise comme jadis loin du temple. Les jours de fête et de cérémon nie publique, ils accourent au n^illage, accomplissent leurs devoirs religieux, écoutent la voix du pasteuP et vont retrouver l'habitation passagère qu'ils ont élevée dans les bois.

C'est ainsi qu'un village parait ne se composer que d'une église entourée de quelques cabanes, et ne re-? présente qu'une fort modeste population ; mais si vous vous informe*, on vouÉi répondra que cette bourgade compte dix mille habitants. Du reste, la vUIq immense que l'on suppose avoir existé ^ Palenqu^ ne se compose pas que d'un palais, et de quelques petits temples, mais d'édifices de tous genres et de monuments publics de toutes dimensions, Voyez 1^ Yucatan : à, Ghichen-Itza, sur une arène de troi^ kilor^ mètres vous comptez dfx édifices et 4es ruines ^n quantité ; à Uxmal, dans un rayon plu& étendu, pyi^ar* midea, temples et palais se auccèdent sansi interrupr tiou, Dei^ ruines même de peu d'importance feraient croire 4 Texistence d'habitations particulières encore debout; il y avait agglomération et ville ipcontesta^ hlement; à Palenqué, rien de tout çel£^.

Ce n'est pojut à dire que Palenqué manque d'inH fiortftn«e>t $^ rui^i^s i^qus par^saout être, pour la

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