‹ Le Mexique: souvenirs et impressions de voyageChapitre 138 sur 185 · CHAPITRE XÎII. — PALENQUÉ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XÎII. — PALENQUÉ

science, les plus précieuses, en tant qu'à notre avis, elles sont appelées à nous donner un jour la clef des civilisations américaines. Les nombreures inscriptions que renferment Palenqué et les temples de la montagne attendent le Ghampollion qui doit faire cesser le mutisme de leur table de pierre. L'étude assidue des langues maia, zapotèque^ toltèque doit amener ce beau résultat. Un homme nous semble destiné à jouer ce magnifique rôle dans l'avenir : M. l'abbé Brasseur de Bourbourg , qui possède ces trois idiomes, pourra sans doute, dans son séjour prochain à Palenqué, nous rapporter ces paroles vivantes.

Cela no nous dira pas à quelle époque Dieu jeta l'homme sur la terre, ni de quelle manière il le forma ; la science, si haute qu'elle soit, recule impuissante devant ce problème. Mais ayant découvert, par les inscriptions de Palenqué, la date probable de la fondation de ces temples et de l'ère civilisée chez ces peuples, cIVb pourrait remonter à une époque assez reculée dans les siècles, pour nous dire si ces premiers créateurs furent les descendants du vieur monde ou si elle a le droit de les déclarer autochthones.

Il nous reste à formuler sur ces ruines, un vœu quQ bien d'autres avant nous ont déjà fait. N'appartientil pas à une nation comme la nôtre, tète et lumière du monde, de s'emparer de ces monuments précieux,

de leur offrir dans nos musées la place que leur importance réclame? Cette absence de tout document sur les origines américaines forme une vaste lacune dans l'histoire de l'humanité ; c'est au gouvernement à la combler, et, s'il recule devant les frais immenses que comporterait le transport des originaux, n'a-t-il pas le moulage, si facile aujourd'hui avec le procédé de M. Lottin de Laval, et n'a-t-il pas des hommes pour l'exécuter?

L'Amérique a pris sur nous l'avance; à l'époque du voyage de Stephens, des Américains avaient déjà tenté cetle lourde entreprise; ils échouèrent devant la mauvaise volonté du gouvernement de Chiapas. Aujourd'hui, que nos armes victorieuses portent au Mexique les idées civilisatrices et le repos, aujourd'hui que l'influence française va soustraire ce beau pays à l'engloutissement de la civilisation américaine, ne serait-il point à propos de mêler quelques idées d'art et de science à la gloire de nos armes? Une note du gouvernement suffirait pour aplanir toute difficulté et pour doter la France de documents que jalousent l'Amérique et l'Angleterre.

Mes opérations terminées, et comprenant que, malgré mes efforts, je ne pourrais faire mieux , je mandai les Indiens pour enlever mes bagages ; ils partirent. J'avais vécu neuf jours dans les ruines.

Mon retour au village fut triste; j'avançais la tète

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