‹ Le Mexique: souvenirs et impressions de voyageChapitre 156 sur 185 · CHAPITRE XV. SAN CRISTOBAL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV. SAN CRISTOBAL

confesser deux personnes à la fois ; chacua des péni^ tenis parlait assez haut pour que je reûtendisse, seu* kment je ne comprenais point; mais quiconque d'entre eux se fût trouvé là^ ils n'auraient en rien modifié leur voix. — Il m*arrive assez souvent^ me disait le prêtre au sortir de son tribunal, il m'arrive assez souvent de confesser le mari et la femme, et comme mes admi<m«trés sont^ ainsi que toutes personnes au monde, tributaires de Tinconstance bumaine, femmes et maris avouent leurs fautes, où amants et maltresses jouent un grand rôle. Les deux coupables se lancent biea quelques regards furibonds^ au travers de mon grillage de bois; mais absolvant Tun et l'autre sur leur promesse de mieux faire, sans leur épargner une pénitence toujours exactement remplie^ les deux époi>x, réconciliés avant d'avoir vu la paix du ménage troublée, regagnent ensemble leur cabane. La confession $'est faite devant Dieu, Dieu a pardonné, tout ^t bien : mais si l'Indien surprenait sa femme ou qu'il fdt instruit de sa faute d'une autre manière, il la tuerait

C'est encore une conséquence du système de la réhabilitation. Ne partez pas encore, me disait le dominicain^ je vais procéder demain au mariage en sna^se de plus de vingt jeunes couples ; cela m'évite, ainsi qu'à eux, une perte de temps, et puis au lieu de vingt orgies^ nous n'en avons qu'une : c'est de la moralité.

Je m'aperçus que les Indiens de Citala regardaient

leur pasteur avec plus de respect que les Indiens des précédents villages; ils reconnaissaient en quelque sorte sa valeur, et c'était, en tout cas, un témoignage de reconnaissance pour les soins qu'il prenait d'eux; chaque soir ils venaient en longue file, les jeunes filles en tète, baiser ses mains et lui demander sa bénédiction ; les étrangers présents doivent accorder la même faveur et je m'empressai de le faire. J'avais donc passé en revue tout le personnel de Citala, et je n'avais point été séduit par les beautés de l'endroit; le padre, qui m'observait, me dit alors : a Avouez qu'il est facile de résister à la tentation. » Je m'inclinai; mais sans doute mon bote faisait exception à la règle, car la gouvernante^ est bien de la plus haute antiquité.

La route se poursuit mon tueuse et difficile jusqu'à Gankuk. Un ami du dominicain, en visite à la cure, me voulut prêter ses deux chevaux, de sorte que nous fîmes la traversée sans fatigue. A Gankuk, plus de chevaux ; mais le padre du lieu^ toujours aimable et charmant, mit à ma disposition quatre Indiens qui, meublés d'une chaise, devaient nous porter à Tenejapa, c'est-à-dire fournir une carrière de neuf lieues moyennant, je crois, 6 réaux par homme : l'Indien libre relayait son camarade fatigué. C'est un moyen de locomotion fort usité dans la montagne et qui n'a rien de bien attrayant; on éprouve, à monter sur cette béte humaine un sentiment désagréable, où se mêle un profond dégoût pour l'humiliation qu'on impose

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