‹ Le Mexique: souvenirs et impressions de voyageChapitre 158 sur 185 · CHAPITRE XV. — BAN CRISTOBAL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV. — BAN CRISTOBAL

«cquises, de premier docteur de San Grietobal il ea devint aussi le premier négociant.

lUvait visité les ruines de Palenqué ci n'ignorait rien des merveilleux monuments qui peuplent les déserts de Chiapas. Il me racontait, m'engàgeant à les visiter, que près d^Ocoeingo et de Gomitan, se trouvaient une foule d'édifices anciens, et des pyramides artifieielles d'une h&uteur prodigieuse.

Je répète, d'après lui, que ces pyramides peuvent atteindre jusqu'à huit cents pieds d'élévation ; qu'elles avaient été aifectées à la sépulture des éhefs et des grands, et qu'elles ne sont que d'immenses ossuaires. Chacune de ces pyramides est percée d'une multitude de puits profonds, hermétiquement fermés par des dalles cimentées; dans chacun de ces puits se trouve un squelette ayant entre ses jambes des urnes de terre cuite, rouge et d'une finesse extrême. Ces pote-^ ries, ornées de figures et de dessins de couleur noire> rappellent la forme des vases étrusques.

Que de découvertes à faire et que de précieux documents apparaîtront un jour! Un voyage i ces ruines était des plus attrayants, mais les ressourees commençaient à manquer^ il me devenait impossible de faire traite sur Mexico, seule ville où je pusse me procurer de l'argent ; les lettres n'arrivaient pas ou mettaient jusqu'à deux ou trois mois pour at^* teindre leur destination ; je fus même obligé de ven* dre divers objets, dont le prix devait me permettre^

je Fespérais du moins^ d^atteindre Oaxaca sans encombre. Je renonçai donc à Texcursion de Comitan: mon absence de Mexico durait depuis neuf mois et j'avais hâte de m'y rendre.

Le marché de San Gristobal est un des seuls au Mexique, offrant encore cette particularité, qui consiste à faire circuler les grains de cacao comme menue monnaie ; cela tient à l'absence de billon dans l'État. Je me suis souvent demandé ce que devenaient ces grains de cacao, après avoir passé dans des milliers de mains indiennes, presque toujours d'une saleté repoussante? Les livre-t-on de nouveau à la consommation? Et quels sont les malheureux condamnés à cette affreuse boisson ? Ne serait*il pas original de penser que nous le consommons nous-mêmes, et qu'ayant suffisamment roulés , on nous les expédie en masse? Ce marché n'est pas très-animé et les fruits, parmi lesquels on distingue quelques échantillons de nos produits d'Europe, sont petits et manquent de saveur. Les étroites boutiques qui bordent la place lui donnent un faux air du Temple et de ses environs. La cathédrale, qui se présente en profil, est pauvre et de mauvais goût.

Le clergé de Chiapas, si riche autrefois, s'est vuj dans ces derniers temps, dépouillé de ses maisons et de ses propriétés rurales, c'est dire que le gouvernement est libéral. Les couvents ont subi la même mesure et peuvent à peine nourrir quelques

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