CHAPITRE XVÎi.*— LE POPOCATEPETL, 41l
abrupt et glissant. Chaque pas en avant donne au panorama de la vallée une plus grande exteûsion, et dans les éclaîrcies du bois, Vo^il se repose ravi sur lèà sites les plus enchanteurs; la forêl se développé grande et majestueuse, nous croisons à chaque înstatit dès arbrefe d'un diamètre énorme et d'une hauteur gigantesque. Mais «le froid nous saisit, il nous fatlt mettre pied à terre poui* soulager liôs montures, dont le souffle bruyant annonce la fatigue et l'oppi^ession.
Nous atteignons alors un premier plateau que croise le sentier de Puebla. Cette î*oute est la même (Jue suivit Cortez dans sa marche de Chôlula sur Mexico, et nous croyons intéresser le lecteur en lui donnant la belle page que l'historien Prescott a consacrée à cet épisode de la vie du conquérant. La voici :
c( Les Espagnols défilèrent entre deux des plus hautes montagnes de TAmérique septentrionale, Popocatepetl, a la montagne qui fume, » et Iztàccihuatl, ou <( la femme blanche, y) nom suggéré sanè doute par Péclatant manteau de neige qui s'étend sur sa large surface accidentée. Une superstition puérile des Indiens avait déifié ces montagnes célèbres, et Iztaccihuatl était, à leurs yeux, Pépoùse de son voisin plus formidable. Une tradition d'Un ordre plus élevé tept-ésentait le volcan du nord conîme le séjour des inééhaflts chefs, qui, par les tortures qu'ils ëprou^ valent dans leur prison dé feu, occasionnaient ces
effroyables mugissements et ces convulsions terribles qui accompagnaient chaque éruption. C'était la fable classique de Uantiquité. Ces légendes superstitieuses avaient environné cette montagne d'une mystérieuse horreur^ qui empêchait les naturels d'en tenter l'ascension; c'était, il est vrai, à ne considérer que les obstacles naturels, une entreprise qui présentait d'immenses difficultés.
tic Le grand volcan^ c'est ainsi qu'on appelait le Popocatepetl, s'élevait à la hauteur prodigieuse de 17,8S2 pieds au-dessus du niveau de la mer, c'est-àdire à plus de 2,000 pieds au-dessus du ce monarque des montagnes, » la plus haute sommité de l'Europe. Ce mont a rarement, pendant le siècle actuel, donné signe de son origine volcanique, et la ce montagne qui fume » a presque perdu son titre à cette appellation. Mais à l'époque de la conquête, il était souvent en activité, et il déploya surtout ses fureurs dans le temps que les Espagnols étaient à Tlascala, ce qui fut considéré comme un sinistre présage pour les peuples de l'Ânahuac. Sa cime, façonnée en cône régulier par les dépôts des éruptions successives, affectait la forme ordinaire des montagnes volcaniques, lorsqu'elle n'est point altérée par l'affaissement intérieur du cratère. S'élevant dans la région des nuages, avec son enveloppe de neiges étemelles, on l'apercevait au loin de tous les points des vastes plaines de Mexico et de Puebla ; c'était le premier objet que salu4^ 1§ ^1^