‹ Le Mexique: souvenirs et impressions de voyageChapitre 20 sur 185 · COUTUMES · texte numérisé non relu

COUTUMES

Le pèupU à Mexico.— Les IndUns.— Lm palqnerlM«<^Iiet «BtèifemMli

d'enfants.— Le clergé.— Les voleurs de grands chemins.— Utilité d*un rabat.-^Mexico et ses monuments.— Lft banlieue.— Les ruinée de TlAlmftr naloo.

Le peuple de Mexico est composé de métis de toutes les teintes, et de quelques Indiens fournissant au commerce les domestiques mâles ou femelles, les carga" dores et les porteurs d^eau. Dans les faubourgs, c'est une fourmilière de femmes et d'enfants en çuenilles, d'ignobles bouges d'où s'échappent des odeurs méphitiques. Tous ces êtres, rongés de vermine, les cheveux épars, ne présentent que l'aspect d'une population étiolée par le mauvais air, la mauvaise nourriture et la débauche. Souvent, sur la porte des masures, une femme accroupie tient entre ses genoux la tête d'un enfant; elle semble s'efforcer, mais en vain, d'arrêter la fécondité de la population parasite qui le dévore ; quelquefois c'est un hciirenx soldat qui jouît de ce

doux privilège. En vérité, cela rappelle les singes du Jardin des Plantes.

Les barrios ou faubourgs sont des quartiers qu'un étranger, la nuit venue, ne peut parcourir sans danger. Les habitants nous portent une haine féroce, en grande partie inspirée, il faut bien le dire, par les prédications du clergé.

A leurs yeux, nous ne sommes que des heregesy hérétiques sans foi ni loi : notre présence n^est pour la république qu'un sujet de troubles, de discordes et de malheurs mérités : nous modifions leurs habitudes^ nous rions de leurs cérémonies religieuses, nous bafouons leurs ministres ; c'en est assez, malgré la fausseté d'une accusation si absolue et si générale, pour attirer sur nous les poignards.

Le jour, les pulquerias ou débits de pulque, liqueur liréedu maguey, espèce de boisson épaisse, blanchâtre et fort vineuse, ne cessent de verser au métis comme à l'Jndien une ivresse abrutissante. Vous les voyez alors se, traîner, l'œil mort, la bouche bavante, murmurant des paroles incompréhensibles; d'autres se précipitent sous l'impulsion d'une folie furieuse, etd'autres, roulés dans la fange, offrent au passant le plus déplorable des spectacles.

. Cette population des faubourgs est en même temps le réservoir où vient puiser chaque parti pour s'en faire de vaillants soldats. C'est la chair à pâté de l'armée^ et telle est la soumission ou l'abrutissement de

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