‹ Le Mexique: souvenirs et impressions de voyageChapitre 25 sur 185 · CHAPITRE m, •^COUTUMES · texte numérisé non relu

CHAPITRE m, •^COUTUMES

Pendant une longue période, les peuples nomades venant du Nord, se pressent, se succèdent et se mêlent sur ce terrain si souvent disputé, jusqu'à ce que Tavant-garde des hordes mexicaines accueillies par Jolotl, roi des Ghichimèques, obtint la permission de s'établir à Chapultepec.

Depuis la fondation définitive de Mexico, Chapultepec s'est converti en un lieu de pèlerinage. Plus tard, la dévotion populaire se refroidissant^ les rois astèques en firent un musée historique, et ses rocs fureut destinés à transmettre à la postérité la physionomie des grands souverains du Mexique.

Axayacatl, suivant Tezozomoc, fit placer sa statue sur un rocher de la colline, et le P. Acosta prétend avoir vu de beaux portraits en bas-relief, de Monté* mma II et de ses fils, sur pierre vive.

Au temps de Montézuma II, Chapultepec devint ré* aidence impériale.

Le ch&teau moderne élevé par les soins du vioe<-roi Mathias de Gai ves,. s'est transformé, en 1841, en école militaire, et dernièrement Miramon, après l'avoir res* taure, en avait fait sa résidence.

Mais revenons à Mexico.

Sur la place de la Douane, place toujours encombrée d'attelages de mules et de chariots vides, se trouve le couvent de Santo Domingo, bien déchu de son ancienne splendeur. U sert, en temps de guerre civile, de forteresse aux prononi^és qui, du haut des

clochers, fusillent à leur aise leurs ennemis logés sur les azoteas des maisons, ou sur les tours des cou* vents voisins. A défaut, l'on choisit pour point de mire le piéton hasardeux que la nécessité chasse de son logis, l'étranger surtout quand on le reconnaît au loin.

Aussi le cloître de Santo Domingo ne présente plus que l'aspect de la désolation. Les tableaux qui ornaient les galeries sont à moitié crevés, et les murailles sont noires de la fumée des camps. Les beaux jours de Santo Domingo remontent à l'inquisition, dont il fut le siège. Les annales font remonter à l'an 1646 les fêtes qui célébrèrent le premier autoda-fé de Mexico. Quarante-huit personnes succombèrent à l'inauguration du terrible tribunal dont les décrets s'exécutèrent jusqu'au commencement du siècle.

Autre chose est le couvent de San Francisco. Placé entre la rue du même nom, celle San Juan de Letran et Zuletta, il couvrait une superficie de près de soixante mille mètres carrés. Coupé de cloîtres magnifiques, de cours et de jardins, c'était, à notre avis, le plus considérable et le plus riche de Mexico.

Deux églises, dont les intérieurs sont couverts de gigantesques autels de bois sculpté et doré, trois chapelles délicieuses, des cloîtres couverts de tableaux, en faisaient un monument des plus remar^ quables; mais la politique a renversé le couvent,

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