CHAPITRE X.^ GHIGHEN^ITZA
Boleil dorait la oime des arbres, le bois retentit des cris perçants des chachalacas , du babillage infernal des perruches et des sifflements aigus du geài blêtt } quelques lapins fuyaient sous les épines et des voléen de cailles croisaient la route. Tout ce gracieux petit monde saluait le jour et lui souhaitait la bienvenue. La çhachalaca^ dont j'ignore le nom savant et dont Tappellation indienne n'est qu'une heureuse onoma<topée, est une espèce de gallinaeée & chair dure et coriace. J'en tuai deux, mais elles étaient immangeê* blés; peut-être n*ëtaient-ellea plus de la première jeunesse. J'eus cependant occasion d'essayer d*en manger d'autres par la suite et toujours avec le même insuccès.
A quelques lieues de Mérida, je vis passer une once ; mais j'eus & peine le temps de mettre en jouci elle avait disparu ; le domestique, pas plus que leii mules, n'avalent paru effrayés. Mais le bruit cesse comme il a commencé; ce charmant tapage s'én^* Y(de avec la fraîcheur ; le soleil se montre, tout se tait. A dix heures, un silence absolu règne dans \t monte (le bols). Après un repos de quelques heures donné aux mules, nous reprenions la route d'Izatnal ; il était cinq heures quand nous y arrivâmes.
Le correspondant de la poste fut assez aimable pour m'offrir l'hospitalité, et le matin, de bonne heure, je me rendis chez D. Agustin Acereto, afin de lui demander les lettres qu'il m'avait promises. Il
me les fit donner^ me recommandant de me hâter le plus possible et de rester à Ghichen-Itza le moins longtemps que je pourrais , les circonstances ne lui permettant de répondre de rien. Je lui fis mes adieux et je partis. Mais au moment de monter en calezay^e m'aperçus avec épouvante que le devant de ma chambre noire était entièrement défoncé; je m^empressai de délier les bagages afin de mieux constater le désastre; il me parut irréparable, et je m'abandonnai à un dépit bien naturel en pensant quMl me faudrait retourner à Mérida pour faire réparer ma caisse. Mon hôte, heureusement, vint adoucir mes regrets, en m'assurant qu'un de ses amis, menuisier à Izamal^ se ferait fort de réparer le précieux objet. La glace dépolie, fort heureusement, n'était point cassée, et je n'ai jamais compris comment elle a pu résister pendant tous mes voyages.
Je fis immédiatement porter la chambre noire chez l'individu en question, qui me la promit pour le soir même* Il tint parole. La caisse était tant bien que mal réparée; en somme, elle pouvait servir. Je me réservais de la faire mettre complètement à neuf à mon retour à Mérida.
Ce ne fut, après tout, qu'une journée de perdue. Je la passai visitant la petite ville, les pyramides qu'elle renferme, causant avec les habitants, cherchant des légendes et des traditions. Ce fut peine perdue ; je les trouvai d'une ignorance crasse, et, malgré toute ma