PRÉFACE
J'ai commence la publication de mon voyage autour du 'monde par un volume qui a pour objet principal les États-Unis,
Le titre de mon ouvrage, Souvenirs d'un Voyageur, indiquait mon but, qui était simplement de faire le récit de ce qui, pendant mon séjour, avait le plus frappé mon attention, de dire les impressions que j'en avais conservées , laissant à mes lecteurs le soin de juger l'intérêt de l'un et la justesse des autres, sans m'inquiéier si mes observations s'accordaient
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ou non avec les systèmes et les opinions
d'autres auteurs.
Je n'ai eu que le désir d'offrir au public une esquisse aussi exacte que possible de ce que j'ai cru remarquer, sans le fatiguer par la reproduction de matières déjà traitées à satiété, sans chercher non plus uniquement à l'amuser par le tableau des travers de la société américaine.
Les mêmes sentiments m'ont guidé dans la rédaction de ce nouveau volume.
J'y décris mon séjour au Mexique , les impressions qu'il m'a laissées, mes découvertes, quand je crois en avoir fait; j'y consigne mes réflexions sur l'état politique de
la contrée, autant que le sujet l'exige.
Mon objet principal sont les mœurs. J'ai été aussi sincère que dans ma publication précédente, aussi sévère peut-être, mais par un motif différent.
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Aux Élats-Unis, les habitudes vulgaires de la masse, la vanité dans toutes les classes, mais surtout le despotisme de quinze millions de petits monarques (je n'oserais compter les deux millions de noirs), repoussent l'Européen et le rendent insensible au mérite de cette nation énergique, intelligente et laborieuse.
Au Mexique, c'est la dépravation d'une nation entière qui irrite , c'est le déchaînement complet d'hommes incapables de se gouverner qui effraye.
Mais on ne se sent point blessé , comme chez l'Américain , par le manque d'âme et ^ de sentiment.
On regrette, on déplore de voir dans ce pays, orné des dons les plus précieux de la nature , des hommes , dont l'âme est susceptible de sentiments nobles et généreu;!^, plongés dans le gouffre de l'ignorance et de
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Pimmoralité , maîtres absolus de suivre la voie de leurs penchants vicieux, de leurs mœurs dissolues.
En traçant le portrait de PAnglo-Américain, on s'efforce d'opposer aux partisans de belles théories, l'effet de leur application. Dans la tâche pénible de peindre le Mexicain, on espère, on se flatte d'attirer l'attention sur des hommes que l'on a trop abandonnés à leurs passions.
C'est l'Europe qui, s'appesantissant sur ce pays dans les siècles où régnait la loi du plus fort , y apporta les germes de ses maux 1 actuels.
C'est l'Europe seule qui peut, qui doit intervenir pour faire cesser un état déplorable , contraire à l'esprit d'une époque éclairée , où le bonheur du monde est le vœu des souverains et des peuples.
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