LE M
Je me rappelle avec ges , remplies de ces oi ques dont rien ne saura mage, ces insectes lu papillons aux couleurs
Mon imagination m( cette nature si riche , si dre , ces arbres enlacé( rasites, ces prairies co verdure, émaillées de fl( connues k l'Européen.
Je crois voir ces In vêtement une ceinture ( étendu dans son hamac près du simple toit qui
Je pense aujourd'hui dangers que présentait de ces fleuves si nombi
Tel est le voyageur, les peines, les dangers, rencontrer encore; et dans les souvenirs de le
Le capitaine du navi
quitter cette côte ayant , par un de ces hasards dont on verra par la stiite la funeste conséqueùce, reculé son départ, je dus 91'installer k Mazatlan.
J'étais descendu dans l'humble demeure d'une pauvre famille mexicaine > à cinquante pas seulement du rivage de la mer^ préférant cette fois mon indépendance aux ofites amicales d'une connaissance . de la capitale , M. Scarborough , qui , malgré mon refiiB de me loger dans sa maison > ne cessa , ainsi que ses deux associés , messieurs Parrot et Talhot, dé Ine prodiguer pendant tout mon séjour l'accueil le plus hospitaher et les soins les plus empressés.
Mon habitation n'était rien moins qu'attrayante. C'était une cabane de paysan, et ma chambre , grand galetas où on entrait de plain-pied, était de suite, si je laissais la porte ouverte, envahie par les divers habitants de la basse-cour. Le perjuicio y était innombrable , surtout cette espèce de saltimbanques qui ont fourni à un poëte aussi spiri-
LE MEXIQUE. tâa
tuel qu'erotique le sujet d'un de ses contes , mais que dans la science un dictionnaire d'histoire naturelle a seul le droit de nommer.
Pendant le jour j c'étaient dès millions de fourmis , et dans la nuit nombre de crabes qui , sortant de la mer , entraient par les crevasses du mur et se promenaient sur le sot humide qui formait- le plancher de ma cabane. Une simple cloison me séparait de la chambre de mes hôtes , qui servait en même temps de salle à manger à certains convives quadrupèdes, et dans mon vestibule couchaient pêle-mêle les domestiques des deux sexes.
Ce fut a Mazatlan que je reçus les détails sur l'affaire d'Urrea. Comme de coutume, l'éloignement avait grossi cette puérile entreprise , qui cependant peint si bien l'état actuel de la république.
Le général Urrea est fils d'un officier supérieur , qui 9 à l'exemple de ses collègues , était parvenu , au moyen d'entreprises commer-
ciales et de fournitures , à une fortune considérable.
Héritier de l'esprit spéculatif de son père ,
Urrea entreprit de rançonner les habitants du port de Mazatlan , ce qui lui réussit si bien cette première fois qu'il put mettre la somme de 50,000 pesos (275,000 fr. ) en sûreté aux États-Unis de l'Amérique .
Devenu par la suite • maître du port de Guaymas , dans la Californie , à l'aide d'un autre pronunciamiento dans l'esprit fédéraliste, le souvenir si doux de Mazatlan se retrace a sa mémoire , et il part à la tête de 80 Indiens indisciplinés , qu'il embarque sur deux navires , pour conquérir une autre fois cet Eldorado ,
11 y débarque en vainqueur , et est reçu avec acclamation par la populace et les leperos qui infestent cette ville , et avec stupeur par les négociants, qui sont trop pusillanimes pour opposer la moindre -résistance à cette chétive force. Les matadores prennent dont la fuite ainsi que les employés du gouvernement.
Urrea est maître absolu , il rétablit le gou- Ternement fédéraliste , mais commence son règne en bon centraliste pour sa bourse.
Qu'y oserait s'y opposer? dans ce gouvernement libéral le militaire domine. Urrea taxe en financier consommé , classe en politique habile. Quiconque est riche, indigène ou étranger , est pour lui du parti opposé.
Tout allait a merveille , quand le destin jaloux conduit au port de Mazatlan une corvette américaine de ^ canons.
Le commandant , homme plein d'énergie , prend ses compatriotes sous sa protection.
Une garde de marines s'établit au consulat américain. Allemands, Anglais, se placent sous les stripes and stars ^ de l'Union. Les malheureux Mexicains accourent; mais ils restent sous la dent du loup. Les étrangers seuls y échappent.
Urrea, désappointe, trouve prudent de continuer son lucratif métier hors de la por-
^ Stripes and stars ^ le pavillon des États-Unis, composé de raies ei d'étoiles.
tée des canons de la conrette. 11 se contente du butin fait sur ses compatriotes ; il quitte Mazatlan , douze jours après son entrée , y laissant la moitié de sa troupe en garnison , et se dirige vers l'intérieur ayec le reste , renforcé de tous les leperoi de la ville^, toujours prêts à endosser le mousquet quand il s'agit de semblables expéditions.
L'armée fédérale , forte de 426 hommes ei d'un parc d'artille rie composé d'un seul canon, part donc accompagnée des cris de / viva la federacion ! viva Vrrea!
Celui-ci , en second Gortès , s'avance k la conquête de l'empire mexicain j son plan de campagne est tout tracé. Un coup de mûn va faire tomber Tépic en son pouvoir ; sa population , d'un esprit fédéraliste , s'unit de suite à son libérateur. Il s'empare en passant de Guadalaxara et des autres villes sur la l^oute delà capitale, où le grand Urréa se fait élire président , ou mieux encore. On ne s'inquiète d'aucun obstacle , on ne s'occupe ni du vaillant Parédés , ni du puissant Cortazar ;
ils n'oseront s'opposer au héros , et s'ils le font, sa gloirle augmente par leur défaite.
Urrea et sa troiipe txe songent donc pcmit à ces célébrités^ et encore moins qu'il existe au Rosario un vieux g^^néral en retraite , assez téméraire pour vouloir s'opposer au progrès du nouveau conquistador.
En etktj Âlcorte, sur la nouvelle dudébar* quement d'Urrea, avait rassemblé, quelques troupes qu'était venus renforcer d'autres soldats arrivés de Tepic par la voie de communication que forment les fleuves de San Piedro et d'Âcaponeta ; il se trouva donc à la tête de 80 hommes , mais dépourvu d'artillerie et de cavalerie ; lui-même , manquant de cheval, est obligé de comoàtander sa petite armée, monté sur un vieux mcicho (mulet).
Arrivé à quatre ieguas seulement du Ro* sario , il rencontre les troupes d'Urrea mar*^ chant dans le plus beau désordre vers la gloire et les pesos , et ne se doutant de rien moins que de la rencontre d'Alcorte et de son
La surprise fut donc complète pour nos preux de Guaymas et de Mazatlan.
L'avant-garde se replie sur le centre , celuici se refoule sur barrière-garde , qui enfin entraîne tout le reste dans cette manœuvre si prudente et accélérée , qui s'exécute parfois dans les guerres sans cependant que la mesure du pas qu'on y emploie , se trouve désignée dans un ouvrage de tactique .
Mais, quelle que fut l'agilité que déployèrent les troupes d'Urrea , elles laissèrent cependant quatre hommes sur la place , tandis que les vainqueurs n'ont qu'un seul homme de blessé.
Le canon , qui n'avait pas tiré un seul coup, est pris et reconduit en triomphe à Mazatlan , oîi le vieux général entre en vainqueur, aux cris de jViva el supremo Gobiemo! viva Alcorte! Un ivrogne qui se trompe et crie ; jViva la federacion! est assommé sur-le-^champ.
Tout rentre dans l'ordre; les marines retournent sur la corvette , les Anglais et autres étrangers reprennent leurs petites haines en-
tre eux et redoublent celle contre les Américains et le bon Parrot, le consul des États- Unis , furieux d'avoir eu recours à sa protection .
Les employés de la douane et tous les autres fuyards reviennent accueillis en patriotes ; ceux qui se sont compromis s'enfuient a leur tour.
Et Urrea?De retour a Mazatlan le lendemain de sa défaite , il veut regagner ses deux navires j mais le capitaine de la corvette exige qu'ils soient désarmés auparavant , s'il ne veut les voir traiter en pirates. Urrea s'y refuse et préfère se jeter dans les montagnes nommées la Sierra Madré , entre la côte et Durango , accompagné seulement de douze de ses compagnons d'armes. Quoi qu'il en soit, il déjeuna de bon appétit , se consolant en fataliste de ses revers. « Qu'y faire? dit-il, si mes soldats n'ont pas voulu se battre? » Puis il part à trois heures de Mazatlan , le lendemain de sa défaite, suivi de près par Âlcorte , qui y entre le même soir à sept heures \ abandonnant
ses deux navires à leur sort , dont l'un qui jeta ses canons à la mer, put quitter le port; mais l'autre, malgré l'ordre qu'il avait reçu , voulant rester armé , fut pris par le capitaine de la corvette, et livré au gouvernement mexicain , qui. . . . s'empressa d'en remettre le capitaine et l'équipage en liberté!
Telle fut la fin de cette grande entreprise , grâce au bon sens et à l'esprit militaire de l'oflBicier expérimenté qui commandait la corvette américaine , et au dévouement patriotique d'un vieux soldat.
Quelle aura été la récompensé d'Àlcorte ?
Je l'ignore.
Quant au brave capitaine Clack , il fîit en butte aux critiques amères de ses propres compatriotes et des autres étrangers établis k Mazatlan , qu'il avait seul sauvés du pillage. Ils ne lui pardonnaient poinf; l'énergie qu'il avait déployée pour le maintien de l'ordre , et la sévérité qu'il avait montrée vis-k-vis d'une insurrection !
Peu de jours suffirent pour faire rentrer
LE MEXIQUE. kSi
lout dans l'ancien ordre de choses , et rien à Mazatlan n'aurait fait juger que cette ville avait été peu auparavant la scène des événements politiques que je viens de retracer, tant de semblables scènes sont devenues familières aux habitants de cette contrée.
tôâ LE MEXIQUE.
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