‹ Le microbe de l'ostéomyélite aiguë: démonstration expérimentale de la présence dans les foyers de l'ostéomyélite prolongée et dans quelques abcès chaudsChapitre 9 sur 18 · EXPÉRIENCES AVEC LE PUS D'UN ABCES CHAUD DU SEIN · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES AVEC LE PUS D'UN ABCES CHAUD DU SEIN

Le 10 avril, je recueille, dans des tubes stérilisés, du pus d’un abéès chaud du sein. Il vient d’une femme de vingt-neuf ans, qui, mariée à dix-neuf ans, a eu quatre enfants. Grossesses et accouchements se sont passés d'une façon très simple. Elle à nourri elle-même ses quatre enfants. Le dernier a dix-sept mois. Depuis deux mois environ, la malade s’apercevait de douleurs dans le sein gauche, au moment de la succion ; bientôt apparut une tuméfaction, et l’allaitement dut être supprimé de ce côté, en raison des vives douleurs qu'il produisait; malgré cela, la tumeur ne fit qu'augmenter, et aujourd'hui on constate un vaste abcès chaud de la mamelle gauche.

L'examen microscopique du pus révèle, outre les éléments figurés de la suppuration, de fines granulations et des corpuscules arrondis, qui sont peut-être des microbes.Avec cepus, on fait : 1° une culture sur pommede terre ; 2° une culture dans bouillon de veau; 3° une injection intra-veineuse d’un quart de la seringue de Pravaz à un lapin jeune. Ge lapin a résisté, et deux mois après, 1l servait à d’autres expériences.

Le 14 avril, la culture sur pomme de terre a donné une végétation orangée, entièrement semblable à celle du microbe de l’ostéomyélite.

L'examen microscopique des cultures faites sur pomme de terre et dans du bouillon de veau montre une foule de microcoques soit simples, soit accouplés en diplocoques, soit réunis en grappes.

Le jour même de cet examen, le 16 avril, injection intra-veimeuse, dans la veine jugulaire d’un jeune lapin, d’une demi-serimgue d’une dilution dans de l’eau distillée stérilisée de la végétation orangée.

Ce lapin meurt le quatrième jour après l'injection, le 20 avril. L’autopsie est faite immédiatement : après le dépouillement de l'enveloppe cutanée, les muscles apparaissent tachés cà et là de plaques blanches diffuses et de points plus limités, arrondis, saillants comme des têtes d’épingle. Le cœur, le foie, les reins sont farcis d’abcès. Les articulations et surtout les articulations scapulo-humérales et celles du genou sont remplies de pus. Dans les régions juxta-épiphysaires voisines de ces articulations, on trouve des séquestres à côté de points raréfiés et de petits abcès périostiques. Enfin, il existe un abcès au cou, au point de l’inoculation.

À mesure que les viscères sont examinés et les articulations ouvertes, on recueille du pus en se mettant à l'abri de toute contamination extérieure, et on fait des cultures dans des bouillons de veau. Du pus des jointures est cultivé sur une pomme de terre.

Le 22 avril, toutes ces cultures sont absolument semblables, aussi bien les cultures du pus des jointures que celles du rein et du foie ; toutes contiennent le microbe qui a produit la végétation orangée mère, et ce même microbe s’est présenté dans toutes les générations SUCCESSIVES.

Ces cultures ont été expérimentées isolément.

Le 25 avril, avec la culture provenant des abcès du rein, injection sous-cutanée d'une demi-sermgue à la racine de la cuisse droite d’un jeune lapin. Celui-ci meurt le dixième jour après l'injection, le 2 mai, porteur d’un vaste phlegmon, qui s'étend depuis l’articulation du genou jusqu'au rebord des fausses côtes. L'abcès s’est étendu rapidement sous nos yeux, après s'être annoncé le lendemain de l'injection par un empâtement du point Imoculé. Il n’y a rien dans les os ni les articulations.

Le pus du phlegmon sert à faire :

1° Deux cultures sur pomme de terre ;

2° Deux cultures dans du bouillon de veau.

Les pommes de terre ont présenté chacune une maonifique végétation orangée, et les bouillons une foule de microcoques en points, en huit, en grappes.

De son côté, la culture sur pomme de terre, faite le 20 avril avec le pus recueilli dans les articulations du lapin mort ce jour-là, a produit une végétation,

ÉTRRE blanche cette fois, à peu près circulaire, légérement saillante, et large d’un demi-centimètre de diamètre.

Examen microscopique de cette végétation le 28 avril, même microbe que le microbe imitial.

Le même jour, injection intra-veineuse à un lapin jeune de trois gouttes de cette culture diluée. Neuf jours après, le T mai, le lapin qui était allé en s’amaierissant de plus en plus, est couché sur le côté gauche, il paraît paraplégique et ne bouge que les membres antérieurs, lorsqu'on le suspend par les oreilles et qu'on l’excite. Si on le couche, il cherche à se relever, mais avec les membres antérieurs seulement. Le lendemain, il succombe et l’autopsie est faite.

De petites saillies blanches, arrondies, sont répandues dans quelques muscles superficiels. Le biceps, les jumeaux contiennent de véritables collections purulentes. Les articulations des genoux sont suppurées, Îles régions juxta-épiphysaires fortement vascularisées et raréfiées, les épiphyses se décollent facilement. Pas de séquestres appréciables. Abcès dans les reins, dans le myocarde et le foie.

Des cultures dans bouillon sont faites avec du pus de ces différents abcès : elles ont montré le même microcoque toujours identique au premier, et cela dans toutes leurs générations.

Enfin, les cultures du pus recueilli dans le biceps du lapin du 8 mai ont été injectées sous la peau de lapins qui avaient déjà supporté sans cffet des cultures de streptococcus d'un érysipèle. Ces injections sous-cutanées ont déterminé des lésions curieuses.

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