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CHAPITRE IX

Sommaire : Microbes virulents. — Moyens d'atténuation. — Influence de la qualité et de la quantité. — Action de l'oxygène, de la chaleur, de la lumière solaire, des antiseptiques. — Intervention de la nature et des qualités particulières de l'animal inoculé. — Multiplicité des causes qui font varier la virulence. — Cbangements amenés par la maladie dans l'animal et dans le microbe. — Extension de la signification du mot virulence.

. Plus nous avons étudié les maladies virulentes les plus anciennement connues, plus nous avons vu l'obscurité s'épaissir autour d'elles. Gomment eût-il pu en être autrement? Tout était déjà obscur dans leur origine et dans leurs causes. Gomment, sous quelle forme se représenter un virus? Où trouver des analogies pour sa fonction, sinon en lui-même, et comment le définir, sinon par lui-même? Aussi la vaccine était-elle restée la vaccine, c'est-à-dire un fait isolé, sans analogue, défiant toute comparaison, et ayant même défié jusqu'ici toute étude.

Le voile, un peu aminci par les travaux de M. Ghauveau, a commencé à disparaître le jour où M. Pasteur a montré dans le choléra des poules, dans le charbon, des maladies à microbes et qui ne récidivaient pas. Ici, le virus n'était pas ce quelque chose d'inconnu et d'in-

m LE MICROBE ET Ll MALADIE.

saisissable, qui sortait d'un être vivant pour aller sur un autre commencer son évolution merveilleuse, qui nous apparaissait toujours en transit. C'était un être vivant, cultivable en dehors de l'organisme, dont on pouvait étudier les propriétés, et sur lequel on pouvait faire fond pour un raisonnement, à la condition de le bien connaître, car un être vivant a des lois immuables auxquelles il ne saurait se soustraire, à moins de cesser d'être vivant.

Nous connaissons quelques-unes de ces lois et iious les avons appliquées à l'étude des conditions d'implantation de ces microbes dans l'organisme. Notre conclusion à ce sujet peut se. résumer en deux mots. L'implantation du microbe dans un liquide inerte dépend d'influences d'un degré de petitesse qui échappe à toute mesure. Son implantation dans l'organisme, où il rencontre en outre la concurrence des cellules normales, dépend d'influences très petites par rapport aux premières, et dont quelques-unes, tout en restant saisissables quant à leurs effets, peuvent, en ce qui regarde leur cause, être placées hors de la limite de nos investigations. Voilà l'idée mère dont nous allons faire sortir toutes nos déductions. Commençons par celle qui ressort le plus naturellement de cette idée de lutte entre le microbe et l'animal, sur laquelle nous avons tant insisté.

Nous pouvons, en effet, puisqu'il s'agit seulement de modifications minimes à produire, essayer d'intervenir dans cette lutte entre le microbe et l'organisme, et de faire pencher la balance d'un côté ou de l'autre, soit en affaiblissant l'animal envahi et surexcitant l'activité vitale du parasite, soit en faisant l'inverse et atté-

ATTÉNUATION DES VIRUS. lo7

nuant, au profit de l'animal supérieur, la puissance redoutable de l'infiniment petit.

Cherchons d'abord dans cette dernière voie. Voici

Fig. -12.

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