ACTION L)U MERCURE SUR LE TRÉPONÈME
c’est sur ce point qu’existent les différences de vues auxquelles nous faisions allusion tout a I heure.
Les données que l’on peut recueillir a ce sujet sont de deux ordres. Les unes sont fournies par des observations de malades en cours de traitement , dans les
lésions desquels la recherche du treponeme a été laite une seule fois, et ceci parce que le but poursuivi étaitsimplement de savoir si le microorganisme de Schaudinn était présent ou non, et nullement — ou seulement de manière accessoire — quelle action exerçait sur fui le mercure. En d’autres termes, tel auteur étudie les lésions d’une série de syphilitiques au point de vue de l’existence du tréponème et publie ses résultats avec observations des malades. Il se trouve (pie parmi ces derniers un certain nombre sont signales comme étant en cours de traitement et les autres non, INous ne nous occupons que des premiers, principalement de ceux qui étaient soumis, depuis quelque temps déjà, à l’action du mercure, au moment où furent examinées leurs lésions, et notons le résultat de
cet examen.
Or, dans ces conditions, s il est vrai que le nombie des résultats négatifs ait été grand, celui des constatations positives reste encore, meme par comparaison, remarquablement éleve. Voici, a ce sujet, quelques exemples. Le tréponème a ete trouvé, par Bi Ônnum (83), dans les chancres de deux malades, dont l’un avait déjà eu douze frictions mercurielles et l’autre dix; par Courtellemont, dans les plaques muqueuses d’un syphilitique soumis depuis un mois à l’ingestion quotidienne de trois pilules de 5 cenligr. de protoiodure d’hydrargyre et de a gr. d’iodure de potas-
sium; par Dreyer et Tœpel, dans l’urine d’un néphrilique, après une injection mercurielle et plusieurs frictions; par Flügel, dans une papule lenticulaire de la paroi abdominale, après injection de 10 centigr. de salicylale d’hydrargyre ; par Galli-Valerio et Lassueur, en grande abondance, dans une papule érosive en voie de guérison, après injection de 20 centigr. de sublimé en sept piqûres; par Spitzer (559), chez de nombreux malades en cours de traitement et en particulier à l’ancienne place d’un chancre guéri, rouvert par un coït, chez un homme ayant terminé un mois auparavant une cure de seize injections de succinimide mercurique; par Levadili et Sauvage [cf. aussi in Levaditi (333)] , dans les lésions viscérales et cutanées d’un enfant de trois mois né d’une mère ayant été soumise au traitement (biiodure d’hydragyre et iodure de potassium) depuis le deuxième mois jusqu’à la fin de sa grossesse, etc.
La seconde catégorie de données pouvant contribuer à éclaircir le problème qui nous intéresse est représentée
par des observations où l’on voit les lésions d’un même malade examinées d’abord avant le début du traitement, puis, à plusieurs reprises, à intervalles aussi réguliers que possible, au cours de ce dernier. Les observations appartenant à ce groupe donnent des résultats plus constants que celles de la catégorie précédente, et cela dans le sens d’une action positive très nette du mercure sur le tréponème. Nous avons été, croyons- nous , le premier à entreprendre des recherches dans celte voie, et demandons à rappeler brièvement ici les conditions dans lesquelles nous nous étions placé et les résultats que nous avons constatés [Lévy-Bing (345)].