ACTION DU MERCURE SUR LE TRÉPONÈME
Nous avons choisi une sérié de six malades, toutes des femmes, atteintes d’accidents syphilitiques secondaires de la vulve très contagieux et n ayant jamais été traitées. Nous avons fait avant et pendant le traitement, à intervalles réguliers, des frottis avec de la sérosité recueillie sur les lésions, et dans les six cas sommes arrivé à cette conclusion que, sous l’influence du mercure, les tréponèmes et les spirochètes disparaissaient peu à peu des lésions, celles-ci moins rapidement que ceux-là.
Pour cinq malades, le traitement a consisté en injections intra- musculaires d’huile grise, à la dose de 7 à 8 centigr. d’Hg tous les six ou sept jours; la sixième malade a reçu des injections de hiiodure d Hg en solution aqueuse à la dose quotidienne de 2 centigr.
Nous avons constaté que le mercure exerce sur le tréponème une action véritablement spécifique et très rapide. Chez une malade non traitée, on trouve, en effet, dans les préparations, de très nombreux tréponèmes; six à sept jours apres la première injection d’huile grise, ils deviennent déjà plus rares, une semaine après la deuxième injection, ils ont, en général, presque complètement disparu, alors que les Sp. refnngens , quoique très diminués, sont encore nombreux.
Et il nous paraît bien que c est sous 1 influence du mercure , et du mercure seul , que le tréponème disparaît si rapidement, et non sous l’influence d’un processus naturel de guérison: d abord parce que les lésions où nous ne retrouvions plus de treponemes étaient loin d’être guéries, beaucoup étaient encore erosives et suintantes; ensuite parce que d’autres malades, choisies par nous avec des accidents contagieux à peu près sem-
blables, mais non soumises au traitement mercuriel, examinées régulièrement pendant tout ce temps, continuaient à montrer, dans les préparations, le même nombre de tréponèmes et de spirochètes.
Des résultats cpie nous avons ainsi obtenus se rapprochent beaucoup ceux de Joanilescu et Galasescu. Ces observateurs ont étudié l’action, sur deux cas de chancre et six cas de syphilidcs papuleuses ou érosives, des injections de sublimé, laites par série de huit, à raison d’une injection de 3 centigr. tous les trois jours. Dans les huit observations, les injections furent suivies d’une diminution rapide du nombre des tréponèmes. Dans les trois premières, les examens microscopiques ne furent pas assez souvent répétés pour avoir permis de constater la disparition complète des parasites ; mais, dans les cinq dernières, cette disparition fut constatée soit après la quatrième, soit après la cinquième injection.
Encore un exemple : Kowalewski trouve de nombreux tréponèmes dans un chancre de la paupière. Après la troisième injection, il lui est impossible d’en trouver un seul sur seize préparations; même résultat négatif dans un examen pratiqué après la sixième injection. D’autres auteurs ont encore rapporté des faits du même genre [ Pollio et Fontana, Moncorvo (39o); Wechselmann et Lœwenthal (6o4)], mais moins frappants que les précédents.
Nous n’avons parlé jusqu’ici de l'influence du mercure que sur l’existence même du tréponème. En exerce- 1- il une également sur sa morphologie? Hoffmann (245), chez un malade infecté depuis huit mois et ayant eu deux cures mercurielles, a observé des