‹ Le microscope et ses applications a l'étude des végétaux et des animauxChapitre 11 sur 36 · MONTAGE DES PRÉPARATIONS · texte numérisé non relu

MONTAGE DES PRÉPARATIONS

Un mot maintenant sur la façon de monter les préparations que l'on veut observer, qu'elles soient externporanées, c'est-à-dire destinées à être jetées ensuite, ou définitives et destinées à être gardées.

1° Préparations extemporanées, — La préparation, qui peut être excessivement simple et n'avoir nécessité l'emploi d'aucun réactif, doit être examinée (sauf de rares exceptions) non à sec, mais baignée dans un liquide. Ce liquide sera très souvent de l'eau. Il faut se rappele.r cependant que l'eau souvent n'est pas un simple véhi-

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cule, c'est aussi un réactif : en effet, elle gonfle beaucoup d'éléments, notamment les globules sanguins, en dissocie d'autres et, enfin, peut tuer certaines cellules, ^rJ qu on ne pourra pas alors étudier vivantes (cellules lymphatiques). On se sert souvent aussi de la salive, des liquidesamniotiqueSjdu sérum naturel ou artificiel. Voici la composition de ce dernier, d'après Schultze :

Eau ,

, 200 grammes

Blanc d'œuf. . . . ,

Chlorure de sodium. .

Un véhicule également très employé est la glycérine pure ou étendue d eau : ce liquide a la propriété de rendre les préparations excessivement transparentes*.

2*" Préparation définitive, — Pour ces dernières préparations, il faut d'abord choisir des véhicules spéciaux, qui n'altèrent pas la préparation avec le temps et ne fassent pas pâlir sa coloration, si elle est colorée; il faut, enfin, fermer la préparation, pour qu'on puisse la transporter sans danger et éviter Tévaporation.

Les deux véhicules que Ton emploie le plus souvent comme liquide conservateur sont le baume de Canada et la glycérine.

Le baume de Canada est une résine qui se trouve dans le commerce. On l'emploie en dissolution dans la térébenthine, la benzine ou le chloroforme, et on fait la dissolution de sorte qu'elle ait à peu près l'indice de réfraction du verre : une baguette en verre plongée dedans paraîtra donc invisible. Les pièces microscopiques con-

i Certaines coupes un peu épaisses ont en efFet besoin d'être éclaircies. Pour les coupes de botanique il faut citer à côté de la glycérine le chloral et l'eau de Javelle.

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servées dans le baume doivent être absolument privées d'eau : on arrive à ce résultat en les plongeant dans de l'alcool de plus en plus fort et terminant par l'alcool absolu. Ceci fait, on chasse l'alcool à son tour par de l'essence de girofle. On n'a plus alors, pour monter la préparation, qu'à bien nettoyer une lame et une lamelle : on pose sur la lame une goutelette de baume (il faut un assez long apprentissage pour déposer une goutte qui ne soit ni trop grosse ni trop petite), on introduit dans le baume, à l'aide d'une aiguille plate, la pièce à conserver et on recouvre avec la lamelle, en ayant bien soin qu'il n'y ait pas de bulles d'air interposées. Il ne reste plus qu'à laisser sécher la préparation, ce qui est très long et demande souvent plus d'un mois. 11 est inutile de fermer la préparation, le baume soude solidement la lame et la lamelle. Comme le baume rend les objets excessivement transparents, on n'y conservera que des objets colorés : la coloration, d'ailleurs, sauf celle obtenue par l'hématoxyline, se conserve fort bien, et ne pâlit pas.

La glycérine s'emploie aussi très fréquemment, soit pure, soit étendue d'eau. Elle a le défaut de faire pâlir les colorations assez rapidemment ; on peut retarder la décoloration en acidulant légèrement le liquide (i goutte d'acide acétique pour 30 grammes de glycérine).

La glycérine ne séchant jamais, il faut fermer les préparations qui y sont conservées. On peut border la préparation avec de la paraffine, du bitume de Judée, ou, enfin, de la cire à cacheter dissoute dans l'alcool.

Les préparations, une fois fermées, sont conservées dans des boîtes spéciales divisées en petits compartiments. Chaque préparation doit porter une étiquette indiquant la nature de cette préparation.

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