ECHINODERMES
is et de boucliers (fig. 85). Le test porte à les organes particuliers : ainsi chez les Ourive de petites tenailles à trois branches dites :, que l'on étudiera facilement en raclant la r de la bouche, et en examinant les débris au . On voit alors qu'un pédicellaire est formé illongée et mince renfermant un axe calcaire tie de sa longueur, et surmontée de trois val-
;, dentelées, qui peuvent s'ouvrir et se fermer r par conséquent des organes de préhension.
le quatre sortes de pédicellaires : tridactyles ,k es et grêles ; gemmiformes, à grosses valves; 'alves en forme de feuilles; opbképbaîes, à santés et élégamment ornées et dentelées.
ipcore à la surface du corps, lespiquanis ou nt une coupe transversale montre la structe et compliquée, et les sphérîdies, petites ortées par un court pédicelle.
278 ZOOLOGEË SPECIALE
Le développement des Échinodermes n'est pas direct, l'œuf donne naissance à une larve. Les larves, toutes microscopiques, sont de formes très variées.
C'est d'abord la larve Pluteus (fig. 86) : cette larve, qui appartient aux Oursins et aux Ophiures, a, comme on
le voit, la forme d'un chevalet de peintre (d'oùson nom allemand de Staffelet); elle possède un squelette formé de tiges calcaires. C'est ensuite la forme Bipinnaria (larve d'Astérie), à frange ciliée élégante ; la forme Bra- (biolaria, assez semblable, mais présentant trois bras de plus ; enfin la forme Auricularia, sans frange ciliée ventrale et à appendices postérieurs en forme d'oreilles; cette
larve, qui appartient aux Holothuries, passe par 'une phase de chrysalide avant de devenir adulte.
Seule, cette larve Auricularia se transforme entièrement en ranimai adulte ; chez les autres larves, il apparaît sur une paroi du corps un bourgeon circulaire dit disque échinodermique. C'est lui seul qui évoluera, le reste de la larve se résorbe : aussi a-t-on vu là souvent une sorte de génération alternante.
Nous laissons de côté la larve des Crinoïdes dont l'évolution est très compliquée et passe par des phases successives (phase de Cystidé, phase de Pentacrine).
vr
a. Plathelminthes. — h. Némathelmintes. — c. Rotateurs ou Rotifères.
d. Géphyriens.— c. Annélides.
Cet embranchement nous arrêtera un peu plus longtemps que les trois précédentes, car il présente un grand nombre de formes microscopiques, partant très intéressantes pour le micrographe.
On distingue dans les vers les groupes qui suivent :
c .. A ji II- i. • * j» u - ( double. . Annblides.
Système nerveux composé d un collier œsophagien et d une chaîne ! • , f~ .
\ Simpie* • CiHPHYRIENSf
Système nerveux ( Un appareil cilié à l'extrémité céphalique Rotateurs.
nidimentaire \ n j» 1 i.. ( Corps rond Nkmathelminthes.
, I Pas d appareil cilié \ ^ ^ ^ n
ou nul. \ *^*^ ( Corps plat Plathelminthes.
a. Plathelminthes.
Les Plathelminthes, qui sont les plus inférieurs des Vers, se divisent comme il suit :
!Un tube digestif à i Corps couverts de cils vibratiles. ..... Turbellaries. un ou deux orifices. ( Corps dépourvus de cils vibratiles Trematodes. Pas de tube digestif Chstodes.
28o ZOOLOGIE SPÉCIALE
a.Cestodes. — C'estàce groupe qu'appartientler(ï«w solium ou Ver solitaire, mal nommé d'ailleurs, puisqu'on en rencontre parfois plusieui-s dans l'intestin. Ce Ver est formé d'une série d'anneaux. Le premier, nommé tête, porte quatre ventouses qui sont des organes de
fixation, et une sorte de rostre (rostelle) garni d'une double couronne de crochets. Les anneaux qui se suivent sont tous semblables mais plus ou moins développés. Les derniers se détachent spontanément.
Examinons à part un de ces anneaux ou proghttis, nommés encore cucurbitains (fig. 87).
Nous trouvons d'abord, à l'extérieur, une enveloppe
musculo-cutanée, recouverte d'une mince cuticule. En dedans de cette enveloppe est un tissu parenchymateux, incrusté de granulations calcaires et oii sont logés les organes. Ce sont d'abord deux canaux longitudinaux, reliés par une branche transversale et qui sont des organes d'excrétion, deux filaments nerveux également longitudinaux et peu nets (ces canaux et ces nerfs ne sont pas représentés sur la figure), puis enfin un appareil reproducteur, mâle et femelle, car chaque anneau est hermaphrodite.
L'appareil mâle, qu'on ne peut bien voir que quand l'appareil femelle est encore peu développé, consiste en un testicule (non représenté sur la figure prise à une époque où il est déjà résorbé) formé de nombreuses vésicules qui vont toutes aboutir à un canal commun, le canal déférent. L'extrémité de celui-ci présente d'abord une dilatation, sorte de réservoir séminal ; la partie tout à fait terminale, susceptible de se retourner au dehors en un organe copulateur, est renfermée dans une petite poche, le sac du cirre.
L'appareil femelle se compose : 1° d'un organe double producteur des germes (le germigène, résorbé dans la figure); 2Me glandes vitellogènes (résorbées également), plus une glande albumineuse. Le tout débouche dans un oviducte qui se continue en un vagin. Ce dernier a son orifice situé à côté de l'orifice sexuel mâle dans une petite fossette ou pore génital^ situé sur une des faces 'atérales de l'anneau.
Sur l'oviducte vient s'embrancher un réservoir à œufs )u matrice (d). Après la fécondation, qui se fait, paraît-il, lans un seul anneau, ce qui se comprend, le pore gélital étant fermé pendant un certain temps et le sperme
devant alors refluer dans le vagin, cette matrice se remplit d'œufs, et se gonfle énormément.
Les œufs, qui sont expulsés en même temps que les proglottis, hors du tube digestif de l'animal où vivait le Ténia, germent en un embryon à six crochets ou em-
bryon hexacanthe. Ces embryons, dans le tube digestif d'un autre animal, ne tardent pas à s'enkyster au milieu
d'une" vésicule (vésicule hydatique) et à prendre la forme de CysHcerques (fig. 88). Ce Cysticerque n'estautre qu'un Ténia à tête déjà bien développée et invaginé sur luimême au milieu d'un kyste. On trouve des Cysticerques dans l'intestin du Porc, on peut les chercher là pour l'étude. Introduit dans les voies digestives, d'un Homme par exemple, le Cysticerque redevient un Ténia.
Au lieu du Tœnia soliuniy on peut prendre pour l'étude le Tœnia mediocanellata (Homme), tête à quatre suçoirs, sans rostelle ni crochets, dont le Cysticerque vit dans les muscles du Bœuf; ou encore le Botbriocephalus Mus (Homme), tête à deux suçoirs sans rostelle ni crochets, pore génital ventral, dont le Cysticerque est peut-être le Lingula nodosa qui habite la Truite.
On donne souvent le nom de Protoscolex à l'embryon de Ténia, de Deutoscolex au Cysticerque ; le Ver rubané est le Strobile et les anneaux isolés sont les proglottis» Il y a là génération alternante: le proglottis donne naissance par voie sexuée au Scolex, qui produit par bourgeonnement agame le Strobile.
Le Strobile se réduit parfois à un seul anneau (Tœnia ecbinococcus). De plus la vésicule hydatique de ce Ver, au lieu de contenir une seule tête (Cysticerque), en contient plusieurs (Échinocoque) ; ceci se retrouve chez le Tœnia cœnurus,
. p. Trématodes, — C'est à ce groupe qu'appartient la Douve du foie (Distomum hepaticum) qui habite le foie du Bœuf et qu'on pourra se procurer dans les abattoirs. Cet animal est relativement de grande taille : il atteint 3 centimètres de longueur, i 1/2 centimètre de largeur et I à 2 millimètres d'épaisseur; sa couleur varie du blanc au brun, sa forme est celle d'une feuille pointue à une •extrémité (l'extrémité postérieure).
L'animal possède deux ventouses : une antérieure qui •entoure la bouche qui s'ouvre dans un tube digestif très ramifié, et une ventrale à côté de laquelle débouche le pore génital. La surfiice du corps est recouverte d'une •cuticule, au-dessous est une couche dermo-musculaire, puis un parenchyme lâche renfermant les divers organes
que nous allons maintenant étudier. Il suffit d'observer à un grossissement assez faible, 15-20 diamètres.
Le système nerveux, assez difficile à voir, et dont on ne peut souvent se rendre compte que par des coupes successives, se compose de deux ganglions sus-œsophagiens, d'où partent quelques filets, dont deux assez considérables descendent le long du corps, et d'une commissure sous-œsophagienne.
Le système digestif se" compose d'une bouche, d'un court œsophage, et de deux longs cœcums extrêmement ramifiés, il n'y a pas d'anus.
Le système excréteur se compose d'un tronc unique placé sur la ligne médiane du corps et qui débouche par un pore à la partie postérieure de l'animal. Le tronc est formé, comme on s'en assure par une injection, très difficile à réussir, par la réunion de nombreuses ramifications, qui se répandent dans tout le parenchyme du corps. Cescanalicules commenceraient chacun, d'après Fraipont, par un entonnoir vibratile, s'ouvrant dans les lacunes du parenchyme. Nous retrouverons chez beaucoup de Vers ces entonnoirs vibratiles à l'origine de l'appareil excréteur.
Les Distomes sont hermaphrodites. L'appareil génital mâle se compose de deux testicules, glandes tubulaires excessivement ramifiées, qui donnent naissance à deux canaux déférents qui se réunissent en un réservoir séminal. L'appareil copulateur est réduit à un cirre. L'appareil femelle comprend un germigène impair et deux vîtellogènes: chaque vitellogène se continue par un canal, \tvitelloducte; ces deux canaux se réunissent en un seul qui va tomber dans le canal excréteur du germigène. Celui-ci traverse une glande coquillière, devient un ovi-
ducte puis un vagin. Le vagin débouche à Textérieur à côté du cirre copulateur.
Après la fécondation, qui est peut-être une autofécondation comme chez les Cestodes, l'oviducte se renfle en un utérus. De l'œuf pondu naît un embryon cilié, qui émigré ensuite dans le corps d'un Mollusque. On n'a pas suivi plus loin le développement.
Pour d'autres Distomes, on sait que Tembryon fixé dans un Mollusque se transforme là en un sac germînatif (sporocyste) parfois muni d'un appareil d\gts\M(Rédie). Ces sporocystes ou ces Rédies produisent des Cercaires (fig. 89), petits êtres analogues à des Têtards par leur forme et qu'on avait souvent rencontrés dans l'eau des mares avant de connaître le lien qui les rattachait aux Distomes.
Les Cercaires pénètrent dans le corps d'un animal aquatique et s'y enkystent, et ce n'est que dans un nouvel hôte encore que se forme le Distome adulte pourvu d'organes génitaux. On voit que les migrations sont très nombreuses et le développement compliqué. On est en présence ici d'une génération alternante. La larve ciliée est un Scolex, le sporocyste un Strobile et les Cercaires des Proglottis.
Citons encore à côté du Distomum bepaticum, dans le même groupe des Dis tomienSy le Distomum bcematobium, à sexes séparés, qui vit dans le sang : le mâle porte la femelle dans un sillon spécial (canal gynécopbore) ; le Monostomum flavum qui habite le tube digestif des Oiseaux aquatiques et provient du Cercaria epbemera des Planorbes. Dans le groupe des Polystomiens, qui ont deux ventouses antérieures et un groupe de ventouses postérieures, citons le Polystomumintegerrimum et le Diplo:(oon
par adoxum. Chez ce dernier Ver, deuxindividuss'accolent et vivent désormais accolés.
Dans le groupe des Polystomiens, le développement est direct.
y. Turbellariés . — Ce groupe de Vers est caractérisé par la présence de cils vibratiles sur toute la surface du corps. Le tube digestif peut manquer totalement (Acœles)^ n'avoir qu*un orifice et être simple (Rhabdocœles) ou r2i' miûé (Dendrocœle^), enfin, avoir deux orifices (^/?/by//^ib(?cœles).
Parmi les Acœles, on peut citer le Convoluta Schult:(ti, petit Ver marin pourvu de chlorophylle. Parmi les Rhabdocœles, ,1e Mesostomum Ebrenbergiiy qui habite l'eau douce, est assez intéressant. On le trouve dans les petites mares tranquilles. L'animal a environ 1 5 millimètres de longueur et il est assez transparent pour qu'on puisse étudier sur le vivant tous les détails d'organisation. Le tube digestif s'ouvre sur la fece ventrale; l'œsophage, en forme de tonnelet, débouche dans un intestin droit, terminé en «caecum. Le système nerveux consiste en deux ganglions cérébroïdes supportant une tache pigmentaire, qui est un œil rudimentaire. Le système excréteur est assez ramifié et se résout en deux troncs qui débouchent sur les côtés, à la partie antérieure de l'animal. Le système reproducteur est hermaphrodite.
Les Dendrocœles n'ont guère d'intéressant que leur intestin ramifié ; certains habitent les eaux douces et ont un orifice génital simple (Monogonopores); d'autres, qui habitent les eaux marines, ont deux orifices sexuels (Digonopores); l'hermaphrodisme est d'ailleurs la règle (exception, Planaria dioica).
Ce sont surtout les Rhynchocœles, dont certains na-
turalistes font un ordre à part, sous le nom de Némertiens, qui sont intéressants à étudier. Ceux-ci sont tous marins. Le tube digestif, qui a deux orifices, possède à la partie antérieure une trompe, soit inerme, soit garnie de piquants, et qui peut s'extroverser*. Le système nerveux se compose de deux ganglions cérébroïdes assez écartés l'un de Tautre et unis par une commissure ou deux. Ils donnent chacun naissance à un tronc nerveux longitudinal. A côté des cérébroïdes se trouve une fossette ciliée qui s'ouvre au dehors et qui est peut-être un appareil d'olfaction. Le système excréteur se compose de deux troncs longitudinaux qui s'ouvrent chacun au dehors par un pore spécial. On voit ici paraître pour la première fois un système circulatoire, lise compose de trois vaisseaux, un dorsal et deux latéraux, anastomosés en avant et en arrière. Le sang est souvent rouge, mais cette couleur est due au plasma. Les sexes sont séparés, sauf chez les Borlasia, mais les organes génitaux ne sont pas différenciés. Les ovules et les Spermatozoïdes prennent naissance le long* du tube digestif, dans des vésicules closes.
b, Némathelminthes.
Ces Vers, qui renferment de nombreux parasites, ce qui donne un certain intérêt à leur étude, se divisent ainsi :
iU t h diffest'f J ^^^ nageoires,' sexes réunis Chétocnathes. ^ " i Pas de nageoires, sexes séparés Nématodes. Pas de tube digestif. Acanthocbphales.
* Cette trompe, contenue dans une gaine spéciale, peut rentrer dans cette gaine sous l'action d'un ou deux muscles rétraçteurs qui s'insèrent à l'extrémité postérieure de l'animal.
a. Acantbocépbales . — Appartenant à ce petit groupe, on pourra trouver parfois dans les intestins d'Oiseaux aquatiques le genre Echinorbynchus, Ce petit Ver a 2 ou 3 milimètres. Il possède en avant une trompe échinée, qui lui sert à se fixer, et n*a pas de tube digestif. Le système nerveux se borne à un ganglion situé à la base de la trompe. Le système excréteur est formé de deux vésicules, dites lemnisques, placées également à la base de la trompe. Les sexes sont séparés; l'appareil mâle comprend deux testicules, un canal déférent et un pénis conique renfermé dans une bourse cupuliforme ; Tappareil femelle comprend un ovaire. Les œufs tombent dans une espèce d'entonnoir auquel fait suite un oviducte, débouchant à la partie postérieure du corps. Le développement n'est pas direct : Tembryon se fixe d'abord dans le tube digestif d'un Crustacé, et le développement se termine dans l'intestin d'un Oiseau aquatique.
S. Chétognathes , — Citons dans ce groupe les Sagitta, Vers marins, munis de nageoires à la partie postérieure du corps. Le tube digestif à deux orifices est simple et droit. Le système nerveux consiste en deux ganglions cérébroides et un ganglion ventral réunis par des commissures. Les sexes sont réunis, les organes génitaux débouchent postérieurement sur la face ventrale ; le développement est direct.
y. Nématodes. — Ce groupe, beaucoup plus important, nous arrêtera plus longtemps. On peut prendre comme- type V Ascaris lombricoideSy qui habite le rectum de l'Homme et qu'on se procure facilement. Ce Ver est assez long et ne peut être étudié dans son ensemble.
Pour étudier les tissus, on peut faire une coupe trans-
E. Couvreur, Le Microscope. 19
versale de l'animal; on traite cette coupe par l'acide chromique et Ton colore au carmin. La coupe présente de dehors en dedans : r une cuticule chitineuse, fortement striée quand on l'examine de face et dont les stries dessinent alors des losanges ; 2** une couche sous-cuticulaire épaisse et granuleuse; 3° des groupes musculaires, qui laissent entre eux, sur les côtés du corps, sur la ligne médiane dorsale et sur la ligne médiane ventrale, des espaces libres appelés, les premiers, champs latéraux, les seconds, lignes médianes (dans ces régions, la couche sous-cuticulaire est très épaissie); 4** le tube digestif.
Le système excréteur de V Ascaris est formé de deux canaux qui courent dans les champs latéraux. Le système nerveux est constitué par un anneau périœsophagien, que l'on ne distingue facilement que dans une coupe pratiquée à son niveau. Il donne naissance à huit troncs nerveux : six en avant, deux en arrière. Des six qui sont en avant, deux suivent les champs latéraux, les quatre autres suivent les espaces intermédiaires aux champs latéraux et aux lignes médianes. Les deux qui sont en arrière suivent les champs latéraux. Au point de vue histologique, l'anneau et les nerfs renferment à la fois des cellules et des fibres.
Le tube digestif, qui a deux orifices, est tapissé d'un épithélium cylindrique, recouvert lui-même d'une cuticule lisse. Il n'y a pas d'appareil circulatoire et le liquide nourricier ne renferme pas d'éléments figurés.
Les sexes sont séparés; l'appareil mâle se compose d'un testicule, d'un canal déférent, renflé en une vési-
i Les cellules musculaires, très grandes, peuvent atteindre 2 millimètres.
•va
-fi
cule séminale, et d'un canal éjaculateur. Ce canal dé- v^
bouche dans Une poche située à l'extrémité postérieure du corps et qui renferme un spicule jouant le rôle d'appareil copulateur. Les Spermatozoïdes ont une forme toute particulière; ils sont globuleux et n'ont pas de filament caudal. Ils ont un noyau clair, très net, facilement colorable par le picro-carmin.
L'appareil femelle n'est pas impair comme l'appareil mâle : il est double. On a de chaque côté un ovaire et un oviducte qui se renfle en utérus ; les deux oviductes se réunissent en un vagin, qui débouche à la face ventrale de l'animal. Les œufs, au moment de la ponte, sont ovalaires; le vitellus granuleux ne laisse plus voir la vésicule germinative; de plus, il y a une coque enveloppée elle-même d'une substance claire, gélatineuse, d'aspect mamelonné.
\J Ascaris appartient au groupe des Hypophalliens et à la famille des Ascarides. Dans ce même groupe des Hypophalliens, signalons les Filaridés avec le Filaria medinensis ou Ver de Médine, qui vit sous la peau ; les Anguillulidés, avec YAnguillule du Blé niellé, célèbre par ses propriétés de reviviscence ; les Gordiidés, qui à l'état adulte n'ont pas de tube digestif; les Mermitidés, qui n'ont pas d'anus.
Dans le groupe des Acrophalliens, citons les Anchylostomes qui habitent le duodénum de l'Homme, les Tricbocéphales qui habitent le caecum, les Trichines enfin. Ces petits Vers vivent à l'état sexué dans l'intestin de l'Homme, et de beaucoup d'autres Mammifères. Les embryons traversent les tuniques de l'intestin, et vont s'enkyster dans les muscles striés. Leur présence y constitue une maladie terrible et très douloureuse. Ils res-
tent là jusqu'à ce que les muscles soient ingérés par un Mammifère : ils achèvent alors leur développement dans le tube digestif de ce nouvel hôte, où ils produisent de nouveau des embryons qui s'enkystent, et ainsi de suite.
On le voit, la plupart des Nématodes sont des parasites : les uns habitent le tube digestif, les autres les muscles, d'autres le sang, comme le Filaria immitis. Leur développement est souvent indirect. Un des exemples les plus caractéristiques est celui de Y Ascaris nigrovenosa. Ce Ver vit à Tétat hermaphodite dans les poumons de la 'Grenouille : les embryons produits émigrent dans le rectum, et sont expulsés par les fèces, puis se développent sur la terre humide en animaux unisexués qui vivent librement (Rhabditis); ceux-ci s'accouplent, et des œufs naissent les Vers hermaphrodites qui habitent de nouveau le poumon de la Grenouille. Les formes parasites ont parfois cependant un développement direct (Anguillule du Blé). Tous les Nématodes, d'ailleurs, ne spnt pas parasites: certains sont libres comme les Anguillules du vinaigre, et les Nématodes marins, dont on a fait le groupe des Enopliens, Toutes les fjrmes libres ont un développement direct.
c. Rotateurs ou Rotifères.
Les Vers de ce groupe (fig. 90) ont longtemps été placés parmi les Infusoires ; ils sont très remarquables par les propriétés réviviscentes qu'ils posssèdent. Leur taille est très exiguë, et on ne les distingue qu'au microscope.
On les trouve à Tétat de vie latente, et desséchés, dans la ?vlousse des toits, et ils pullulent dans les eaux
de certaines mares. Quand on examine des filaments d'Algues d'eau douce, il est rare qu'on n'en voie pas nager au milieu des ces filaments. Ceux qui sont desséchés,' placés dans une goutte d'eau ne t::rdent pas à reprendre leur forme normale et à se mettre en mouvement.
Les Rotifères proprement dits.
à côté desquels se placent les groupes des Asplanchnés, des Atroques et des Trochosphères, ont des formes très variées. Les uns sont libres, les autres fixés, •*■■ les uns vivent isolés, d'autres forment des colonies, certains habitent dans des tubes. Le s genre Roiifer, que nous prendrons pour exemple, est caractérisé par ce fait, que l'individu, libre, isolé, présente une tête protactile, et se fixe parfois '"" ^' par la queue, mais temporairement. Il appartient au groupe des Philodinés, à côté desquels sont les Cuirassés à test chifineux très épaissi, et les Polyarthrés sans queue et à rames natatoires.
Les mouvements des Rotifères étant très rapides, pour examiner l'animai il faut le fixer avec un compresseur ; on peut même le tuer par des sels de strychnine : l'animal meurt étalé, mais il faut se hâter de faire l'observation, car la désagrégation arrive vite. Notre type, le Rotifer ieclorum (fig. 90), dont nous examinerons d'abord une -femelle, a le corps revêtu d'une membrane chitineuse, qui présente, surtout en arrière, une segmentation mar-
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quée. La partie postérieure, annelée, est appelée queue ou pied; elle est terminée par deux appendices qui servent à fixer temporairement l'animal.
L'extrémité céphalique présente des expansions cutanées, garnies d'une bordure de cilsvibratiles. Ce sont «;': : les organes rotateurs, appelés ainsi de Taspect de roues qui tournent qu'ils présentent, lorsque les cilsvibratiles sont en mouvement.
Le système nerveux se compose d'un ganglion céphalique, qui supporte deux taches pigmentaires qui sont les organes visuels, et un petit organe en forme de doigt, dit tube sensitif, terminé par un bouquet de soies raides. Le tube digestif est complet et a deux orifices : dans la partie antérieure ou pharynx, se trouve un appareil masticateur, le mastax, formé de deux pièces cornées semi-lunaires. Il n'y a pas d'appareil circulatoire. L'appareil excréteur consiste en deux tubes qui débouchent dans la partie terminale de l'intestin, renflé en une vésicule cloacale contractile. Les organes génitaux se composent d'un ovaire et d'un ovicducte; les œufs expulsés restent collés en deux petites masses ovoïdes, des deux côtés du corps de la mère.
Les mâles sont peu connus. Beaucoup plus petits, ils n'ont pas de tube digestif: on trouve à la place un ligament suspenseur qui sert à retenir le testicule. Celui-ci se continue par un canal déférent, qui se termine par un pénis protractile.
A défaut de Rotifères, on peut observer des Brachions, très communs aussi. Leur cuticule est épaissie en une cuirasse qui présente quatre pointes en avant. Il n'y a qu'un œil. L'extrémité de la queue présente une glande sécrétant une substance visqueuse servant à fixer l'ani-
mal, qui a quelquefois de la peine à se détacher. Ce sont là les seules différences.
Signalons pour terminer? comme vivant dans des tubes les Tubularia et Floscularia, et comme vivant en colonies les Conochilus.
Les mâles sont inconnus dans beaucoup d'espèces.
d, Géphyriens.
Les Géphyriens sont des Vers marins de grande taille dont on ne peut par conséquent pas faire d'étude d'ensemble au microscope ; mais certaines particularités de leur organisme intéressent le micrographe. Signalons d'abord le tégument, formé d'un épiderme, .d'un hypoderme et d'un boyau dermo-musculaire. L'épiderme est chitineux, épais, et formé de plusieurs couches. L'hypoderme, épais également, renferme dans son épaisseur des glandes monocellulaires et des granules de pigment. On n'en distingue pas les cellules, mais les noyaux deviennent très nets après l'action du picro-carmin.
Le boyau dermo-musculaire, très développé, contient 4es fibres circulaires, et des fibres longitudinales entremêlées de tissu conjonctif.
Signalons ensuite un petit organe dit houppe sensitive, reposant sur le cerveau et formé de petits tubes groupés. C«st probablement un organe de sensibilité, car la surface de chaque branche de la houppe est creusée de nombreuses cupules, hérissées de cils vibratiles, et dont Je fond est en connexion nerveuse avec le cerveau.
Signalons enfin le liquide qui circule dans la cavité générale, les canaux hypodermiques et la houppe tentaculaire placée à l'extrémité antérieure du tube digestif. Ce liquide renferme des corpuscules figurés, ronds, un
J; '. peu déprimés et légèrement rougeâtres (ce qui est une exception chez les Vers, car le sang y est généralement incolorée, ou, s'il est coloré, la coloration est due au plasma). Un mot encore sur les cellules spermatiques, qui ne tardent pas à se différencier en Spermatozoïdes munis d'une tête et d'une longue queue, et sur les ovules, entourés d'une membrane conjonctive épaisse, et d'une membrane vitelline radiée. Dans le groupe des Géphyriens armés (ainsi nommés à cause de la présence de deux crochets latéraux), auquel appartient la Bonellie, les mâles sont microscopiques et d'une structure rudimentaire.
Le groupe des Annélides comprend encore des Vers d'une taille assez considérable, Nous devons donc nous borner à étudier seulement les particularités de structure. On divise ces Vers comme il suit :
liiles.. \
Anneaux portant des soies | Soies nombreuses ; des branchies. PoLvcHhTFS. Annélide<>. J CHETOPODES | Soies rares ; pas de branchies. . Ougochétes. Anneaux dépourvus de soies : APODES Hirudinéhs.
a. Apodes, — Le groupe des Apodes comprend comme on le sait, les Sangsues. L'appareil tégumentaire est analogue à celui que nous venons d'étudier chez les Géphyriens. Nous devons signaler ici la présence d'organes des sens, qui sont placés à l'extrémité antérieure du corps: ce sont d'abord des yeux. Ceux-ci^ au nombre de cinq paires, et à peine visibles à Tœil nu, ont une structure relativement complexe. Ils consistent chacun en une capsule cylindrique assez profonde, tapissée par une couche épaisse de pigment, qui n'est autre qu'une cho-
roïde, en dedans est une membrane claire et transparente constituant une sclérotique, puis la cavité est remplie de grosses cellules claires qui jouent probablement le rôle de cristallins et entre lesquelles viennent se distribuer, les dernières fibrilles du nerf optique. Outre les yeux et dans leur voisinage sont situés ce qu'on appelle les organes cupuliformes, petites fossettes tapissées de cellules épithéliales, et au fond desquelles s'irradie un bouquet de fibrilles nerveuses, qui se terminent par une extrémité renflée en massue. Ce sont là certainement des organes sensitifs.
p. Oligocbètes. — Dans le groupe des Oligochètes se trouve \e Lombric ou Ver de terre. C'est un animal sur lequel on étudie très facilement les organes excréteurs, qui consistent en de nombreuses paires de tubules, contournés, débouchant au dehors ; chaque segment du corps possède une paire de ces tubules, d'où le nom d'organes segmentaires qui leur a été donné. Nous trouvons de plus chez le Lombric un type d'intestin tout particulier.
Cet intestin a ceci de remarquable qu'il possède, sur une partie de sa longueur du moins, une invagination en forme de gouttière, située à la face dorsale et connue sous le nom de typblossolis : de sorte que dans une coupe il semble qu'il y ait un deuxième tube intestinal contenu dans le premier. La structure des parois du tube digestif est assez complexe ; en allant de dedans en dehors, on trouve d'abord une mince cuticule, finement striée, puis un épithélium cylindrique et stratifié, une couche vasculaire, une couche musculaire à fibres circulaires et longitudinales, et enfin une couche épaisse de cellules verdâtres, dites ct\\u\ts cbloragogènes ,t\. qui sont sans doute des glandules digestives.
fi^
Les orgaties segmentaires sont des tubes fins enroulés sur eux-mêmes. Ils commencent dans la cavité générale par un entonnoir cilié, puis se continuent par un canal, d*abord transparent et tapissé de cils vibratiles, dont le mouvement se continue longtemps dans l'eau; le canal transparent est suivi d'une partie dilatée et opaque; cette partie, tapissée également de cils vibratiles, est de nature glandulaire ; elle subit bientôt une nouvelle dilatation, puis diminue lentement de diamètre jusque vers la partie terminale du tube. Là se produit une nouvelle et brusque dilatation, de sorte que c'est dans cette région que le tube présente son plus grand diamètre. Il va s'ouvrir au dehors par un pore ventral.
Le sang des Lombrics est coloré en rouge : cette couleur estdueau plasma; lesglobules, incolores, sont amiboïdes.
Ces Vers sont hermaphrodites. Les Spermatozoïdes sont groupés dans l'état jeu ne en une boule qui ressemble à une pelote d'épingles ; ils se séparent ensuite, de sorte que dans les vésicules séminales ils offrent l'aspect de filaments distincts, à tête longue et à peine renflée. Au milieu des Spermatozoïdes on rencontre souvent les pseudonavicelles d'une Grégarine du genre Monocystis, Les œufs n'ont rien de particulier, sauf que la membrane vitelline est très mince.
La surface du corps des Lombrics est hérissée de quelques soies, réparties sur deux séries ventrales doubles. Ces soies, simples, sont recourbées en S.
Y- Polychètes. — Dans le groupe des Polychètes, troii choses sont particulièrement intéressantes pour l'observateur micrographe : les rudiments de pieds qu'ils possèdent, et qu'on nomme des parapodes; les organes de sens, et les formes larvaires.
Les parapodes consistent en des expansions cutanées, divisées ordinairement de chaque côté en deux lobes, un ventral et un dorsal, constituant par la présence de soies implantées dans ces lobes, une rame ventrale et une rame dorsale. Chacun des lobes est souvent complété (Nereis) par une expansion filiforme dite cirre, et traversé par un paquet de soies raides, Its acicules, qui
Fio. 91. — Larves d'Annélides.
lui servent comme de squelette. Les soies implantées dans les parapodes sont de formes très variées, caractère qui sert dans la classification. Généralement, les soies de >la rame ventrale ne sont pas pareilles à celles de la rame • orsale, mais celles d'une même rame sont toutes semi labiés. Ces soies sont filiformes, recourbées, aplaties en i ux, lancéolées ; elles sont parfois articulées et leur tige résente d'élégantes stries transversales. Si nous pre- ' ons comme exemple les soies de TArénicole, Ver très
commun dans le sable des plages, et qui sert d'appât aux pêcheurs, nous verrons que les soies dorsales sont raides, filiformes et barbelées d'un côté à leur extrémité ; les soies ventrales, plus courtes et plus grosses, sont recourbées en S.
Le parapode dorsal porte souvent dès branchies plumeuses (Eunice) ou arborescentes (Amphinome).
Les organes des sens sont surtout des yeux. Us sont particulièrement développés chez les Alciopes, où ils ont une vraie rétine, et un vrai cristallin. On rencontre plus rarement des organes auditifs. Ces organes, quand ils existent (Arénicoles), consistent en deux vésicules arrondies et closes? Co/oo'^to>) dont les parois conjonctives sont tapissées d'un épithélium cylindrique très allongé ; on trouve dans la cavité une ou plusieurs granulations calcaires (ofolî thés), les vésicules sont en relation avec les ganglions cérébroïdes.
Le développement des Polychètes n'est pas direct : de l'œuf sort une larve ciliée microscopique (fig. 91) dont les cils sont disposés généralement en couronnes. 11 peut y avoir une couronne aux deux extrémités de la \avve(larve télotroque), à l'extrémité céphalique seulement (larve cépbalotroque). Les cils peuvent former de nombreuses couronnes (larve polytroque) ou enfin être disposés sans ordre (larve atroque). Nous ne parlerons pas du développement de cette larve, trop compliqué, malgré rintérêt qu'il présente au point de vue de la théorie évolutive.
a. Crustacés. — b. Insectes. ~ c. Arachnides. — (/. Myriapodes.
Cet embranchement est caractérisé par la présence d'un squelette externe et de membres articulés. Il comprend des animaux respirant par des branchies (Branchiates), d autres respirant par des trachées (Trachéates). Le premier groupe ne comprend que les Crustacés, le second comprend les Insectes, les Arachnides et les Myriapodes.
a . Crustacés.
Beaucoup de Crustacés sont d'une taille trop considérable pour être examinés en entier au microscope, mais certains ordres inférieurs (Ostracodes, Copépodes) ont des représentants d'une taille microscopique.
Dans Tordre des Copépjodes, on peut citer les Cyclopes et les Lernées. Les Cyclopes (fig. 92), ainsi nommés parce qu'il n'ont qu'un œil, sont des petits Crustacés de I millimètre environ de longueur, qui S(S trouvent fréquemment dans les eaux stagnantes et que l'on pourra se procurer très facilement. Ils ont une carapace composée de plusieurs pièces imbriquées, d'où sortent les pattes au nombre de cinq paires. Ils ont, en outre, deux paires de pattes-mâchoires, une paire de mandibules et deux paires d'antennes, dont les antérieures sont les plus longues. Antennes et pattes sont composées de nombreux articles portant des touffes de poils. L*abdomen est long et mince; il est formé de cinq articles et sort de la cara-
pace, semblable à une queue. Il est terminé par une vraie queue, composée d'articles plumeux. Les femelles portent de chaque côté du corps deux grosses vésicules pleines d'œufs. Le corps est transparent et laisse bien
voir l'intestin, qui le traverse dans toute sa longueur- L'œil, impair, est médian et frontal, il est d'une couleur
Les Lernées sont des Crustacés parasites appelés vulgairement Poux de Poissons. Le plus commun est Vât gulus foliaceus (fig. 93), petit animal couvert d'une car pace ovale et muni de quatre paires de pattes. Ces Cru
tacés ont un appareil buccal disposé pour la succion, d'où leur nom de Siphosnostomes, Les femelles de ces Crustacés suceurs sont souvent complètement déformées, par suite de rétrogradittions dues au parasitisme. Ce ne sont plus, jusqu'à un certain point, que des sacs pleins d'œufs, et munis d'un appareil de succion. Un exemple remarquable est fournie par le Lernea branchialis, qui vit sur les branchies des poissons téléostéens.
t-io, 9J. - ^rg„hi fyliaicai. Fio. m, — Çpprii fuscu.
Parmi les Ostracodes, on peut citer le Cyprisfusca (fig. 94), petit Crustacé brunâtre renfermé dans une carapace bivalve, abondant dans toutes les mares, où malgré sa petite taille on peut le voir nager, grâce à sa coloration foncée. Par l'entrebâillement des deux valves, on voit sortir les pattes et les antennes. Les pattes sont vi nombre de deux paires, la dernière étant assez courte, es antennes sont au nombre de deux paires également, . première paire est très longue et garnie de pinceaux poils. 11 n'y a qu'un œil.
Citons encore parmi les formes microscopiques certains Branchiopodes, du groupe des Cladocères. Parmi eux, un des plus fréquents dans les ruisseaux est la Puce |)\' d'eau (Dapbnia pulex); 16 corps est enfermé dans une
carapace bivalve, et muni de six paires de pattes et de deux paires d'antennes. Il n'y a encore qu'un œil. La taille est de o""",50 environ.
Tous les Crustacés des autres groupes sont généralement assez grands; aussi doit-on se borner à Tétude des particularités de structure les plus intéressantes (téguments, organes des sens, organe de la reproduction) et des formes larvaires.
Nous prendrons nos exemples sur YÉcrèvisse, de Tordre des Décapodes macroures.
Téguments, — Le tégument est formé d'abord d'une couche cuticulaire, qui, dans les intervalles des anneaux où elle n'est pas calcifiée, se compose d'une membrane mince (épiostracum) et d'une couche plus épaisse à lamelles alternativement claires et foncées.
Dans les parties calcifiées, au-dessous de l'épiostracum, la membrane est envahie de concrétions calcaires.
Le tégument porte des soies de distance en distance; ces soies sont formées soit d'un seul article, soit de plusieurs; leur surface peut être libre, ou ornée de fines dentelures.
Appareil reproducteur, — Signalons les Spermatozoïdes, qui ont une forme toute particulière; ils sont ronds et présentent de nombreux cils, disposés comme les rayons d'une roue et tous inclinés dans un même sens. Le noyau est très visible, même sans réactifs. Les ovules ont la structure ordinaire.
Organes des sens, — Parlons d'abord de l'œil. C'est
un œilcomposé, c'est-à-dire que la cornée qui le recouvre est divisée en un grand nombre de petites facettes, qui •correspondent chacune à un œil élémentaire. La cornée vue de face oiïre donc Taspect d'une élégante mosaïque. Si Ton. veut faire une étude plus approfondie de Tœil, il faut en faire une coupe longitudinale. On voit alors qu'il est formé d'une série de prismes, accolés les uns contre les autres, prismes qui ne sont autre chose que les yeux élémentaires correspondant h chaque facette de la cornée, ou cornéule. Etudions un de ces prismes en détail. Il comprend un élément axial, le bâtonnet visuel, entouré d'une gaine pigmentée qui est une choroïde. Le bâtonnet se divise lui-même en deux parties : un cône cristallin externe, d'apparence vitreuse, — c'est lui qui est recouvert par la facette cornéenne, — et un fuseau strié, en connexion avec une fibrille du nerf optique.
On trouve encore chez l'Ecrevisse des organes auditifs; ces organes sont situés à la base des antennes internes, nommées encore antennules. lis consistent chacun en un petit sac en communication avec Textérieur, et tapissé de soies, dites soies auditives, en connexion avec les derniers rameaux du nerf accoustique. Ce dernier, comme le nerf optique, prend son origine dans les ganglions cérébroïdes.
Le tact a lui aussi des organes spéciaux, ce sont les soies des pattes, et particulièrement des pattes-mâchoires.
On attribue un rôle olfactif à des appendices papilliformes, à contenu granuleux, portés par la branche interne de Tantennule, formée, comme l'on sait, de deux branches, chacune pluriarticulée.
Formes larvaires des Crustacés. — Le développement des Crustacés est rarement direct, le plus souvent ils passent
E. Couvreur, Le Microscope. 20
JOÔ ZOOLOGIH SPÉCIAIB
par des formes l;irvaires. Une forme primitive et caractéristique de la classe est la forme dite Mj«^//«s (fig. 95),
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caractérisée par trois paires d'appendices seulement et un œil frontal impair. Parfois cependant (Crustacés
supérieurs), cette forme Nauplius n'existe que dans Tœuf, et la .larve en sort sous la forme dite Zoœa (fig. 96), caractérisée par sept paires d'appendices et une carapace munie de deux longues épines. Chez les Décapodes macroures, la forme Zocea n'existe même pas toujours ; ainsi TEcrevisse sort de Tœuf à peu près semblable à ladulte, sauf qu'il lui manque deux paires de pattes abdominales et que les extrémités des pinces sont recourbées en hameçon. On pourra étudier facilement ces jeunes Ecrevisses à tégument encore transparent; à l'époque de la reproduction, elles sont fixées par leurs pinces aux pattes de leur mère.
b. Insectes.
Les Insectes sont caractérisés par leur respiration trachéenne et l'existence constante de trois paires de pattes, d où le nom d'Hexapodes qu'on leur donne quelquefois. Nous étudierons d'abord, comme pour les Crustacés, ceux d'une taille assez faible pour être examinés en entiers au microscope, ou dont au moins on peut examiner un appareil entier, comme l'appareil buccal, pour citer un des plus intéressants ; nous étudierons ensuite les tissus et les organes en particulier, sur les Insectes de grande taille.
Les Diptères présentent beaucoup d'Insectes de petite taille. Citons d'abord les Puces, qui appartiennent au groupe des Aphaniptères (on sait en effet qu'elles n'ont pas d'ailes). Après avoir remarqué la longueur considérable de la troisième paire de pattes organisée pour le saut, nous étudierons immédiatement l'appareil buccal.
Typiquement l'appareil buccal d'un Insecte se compose d'une lèvre supérieure ou labre, d'une paire de
!' 5o8 ZOOLOGIE SPÉCIALE
mandibules, d'une paire de mâchoires accompiignées de palpes maxillaires, et d'une lèvre inférieure accompagnée f' de palpes labiaux. On trouve encore une languette,
^' accompagnée de petits stylets ou paraglosses.
k ^ On retrouve toutes ces pièces, mais modifiées pour la
\"'. succion dans l'appareil buccal de la Puce. Le labre est peu
f-- modifié, les mandibules et les mâchoires sont foliacées,
la languette constitue un stylet aigu, et la lèvre inféî' rieure, à palpes assez bien développés, forme une gaine à
ce stylet.
'. Les Cousins (Culex pipîens) présentent aussi une ar-
mature buccale intéressante (fig.97), la femelledu moii\5, qui seule possède un appareil suceur. Cette armature se compose de cinq stylets aigus (laWe, mandibules, mâchoires) qui se meuvent dans une gaine formée par la lèvre inférieure.
L'appareil buccal de la Mouche commune est tout '"' ^'dû *Ls^r' ''""" autre: la lèvre inférieure, très
développée, constitue une trompe charnue à ventouse, qui sert à cet animal d'appareil de succion.
Le groupe des Hémiptères nous offre aussi beaucoup d'Insectes microscopiques, entre autres les Poux et les Pucerons, qui sont, comme l'on sait, des parasites, le, premiers dugroupe des Aptères, lesseconds de celui de.' Homoptères. L'appareil buccal dans les deux cas est sty^ h, liforme ; il comprend une gaine articulée formée par I?
lèvre inférieure et le labre, et quatre stylets qui se meu-
vent dedans œmme le poinçon d'un trocart, et qui sont constitués par les mandibules et les mâchoires.
Les Poux sont des parasites des animaux; parmi ceux qui sont parasites de l'Homme on en distingue de plusieurs sortes : le Pou de la tête, blanc, avec des bandes noires transversales ; le Pou du vêtement, plus grand que
- PbyUnxeri va
le précédent; le Pou du pubis, à pattes postérieures munies de crochets puissants, et à corps large et déprimé (genre Pbtirîus). Ces animaux ont un développement direct; leurs œufs ou lentes restent accrochés aux poils. A côté des Poux proprement dits, sont les Ricins, qui vivent sur les Oiseaux, et qui n'ont pas de rostre, mais des mandibules véritables.
Les Pucerons sont des parasites des végétaux; ils sont
connus depuis longtemps, et ont attirés l'attention par ce fait qu'ils présentent des générations alternantes. A une génération sexuée caractérisée par la présence d'ailes, succèdent une ou plusieurs générations asexuées aptères qui se reproduisent parthénogénétiquement. Un des exemples les plus célèbres de Pucerons est le Phylloxéra vastatrix, que nous étudierons avec quelque soin, étant donné l'importance de cet animal, qui, on le sait, est un fléau pour la Vigne (fig. 98). Des Insectes aptères vivent pendant toute la belle saison sur les racines des Vignes. Ce sont des femelles agames, qui pondent des œufs qui donnent naissance à des larves subissant plusieurs mues. Ces femelles meurent aux premiers froids, mais les larves, qui hivernent sur les racines, se transforment au printemps suivant en mères pondeuses, dont certaines, quoique agames, sont ailées et migratrices et propagent le fléau au loin. Ces dernières pondent deux sortes d'oeufs de taille différente. Des plus petits sortent des mâles ; des plus gros, des femelles. Ces individus sexués n'ont pas de rostre et ne prennent pas de nourriture ; ils s'accouplent, et les femelles pondent alors un gros œuf unique dit œuf d'hiver, d'où sort un individu agame qui reproduit parthénogénétiquement une génération asexuée. Le cycle recommence alors.
Tous ces faits, étant donné la petitesse extrême de ce Puceron, n'ont pu être vérifiés qu'au microscope.
Laissons maintenant de côtelés formes microscopiques, pour étudier les Insectes en général ; nous trouverons encore d'abondantes observations à faire dans Tétude des tissus et des organes.
Téguments, — Les téguments des Insectes sont, on le sait, imprégnés de chitine, substance analogue à la cel-
lulose; ils présentent souvent à leur surface des poils ou des écailles (fig. 99). Si ion fait la coupe du tégument d'un Insecte coléoptére, d'un Hanneton par exemple, on trouve d'abord une cutkule,puïs une membrnnecMfw-'
^è«e formée de grandes cellules, et enfin un tissu conjonctif lamelleux. La cuticule est la plus épaisse des trois; elle est formée de lamelles superposées et traversée de canalicules poreux. Rarement lisse, elle est marquée le plus souvent de stries, de tubercules et de bandes formant des dessins souvent fort élégants; elle est imprégnée de pigments de couleurs diverses, qui donnent aux Insectes leurs couleurs, excessivement variées et souvent fort riches.
La cuticule est souvent hérissée, comme nous Tavons dit, de poils et d'écaillés ; leur excessive variété de formes et d'aspects fait de leur examen une des distractions les plus intéressantes du micrographe.
Les poils peuvent être longs et simples, cylindriques et terminés en pointe plus ou moins obtuse, comme ceux par exemple qui garnissent les yeux de nombreux Hyménoptères, entre autres l'Abeille. Ils peuvent être aussi courts et pointus, comme ceux qui se trouvent sur les ailes desMouches. Ils sont parfois ramifiés, commeceuxdu Dermeste, petit Insecte qui ronge les pelleteries, et enfin glanduleux, comme ceux de nombreuses Chenilles de Bombyx.
Les écailles recouvrent particulièrement les ailes des Lépidoptères, où elles offrent une disposition imbriquée comme les tuiles d'un toit. Ces écailles sont arrondies, ovales, allongées, en raquettes, etc.; elles présentent des striations longitudinales et transversales,, et parfois ce sont de vraies plumules. Beaucoup de cesécailles servent aux opticiens de test-objets, c'est-à-dire pour juger de la valeur d'un objectif : en effet, certainsde leurs dessins ne sont visibles qu'avec des systèmes optiques assez parfaits.
Organes des sens. — Citons d'abord les yeux. Ils son! de deux sortes, les yeux simples ou ocelles, et lesjyeux composés (fig. loo). Ces derniers sont analogues à ceux que nous avons vus chez les Crustacés ; ils ont une cornée à facettes généralement hexagonales et en nombre considérable (4000 environ chez la Mouche) ; chaque facette correspond à un œil simple, isolé des autres par une gaine pigmentée, choroïde, qui. se rétrécissant derrière la cornéule, forme un véritable iris percé d'une
pupille. En arrière de ce rétrécissement se trouve le corps vitré, parfois précédé d'un bâtonnet cristallinien (Carabe), puis enfin le bâtonnet rétinien qui reçoit une des fibrilles du nerf optique, sur le renflement ganglionnaire duquel s'épanouit le faisceau d'yeux simples. Les yeux composés constituent des organes énormes, qui occupent souvent plus de la moitié delà têtedel'lnsecte.
Les ocelles, qui coexistent presque toujours avec les yeux composés, mais qui sont frontaux, et non
latéraux, sont formés d'une "' '°° ' '™f*" ™ """■ cornée bombée et d'un
cristallin, placés en "avant d'un corps vitré, qui recouvre lui-même une couche de bâtonnets sensiiifs. Ces yeux sont organisés pour voir à une faible distance.
Les organes auditifs sont peu connus chez les Insectes. On a trouvé chez quelques larves de Diptères de vrais otocystes, situés à l'extrérhité de l'abdomen. Chez les Insectes parfaits, on n'a trouvé d'organes auditifs que chez les Orthoptères, et ceux-ci sont constitués d'une façon toute particulière. Ainsi, chez les Acridiens on trouve sur les côtés du premier segment abdominal, un cadre corné sur lequel est tendue une fine membrane qu'on assimile à un tympan. Sur cette membrane, à la face interne, on voit des saillies chitineuses qui correspondent à des terminaisons de nerfs venant du troisième ganglion thoracique. Chez les Locustiens, on trouve sur les tibias des deux pattes antérieures deux membranes
tympaniques, sous lesquelles viennent se ramifier des nerfs du premier ganglion thoracique. Dans un cas comme dans l'autre les fibrilles nerveuses ont une terminaison spéciale en massue ; de plus, les nerfs, avant de pénétrer dans Torgane, présentent de petits renflements ganglionnaires. On est donc en droit de voir là des organes sensitifs. La présence d'une membrane tendue, semble bien autoriser à dire que la sensibilité spéciale mise en jeu, est la sensibilité auditive.
L'olfaction s'exerce probablement par les antennes, qui sont munies d'appendices cuticulaires en connexion avec des terminaisons nerveuses ganglionnaires.
Quant au tact, il doit s'exercer au moyen des poils qui garnissent les membres, et les palpes maxillaires et labiaux en particulier.
Appareil locomoteur. — Les muscles des Insectes ont ceci de particulier, que, comme ceux des Crustacés, d'ailleurs, ils sont striés. Ces muscles mettent en action des membres articulés, formés de plusieurs pièces, trochanter, trochantin, fémur, tibia, tarse. Ces membres ont souvent une structure très compliquée, résultant de l'usage qu'ils ont à fournir. Ainsi, c'est un spectacle fort curieux, que d'examiner une patte postérieure d'Abeille. On voit que le premier article du tarse, très grand et aplati en palette, est garni d'une brosse de poils disposés en rangées parallèles. Cts poils servent à récolter le pollen des fleurs, pollen qui est réuni en boulettes, dans des cavités ou cuillerons, dont sont creusés les tibias de ces mêmes pattes. Examinons encore une patte de Mouche, ce qu'il est bien facile de se procurer. Nous verrons que le dernier article du tarse porte un double crochet et au-dessous, deux expansions membraneuses bordées de poils.
Ces poils sécrètent un liquide visqueux, ce qui permet à ranimai d'adhérer, quand la surface sur laquelle il marche est trop polie pour qu'il puisse faire usage de ses crochets.
Outre les pattes, les Insectes ont souvent des ailes; nous avons déjà parlé des poils ou écailles qu'on peut rencontrera leur surface.
Appareil respiratoire. — La respiration se fait chez les Insectes au moyen de tubes, les trachées, qui communiquent avec Textérieur par des orifices particuliers, les stigmates, et vont porter Tair, par leurs nombreuses ramifications, jusque dans Textrémité. des tissus.
Les stigmates peuvent être de formes très variées. Ce sont parfois des orifices bordés simplement d'un cadre chitineux (péritrème) qui maintient ces orifices béants ; mais parfois le stigmate est plus compliqué. Ainsi, chez la Mouche, des bords du cadre partent deux lames aplaties, qui peuvent obstruer l'orifice comme des volets. Chez les Coléoptères, en arrière du péritrème, se trouve une chambre aérifère qui peut être étranglée par une pince chitineuse, et c'est volontairement que l'Insecte ouvre et ferme ses stigmates. Ceci explique comment un Insecte peut résister à la mort, quand on le plonge dans des gaz délétères.
La trachée elle-même est formée de tissu conjonctif tapissé à Tintérieur par un revêtement chitineux. Ce revêtement maintient la trachée béante : il présente ordinairement un épaississement spiral, cependant parfois cet épaississement est grillagé (Grillon). De distance en distance, chez les Insectes bon voiliers, les trachées présentent des dilatations, vrais réservoirs à air, dans lesquels manquent les épaississements spiraux. Outre
les trachées proprement dites, on trouve chez certains Insectes (larves d'Insectes aquatiques) ce qu on appelle des branchies trachéennes. Ce sont des expansions foliacées, dans lesquelles se distribue un réseau excessivement fin de trachées. On ne sait pas encore si toutes les trachées sont anastomosées, ou si certaines présentent des terminaisons libres.
Les trachées qui sont dans Tintérieur du corps se terminent en caecums, ou bien se perdent dans une trame de tissu conjonctif.
Appareil digestif, — L'armature buccale doit d'abord être étudiée, nous en avons déjà vu quelques exemples. Signalons encore celle des Lépidoptères. Elle comprend un labre rudimentaire, une trompe enroulée formée par la soudure des deux mâchoires dont on voit encore lespalpes, des mandibules, et une lèvre inférieure rudimentaire.
Le tube intestinal présente une triple paroi : une externe, conjonctive très mince; une moyenne, musculaire, et une interne, muqueuse, recouverte d'un épithélium ordinairement délicat, mais chitinisé, et présentant des: tubercules dans le gésier des Insectes broyeurs.
Le tube digestif a comme annexes des. glandes salivaires parfois très volumineuses (glandes séricigènes du Bombyx) et des tubes particuliers appelés tubes de Malpighi, qui sont des organes à la fois hépatiques et urinaires. Ils débouchent dans la portion terminale du tube digestif, entre l'estomac proprement dit, ou ventricule chylifique, et Tintestin. Leur nombre varie beaucoup. Ils sont formés d'une mince enveloppe conjonctive tapissée d'une couche de cellules glanduleuses ; au milieu on aperçoit de petits cristaux d'oxalate et d'urate de chaux
et des granulations de taurine. Parfois, le tube est différencié dans une partie de sa longueur pour la fonction hépatique, dans une autre pour la fonction biliaire. On le reconnaît à ce que le tube ne présente la coloration brunâtre, caractéristiques des produits hépatiques, que sur une partie de sa longueur.
Appareil reproducteur. — Les sexes sont séparés chez les Insectes ; les mâles ont deux testicules, deux canaux déférents se réunissant en un seul, le canal éjaculateur. Celui-ci est terminé par un organe de copulation spéciale, le pénis, entouré de pièces chitineuses très compliquées, formant ce qu'on appelle Tarmure génitale, et qui servent à faciliter la copulation. Le pénis vient déboucher surTavant-dernier anneau.
Les Spermatozoïdes ont la forme ordinaire, une tête renflée et une longue queue ; parfois ils s'agglomèrent en masses spécialisées et entourées d'une coque, les spermatophores .
Les femelles possèdent deux ovaires, deux oviductes, un vagin, auquel sont annexés parfois un réservoir séminal et une poche copulatrice. Le vagin vient déboucher sur l'avant-dernier anneau, au milieu d'une armure génitale assez compliquée.
Les ovaires forment des glandes arborescentes : chaque rameau est un tube ovarien. Les ovules prennent naissance dans ces tubes, et se complètent peu à peu dans les voies génitales par l'adjonction d'une coque. Celle-ci est percée d'un ou plusieurs trous (micropyles) pour permettre la fécondation.
L'armure génitale est parfois développée en une armure de défense, comme chez certains Hymnoptères (Abeille); d'autres fois elle forme seulement une tarière
3l8 ZOOLOGIE SPÉCIALE
destinée à faciliter la ponte (^A:ib/i^w;;/o«J. Etudions comme premier type l'aiguillon de l'Abeille. Il est formé d'une gaine (gorgeret) dans laquelle se meuvent deux stylets dentés; dans la gaine vient se déverser le liquide corrosif produit par une glande à venin, glande analogue aux glandes à mucus, qu'on rencontre souvent dans cette région chez d^autres Insectes.
La tarière de l'Ichneumon est formée de deux valves, au milieu desquelles se meuvent deux stylets, qui permettent à ranimai de percer un trou pour déposer son œuf profondément.
Organes lumineux, — Nous ne saurions terminer l'histoire des particularités les plus importantes des Insectes, si incomplète que soit cette étude, sans dire un mot des organes lumineux que possèdent certains d'entre eux, tels surtout que les Lampyrides et les Elatérides. On sait actuellement, grâce aux travaux de M. Raphaël Dubois, que la lumière dans ces organes n'est pas due à une phosphorescence, mais à un phénomène d'histolyse dont est le siège une couche spéciale de cellules.
Ces phénomènes peuvent rentrer dans les fermentations en général.
c. Arachnides.
Cette classe est féconde en groupes microscopiques que nous étudierons tout d'abord : ce sont les Tarâtgrades, les Acariens, les Pantopodesetlts Linguatulides,
I" Tardigrades, — Ces animaux (fig. ioi)sont des animaux réviviscents, comme les Rotifères et les Anguillules déjà étudiés. Ils vivent dans la Mousse des toits et des gouttières. On n'a su longtemps où les classer, cependant leurs quatre paires de pattes semblent devoir les
ranger parmi les Arachnides. Leur corps est obscurément segmenté, les pattes sont courtes, en moignons, armées de griffes ; la quatrième paire est tout à fait à l'extrémité du corps. La bouche présente deux mâchoires stylîformes et est constituée en rostre; le tube digestif, qui lui fait suite, , présente un œsophage musculaire. Le système nerveux se compose de quatre paires de ganglions, les organes des sens se bornent à deux points oculiformes.
2° Acariens. — Les Acariens sont pour la plupart des parasites. On les rencontre sur les Mammifères, les Oiseaux et même les Insectes. C'est au groupe des Acariens qu'appartient le Sarcopte de la gale (Sarcoptes scabiei). On peut d'ailleurs se procurer facilement
des Acariens pour l'é- f». lor. - Tardigr^ie:
tude, en prenant ceux
qui vivent sur les Insectes, particulièrement les Géotrupes, ou bien ceux qui, comme le Tyroglypbits skulus, habitent la croûte des vieux fromages de Gruyère.
Le corps des Acariens est généralement discoïde et globuleux, et on ne distingue pas Tabdomen du thorax ; les téguments présentent fréquemment de longues soies. Les pattes sont au nombre de quatre paires et armées de crochets, ou bien terminées en ventouses. Le système nerveux est constitué par un ganglion unique, les organes des sens font parfois défaut complètement, cependant on troiive quelquefois des yeux. Le système circulatoire manque toujours, et on ne trouve d'appareil respiratoire que dans les espèces non parasites. Ce sont des trachées analogues à celles des Insectes, mais isolées et ne s'anastomosant jamais. 11 n'y a que deux paires de stigmates. Les sexes sont séparés; le mâle est souvent pourvu d'un pénis protractile; la femelle présente, mais tardivement, une vulve.
Ce qu'on étudie le plus souvent chez les Acariens, c'est leur squelette. Pour préparer ce squelette, on fait tremper l'animal dans la potasse caustique à 1 3 pour 100, on lave à l'alcool, à l'essence de girofle, et on monte danis le baume. La taille est rarement assez considérable (Argas) pour qu'on ne puisse monter l'animal en entier, car elle ne dépasse pas généralement i millimètre. Après ce traitement, toutes les parties du squelette se laissent distinguer. Les pattes, au moins chez les Sarcoptides, laissent distinguer cinq articles : la hanche, le trochanter, le fémur, parfois divisé en deux articles, la jambe également divisée parfois en deux, et le tarse.
Le céphalothorax laisse distinguer quatre articles distincts. Le troisième porte, suivant les sexes, la vulve ou le pénis. L'abdomen ne paraît pas segmenté.
L'appareil buccal, quelle que soit sa forme (pour sucer ou pour mordre) se compose toujours de deux mandi-
dernière paire chez les mâles, qui portent seulement des soies raides. Le rostre est large, armé de deux mandibules tranchantes (cbélicères). Les organes sexuels n'apparaissent que tardivement. La forme jeune a d'abord trois paires de pattes, puis quatre. A ce moment apparaît chez les mâles un pénis ; la femelle n'a pas encore de vulve, elle n'apparaît qu'après l'accouplement : elle est surmontée d'un repli des téguments en forme de fer à cheval, appelé sternite.
Ces phénomènes sont d'ailleurs communs à tous les Acariens. On a d'abord une forme hexapode, puis une forme octopode impubère, puis une forme octopode sexuée. Cette dernière phase en comprend même deux chez la femelle : la forme accouplée, où il n'y a encore ni vulve, ni sternite; la forme fécondée, où ces organes apparaissent.
Tyroglypbidés. — A cette famille appartient le Tyroglypbus longior, de forme allongée, etrecouvertde nombreux poils ; il habite les vieux fromages.
Gamasidés. — Ces Acariens, pourvus de trachées, n'ont pas d'yeux. Leurs pattes sont armées de griffes, mais ne possèdent pas de ventouses.
Ixodidés, — Ces Acariens sont pourvus de trachées et d'yeux, ils ont parfois une taille considérable (50"""), comme VArgas persicus, dont la piqûre est très douloureuse.
Trombididés. — Ces Acariens sont libres à l'état adulte , mais parasites à l'état de larves hexapodes. Citons dans ce groupe le ^oz/^^/ ou Lepte automnal, de couleur rouge et à corps très velu.
Hydracbnidés, — Ce sont des Acariens aquatiques à corps lisse et orné souventde dessins de couleurs variées^
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Oribatidés, — Leur squelette est excessivement dur, et leurs pattes sont velues.
3° Pantopodes, — Cesanimaux, appelés encore /^^«cj^onides, vivent dans la mer au milieu des Algues ; les pattes sont excessivement longues, et ont ceci de particulier, /|
qu'elles renferment des prolongements en caecums de l'estomac. L'abdomen est rudimentaire.
4° Linguatulides, — Ce sont des parasites qu'on a longtemps rangés parmi les Vers. Ils habitent Testomac des animaux herbivores à l'état larvaire, les fosses nasales à l'état adulte. Le corps de l'adulte est annelé, et porte deux paires de crochets près de la bouche. Le tube digestif est droit et complet. Les sexts sont séparés.
Les larves ressemblent assez aux formes larvaires des Acariens : c'est pour cette raison surtout qu'on a rangé les Linguatules parmi les Arachnides.
5° Arachnides proprement dits, — Les Araignées, les Scorpions, les Phalangides, les Galéodes, constituent ce groupe ; ce sont des animaux généralement d'une grande taille.
L'étude de Tappareil buccal, chez une Araignée, par exemple, montre qu'il est formé : i° d'une paire de chélicères correspondant aux mandibules des Insectes, chélicères terminées par un crochet articulé creux où vient déboucher une glande à venin ; 2° d'une paire de mâchoires rudimentaires, mais à palpes très développés ; ^'^ d'une lèvre inférieure.
Les yeux sont des yeux simples, ils ont la même structure que les ocelles des Insectes ; ils sont au nombre de huit.
Les pattes sont souvent intéressantes à étudier. Le dernier article, chez les Araignées, est terminé soit par une
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griffe seule, soit par deux griffes accompagnées d'une brosse de soies (scopula). L'avant-dernier article porte souvent à la quatrième paire de pattes deux rangées de soies (calamistrum). Les griffes, la scopula, le calamistrum^ doivent jouer un rôle dans la confection de la toile.
Celle-ci est constituée, on le sait, au moyen de soie qui prend naissance dans les filières. Les filières sont formées de quatre à six mamelons percés de trous nombreux, par où passent les fils de soie produits par une glande spéciale. Au devant de la filière, on trouve chez les Araignées munies d'un calamistrum une plaque criblée, dite cribellum, d'un usage inconnu.
L'appareil respiratoire consiste ordinairement chez les Araignées (comme d'ailleurs chez les Scorpions), en petits sacs aplatis, empilés les uns sur les autres, et dont l'ensemble constitue ce qu'on appelle un poumon : ce n'est qu'une trachée modifiée. Le poumon communique au dehors par un stigmate.
Certaines Araignées n'ont que deux poumons (Dipfîeumones), d'autres quatre (Tétrapneumones) ; celles qui n'ont que deux poumons présentent parfois en outre deux trachées ordinaires (Èpeire). L'appareil digestif à ceci de particulier, que l'estomac, en forme d'anneau, envoie des caecums dans les pattes (chez les Araignées). Il y a, comme chez les Insectes, des" tubes de Malpighi, et de plus, un gros organe, appelé souvent foie, débouche, comme chez les Crustacés, dans l'intestin. C'est plutôt une glande digestive, car l'examen microscopique n'y a fait reconnaître aucun des acideî biliaires.
L'appareil circulatoire consiste, comme chez les Insectes, en un cœur tubuleux dorsal, divisé en plusieur:
ARTHROPODES JÎJ
chambres. Le sang, incolore, renferme des globules amiboîdes. Les sexes sont séparés, les organes génitaux débouchent à la base de l'abdomen. Ce sont chez les mâles deux testicules munis de deux canaux déférents se réunissant en un seul. A l'extrémité de ce canal, on ne trouve pas d'organe copulateur. Ce sont les palpes maxillaires modifiés(fig.
103) qui servent à introduire les Spermatozoïdes réunis en un spermatophore dansune poche séminale que possède la femelle en avant du vagin.
La femelle possède deux ovaires, deux oviductes se réunissant en un seul, et un vagin.
Les œufs des Araignées ont ceci de particulier que la Segmen- Fm. lo,. - P»lf« mixlllii™ d'Arârgn«
tation du vitellus commence non à la périphérie, mais au centre de l'œuf. Le développement est direct. Nos exemples ont été pris seulement chez les Araignées ; ces exemples montrent suffisamment quelles études on peut faire au microscope sur les Arachnides supérieurs.
d. Myriapodes.
Le groupe des Myriapodes présente peu d'intérêt pour le micrographe, quand il aétudié celui des Insectes, Nous ne signalerons donc rien de particulier dans ce groupe.
J26 y i^ni.oCIF. Gl'Éi
Les Bryozoaires confondus d'abord avec les Polypes, furent ensuite réunis avecles Tuniciers, sous le nom de Molluscoîdes ; on en fait aujourd'hui généralement un
groupe à part. Ce sont de petits animaux aquatiques, soit marins, soit d'eau douce, et vivant en colonies. Ces colonies, analogues à des pieds de Mousse, leur ont fait donner leur nom.
Nous prendrons comme exemple la Pliimatelle (fig. 104), qui appartient au groupe des Lopbopodes des Bryozoaires enfoproctes, et qui se trouve fréquemment
dans les eaux douces, fixée sur des plantes submergées, particulièrement des pieds de Nymphœa. Ces animaux forment des colonies, dont chaque individu ou Zoîde, vit dans une gaine cornée ou ^oécie L'ensemble de Taniimal et de sa gaine forme le polypide, La Plumatelle présente autour de la bouche, qui se trouve à l'entrée d une sorte de sac qui constitue le corps de l'animal, un disque ou lophophore, échancré en fer à cheval, et qui porte des tentacules plumeux d'une grande élégance. La •bouche est recouverte d'une petite languette ou épistome, d'où le nom de Phylactolœmates qu'on donne •encore aux Lophopodes (Bryozoaires à lophophore en fer à cheval).
La bouche conduit dans un œsophage cilié, puis dans un estomac assez vaste, qui est retenu au fond de la loge par un ligament (funictile) et par un muscle, qui permet au Polype, quand il se contracte, de se retirer dans la zoécie. L'intestin fait suite, il remonte le long de l'estomac, et vient déboucher à côté de la bouche dans le cercle tentaculaire, d'où le nom d'Entoproctes donné au groupe.
Le système nerveux se compose d'un ganglion unique situé entre Ja bouche et l'anus ; il n'y a pas d'organes des sens.
Les sexes sont en général réunis. Les œufs et les Spermatozoïdes se forment sur le cordon funiculaire aux dépens de cellules mères spéciales. Outre la reproduction :sexuée, il y a une reproduction asexuée, par germes ou staloblastes, qui se forment également sur le funicule.
Le développement n'est pas direct ; il se forme d'abord des larves ciliées, errantes, qui se fixent plus tard en don-
nant un polypide. Celui-ci, en bourgeonnant, reproduit la colonie.
Tous les Lophopodes sont des animaux d'eau douce; dans le même groupe des Entoproctes, on distingue encore les Stebnatopodes , à lophophore circulaire, et auxquels l'absence d'un épistome a encore fait donner le nom de Gymnolœmates, Dans ce groupe, seules les Paludicelles habitent l'eau douce; les autres (Flustres, Tubulipores, etc.) sont marins.
A côté du grand groupe des Entoproctes est celui des Ectoproctes, dont l'anus débouche en dehors du cercle tentaculaire. Tous sont marins (Pédiceliine, Loxosonta, etc.).
MOLLUSdUES ET BRACHIOPODES a. Mollusques.
Dans cet embranchement, nous nous bornerons à l'étude des tissus et des organes ainsi que des formes . larvaires, vu la grande taille des animaux qui le composent.
Les Mollusques ont souvent une coquille, dont la description mérite de nous arrêter quelque temps. Nous prendrons comme exemple la coquille d'un Lamellibranche d'eau douce, facile à se procurer, YAnodonte (fig. 105). Si Ton fait une coupe transversale dans une des valves de cette coquille, on trouve d'abord au dehors une couche cuticulaire, puis au-dessous une couche prismatique, dite couche des colonnettes, et une couche
MOLLUSQUES tT BRACHIOPODÉS 329
feuilletée. Ces deux couches sont formées d'une substance organique, la concbylioline, incrustée de calcaire. C'est la couche feuilletée qui donne à la coquille son aspect nacré; elle repose immédiatement sur l'épithélium externe du manteau, qui est la couche sécrétrice de la coquille.
Le manteau, qui enveloppe tout le corps de l'animal, est formé de tissu conjonctif ; il est tapissé sur ses deux faces d'un épithélium, dont l'interne est vibratiie-
Le tégument des Mollusques est de nature dermomusculaire; on trouve d'abord à sa surface un épithélium entremêlé de nombreuses cellules sensitives spéciales, de forme bàtonnolde ; en dessous, se trouve du tissu conjonctif, renfermant de nombreuses glandes à mucus, et intimement uni au tissu musculaire. Ce tissu musculaire est formé de fibres lisses; on ne trouve
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jamais chez les Mollusques les fibres striées que nous avons trouvées chez les Arthprodes.
Le tissu nerveux des Mollusques est remarquable par l'épaisseur extrême de la gaine de tissu conjonctif qui l'enveloppe ; cette gaine est en continuation directe avec certains muscles, particulièrement chez les Gastéropodes, comme l'a fait remarquer M. Sicard dans son étude du Zonites algirus. Ces muscles ont pour effet d'empêcher les nerfs d'être tiraillés, quand l'animal rentre dans sa coquille ou en sort.
Le système nerveux est formé chez les Mollusques par trois groupes de ganglions : cèrébroides, pèdimx, viscéjj (> ranx; ce n'est plus comme
chez les Vers et les Arthropodes une chaîne ganglionnaire. Les ganglions cèrébroides sont toujours distincts, mais souvent (Gastéropodes) les pédieux et les viscéraux sont agglomérés en une masse unique, que seule KiG, 106, - cngiions pàiieun « l'étude microscoplque permet de débrouiller (fig. 106).
Chez les Gastéropodes, que nous prendrons exemple, les ganglions cérébroides forment ui pair; il en est de même des pédieux; les viscéi ment un groupe impair, composé ordinairement ganglions. Tous ces ganglions sont réunis entre des commissures, qui forment un double collier a l'œsophage. Aux cérébroides sont reliés deu ganglions, dits stomatogastriques, qui servent à la partie antérieure du tube digestif.