TUNICIERS
L'embranchement des Tuniciers, qui comprend les deux groupes des Ascidiens et des Salpiens^ ne présente guère d'intéressant pour le micrographe que les formes larvaires et l'organe respiratoire des Ascidiens, - et les générations alternantes des Salpiens.
Appareil respiratoire des Ascidiens, — La respiration se fait par des branchies ; ces branchies, qui tapissent le pharynx, ont la forme d'un grillage. Chacun des barreaux de ce grillage, soutenu par un squelette chitineux et traversé d'un canal, est recouvert d'un épithélium vibratile.
Larves d' Ascidies , — Les larves d'Ascidies (fig. 109)
ont ceci de particulier qu'elles bryons des Ampbioxus, les pli ce qui a une grande importanc nique. L'œuf, aprèssegmentation, donne naissanceàune gastrula, puis celle-ci s'allonge et il apparaît sur un des côtés un sillon, dit sillon dorsal ou gouttière prim iti ve, qui, par soudure de ses bords, donne naissance à un tube nerveux. En même temps, en dessous de ce tube nerveux apparaît un cylindre hyalin cartilagineux, qui est l'équivalent de la notocorde des Vertébrés, etqu'on appelle Vurochorde. L'embryon en se développant subit des métamorphoses régressives ; la partie caudale, qui contient le tube nerveux et la notocorde, tombe (sauf chez les Appendiculaires) et le système nervi ganglion de peu de volume.
Salpiens. — Les Salpiens pré formes solitaires dépourvues formes agrégées sexuées ; parft générations asexuées sont int tions sexuées. Les Salpiens se tent pas ces larves si remarqu;
donné naissance à la théorie de la descendance ascidienne 1 des Vertébrés.
Ces animaux sont toujours d'une taille trop considérable pour que Ton étudie un organisme ou niême un appareil en entier, et nous n'aurons plus beaucoup de choses à en dire, ayant pris dans ce groupe la plupart de nos exemples pour l'étude des tissus. Nous aurons cependant à étudier les téguments, avec leurs productions, peau et muqueuse, les dents, et les organes des sens, ou plus généralement les terminaisons nerveuses,
Téguments. — i" Mammifères, — Nous prendrons comme exemple la peau d'un Homme par exemple ; mais la peau de tout Mammifère aurait une structure identique (fig. 1 10).
On distingue dans cette peau deux coucjies : Vépiderme et le derme, L'épiderme lui-même peut être divisé en deux couches : la couche cornée, et le réseau de Malpighi; de même, le derme se divise en derme proprement dit, et tissu conjonctif sous-cutané,
L'épiderme est un épithélium stratifié, formé de nombreux étages de cellules. Les étages supérieurs sont constitués par des cellules aplaties et de consistance cornée, qui s'exfolient peu à peu à la surface, en pellicules furfu racées.
Ces étages supérieurs se renouvellent sans cesse, aux dépens de la couche profonde dite couche de Malpighi,
VERTEBRES Î37
et qui est formée de cellules arrondies à protoplasmn granuleux et à noyau net. Ces cellules sont souvent imprégnées de pigment : dans la peau entière pour les personnes d'une autre race que la race blanche, et particulièrement chez les nègres; dans certaines régions seulement (mamelon, scrotum, etc.), pour les personnes de
race blanche. Le derme est un tissu conjonctif, renfermant des fibres élastiques, fl est hérissé de nombreuses papilles, renfermant souvent des terminaisons nerveuses particulières (corpuscules du tact), que nous étudierons plus tard. Ces papilles pénètrent dans la couche de Malpighi où elles s'enfoncent. Le derme secontinue insensiblement avec le tissu cellulaire sous-cutané, de structure plus lâche et renfermant dans ses mailles de nombreuses cellules adipeuses.
Outre les corpuscules du tact, le derme renferme encore dans son épaisseur, mais ce sont des productions épidermiques, des glandes (glandes sudoripares et glandes sébacées) et des follicules pileux ; ces derniers P. donnent naissance à des poils.
if
^: Les glandes sudoripares, ou glandes qui sécrètent la
y-- sueur, sont des glandes en tubes. Le tube, dont la di-
rection générale est perpendiculaire à la surface de la peau, est pelotonné dans le tissu conjonctif sous- |{ cutané, en un glomérule, puis il traverse le derme et
V;; répiderme en s*enroulant légèrement en spirale, et il
ïv vient déboucher dans un sillon de Tépiderme, où il
^' ^ forme ce qu'on appelle vulgairement un pore. Les glandes
;'- sudoripares sont constituées par de simples invaginations
[; épithéliales.
'.:\ Les glandes sébacées sont des glandes qui sécrètent
%■' ' un produit gras et onctueux (sébum), qui vient se répan-
: • , dre à la surface de la peau. Ce sont aussi des glandes
formées par la simple invagination de l'épiderme ; elles sont en culs-de-sac, soit simples soit ramifiés. Le sébum qu'elles contiennent provient de la fonte des éléments épithéliaux. Elles accompagnent d'ordinaire les follicules pileux; parfois cependant (mamelon), elles s'ouvrent directement, à la surface de la peau. Les follicules pileux donnent naissance aux poils que nous allons étudier actuellement ainsi que les ongles.
Ongles, — L'ongle est une modification de la couche cornée de l'épiderme. Il est formé par des cellules particulières, constituant dans leur ensemble ce qu'on appelle la niairice de l'ongle, et qui appartiennent à la couche de Malpighi. Le derme au-dessous présente des papilles vasculaires disposées en crêtes, dont l'existence se révèle
VERTEBRES 339
au dehors par les fines stries longitudinales, qui donnent à la surface de Tongle un aspect cannelé.
Si Ton fait une coupe transversalede la peau dans la région d'un ongle, on trouve : i° une couche épaisse de cellules aplaties etkératinisées, c'est le corps de Tongle dont on peut isoler les cellules et même faire apparaître les noyaux par Tébullition dans la potasse; 2** la couche muqueuse de Malpighi; 3° le derme avec ses papilles vasculaires.
Les griffes ne sont quedesonglesrouléssureux-mémes.
Poils. — Les poils sont produits dans de petits follicules, où débouchent ordinairement une ou plusieurs glandes sébacées^ et où s'insèrent de petits faisceaux musculaires traversant le derme et qui peuvent faire hérisser le poil par leur contraction (muscles horripilaleurs). Le corps du follicule est formé de tissu conjonctif hyalin, qui est distingué par cela même du derme qui l'environne. Il est tapissé à l'intérieur par une invagination de répiderme : 1° couche vaginale externe ^ covrespondant à la couche de Malpighi; 2* couche vaginale interne, correspondant à la couche cornée. Cette dernière^ par suite de la forme des cellules, peut elle-même se diviser en deux, couche de Henle (cellules arrondies) et couche de Huxley (cellules polyédriques) ; cette derest la plus interne et appliquée sur le poil. Celui-ci naît sur une papille très vasculaire, placée au fond du follicule. Dans une coupe longitudinale du follicule, on distiugue de dehors en dedans : i® la gaine conjonctive; 2** la gaine vaginale externe; 3° la gaine de Henle; 4° la gaine de Huxley.
C'est la gaine vaginale externe correspondant au corps muqueux qui constitue presque toute la papille du poil. La matrice des produits épidermiques, ongle ou poil,
Pl^'^:.
Rs^*
est donc toujours formée par des cellules de la couche malpighienne.
Le poil lui-même comprend : i** un épidermicule ou cuticule, formé de cellules aplaties en écailles et imbriquées les unes sur les autres, continuation de la gaine de Huxley réfléchie ; 2"" une couche corticale^ formée de petites cellules serrées et pigmentées, continuation de la couche malpighienne; y une substance médullaire qui manque parfois (Porc), et qui fortement pigmentée donne I le plus souvent au poil sa couleur.
*: La peau de tous les Mammifères est à peu près iden-
^ tique ; seuls, les poils diffèrent. Sur un même animal, ils
f"- ne diffèrent guère qu'en grosseur (jarres et duvet), mais
I sur des animaux différents, on a des modifications par-
-;.' fois assez considérables. La laine du Mouton présente
%■ des poils simples, sans moelle, à cellules de 1 épidermicule
t fortement imbriquées. Les poils du Lapin sont minces et
t ont une large moelle très régulièrement cloisonnée; les
• poils de Chat sont à peu près identiques, mais à cloisons
\ médullaires plus rapprochées.
V Les poils de la Chauve-Souris sont articulés et ont
l'apparence d'une série de clochettes à bords dentelés, empilées les unes sur les autres et enfilées sur un axe mince, terminé par unegrosse nodosité, surmontée d'un pinceau de poils.
2° Oiseaux. — La seule différence à signaler dans les téguments, c'est Tabsence de glandes sébacées et la présence de plumes au lieu de poils.
Les plumes sont formées d'une tige axiale, portant latéralement des ramifications ou barbes. Les barbes exa- ■*^ minées au microscope se montrent comme portant elles-
mêmes des barbules.
y Reptiles, — Les écailles qui recouvrent les téguments sont des productions épidermiques.
4° Batraciens. — La peau y est nue ; elle renferme dans son épaisseur de nombreuses glandes à mucus.
5"* Poissons. — Les téguments ont ceci de particulier que les écailles sont de provenance dermique; elles se développent par l'ossification de papilles larges et aplaties, et sont recouvertes plus ou moins par l'épiderme.
MuQjUEUSES. — Les muqueuses sont de structure analogue à la peau, mais leur épithélium, correspondant à l'épiderme au lieu d'être formé de cellules aplaties, est formé de cellules allongées qui peuvent parfois être vibratiles (trachée). Elles présentent parfois, comme sur la langue, des papilles nombreuses, divisées d'après leur forme en filiformes^ fongiformes, caliciformes, papilles qui renferment, soit des anses vasculaires, soit des terminaisons nerveuses. Ces muqueuses offrent souvent dans leur épaisseur des glandes, soit à mucus (muqueuse buccale), soit, particulièrement dans le tube intestinal, jouant un certain rôle dans la digestion, comme les glandes gastriques et les glandes de Lieberkûhn. Ce sont de simples glandes en tubes, soit simples, soit ramifiées, et dues simplement à une invagination de Tépithélium.
Dents. — Les dents proprement dites, que présentent les Mammifères supérieurs, offrent à Thistologiste quatre sortes de substances à étudier : la dentine, ou ivoire, qui forme la masse générale de la dent; Vémail, qui recouvre la couronne de la dent; le cément, qui recouvre la racine, et la pulpe dentaire, qui remplit la cavité de la dent.
La dentine est une substance osseuse, parcourue par de fins canalicules, qu'on ne peut voir que dans les coupes sèches ou montées à la glycérine. Ces canalicules.
parallèles dans la région qui entoure la cavité de la dent, émettent bientôt de nombreuses branches anastomotiques, qui forment un réseau. On n'a découvert dans la dentirie aucune trace de corpuscules.
L'émail est formé de nombreux prismes juxtaposés, perpendiculaires à la surface de la dent. Sur une coupe transversale, l'ensemble de ces prismes forme une mo- J saïque; sur une coupe longitudinale, on aperçoit une série de bandes parallèles légèrement ondulées.
La surface externe des prismes d'émail est recouverte d'une sorte de cuticule anhiste, excessivement dure.
Le cément a la structure ordinaire des os.
La pulpe dentaire est composée de tissu conjonctif , très vasculaire et très riche en nerfs. Il est rare que les dents présentent une complexité aussi grande, qui se rencontre, par exemple, chez l'Homme. On distingue les dents en bicortiquées (à dentine recouverte d'émail et de cément), et en cortiquées (à dentine recouverte d'émail seulement, comme chez quelques Poissons, ou de cément seul, comme chez les Reptiles, sauf les Sauriens). Ces deux groupes de dents forment les dents stéganosomes ; on a encore les dents gymnosonws, formées de dentine seule (la plupart des Poissons). Ces différences correspondent le plus souvent à des différences dans le mode de formation; ainsi la plupart des dents stéganosomes naissent dans un follicule (dents cysiigénètes), et toutes les dents gymnosomes se forment comme une simple excroissance (dents phanérogénètes).
Enfin, à côté des dents, on peut placer ce qu'on . appelle les odontoîdes, qui sont de simples productions épidermiques cornées, et qui existent seuls parfois (Oiseaux, Ornithorynque, Échidné, Lamproie).
Pour faire Tétude des dents, on en fait des coupes par les procédés que nous avons déjà indiqués pour les os. On monte les préparations à sec ou dans la glycérine, les autres liquides ayant pour effet de rendre invisibles les canalicules de Ti voire.
Terminaisons nerveuses. — Les plus importantes à étudier sont celles qui caractérisent les organes des sens ; nous étudierons ensuite les corpuscules de Pacini et les plaques terminales m otr ices .
i** Organe de la vision. — La partie qui nous intéresse ici spécialement, c'est la membrane sensible, la rétine. On y distingue histologiquement jusqu'à dix couches, qui sont, en allant de l'humeur vitrée vers la choroïde : la membrane limitante interne, la couche des fibres du nerf optique, la couche des cellules nerveuses, la couche granulée interne, la couche granuleuse interne, la couche granulée externe, la couche granuleuse externe, la membrane limitante externe, la couche des bâtonnets et des cônes, et la couche pigmentaire.
La couche véritablement sensible et qui présente les terminaisons nerveuses, c'est la couche des bâtonnets et des cônes, appelée encore membrane de Jacob.
Les bâtonnets sont des corpuscules cylindriques allongés, étroits, qu'on peut diviser en deux segments; on a d'abord un premier segment plus large et d'un aspect granuleux appliqué contre la membrane limitante externe, puis un deuxième segment plus étroit, transparent et incolore, dont l'extrémité touche la couche pigmentaire.
Les cônes ressemblent aux bâtonnets, sauf que leur segment granuleux est renflé en poire. Tous ces éléments, bâtonnets et cônes, sont rangés les uns à côté des autres,
344 ZOOLOGIE Sl>ÉCIALE
et tapissent toute la rétine, mais plus particulièrement une région centrale, appelée tache jaunes où de plus les cônes sont surtout abondants.
Chaque cône et chaque bâtonnet reçoit une fibrille nerveuse, qui part de la couche des cellules nerveuses. Ces cellules ne sont autres que des renflements ganglionnaires des fibres du nerf optique, renflements qui, nous avons déjà eu occasion de le voir, précèdent toujours une terminaison nerveuse sensitive.
Pour préparer une rétine pourTétude, on plonge le globe occulaire coupé en deux par une section équatoriale, dans une solution aqueuse faible de chloral(i*'' pour 40*0» ^" ^'y l'hisse une demi-heure. On le transporte ensuite dans la liqueur de MûUer (eau 100^,^ bichromate de potassium 2^^,50, sulfate de sodium i^). Quant la rétine est assez durcie, on la coupe en morceaux) et on place ces morceaux dans une goutte d'eau distrllée, disposée à la surface d'une plaque de caoutchouc. On éponge l'excès d'eau et on fait des coupes en se servant de son rasoir comme d'un hachoir. On colore les coupes au carmin (on laisse quelques minutes) ou au Weu d'aniline (on laisse trois heures). On monte dans la glycérine légèrement acidifiée.
2° Organe de l'ouïe. — Les terminaisons nerveuses sont ici de deux sortes : celles qui viennent se faire dans les ampoules du labyrinthe, et correspondent aux poils auditifs, ébranlés par les vibrations de l'endolymphe et des otolithes qu'elle contient (ces terminaisons existent chex tous les Vertébrés) et celles qui forment ce qu'on appelle y organe de Corti, et qui n'existent que chez les Verté-^ brés pourvus d'un limaçon.
L'organe de Corti se trouve localisé dans la rampe-
moyenne du limaçon divisé en trois rampes : rampe ves^ titulaire, rampe mayetine, et rampe tympanique. Pour l'étudier, on prend par exemple un limaçon de cobaye, on le traite à l'acide picrique jusqu'à décalcification, puis à l'alcool ; on fait alors des coupes perpendiculaires à Taxe de la spire, et Ton colore à l'hématoxyline, puis on monte dans le baume, après avoir éclairci par un mélange de térébenthine et de créosote. On voit alors que chaque tour du limaçon est divisé en trois canaux (rampes) par deux membranes. L'une, la membrane de Reissner, sépare la rampe vestibulaire (cor- 1- respondant à la fenêtre ovale) de la rampe moyenne ; Tautre, la membrane basilaire, sépare la rampe moyenne de la rampe tympanique. C'est la membrane basilaire qui supporte l'organe de Corti. Celui-ci est formé d'une série de piliers arcs-boutés deux à deux (piliers de Corti) i et formant par leur ensemble une sorte de tunnel. Ces 1^ piliers, d'une longueur décroissante d'un bout à l'autre I de la spire du limaçon, supportent des cellules ciliées i (cellules ciliées externes sur le pilier externe, cellules [' ciliées internes sur le pilier interne), et qui, en communi- 1 cation par les dernières fibrilles du nerf acoustique avec > le cerveau, servent à lui transmettre les vibrations de l'organe de Corti.
y Organe de Vodorat, — Si Ton fait une coupe de la f muqueuse nasale, on aperçoit entre les cellules épithéliales cylindriques, des cellules en bâtonnets, à prolongements hyalins, qui dépassent Tépithélium. Ce sont les cellules olfactives, en relation, par des prolongements ; variqueux et ramifiés, avec le nerf olfactif. ', 4** Organe du goût. — Le sens du goût réside dans les
' papilles de la langue, où viennent se ramifier les der-
nières terminaisons du lingual et du glosso-pharyngien. Généralement, on ne trouve pas là de terminaisons nerveuses spéciales; cependant, chez le Lapin, il faut signaler Vorgane folié. Si Ton fait une coupe passant par une papille foliacée, on trouve dans la muqueuse des dépressions en forme de bouteilles, renfermant des cellules allongées, se terminant en bâtonnets dont l'extrémité sort par le goulot de la bouteille.
5° Organe du toucher. — Le sens du toucher est localisé dans des papilles, qui renferment des corpuscules particuliers, dits corpuscules du tact. Ce sont des corpuscules ovoïdes de tissu conjonctif, au milieu desquels vient se terminer, en se contournant en spirale, une fibre nerveuse. On distingue les corpuscules de Meissner et ceux de Krause.
6** Organes latéraux des Poissons. — Ces organes, probablement sensitifs, se trouvent le long du corps, où ils constituent la ligne latérale. Ils consistent en tubes s'ouvrant au dehors, et venant aboutir au fond à un bouton, formé d'une agglomération de cellules pyriformes, terminées par des cils raides très fins. Ces cellules sont richement innervées.
7° Corpuscules de Pacini. — On trouve dans le mésentère de certains animaux (Chat) des terminaisons nerveuses d'un usage inconnu (fig. ii i) : ce sont les corpuscules de Pacini. Pour constituer un de ces corpuscules, une fibre nerveuse à myéline perd peu à peu sa gaine myélinique, en même temps que la membrane conjonctive augmente considérablement d'épaisseur. De la sorte le corpuscule se compose, au centre d'un cylindreaxe, terminé par un petit bouton, à la périphérie d'une J membrane conjonctive épaisse, formée de plusieurs \
VERTEBRES J47
couches concentriques, et constituant un petit cylindre hyalin tout autour du cylindre-axe. Pour bien voir les corpuscules, on les traite par le nitrate d'argent à 5 pour 100, puis on expose à la lumière et on monte à l'eau : la préparation ainsi faite est difficile à conserver ; on peut monter à la glycérine après avoir traité par le chlorure d'or, ou l'acide osmique.
8° Plaques terminales. — On appelle ainsi laterminaison spéciales des nerfs moteurs dans les muscles. Au moment de la terminaison (fig. 112), le nerf perd sa gaine de myéline, et se réduit au cylindre-axe et à sa membrane conjonctive ; cette dernière s'étale à la surface du sarcolemme avec lequel elle ne tarde pas à se confondre ; quant au cylindre-axe, il va se perdre au milieu d'un amas granuleux rempli de noyaux.
Les plaques terminales sont surtout visibles, après un traitement aif chlorure d'or.
4r ri
Nous arrêterons là cet examen microscopique des animaux, dont nous avons suivi, comme pour les végétaux, la série ascendante. Le résultat de cette étude a été non seulement de nous faire connaître la constitution cellulaire de tous les êtres, les plus simples comme les plus compliqués, mais encore de nous montrer la ressemblance complète des mêmes tissus dans les animaux les plus variés (muscles des Vertébrés et des Arthropodes par exemple). Nous avons vu de plus que le point de départ commun à tous les animaux est une cellule, cellule dont révolution est poussée plus ou moins loin, mais qui, par la constance des caractères de ses différenciations primitives, semble bien indiquer une même origine pour tous les animaux.
Mais si nous nous rappelons que les Protistes ne diffèrent pas au fond de certains Myxomycètes, nous serons conduits non plus seulement à l'idée d'une forme primitive végétale unique, et d'une forme primitive animale unique, mais encore à l'idée d'une forme primitive unique pour les deux règnes; et nous serons amenés ainsi à considérer à la base des êtres vivants, non pas même une cellule dont nous avons vu la constitution si complexe, mais le protoplasma amorphe, cette base physique de la vie, comme l'appelle Huxley. C*est ainsi qu'indépendamment des connaissances plus particulièrement positives que peuvent nous donner les études microscopiques, ces études nous conduisent égalementaux vues pilosophiques les plus élevées, ce qui est le véritable but de la science.
l'IN