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1° Baume de Canada. — Employé rarement, si ce n’est pour les diatomées et les objets fort opaques. On conserve avec avantage le baume du Canada dans un flacon, de forme particulière, représenté dans la figure 187 ci-contre.

2° Styrax et Liquidambar. Nous avons introduit ces deux substances dans la technique microscopique en i883(’), en remplacement du baume du Canada. Elles ont été promptement adoptées par les diatomistes qui actuellement n’emploient plus le Baume de Canada qui, au bout d’un certain temps, jaunit et se résinifie tandis que les nou- Fig. 187. veaux produits se conservent inaltérés et deviennent,

par l’âge, absolument incolores.

Le styrax est le Baume donné par le Liquidambar Orientalis Mill. de l’Asie mineure et le Liquidambar est fourni par le Liquidambar Styraciflua L. de l’Amérique du Nord.

Nous donnons ici la note complémentaire que nous publiâmes sur ces médiums, en juillet 1884.

« Depuis la publication de la note que nous eûmes l’honneur de présenter à la Société dans le courant de l’année dernière, les nouveaux produits que nous fîmes connaître ont trouvé le meilleur accueil auprès des micrographes. Les diatomophiles les plus compétents emploient aujourd’hui exclusivement le styrax et de nombreuses notes ont été publiées en Allemagne, en Amérique, en Angleterre et en Erance, pour en recommander l’emploi.

a ... De nombreux médiums, écrit le célèbre préparateur A. C. Cole (^), tels que le phosphore, la naphtaline monobromée et d’autres, ont été essayés, mais il est inutile d’entrer dans des détails sur ces substances, depuis que le résultat cherché a été obtenu il y a quelque temps par le D^ Van Heurck, qui a réussi à trouver dans le styrax, un admirable remplaçant du baume de Canada, On trouvera probablement que les diatomées montées dans le styrax sont moins sujettes

(1) Bulletin de la Soc. belge de microscopie, 3o Juin i883.

(2) A. C. Cole, The methods of microscopical research., Londres 1884.

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à s’altérer que celles préparées au baume de Canada. Ce dernier medium devient résineux au bout d’un certain temps et les couvreobjets se détachent du medium ; de là, les reflets irisés qu’on remarque souvent dans les préparations, et qui sont non seulement déplaisants à l’œil, mais indiquent aussi l’altération. Le styrax, au contraire, peut être considéré comme complètement permanent et inaltérable. Le styrax purifié contient une substance granuleuse qui doit être éliminée par une dissolution dans le chloroforme et une filtration subséquente. La solution de styrax, ainsi obtenue, est employée comme la solution de baume de Canada, mais la première est beaucoup plus facile à employer et ne donne pas lieu à la production de bulles d’air, etc... »

« M. Dippel (M a également recommandé le styrax et M. Grunow (^) constate que les formes difficiles, préparées au styrax, montrent les détails presqu’aussi bien que dans les préparations à sec, qui sont aujourd’hui généralement condamnées à cause de l’altération qu’elles subissent inévitablement au bout de peu de temps.

« M. Kitton (3) a démontré que le styrax montre nettement, dans certaines diatomées (par exemple, dans le Polymyxus coronalis, Bail.), des détails de structure qui ne sont visibles ni dans les préparations à sec, ni dans celles faites au baume de Canada. Le même diatomographe recommande le styrax pour la préparation des tiges ligneuses, des insectes, etc., et M. le professeur Strasburger (^) recommande le même produit pour les diatomées et pour rendre visibles les détails du noyau des cellules végétales, préalablement coloré par l’hématoxyline. La solution de styrax dans le chloroforme, écrit ce savant botaniste, possède l’indice élevée de i.63; la coloration de l’hématoxyline s’y conserve très bien, le cystoplasme devient invisible, tandis que les détails du noyau apparaissent avec la plus grande netteté (^).

« Le styrax est donc appelé à jouir un rôle considérable dans le laboratoire du micrographe et nous sommes heureux de pouvoir faire connaître aujourd’hui une nouvelle qualité de cette substance : bien loin de se colorer davantage par le temps et la lumière comme le fait le baume de Canada, les préparations au styrax deviennent au contraire absolument incolores. Pour la publication de nos « types de diatomées » (publication arrivée aujourd’hui au n° 27$), nos

(1) Dippel, Botanische centralblatt, i883.

(2) Grunow, Botanische centralblatt, i883.

(3) Kitton, Science Gossip, i883.

(4) E. Strasburger, Das botanische Practiciim, léna 1884,

(5) E. Strasburger, Das botanische Practiciim, léna i885.

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préparateurs ont déjà confectionné plusieurs milliers de préparations et nous constatons qu’aujourd’hui les premières séries sont absolument décolorées. Cette décoloration confirme l’utilité de notre recommandation d’exposer le styrax brut pendant quelque temps à l’air et à la lumière.

« Dans notre note précédente, nous avons exprimé le regret que le liquidambar, qui surpasse le styrax en beauté, facilité de maniement et élévation de l’indice, ne pût être obtenu en Europe. Depuis lors, grâce aux recherches d’un de nos meilleurs amis, M. le D*" José Clairac, chef du laboratoire d’histologie de l’hôpital militaire de la Havane, nous avons pu obtenir le liquidambar brut en quantité.

(' Dans cet état, le liquidambar se présente sous forme de masse pâteuse, grisâtre, contenant de nombreux fragments de bois et d’écorce; il est très semblable, pour l’aspect, au styrax brut.

« Le liquidambar brut doit être traité à chaud, au bain-Marie, par un mélange à parties égales de benzine véritable de la houille et d’alcool absolu {^). La solution est filtrée et évaporée à une température telle, que la masse devienne légèrement cassante à environ 10° (^). On reprend ensuite la masse par le même dissolvant que ci-dessus, La solution doit être très fluide.

« Quoi qu’il en soit, voici comment nous employons actuellement les solutions de styrax et de liquidambar.

« Nous commençons par placer les couvre-objets sur une grande plaque de verre, et sur chacun d’eux nous plaçons à l’aide d’une pipette une large goutte d’eau distillée sur laquelle nous laissons tomber doucement une goutte du liquide diatoméifère (^). Les diatomées s’éparpillent dans la goutte d’eau distillée, qui, au besoin, est remuée délicatement.

« Les couvre-objets ainsi chargés de diatomées sont recouverts d’une cloche de verre et abandonnés à l’évaporation spontanée.

« Lorsque celle-ci est parfaite, les couvre-objets, pris un à un, sont chauffés au rouge sur une lame de platine, puis remis sur la grande plaque de verre ; ils reçoivent ensuite une goutte d’une solution très fluide de styrax ou de liquidambar et sont de nouveau abandonnés sous la cloche à l’évaporation.

« Peu d’instants après la couche blanchit, mais on n’a pas à s’in-

(1) Nos dernières recherches nous ont démontré que ce mélange est également le meilleur dissolvant du styrax. La benzine ou l’alcool pris isolément ne suffisent pas.

(2) Sans cette opération préalable les préparations ne durciraient pas.

(3) . Nous conservons nos diatomées dans de l’alcool que nous décantons avant l’emploi et remplaçons par de l’eau distillée.

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quiéter de ce phénomène (qui n’arrive pas avec la solution dans le chloroforme) et au bout de vingt-quatre heures, la benzine est complètement évaporée. Le couvre-objet est alors placé sur le porteobjet et chauffé faiblement, de préférence sur un bain-Marie. Une légère pression, à l’aide d’une presselle, chasse les bulles d’air, s’il y en a, ainsi que le medium superflu que l’on enlève après refroidissement.»

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