‹ Le microscopeChapitre 107 sur 129 · yVlÉDIUMS CHIMIQUES · texte numérisé non relu

yVlÉDIUMS CHIMIQUES

\° Monobromure de Naphtaline. — Le monobromure de Naphtaline a été introduit dans la technique microscopique en 1880 par M. le Prof. Abbe.

Cette substance, qui se montre sous forme d’un liquide incolore, oléagineux, rappelant l’odeur peu agréable de la naphtaline — mais à laquelle on s’habitue facilement — a pour indice i,658. On l’emploie pour la préparation des diatomées, de même que pour liquide d’immersion pour l’objectif de O. N. 1.60.

La naphtaline monobromée n’est pas volatile, mais elle très légèrement irritante pour les yeux ; il faut donc avoir soin de ne pas les toucher avec les doigts pendant qu’on manie ce liquide.

La naphtaline monobromée dissout la plupart des corps résineux. Il faut donc fermer les préparations, par quelques couches de colle forte liquéfiée et lorsque cette dernière est bien sèche donner, postérieurement, au dessus, quelques couches d’une épaisse solution de gomme laque.

La naphtaline monobromée, de même que les autres milieux chimiques dont il sera question ci-après, s’emploie spécialement pour les diatomées.

Un corps quelconque plongé dans un liquide est d’autant plus visible qu’il y a plus de différence entre leurs indices de réfraction respectifs.

On admet que l’indice de la silice des diatomées est i.qS.

L’indice de l’eau est i.33, la différence entre les deux indices, soit donc 10 exprime la visibilité des diatomées dans l’eau.

Le baume de Canada a pour indice i.Sq, la visibilité correspondante est donc 11.

Le styrax pur a 1.6, par suite la visibilité est 17.

Le monobromure ayant 1.66, la visibilité est 22.

2® lodure de Méthyle. L’iodure de méthyle est un liquide incolore, très dense (2,27 à 22°) un peu volatil, et dont l’odeur rappelle celle du chloroforme, et, en même temps, un peu l’iodoforme.

L’indice de réfraction est i ,743 et, par suite la visibilité est 3 1 .

En saturant l’ioduie de méthyle de soufre l’indice monte à 1,787, on n’a donc pas moins de 36 pour visibilité.

MÉDIUMS CHIMIQUES

L’iodure de méthyle est destiné a jouer un rôle notable en micrographie. Il servira de liquide d’immersion pour le prochain objectif à haut indice qui sera construit par la maison Zeiss, à moins que d’ici là on ne découvre un liquide à indice encore plus élevé, ce qui est peu probable.

3° Médium à haut indice 2.4. ou médium arsenical. C’est en 1884, que notre ami M. le professeur H. L. Smith, fit l’importante découverte de son medium jaune à haut indice. Ce n’est pas sans raison que nous qualifions cette trouvaille « d’importante », il faut en effet, s’occuper de l’étude des diatomées et avoir constaté combien était difficile, je dirais volontiers, presque impossible, l’étude de la striation des formes minuscules, pour apprécier quel service le savant américain a rendu aux diatomographes.

Le médium jaune du professeur Smith, est du réalgar dissous dans le bromure d’arsenic. Ce n’est point toutefois le produit qu’on entend dans le commerce sous le nom de réalgar, c’est-à-dire la substance à cassure vitreuse, d’un jaune brunâtre et opaque ; mais bien l’espèce Réalgar des minéralogistes, d’un beau jaune rougeâtre et parfaitement transparente.

M. H. L. Smith, lorsqu’il nous fit connaître la formule de son medium, produisait ce réalgar en fondant deux parties de soufre et une partie d’arsenic métallique et en maintenant la masse en fusion, au rouge, pendant plusieurs heures.

Après avoir ainsi fait le réalgar, à plusieurs reprises, nous apprîmes qu’on pouvait obtenir ce produit plus facilement, et en même temps plus beau, en fondant ensemble une partie de soufre et 1,7 parties d’acide arsénieux, dans une cornue, et en élevant la température jusqu’au point où le produit distille. Le réalgar ainsi obtenu, par distillation, présente tout à fait l’aspect de l’espèce minérale.

Ce réalgar est ensuite dissous à chaud dans un tube à réaction, dans du tribromure d’arsenic obtenu également par distillation, et l’on produit ainsi un liquide sirupeux, d’un jaune verdâtre, presque noir quand on le voit en masse.

Les diatomées étant fixées au couvre-objet par dessiccation, on les recouvre d’une goutte de medium liquide, on le retourne sur la lame et cette dernière est fortement chauffée à la lampe à alcool. Des bulles de fort volume se produisent et le médium devient d’un rouge foncé en même temps que le bromure d’arsenic se volatilise.

Lorsqu’il ne se forme plus guère de bulles et que le bromure d’arsenic est complètement volatilisé, on cesse de chauffer, on appuie légèrement sur la lame et on laisse refroidir très lentement.

En se refroidissant, le médium perd sa couleur rouge et finalement, n’a plus qu’une teinte jaune pâle.

MÉDIUMS CHIMIQUES

Tel est le mode opératoire, il n’est pas difficile, mais il faut se mettre à l’abri des vapeurs dangereuses qui se dégagent pendant l’opération.

Le médium préparé, suivant la façon indiquée ci-dessus, a deux inconvénients graves : d’abord le liquide s’altère très promptement, et on ne peut guère le conserver que dans des tubes scellés à la lampe ; ensuite les deux tiers des préparations se gâtent, souvent très rapidement, sans qu’on puisse trouver la cause de cette altération.

Pour remédier à ces défauts, nous avons fait des essais nombreux, et nous avons enfin trouvé un mode de préparation qui donne un produit solide, se conservant sans altération dans un flacon bouché à l’éméril ; les préparations que nous en avons faites, se sont conservées également jusqu’ici en parfait état.

Voici comment nous préparons notre produit.

Dans un ballon ou matras en verre on fait dissoudre 3o parties en poids de fleur de soufre dans lo parties de brome et l’on obtient ainsi une solution de soufre dans le bromure de soufre (S^ Br^).

Après combinaison parfaite, on ajoute i3 parties d’arsenic métallique réduit en poudre impalpable et l’on chauffe jusqu’à ce que l’arsenic soit complètement dissous.

La masse est ensuite versée dans une capsule de porcelaine et chauffée à feu nu, en remuant constamment à l’aide d’une baguette en verre, jusqu’à ce qu’une gouttelette, refroidie, soit très cassante.

A ce moment on verse le medium sur une assiette froide, en l’éparpillant ; après refroidissement on divise la masse en fragments que l’on conserve dans un flacon bouché à l’émeri.

Le produit, qui forme une belle masse vitreuse d’un jaune verdâtre, est ce que nous nommons le premier degré.

L’indice de réfraction est Nd = 2.i2o3 soit donc 2.12, d’après la mensuration qu’on a eu l’obligeance d’en faire dans les ateliers de M. Zeiss.

En chauffant plus longtemps jusqu’à ce que la masse devienne • très épaisse, on obtient :

Nd = 2.2534 donc 2.25.

Pendant la préparation de l’objet, une partie du soufre se volatilise, et, en chauffant convenablement, l’indice peut monter à 2.4.

Ces deux produits peuvent s’employer tels quels, mais ils sont, surtout le second, assez difficiles à fondre, on peut, si l’on veut, au moment de l’emploi les dissoudre préalablement dans un peu de bromure d’arsenic, mais alors on peut rencontrer les inconvénients du du médium primitif du professeur H.-L. Smith.

Nos observations montrent que les préparations au médium arsénical ont la plus grande tendance à s’altérer. Pour les conserver intactes il faut observer les points suivants : . . -

1. Les préparations doivent doivent être faites par un temps très sec, en plein air et au soleil.

2. Le médium arsenical doit être chauffé jusqu’à ce qu’il se fendille plus ou moins par le refroidissement.

3. Les préparations doivent être achevées très rapidement, les covers et les slides doivent être chauds au moment de l’application du medium.

4 Sitôt la préparation achevée et pendant qu’elle est encore tiède on doit appliquer une épaisse couche de gomme laque autour du cover.

5. Les préparations doivent être conservées dans un endroit sec.

Mastics d’occlusion. Pour faire les cellules où les objets microscopiques sont conservés, dans les milieux appropriés, comme cela sera décrit dans un paragraphe suivant, on se sert de mastics.

Le plus simple de ces mastics est une solution épaisse de gomme laque dans l’alcool et privée par repos, filtration ou décantage de sa partie gommeuse. Toutefois on ne peut garantir la bonne conservation de ce mastic qui est sujet à se détacher parfois du verre.

Pour ce motif nous employons avec avantage le schwar^er maskenlack n° 3 que l’on trouve chez Besseler (Schützenstrasse, n° 66, à Berlin), et qui est probablement une solution alcoolique de gomme laque mêlée à quelque résine et à du noir de fumée. Mais, comme on se le procure difficilement, nous nous trouvons également bien d’une solution épaisse de vernis noir au bitume auquel on ajoute une petite quantité de cire dissoute dans de la térébenthine pour éviter le fendillement.

Tous les produits, dont il est question dans ce chapitre et ceux • dont il est question ci-après, peuvent être obtenus au « Laboratoire de chimie Technique n de M. Ferdinand Van Heurck, rue du Moulin à Anvers. On pourra également s’y procurer des préparations de tests et spécialement d'Amphipleura, montés dans le médium arsenical.

Les réactifs chimiques les plus fréquemment employés dans les recherches d’anatomie végétale sont les suivants :

Chlorure de zinc iodé.

Eau iodée.

Nitrite de mercure.

Ether,

Oxyde ammoniaco-cuprique,

Acide nitrique,

Acide sulfurique,

Chlorate de potasse,

Potasse caustique.

Chlorure de \inc iodé. — Son action est identique à celle combinée de l’acide sulfurique et de l’iode : mais la coloration bleue qu’elle exerce sur la cellulose varie de teinte d’après son degré de concentration. La couleur bleue se change en violette ou rouge au bout de vingt-quatre heures.

D’après Schulz, on doit préparer de la façon suivante le chlorure de zinc iodé :

La solution de zinc dans l’acide chlorhydrique est évaporée à consistance sirupeuse : il faut la remuer sans cesse avec une lame de zinc métallique. On ajoute alors de l’iodure de potassium jusqu’à saturation. On finit en y ajoutant de l’iode et de l’eau en quantité nécessaire.

Eau iodée. • — Sert à provoquer la coloration tant de la membrane de la cellule que du contenu de celle-ci.

On la prépare en ajoutant 5 centigrammes d’iode et i5 centigrammes d’iodure de potassium à 3o grammes d’eau.

Nitrite de mercure. — S’emploie en solution. 11 colore en rouge vif les substances azotées ; il n’agit qu’après un quart d’heure ou plus, mais on obtient un effet plus prompt et meilleur en chauffant légèrement la préparation.

Ether, — Destiné à dissoudre les huiles fixes et essentielles, de même que les résines.

Alcool. — Sert aux mêmes usages que l’éther, mais il est surtout destiné à enlever l’air des coupes végétales. Pour cela avant de préparer celles-ci, on les plonge, pendant quelques minutes, dans une capsule contenant de l’alcool.

Oxyde ammoniaco-cuprique. — On le prépare en dissolvant de l’oxyde de cuivre récemment précipité et encore humide dans de l’ammoniaque liquide.

L’oxyde ammoniaco-cuprique dissout la cellulose.

Acide nitrique. — Colore en jaune les matières intercellulaires de même que les matières azotées, que l’on doit mettre en contact avec de l’ammoniaque liquide, après avoir fait réagir l’acide nitrique. On l’emploie aussi pour le procédé macératoire de Schultz, comme il sera dit à l’article du chlorate de potasse.

Acide sulfurique. — A l’état concentré, on s’en sert dans les recherches sur les pollens et les spores ; à l’état dilué (trois parties d’acide sulfurique et une d’eau), on l’emploie pour colorer la cellulose en bleu. A cet effet, on commence par mouiller la préparation avec de l’eau iodée et, ayant ensuite enlevé le surcroît d’eau iodée avec un morceau de papier-joseph, on ajoute une goutte d’acide sulfurique et l’on couvre d’un verre mince. La coloration bleue se change après vingt-quatre heures en couleur violette ou rouge.

Chlorate de potasse. — Sert pour le procédé de macération imaginé

par Schultz. On prend l’objet et on le coupe en tranches minces que l’on dépose sur le porte-objet ; on couvre celles-ci d’une quantité de chlorate de potasse pulvérisé égale à leur volume et l’on ajoute quelques gouttes d’acide nitrique. La lame de verre est ensuite exposée pendant une à trois minutes à la chaleur d’une lampe à alcool.

Après la réaction^ on lave en répandant à plusieurs reprises de l’eau, au moyen d’un pinceau, sur la préparation. On parvient de cette façon à isoler les cellules.

Potasse caustique. — On l’emploie en solution et ordinairement l’on doit aussi faire intervenir la chaleur. Elle sert à dissoudre les graisses et la matière intercellulaire de même que le ligneux et la subérine. Schacht recommande de la conserver à l’état de poudre, parce que, dit-il, à l’état de solution, elle attaque hs bouchons de liège et forme entre le goulot et le bouchon, dans les flacons à bouchons de verre, un silicate qui empêche l’ouverture du flacon.

Réactifs colorants. Les réactifs colorants, très employés aujourd’hui, pour mettre en relief certains tissus ou certains détails, sont en nombre inombrable, mais le botaniste peut très bién se contenter de ceux que nous allons énumérer. Comme le dit très bien notre ami Arthur C. Cole, (’) dans son petit travail : Methods of microscopical Research., que nous ne pouvons trop recommander :

» Nous recommandons à l’histologiste, sur le point de commencer » un travail, la question préliminaire suivante :

» Que vais-je faire ? Ai-je envie de me faire des préparations in- » structives pouvant m’élucider des détails de structure, ou bien veux- » je faire un cours de teinture et de coloration ?»

La solution ne saurait être doûteuse. Voici donc la liste des colorants que nous recommandons ;

Campêche ou hæmatoxyle.

Carmin.

Picrocarminate d’ammoniaque.

Sulphindigotate de Soude.

Nigrosine.

Fuchine.

Vert à l’iode.

Vert de méthyle.

Colorant double.

(1) M. Arthur C. Cole (171 Ladbroke Grove Road, Notting Hill, Londres W) est probablement le préparateur le plus habile et le plus instruit de notre époque. Il a, dans ces dernières années, publié sous le nom de tStudies in microscopical science» une admirable série de préparations d’histologie végétale et animale de même que de tissus pathologiques. — Ces préparations sont accompagnées de photogrammes et de planches en couleur de même que d’un texte descriptif rédigé pour chaque série de préparations par les plus habilles spécialistes de l'Angleterre.

Voici comment on les prépare.

Campêche. On prend 6o grammes d’extrait sec de campêche et 180 gr. d’alun en poudre. On les mêle longuement et intimement dans un mortier en ajoutant petit à petit 3oo gr. d’eau distillée. Quand la solution est aussi bien faite que possible, on filtre, puis on ajoute 20 cent, cubes d’alcool absolu et on conserve le colorant ainsi fait dans une bouteille bien bouchée. Le colorant pour bien agir doit être âgé de quelques jours : il est d’autant meilleur qu’il est plus âgé.

La solution dont nous nous servons est vieille bientôt d’une dizaine d’années et agit à merveille.

Carmin. On prend 4 grammes du meilleur carmin, on le triture dans un mortier avec 8 grammes d’ammoniaque liquide concentrée. Le mélange est ensuite abandonné au repos pendant vingt quatre heures puis additionné de 120 gr. d’eau distillée saturée de borax, et le tout trituré de nouveau dans le mortier.

Ensuite on filtre et on conserve dans un flacon à l’éméri.

Le carmin produit une coloration très analogue à celle du campêche, mais beaucoup d’observateurs préfèrent le campêche comme fatiguant moins les yeux pendant l’observation. Par contre pour la reproduction photographique le carmin est à préférer.

Picro-carminate d' ammoniaque ou colorant double de Ranvier. La formule suivante due à Weigert est celle qui donne les meilleurs résultats :

On mélange dans un mortier 2 gr. de carmin et 4 grammes d’ammoniaque ; au bout de 24 heures on ajoute à ce mélange 200 gr. d’acide picrique en solution concentrée et un peu d’acide acétique jusqu’à formation d’un précipité par agitation ; on laisse reposer 24 heures, on filtre et on ajoute de l’ammoniaque liquide jusqu’à ce que le liquide soit devenu clair. On dilue ensuite au centième, c’està-dire, que à un gramme de la solution obtenue, comme ci-dessus, on ajoute gg grammes d’eau.

Ce liquide colore en jaune-rouge le protoplasme et en rouge vif les noyaux. L’action doit être peu prolongée.

Sulph-indigotate de Soude. — Le colorant s’obtient en faisant une solution saturée du sulph-indigotate de soude dans l’eau distillée.

Nigrosine. Ce produit a été introduit dans la technique par un savant botaniste belge, M. Léo Errera, professeur à l’Université de Bruxelles.

Elle colore en bleu très foncé les noyaux des cellules, tandis que tout le reste du contenu cellulaire demeure sensiblement incolore. Après un court séjour dans la solution aqueuse de nigrosine, la coupe

microscopique est lavée à l’eau distillée. On peut alors la monter dans la gelée de Glycérine s’il s’agit d’étudier le protoplasme et la partie du noyau formée par YAchromatine de Flemming. S’agit-il, au contraire, d’étudier la chromatine ( = nucléine), alors on lave à l’alcool, on éclaircit avec l’essence de girofle et on monte dans le baume de Canada ou le styrax.

Nous pouvons ajouter une indication résultant d’études techniques que nous fîmes, il y a bien des années, sur les anilines. C’est que, si toutes les couleurs d’aniline sont promptement détruites par la lumière, il n’en est pas de même de la nigrosine qui résiste même indéfiniment à une exposition au soleil.

Violet à ïlode. On l’obtient en faisant une solution saturée de ce produit dans l’eau distillée. Cette solution est ensuite étendue au centième à l’aide d’eau distillée.

Le vert à l’iode est un colorant multiple qui, appliqué aux tissus, les colore en différents tons de la même teinte.

Fuchsine, i gramme dans 3o grammes d’alcool ; cette solution est ensuite étendue d’eau. La Fuchsine est un colorant très peu stable, se détruisant promptement à la lumière ; il en est de même du suivant :

Violet de méthyle que l’on prépare de la même façon.

Colorant double aux anilines se prépare en mélangeant, parties égales, des teintures alcooliques de Fuchsine et de Violet de méthyle.

Vert de méthyle se prépare en solution aqueuse concentrée que l’on étend ensuite d’eau.

Ce colorant rend très apparents les grains de chlorophylle et le Prof. Strasburger, après l’avoir étendu de i 0/0 d’acide acétique, l’emploie pour les nucléus. Les noyaux, qui ne sont pas en voie de division, se colorent très légèrement en vert tandis que, pendant les phases de la division les plaques nucléaires prennent une coloration verte intense.

Ce colorant nous a toujours donné d’excellents résultats, mais nous ne pouvons garantir la conservation de la coloration.

§3. Instruments employés pour la préparation des objets. —

^MPLOI DES MICROTOMES.

Les instruments et accessoires, dont nous nous servons, sont des rasoirs, des aiguilles à cataracte, des bruxelles, un étau à main, des capsules de porcelaine, une lampe à alcool, quelques baguettes de verre plein et des verres de montre.

Lorsqu'on veut faire de belles préparations de bois ou de drogues, il faut ajouter à ces objets un bon microtôme.

Rasoirs. — Les rasoirs doivent être de toute première qualité. Nous préférons ceux qui sortent de la maison anglaise John Barber. On en aura d’évidés et de non évidés. Les premiers s’emploient pour les substances délicates, les seconds pour les objets durs, tels que les bois, etc.

Les rasoirs ne sont jamais fournis par les repasseurs avec un tranchant suffisamment affilé ; d’ailleurs on doit les affiler de nouveau après avoir fait quelques coupes. On devra donc savoir affiler soimême ses rasoirs. Nous nous servons dans ce but d’une composition excellente, malheureusement un peu chère (12 et 2 5 francs, suivant la grandeur de la tablette) et qui porte pour nom celebrated magnetic tablet (Rigge, Brockbank et Rigge, 35, Newbond Street, London, et 5, East Street Brighton). Après avoir passé un certain nombre de fois le rasoir sur cette composition, en ayant soin de tenir le rasoir bien plan, on termine en le passant cinq ou six fois sur le cuir placé de l’autre côté et sur lequel on répand avec le doigt le Rimmels genuine Diamont Dust que l’on trouve dans tous les dépôts de parfumerie de la maison Rimmel. Nous avons des rasoirs traités ainsi et qui possèdent un tranchant extraordinaire, quoique nous nous en servions journellement et depuis plusieurs années. Jamais ils n’ont passé par les mains du repasseur.

On vend à Paris, depuis quelques années, des cuirs à rasoirs qui, pour le micrographe, surpassent tous les autres. Ces cuirs ou soidisant cuirs sont nommés cuirs donateurs.

La substance dont ils sont faits n’est autre que le tissu de la hampe de l’Agave americana sur lequel on a frotté un mélange d’une matière grasse et d’émeri très-fin. Nous recommandons beaucoup ces cuirs dont nous devons la connaissance à feu M. Bourgogne père, et dont nous nous trouvons à merveille.

Pour s’assurer si le rasoir possède le tranchant exigé, on prend un cheveu entre le pouce et l’index, que l’on place à égale hauteur ; alors, saisissant le rasoir, on doit couper net le cheveu en le pressant doucement avec le rasoir à une distance de 4 à 5 millimètres au-dessus du pouce.

Aiguilles. — Les aiguilles emmanchées qui accompagnent généralement les microscopes ne peuvent être d’aucune utilité. On doit se servir d’un porte-aiguille dans lequel on insère ses aiguilles. On peut à bas prix se procurer en Allemagne de pareils porte-aiguilles. Ils consistent en une baguette de bois anguleuse, terminée supérieurement par une tige de cuivre. Celle-ci est fendue en quatre, de façon à serrer l’aiguille que l’on met au centre, et ce au moyen d’un écrou, la partie extérieure de la tige de cuivre portant un pas de vis (fig. 188).

Les aiguilles employées doivent être aussi fines que possible. Généralement on se sert des n»® 1 1 et 1 2.

On se sert des Fig, 188. aiguilles pour les

dissections microscopiques. Mais pour transporter de légers objets, on les saisira avec un pinceau mouillé : les aiguilles endommageant souvent les objets microscopiques.

Fig. 189.

les emploie pour les dissections.

Les aiguilles à cataracte (fig. 189) sont des aiguilles dont l’extrémité est terminée par une lame tranchante en forme de fer de lance. On

Les Bruxelles ou presselles (fig. 190) servent à saisir les petits objets. Il faut en avoir dont la surface intérieure soit unie et d’autres avec des rainures.

h' étau à main (fig. 191) sert à serrer, entre de la moelle de sureau, les objets minces (par exemple, des lames de feuilles) dont on veut avoir des coupes transversales.

Les baguettes de verre plein servent à prendre des gouttes des réactifs, et les capsules et verres de montre servent à déposer cer- Fig. igi. tains objets dans les liquides

appropriés, par exemple, l’alcool et l’éther, pour enlever l’air qui existe dans les coupes.

Coupes à la main et coupes au microtôme. — On peut, à la main, faire toutes les coupes nécessaires aux études d’anatomie végétale ; mais, quand on veut faire des coupes d’une certaine étendue, pour montrer l’ensemble des tissus d’un organe, ou quand on veut faire des coupes fines et grandes de corps durs et ligneux, il faut alors avoir recours aux microtômes.

Les coupes à la main se font de la façon la plus simple.

L’objet à couper est serré entre le pouce et l’index de la main gauche de façon à saillir le moins possible, et l’avant bras est serré contre la poitrine de façon à bien immobiliser la main.

Alors, de la main droite, tenant fermement le rasoir par la base

MICROTOMES.

de la lame, on fait vivement une coupe superficielle pour égaliser la surface du corps à couper.

Les coupes suivantes se font lentement en poussant la lame en avant et en même temps de la base au sommet.

Avant et après chaque coupe on mouille le rasoir et le corps à couper avec un mélange à parties égales d’eau et d’alcool.

Les coupes restent adhérentes au rasoir. On les enlève à l’aide d’un pinceau fin et on les transporte immédiatement dans un verre de montre contenant un mélange d’eau et d’alcool. Après un court séjour dans ce premier milieu on les retransporte soit dans de l’eau distillée soit dans de l’alcool pur suivant la nature du médium qui servira à la préparation définitive.

Les corps trop minces ou trop petits pour être tenus entre les doigts, sont placés dans un cylindre de moelle de sureau ou dans un cylindre en carotte, coupés en longueur pour y mettre l’objet, puis serré dans l’étau a main représenté plus haut fig. 191.

Passons maintenant aux microtômes.

Le plus simple de ces instruments, et qui suffit dans la plupart des cas, est le micro- Fig. ,92. tome de Topping fabriqué par

M. Arthur Chevalier, qui est représenté ci-dessus (fig. ip'z). Le prix en est de 23 francs. On renferme l’objet à couper dans le tube et,

à l’aide du bouton intérieur, on en fait saillir une petite partie que l’on enlève à l’aide d un rasoir bien affilé. Il faut, chaque fois que l’on a fait une coupe, déposer sur l’objet une goutte d’eau alcoolisée.

Un modèle plus compliqué est fourni par M. A. Nachet au prix de 5o francs. Cet appareil (fig. ig3) diffère surtout du précédent en ce que la vis micrométrique est mu- Fig- nie d’un index permettant d’appré-

cier l’épaisseur de l’objet.

MICROTOMES

Fig. 194.

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