COLORATION DES TISSUS
qu’il y a une quinzaine d’années environ que l’on commença à essayer des couleurs diverses et les anilines, en premier lieu, devinrent à la mode et furent mises à toutes sauces.
Si le lecteur veut bien nous croire, il se défiera de ces colorants de toute espèce, l’effet produit peut être très joli et les résultats intéressants momentanément, mais, on n’a aucune certitude que les résultats seront durables, au contraire, ce que l’on sait des couleurs d’aniline permet d’assurer que ces colorations résistent peu de temps.
Si l’on veut donc faire des préparations de tissus colorés on n’emploiera que des colorants dont le maintien soit bien connu. Leur nombre est malheureusement très petit et l’on ne peut avec certitude recommander que le campêche, le carmin, le picro-carminate d’ammoniaque et probablement aussi la nigrosine. Le vert de méthyle paraît être aussi assez stable.
Si l’on se borne à ces colorants, dit M. A. C. Cole, on sera certain de retrouver ses préparations intactes n’importe après quel laps de temps ; surtout si l’on monte ses préparations au campêche dans le baume de Canada et ses préparations au picro-carminate dans de la gelée de glycérine de bonne qualité.
Notre expérience personnelle permet de confirmer les assertions de notre estimable correspondant. Des préparations que nous fîmes dans ces conditions ; il y a trois ans, et qui, depuis lors ont été constamment exposées à la lumière, sont encore aussi belles que le premier jour.
Ces préliminaires posés, nous allons maintenant indiquer comment il faut s’y prendre pour faire des préparations avec les colorants désignés. Les tissus doivent passer par toute une série d’opérations qui sont : la décoloration, la coloration, le lavage, la déshydratation, l’éclaircissage et la préparation finale.
Préparation des tissus végétaux à simple coloration. — Sitôt que les coupes que l’on a commencé par déposer, au fur et à mesure de leur obtention, dans le mélange d’eau et d’alcool, sont faites, on les enlève et on les transporte dans un deuxième mélange fait de parties égales d’eau, d’alcool et de glycérine. C’est ce que Bourgogne père nommait son mélange conservateur. Les pièces entières ou coupées peuvent séjourner là dedans indéfiniment sans s’altérer pourvu que la bouteille soit bien fermée.
Mais continuons nos opérations et faisons passer nos coupes par la décoloration préalable.
Si le tissu est très délicat, un séjour plus ou moins prolongé dans l’alcool fort suffit à le décolorer, mais des tissus durs et très colorés, tels que ceux des tiges ligneuses demandent l’action de Veau de Javelle.