GRAND MICROTOME DE CARL REICHERT
MICROTOMES
L’on construit des microtômes bien plus parfaits encore. Dans celui dont nous nous servons le plus souvent, la lame coupante est menée à l’aide d’un engrenage et glisse dans une coulisse en bronze Cette addition permet de couper plus régulièrement, surtout les objets larges et durs. Aucun objet, convenablement préparé, ne résiste à pareil instrument.
La fabrication des microtômes a fait, dans ces dernières années des progrès excessivement remarquables. Les microtômes sont aujourd’hui des instruments d’une précision extraordinaire, où toutes les ressources de la mécanique ont été utilisées et qui ne peuvent par
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suite être bien établis que par des constructeurs ayant une expérience toute particulière dans la matière.
Parmi ces constructeurs nous pouvons citer en première ligne M. Cari Reichert.
Le grand microtôme de M. Cari Reichert (fig. 194) est, nous l'avons déjà dit, un instrument de haute précision et est construit d’après le plan de Rivet.
Le chariot porte-objet se meut en avant sur un plan incliné et la longueur de la glissière est de 3o cm. L’ascension du chariot avec la pince porte-objet, sur le plan oblique, s’opère à l’aide d’une vis micrométrique qui permet de faire des coupes d’une épaisseur de 0,001 mm. Cette vis micrométrique a un mécanisme par lequel chaque ajustement d’une coupe est annoncé à l’oreille par le déclic d’un engrenage. Ce microtôme possède en outre une pince porte-objet d’après les indications de la station zoologique de Naples et un arrangement pour fixer en croix deux couteaux qui ont respectivement une longueur de i3 et de 16 cm.
Un microtôme analogue, mais plus simple, est celui que M. Leitz (fig. 195) fournit au prix de i5o frs. Dans cet appareil le rasoir est mû par un mécanisme à manivelle fixé sur le support. On peut, par suite, couper avec plus de précision, plus d’égalité et aussi avec un effet moindre.
MM. Watson & Sons fabriquent un excellent petit microtôme que
les anglais nomment microtôme de Cathcart du nom de son inventeur. Ce microtôme que la figure 196 explique suffisamment, est surtout destiné à couper par congélation, mais un tube accessoire permet de l’employer pour les tissus ordinaires non congélés. Nous l’employons depuis bien des années et pouvons le recommander en confiance. Son prix, très modique (frs. 27), le met à la portée de tous.
Quel que soit le ■ '9®- microtôme dont on se
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sert, les objets que l’on veut couper à l’aide de ces instruments demandent une préparation préalable, plus ou moins compliquée.
Les objets doivent être ramollis (bois, écorces, etc.) ou durcis (tissus mous) ce qui, pour les substances végétales fraîches, se fait le mieux par congélation, et enfin ils doivent encore le plus souvent être inclus dans une autre substance.
Comme milieu d’inclusion on se sert, en histologie animale, de paraffine que l’on coule autour de l’objet dans des moules appropriés. Les tissus végétaux s’inclusent très convenablement soit dans de la moelle de sureau, soit dans des morceaux de carottes que l’on peut avoir fraîches pendant à peu près toute l’année.
Le ramollissement préalable s’obtient en faisant séjourner la substance ligneuse soit dans de l’eau pure soit dans de l’eau légèrement additionnée de soude. Ce séjour peut devoir varier de quelques heures à plusieurs jours et cela suivant la dureté plus ou moins grande de l’objet à couper.
Quant aux tissus et aux objets à congeler, il faut les plonger préalablement dans une solution de gomme et de sucre de façon à ce qu’il en soient bien imbibés.
On obtient cette solution en faisant fondre d’un côté 4 parties de gomme du Sénégal dans 6 parties d’eau distillée et en préparant d’un autre côté un sirop de sucre semblable a celui des pharmacies et qui est fait en fondant 9 parties de sucre raffiné dans 6 parties d’eau bouillante, on fait bouillir encore un instant avant d’enlever du feu.
Ces deux solutions obtenues on les mélange à raison de 5 parties de solution de gomme et de 3 parties de sirop. A ce mélange on ajoute un pour cent d’acide phénique pour prévenir la fermentation.
Les tissus plongés dans ce mélange peuvent y séjourner aussi longtemps que l’on veut. Ils s’y conservent sans altération.
Ces préliminaires posés nous pouvons passer à la description du mode d’opérer.
Sections par congélation. On prend, du tissu à couper, une petite pièce n’ayant au maximum que trois millimètres d’épaisseur, on en exprime doucement la gomme, à l’aîde d’une fine toile. Ensuite, dans un peu de gomme préalablement placée sur la platine du microtôme, on dépose la pièce à couper et de tous les côtés on la recouvre de gomme à l’aide d’un pinceau.
Le jet d’éther pulvérisé que l’on lance ensuite sur la pièce, à l’aide du pulvérisateur spécial que les constructeurs fournissent avec le microtôme, ce jet d’éther, disons-nous, congèle promptement la masse et permet de commencer les coupes. On observera que la congélation doit être juste poussée au point convenable et non au delà. La congélation est bonne quand les coupes se font facilement,
COLORATION DES TISSUS. ayS
comme, p. ex., à travers du fromage. Quand la congélation est poussée trop loin la masse et trop cassante et les tissus se déchirent.
En inclusant ainsi des diatomées de grande forme, Pinnulaires, Triceratium, Coscinodiscus, etc., dans une gouttelette de gomme congelée, on arrive à en faire des coupes convenables. Toutefois on comprend que tout ici dépend du hasard car on n’a aucun moyen de placer les diatomées dans une position convenable pour en obtenir des coupes dans le sens désiré.
Sections par inclusion. Tandis que tous les tissus délicats sont avantageusement coupés par congélation, ceux au contraire qui sont plus consistants, tels que les tiges, les pétioles, etc. de même que les tissus animaux qui ont été durcis par un séjour prolongé dans l’alcool, ceux-là, disons-nous, se coupent bien après avoir été préalablement inclus dans un support convenable. On emploie généralement la paraffine dans ce but, mais ce corps, dans la plupart des cas, est loin d’être aussi convenable qu’un morceau de carotte fraîche qui, par l’humidité naturelle qu’elle contient, favorise le glissement du couteau. Ensuite, la coupe faite, les débris de carotte s’éloignent facilement tandis que la paraffine s’émiette et, en outre, l’emploi de de la carotte n’oblige pas à l’emploi de la chaleur comme le fait la paraffine, qui doit être fondue préalablement et puis coulée autour de l’objet.
On commence par couper, à l’aide d’un emporte pièce, dans le sens longitudinal de la carotte, un cylindre de diamètre tel qu’il entre tout juste dans le cylindre ou dans la pince du microtôme. Ce cylindre aura de 3 à 5 centimètres de longueur.
Le cylindre obtenu, on le divise en deux parties longitudinales que l’on creuse de façon à ce que l’objet à couper étant déposé dans le creux, les deux parties puissent de nouveau être rattachées par quelques bouts de fil tout en comprimant très légèrement l’objet inclus. Le cylindre est maintenant serré dans la pince du microtôme, et, on passe aux coupes de la façon usuelle. Après chaque coupe faite on déposera à la surface quelques gouttelettes d’un mélange d’eau et d’alcool et on plongera également le couteau dans un vase contenant pareil mélange. La coupe se détachera ainsi du couteau et ira flotter dans le liquide. On les en retirera postérieurement en décantant la majeure partie du liquide et puis en enlevant la coupe à l’aide d’un pinceau fin.
§ 4. ÇOLORATION DES TISSUS.
Il serait difficile d’indiquer à quelle époque on songea pour la première fois à colorer les tissus, mais, toujours est-il que pendant bien longtemps on n’employa à cet effet que le carmin. Ce n’est