PLATE AU
LES OBJECTIFS
Fig. 5i.
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Podura. Sous le nom de Podura on désigne les écailles du Podura plumbea {Lepidocyrtis curvicollis). Cet objet qui est à peu près inconnu des micrographes du continent est le test de prédilection des observateurs anglais.
Les écailles montrent des marques que l’on a comparé, avec beaucoup de justesse, à des points d’exclamation. Lorsque l’objectif est bon et que la correction est convenable par rapport à l’épaisseur du couvreobjet employé alors ces marques sont nettement définies et traversées par une longue bande lumineuse.
Le Podura est un test de définition pour les objectifs d’au moins 1/4 de pouce, l’éclairage doit être bien axial et le condenseur achromatique et employé avec une ouverture de diaphragme peu grande.
Le Podura a été tout spécialement étudié par M. Richard Beck (') et nous devons à l’obligeance de MM. R. et J. Beck la reproduction de la Planche VII (notre fig. 5i) qui représente les différents aspects que prennent ces écailles dans diverses conditions.
Dans la fig. i, on voit l’apparence des points quand la mise-au-point de l’objet est parfaite et que l’ajustement de la correction de l’objectif ne laisse rien à désirer.
Dans la fig. 2, la correction de l’objectif est également parfaite mais l’objet se trouve un peu soit en dedans soit en dehors du foyer. Dans la fig. 3, la correction est parfaite mais la mise-au-point est très légèrement fautive. Dans les fig. 4 et 5, on voit l’apparence produite par une mise-au-point en dehors ou en dedans du foyer, combinée avec un ajustement imparfait de la correction, et, enfin, dans la fig. 6, la miseau-point est parfaite mais la correction de l’objectif est mauvaise.
Le Podura permet aussi de bien juger les corrections chromatiques de l’objectif ; tous les objectifs achromatiques montrent les points d’exclamation fortement colorés, seuls les apochromatiques ne montrent qu’une légère trace de couleur.
Pleurosigma angulafum. Etudié avec des objectifs qui n’ont pas l’ouverture numérique suffisante, le Pleurosigma montre des valves d’un jaune brunâtre sans aucune apparence de marques ou de dessins. Quand l’ouverture devient modérée (p. ex. environ 0,6) on ne voit encore aucune marque dans l’éclairage axial diaphragmé, mais, si l’on éclaire, soit obliquement, soit, ce qui vaut mieux encore, à l’aide d’un large cône convergent donné par un condenseur employé avec un diaphragme à ouverture suffisante, alors on voit sur la valve trois séries de lignes se croisant sous un angle de 60° (fig. Se).
Avec les objectifs à immersion et les objectifs à grande ouverture, on peut voir la valve couverte de points parfaitement ronds. La nature
(1) A Treatise on the Achromatic Microscopes by Richard Beck, Loadres i865.
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PI. Ang. photographié à la lumière électrique,
Fig. 54.
Fig. 56.
Fig. 55.
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de ces points, qui ont été appelés perles {beads, en anglais), a été longtemps douteuse. On croyait généralement, et certains micrographes croient encore, que ce sont des demi-sphères en relief. D’auti'es disent que ce sont des creux. Enfin nous avons détaillé, dans notre Synopsis des Diatomées, les motifs qui nous font admettre que ce sont des cavités dans la couche médiane de la valve.
Dans certaines conditions d’éclairage et surtout avec le nouvel objectif de 1.63 d’ouverture numérique, au lieu de points ronds, on voit des hexagones (fig. 53 et 54). On pensait qu’il y avait là une simple illusion d’optique, mais nous avons démontré en Décembre 1889 que ces hexagones représentent réellement la forme des ouvertures du châssis ou couche médiane de la valve. L’apparence des points ronds est produite par la mise-au-point de la partie supérieure des ouvertures, là où il se forme des espèces de dômes par la couche supérieure de la valve qui vient fermer les ouvertures de la couche médiane.
Surirella Gemma. La diatomée de ce nom montre très facilement une apparence de lignes transversales au grand axe (fig. 55). On fait apparaître plus difficilement des lignes longitudinales et enfin, très difficile est la résolution en perles carrées bien nettes qui couvrent la valve en lignes un peu sinueuses (fig. 56). Pour y bien réussir il faut employer un bon objectif à immersion et un éclairage soit oblique soit mieux encore un large cône lumineux fourni par un condenseur d’une ouverture suffisante.
Les stries transversales qu’il s’agit de résoudre en perles sont au nombre d’environ 2000 par millimètre.
Van Heurckia rhomboides. Le genre Van Heurckia créé par l’éminent diatomographe A. de Brébisson renferme un petit nombre de formes toutes difficiles à résoudre.
Deux d’entr’elles sont des tests célèbres : le Van Heurckia rhomboides (fig. 58) et sa variété crassinervis (fig. 5y).
Ces deux formes qui sont rhombdidales lancéolées ont des lignes longitudinales et transversales qui se croisent à angle droit, les lignes longitudinales sont beaucoup plus robustes et plus faciles à résoudre que les transversales qui, dans le rhomboïdes, sont au nombre de" 2800 par millimètre et dans le crassinervis au nombre de 35oo environ.
Le Van Heurckia rhomboïdes se résoud facilement en perles délicates à l’aide d’un objectif à immersion ayant i.i5 à 1.20 d’ouverture numérique. Celle du V. crassïnervïs [Frustulïa saxonïca Rabh.) est beaucoup plus difficile.
Amphipleura pellucida. Cette diatomée, qui est la plus difficile à résoudre de toutes celles que l’on emploie comme tests, a des valves lancéolées et un raphé terminé par deux nodules très allongés. Le nodule médian manque : avec beaucoup de peine on parvient à en trouver quelques traces.
\J Amphïpleura (fig.Sg) a des stries transversales excessivement difficiles à voir ; elles sont très fines et au nombre d’environ Syoo au millimètre.
Fig. 5g.
La résolution de ces stries en perles est la plus haute difficulté de la micrographie. Elles ont été vues en premier lieu par nous, à l’aide du homogène de Zeiss, sur une préparation argentée faite par
feu le Dr A. Y. Moore. Nous sommes parvenu à en faire une photographie en 1884.
En 1887 nous avons réussi a photographier, par transparence, \ Amphïpleura résolu en lignes longitudinales et en perles. Le cliché a été fait avec l’objectif homogène apochromatique (O. N. 1.40) de Zeiss et une de nos préparations dans le médium jaune. Eclairage monochromatique solaire.
Ce photogramme a été reproduit dans les bulletins de la Société belge de microscopie du 3o Avril 1887.
Enfin, en Octobre 1889, l’objectif apochromatique de Zeiss, de O. N. 1.63 nous a permis de photographier V Amphïpleura parfaitement résolu en perles sur toute la surface de la valve.
11 n’est pas difficile de faire apparaître des lignes longitudinales sur les valves de V Amphïpleura, mais, ces lignes sont parallèles au bord des valves Les véritables lignes sont parallèles au raphé ou nervure médiane et sont ondulées sur toute leur longueur ce qui provient de ce que les perles ne sont pas placées exactement les unes au dessus des autres.
La planche phototypique, que nous donnons en regard de la page 63,
Fig. :j.
piiototyp.
L]':s Tests du Microscope.
C. Zci.ss. Obj. 2,5 inm. X.A. i,6o. — Oc. 12 conip. — Condcns. N..^. T, 6. I.umicrc solaire monochromatique.
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montre l’aspect que présentent les principaux tests quand on les examine avec l’objectif de Zeiss à O. N. i,63 à l’aide de l’éclairage solaire monochromatique.
V Amphipleura pellucida Küt\. est représenté dans les 3 premières figures. La résolution en lignes ou stries se voit dans la fig. 3 sous un grossissement de 2000 diamètres. Les perles se voient en 2 et i sous 2000 et 3ooo diamètres.
Fig. 4. Fragment de la valve de ï Amphipleura Lindheimeri Grun., espèce qui ne se distingue de V Amphipl. pellucida Küt\. que par sa taille beaucoup plus considéi'able et sa striation plus grossière. On voit que les « perles » ou ouvertures du châssis sont carrées. 25oo diam.
Fig. 5. Pleurosigma angulatum W. Sm. Mise-au-point exacte sur les vides hexagonaux du châssis. Environ 10.000 diamètres.
Fig. 6. PL angulatum W. Sm. Mise-au-point sur la surface supérieure de la valve. On voit la partie supérieure des petits dômes et entr’eux des points formés par la mise-au-foyer imparfaite des côtes ou parois des hexagones.
Fig. 8. Surirella Gemma, Ehr. à 1000 diam.
Fig. g. Van Heurckia crassinervis Bréb. à 2000 diam.
Tous ces photogrammes ont été faits avec le ^/lo^ de pouce de O. N. 1.63 de MM. Zeiss.
Lumière solaire monochromatique.
Oculaire correcteur spécial 12. — Condenseur 1.6.
Préparations dans le médium 2.4.
Covers et slides en flint de 1.72.
Fig. 7. montre le ig« groupe du test de Nobert (4443 lignes au millimètre) ; ce photogramme a été fait avec le de pouce apochromatique de O. N. 1.4 de M. Cari. Reichert de Vienne.