Te10t de{ Nobe{rt
Un habile opticien allemand, feu J. A. Nobert, demeurant à Barth, en Poméranie, a imaginé de tracer sur verre des séries de lignes de plus en plus rapprochées les unes des autres. Les tests ou tables d’épreuve, comme Nobert les nomme, sont vraiment merveilleux et l’on a ignoré, jusqu’à sa mort, quel était le procédé employé par ce constructeur pour parvenir à tracer des lignes aussi fines et aussi rapprochées.
Nobert livrait deux séries de tests. La première série la plus ancienne contient 3o groupes de lignes et coûtait 120 francs. Nous donnons ci-dessous, d’après M. Harting, le nombre des lignes de quelques groupes :
Le groupe n° i contient 443 lignes au millimètre,
Le
groupe
contient
1,612 lignes
au
milimètre.
3,og8 »
Ce test se présente comme une préparation microscopique ordinaire. Les lignes sont tracées au centre d’un couvre-objet en verre et appliqué sur un porte-objet, en forme de préparation.
Il va sans dire que ces lignes deviennent de plus en plus difficiles à résoudre à mesure que l’on s’élève dans la série des groupes.
La construction des objectifs ayant fait des progrès, M. Nobert a construit un nouveau test n’ayant plus que 19 groupes, mais dont le ige groupe est bien plus difficile que le 3o® de la première série. Voici la distance et le nombre de lignes de ces ig groupes :
Groupes.
Dans une ligne de Paris, d’après Nobert.
Dans un millimètre, d’après Harting, III, 374.
Nombre de lignes de chaque groupe.
i/i5oo®
3ooo®
gooo®
TEST DE NOBERT.
Certains auteurs ont dit que les tests de Nobert sont de très peu d’utilité pour le micrographe, ils disent que les tests diffèrent entre eux à cause de la pression plus ou moins forte du diamant, de la nature du verre, etc. En outre, dit-on, ils ne serviront jamais à caractériser un bon objectif, car ils ne peuvent être étudiés que dans la lumière très oblique.
Nous contestons formellement tous ces points et nous sommes persuadé que l’on ne parle ainsi que faute d’avoir étudié suffisamment ce test dont le seul défaut est de coûter un peu cher.
D’abord, il peut servir tout aussi bien dans la lumière centrique que dans la lumière oblique ; ensuite ce test est bien loin d’être aussi variable qu’on le dit, les diatomées le sont infiniment plus et leur difficulté de résolution est influencée par une foule de circonstances d’âge, de localité, etc., comme le savent tous ceux qui ont fait une étude spéciale de ces êtres si intéressants.
Nous possédons les deux tests et nous nous en servons journellement depuis longtemps ; quoique ces deux séries de groupes dâtent d’une époque fort différente, ils sont parfaitement comparables entre eux et un objectif donné, qui nous permettra de résoudre un certain groupe du premier test, résoudra le groupe équivalent de l’autre test, rien de plus et rien de moins.
Feu le colonel D"" Woodward a figuré les ig groupes dans une série d’admirables photographies qu’il a faites pour l’Exposition de Philadelphie. L’illustre micrographe a bien voulu nous envoyer ces photographies, et ce que nous voyons est bien identique aux images obtenues par M. Woodward.
Ces photographies étaient accompagnées d’un imprimé intitulé : Mémorandum on the nineteen-band test plate of Nobert. Cet éminent savant qui consacrait tous ses instants à l’élucidation des points les plus difficiles de la micrographie et dont la compétence ne peut ici être révoquée en doute, s’exprime comme suit, dans ce mémorandum ; nous sommes heureux de nous rencontrer avec lui sur tous les points :
« La plaque de Nobert, que nous venons de décrire, offre un admirable moyen de mesurer le pouvoir définissant des meilleurs objectifs. Elle paraît mieux adaptée à ce but que les diatomées qui sont si généralement employées, car les individus d’une même espèce varient considérablement pour la finesse des lignes. Quoiqu’il ne soit pas présumable que Nobert ait toujours atteint exactement le même degré de précision, l’examen d’un bon nombre de ces plaques montre que les déviations de la précision voulue sont si faibles (\}i elles sont pratiquement inappréciables. »
TEST DE MÔLLER.