TEST DE ABBE
1° Si les aberrations chromatique et sphérique de l’objectif que l’on emploie sont bien corrigées.
2° Quelle est la meilleure épaisseur de couvre-objet pour un objectif employé à une longueur de tube donnée et, inversement, quelle est la meilleure longueur du tube pour une épaisseur donnée de couvreobjet.
3° Quelle est la meilleure position de la correction (pour un objectif qui en possède une) dans chacun des deux cas précédents.
Tous ces problèmes se résolvent très facilement avec le test d’Abbe.
Ce Test consiste simplement en un porte-objet ordinaire à la surface duquel (fig.6i) sont fixés six couvre-objets ayant respectivement
une épaisseur de 0,9 ; 0,11 ; 0,14 ; 0,17 ; 0,20 et o,23 m/m. soit donc environ 1/10® ; 5 V’?® 5 V^® ! ^4® de millim.
La surface inférieure (qui est collée à l’aide de Baume de Canada) sur le porte-objet, est argentée et dans cette argenture sont tracées une série de six bandes dont chacune se compose de lignes fines et très rapprochées (fig. 62).
L’emploi de l’appareil est très simple et se fait comme il sera indiqué ci-après ; il ne peut toutefois se faire qu’à l’aide d’un microscope muni d’un condenseur Abbe ou d’un appareil analogue.
On commence par mettre exactement au point un groupe de lignes de la plaque et cela fait on écarte le diaphragme de l’axe, dans le sens parallèle aux lignes, et on produit un éclairage oblique tel que le cône lumineux passe par la zone marginale de l’objectif.
Ainsi, par exemple, si les lignes se trouvent dans la direction A (fig. 63), on placera le diaphragme de façon que, en regardant dans le tube, après enlèvement de l’oculaire, on voie en C l’ouverture du diaphragme dans le cercle B qui représente l’ouverture de l’objectif.
Si on emploie un objectif à immersion dont l’ouverture dépasse 1,0, on devra préalablement relier le porte-objet au condenseur à l’aide de quelques gouttes d’eau, de glycérine ou d’essence
LES OCULAIRES. 69
de cèdre, sinon les rayons lumineux n’atteindraient pas la zone marginale de l’ouverture de l’objectif.
Ces dispositions préliminaires étant prises, on passe à l’essai.
Si l’objectif est à correction, on fait mouvoir celle-ci jusqu’à ce qu’on trouve la position dans laquelle la délimitation des lignes examinées dans le milieu du champ, apparait le plus nettement possible, c’est-à-dire, où les dites lignes ne présentent aucune nébulosité et où elles ne montrent non plus aucun contour vague. La nébulosité (ou laiteux comme on dit souvent) indique que la correction est dépassée ; si au contraire il y a sous-correction, les bords ne deviennent pas laiteux mais ils sont vagues et diffus. Si dans ce dernier cas, on ajuste l’objectif de façon à avoir l’image aussi nette que possible, cette netteté ne persiste pas quand on ramène le diaphragme de l’éclairage oblique à l’éclairage axial, au contraire, pour obtenir de nouveau une image nette il faudra changer la mise-aupoint.
Si l’objectif est à monture fixe, on pourra par le même procédé trouver quelle est la meilleure épaisseur de couvre-objet pour une longueur de tube donnée, de même qu’inversement quelle longueur de tube convient le mieux pour une certaine épaisseur de couvre-objet.
Le procédé donne des résultats très sûrs, mais il faut naturellement un peu d’expérience de la chose pour être bien en état de distinguer les différences qui sont très délicates.