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II. LES OOXJLA.IEES

L’oculaire a pour but d’amplifier l’image donnée par l’objectif, de la rendre plus plane et plus nette.

Les micrographes emploient diverses sortes d’oculaires, les plus utiles sont : l’oculaire d’Huygens, l’oculaire de Ramsden, l’oculaire orthoscopique, l’oculaire compensateur et l’oculaire à projection Oculaire de Huygens. C’est l’oculaire qui accompagne habituellement les microscopes. Il est formé de deux verres piano-convexes, à convexité regardant l’objectif et fixés aux extrémités d’un tube. Le plus petit des deux verres, celui qui agrandit réellement l’image est le plus près de l’œil, et porte le nom de verre oculaire. L’inférieur s’appelle verre de champ ou verre collecteur, il diminue le grossissement du verre oculaire mais rend l’image plus nette. Un diaphragme est placé à peu près au foyer du verre oculaire.

On joint aux microscopes une série d’oculaires de Huygens. Sur le continent on les numérote généralement de i à 5 ; en Angleterre on les marque soit i, 2, etc., soit A, B, etc., jusqu’à F. Le grossisse-

LES OCULAIRES

ment des oculaires de Huygens va de 2,5 à i5. Au delà de 6 à 7 fois, ces oculaires perdent énormément en netteté et ils deviennent fort incommodes parce que l’œil doit se mettre tout contre la lentille supérieure ou verre oculaire.

Oculaire de Ramsden. Dans cet oculaire il y a encore deux lentilles piano-convexes, mais les convexités se regardent et les lentilles sont plus rapprochées. Cet oculaire agit comme une loupe et on l’emploie presqu’exclusivement pour les mensurations microscopiques parce que les divisions extrêmes de l’échelle micrométrique ne se déforment pas comme avec l’oculaire d’Huygens.

Oculaire orthoscopique. Cet oculaire est employé presqu’exclusivement pour la photomicrographie, par l’ancien procédé à l’aide de l’oculaire ; procédé qui, croyons nous, sera abandonné dans un avenir peu éloigné et remplacé exclusivement par l’emploi de l’oculaire à projection ou par l’oculaire compensateur.

Dans cet oculaire le verre de l’œil est achromatisé et concavoconvexe ; le verre de champ est biconvexe.

Oculaires compensateurs. Ils ont été imaginés par le Prof. Abbe et ne sont dans le commerce que depuis 1886.

Ils se composent d’une lentille piano-convexe placée au dessus d’une lentille biconvexe. Les lentilles sont rapprochées jusqu’à près de se toucher et aucun diaphragme n’est interposé. La lentille supérieure est simple, la lentille biconvexe au contraire est complexe ; une série de diaphragmes est placée sous cette dernière. Tels sont les oculaires 8, 12, 18 et 27.

Dans l’oculaire faible, c’est au contraire la lentille supérieure qui est achromatisée.

Enfin, dans les deux numéros très faibles n°s i et 2, les lentilles sont simples.

Dans les n°® î, 2 et 4, il y a un diaphragme interposé entre les deux lentilles.

Les oculaires les plus faibles n°® i et 2, que l’on nomme oculaires chercheurs, n’ont pour but que de permettre de s’orienter dans la préparation.

Les autres sont les oculaires de travail.

Ces oculaires sont construits dans le but de corriger certains défauts inhérents aux objectifs apochromatiques et qui ne peuvent être éliminés par la construction de l’objectif lui-même. Ces oculaires donnent une image parfaite avec les objectifs apochromatiques et avec les autres objectifs à grand angle, mais, ils ne conviennent pas aux objectifs ordinaires à petit angle.

Le numéro de ces oculaires indique aussi le grossissement qu’ils donnent avec un objectif quelconque, pour la longueur de tube indiquée.

LES OCULAIRES

Ainsi donc, l’oculaire 4 amplifie 4 fois l’image donnée par l’objeclif. Supposons que nous ayons à faire à un '/lo® pouce dont le grossissement initial est 100; nous aurons donc 100 x 4 =400 pour grossissement total.

Ces oculaires sont aussi montés de telle façon qu’on puisse remplacer l’un par l’autre sans devoir changer la mise-au-point et tous (sauf le 27) permettent l’usage facile de la chambre claire.

Oculaires à projection. Ces oculaires, qui sont également dûs à M. le prof. Abbe, sont destinés à projeter sur un écran l’image donnée par l’objectif ; ils sont donc éminemment propres à la photomicrographie et tout fait croire qu’ils finiront par être exclusivement employés par tous les photomicrographes.

Ils sont en effet très commodes et donnent des images très nettes et très pures.

Ces oculaires se composent d’un verre projecteur petit, achromatisé, biconvexe, et d’une lentille collectrice ou verre de champ piano-convexe, à courbure dirigée vers l’objectif. Un petit diaphragme limite le champ de l’image et le verre projecteur qui est mobile peut s’en rapprocher plus ou moins.

L’ensemble du système est soigneusement corrigé chromatiquement et sphériquement, surtout au point de vue des aberrations chromatiques secondaires et des différences de foyer entre les rayons chimiques et les rayons optiques.

L’image projetée sur un écran ou sur la plaque sensible, conserve, dans toutes ses parties, exactement la même disposition que dans les observations ordinaires. Aussi, la préparation ayant été disposée comme on le désire, toute l’opération subséquente consiste à remplacer l'oculaire ordinaire par l’oculaire à projection et à visser ou dévisser le système projecteur jusqu’au moment où le bord du diaphragme se montre avec le maximum de netteté sur l’écran ou sur le verre mat de la chambre photographique. Plus la distance entre l’écran (ou le verre mat) et le microscope est petite et plus le système projecteur doit s’écarter du diaphragme : le système projecteur doit donc sortir d’autant plus fort du tube.

Du moment que l’image est bien nette on peut passer aux opérations photographiques qui se font comme à l’ordinaire. Un point qu’il faut cependant observer pendant le réglage préalable, c’est que, pendant toutes les opérations, le tube du microscope doit conserver exactement la même longueur et cette longueur est, naturellement, celle pour laquelle l’objectif est construit.

Les oculaires à projection sont, jusqu’ici, construits par MM. Zeiss, Reichert et Powell et Lealand ; les deux premiers constructeurs font des oculaires différents pour le tube continental et pour le tube anglais.

LES OCULAIRES

Les oculaires pour le tube continental (de i6o m/m) ont une amplification de 2 et 4 fois. Ceux pour le tube anglais de 25o m/m. sont marqués 3 et 6.

Ces chiffres indiquent directement la multiplication par l’oculaire "du grossissement initial de l'objectif, ou, en d’autres termes, le rapport dans lequel la longueur focale de tout le microscope est diminuée.

Ainsi l’oculaire 2 diminue juste de moitié la longueur focale d’un objectif quelconque ; par conséquent un objectif de 3 m/m projette, avec cet oculaire, à une distance donnée, une image dont la grandeur est absolument identique à celle que donnerait, sans oculaire, pour la même distance, un objectif dont le foyer ne serait que de i,5o m/m.

L’amplification linéaire d’une image projetée est le quotient de la distance entre l’image et le foyer postérieur du système de lentilles, divisée par la longueur focale de ce système. Le foyer postérieur du système de lentilles correspond dans le microscope juste au bord supérieur de l’oculaire.

Il résulte des données précédentes, que l’on obtient la valeur de l’amplification de l’image, pour une distance quelconque entre l’oculaire et l’écran, en divisant cette distance (exprimée en millim.) par la longueur focale de l’objectif employé et en multipliant le quotient obtenu par le numéro de l’oculaire.

C’est ainsi que l’objectif de 3,o m /m donnera avec l’oculaire à projection n° 2, à une distance de i5o centimètres une amplification de 1000 fois :

i5oo

Toutefois, cette règle ne s’applique exactement qu’aux grandes distances; avec les distances faibles, les résultats que donne le calcul sont trop élevés.

Le diamètre de l’image sur l’écran ou sur la plaque photographique comporte environ

le 1/5 de la distance de l’image avec les oculaires 2 et 3, le 1/3 M » » » » » 4 6.

L’image peut être prise à une aussi grande distance de l’oculaire qu’on le désire. Le minimum de la distance entre l’oculaire et l’image peut être de 40 centimètres avec les n°s 2 et 4, et de 2 5 centimètres avec les n®‘’3 et 6.

Les oculaires faibles sont préférables pour les projections à faire durant les cours ou les démonstrations, de même que pour la photographie à faible grossissement ou avec de longues chambres noires. Au contraire, les oculaires forts 3 et 6 seront préférés, quand on voudra photographier avec des chambres noires à faible longueur.

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