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LES APPAREILS DE POLARISATION

l’on emploie le plus souvent dans le microscope pour polariser la lumière.

La prisme de Nicol est un parallélipipède de spath d’Islande dont la longueur égale 3, 7 fois son épaisseur. Ce parallélipipède est scié en deux suivant la diagonale AB (fig. 85) qui joint les sommets de ses angles obtus. Les plans de section soigneusement repolis sont ensuite recollés avec du baume de Canada. Or, l’indice de réfraction de cette - résine (15,49) intermédiaire entre l’indice ordinaire

de cette espèce arrivant sous un angle plus considérable subiraient sur la couche de baume une réflexion totale. Ainsi, tous les rayons compris entre les directions extrêmes o et Ae, réfractés ordinairement dans le spath, seront réfléchis et formeront un cône lumi-

indice inférieur à celui du baume, seront transmis à travers la substance collante et viendront s’épanouir à la sortie dans l’espace ik.

La lumière ainsi polarisée à l’aide d’un prisme de Nicol appelé polarisaieur et placé sous la platine à la place des diaphragmes passe à travers l’objet et est reçue par l’objectif au-dessus duquel, à une distance variable, elle rencontre un deuxième prisme de Nicol que l’on nomme l’analyseur et qui permet de reconnaître que la lumière est polarisée.

Lorsque l’analyseur et le polarisateur sont placés de telle façon que leurs faces de polarisation soient parallèles, le champ est éclairé ; les tourne-t-on au contraire de façon à ce qu’ils fassent l’un avec l’autre un angle de 90°, alors le champ paraît obscur.

La polarisation est d’autant plus complète que le champ paraît plus noir ou plus éclairé.

Beaucoup de substances exercent sur la lumière polarisée des effets caractéristiques qui permettent soit de les reconnaître, soit même d’en déterminer la structure ; quelques-unes apparaissent simplement

du spath (16, 58) et le minimum de son indice extraordinaire (14,83).

L’angle-limite pour le rayon ordinaire sur le baume de Canada étant 69°, 5, tout rayon réfracté ordinaire qui indice sous un angle plus oblique subit la réflexion totale.

Soit le rayon o qui pénètre obliquement à la face AC. 11 subira une réfraction qui fera changer sa direction. Supposons qu’il forme avec le plan de section A B un angle de 20°, 5 ; ce rayon limitera le champ privé des rayons ordinaires, puisque tous les rayons

neux h g qui se perdra sur la face noircie CB. Au contraire, les rayons extraordinaires, à cause de leur

Fig. 85.

LES APPAREILS DE POLARISATION. g3

éclairées dans le champ noir de l’instrument, d’autres en même temps revêtent les plus vives couleurs.

Outre l’importance que la polarisation offre au savant, certaines substances présentent au simple amateur un des plus beaux spectacles auxquels il puisse assister ; aussi n’est-il guère de microscope un peu complet qui ne soit muni d’un appareil de polarisation.

Les substances qui excercent une action quelconque sur la lumière polarisée sont dites anisotropes, celles qui laissent au contraire le champ obscur reçoivent le nom de substances inactives ou isotropes.

On peut augmenter notablement la sensibilité de l’appareil de polarisation à l’aide de lames minces de gypse et de mica que l’on fixe au dessus du polarisateur.

L’appareil de polarisation, tel qu’on l’applique ordinairement aux microscopes, est formé de deux prismes de Nicol, dont l’un se place sous la platine du microscope et l’autre s’adapte à l’extrémité inférieure du tube, immédiatement au-dessus de l’objectif ; un bouton ou un cordon molleté, saillant, permêt de faire tourner ce prisme dans le tube qui le renferme.

Quelques constructeurs placent l’analyseur au-dessus de l’oculaire, mais cette disposition a l’inconvénient de rétrécir considérablement le champ de vision. M. Harting recommande un moyen qui tient le milieu entre les deux positions précédentes : il place l’analyseur à la partie inférieure du tube de l’oculaire.

MM. Hartnack et Prazmowski ont imaginé une nouvelle disposition de l’appareil de polarisation et l’ont fait breveter. Cet appareil diffère du prisme de Nicol par une forme particulière donnée aux prismes de spath d’Islande. L’analyseur se laisse placer très commodément entre l’œil et l’oculaire sans rien ôter du champ de vision. Pour la description complète de ces prismes on peut consulter les Annales de la Société phytologique et micrographique de Belgique, année 1867.

Beaucoup de condenseurs anglais sont munis d’un polarisateur qui s’écarte à volonté: tels sont ceux de M. Swift ; excellent aussi est celui que MM. Ross et C® adaptent à leur microscope et qu’ils

désignent sous le nom de Darker's revolving selenite stage.

Darker's revolving selenite stage. — Cet appareil qui s’adapte sur le substage ou platine accessoire, se compose d’un tube renfermant trois cadres métalliques. Chacun de ceux-ci contient une lame de sélénite éclairant le champ polarisé d’une couleur différente.

Chacun de ces cadres peut tourner isolément sur lui-même et peut en outre, à l’aide d’un petit levier, être éloigné de l’axe de l’instrument. On peut, de cette façon, employer une ou plusieurs des lames à la fois. Le prisme de Nicol se visse en dessous de cet appareil.

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