Oculaire à dissection et prisme redresseur. On désigne
sous le nom d’oculaire à dissection un oculaire spécial destiné à redresser l’image qui, comme on le sait, se présente toujours renversée.
Cet oculaire est formé de deux oculaires placés chacun aux extrémités d’un tube de laiton. En réalité ce n’est autre chose que l’oculaire terrestre que l’on adapte aux lunettes astronomiques.
En tirant plus ou moins ce tube on obtient un microscope pancratique, c’est-à-dire dont le pouvoir amplifiant augmente proportionnellement à sa distance de l’objectif. C’est ainsi qu’avec l’oculaire à dissection de M. Hartnack, adapté à son microscope, le pouvoir amplifiant varie de 6 à 5o diamètres avec l’objectif n° 2, et de 3o à I lo diamètres avec le n° 4.
L’oculaire à dissection est un accessoire excellent, alors que l’on veut se servir du microscope composé pour faire des dissections ou pour trier des diatomées ; sans lui on a beaucoup de peine à diriger convenablement les aiguilles, parce que tous les mouvements doivent se faire en sens opposé à ce que l’on voit.
Pour remplir le même but feu A. Chevalier fabriquait un prisme redresseur, que l’on place sur l’oculaire. Nous estimons beaucoup cette dernière pièce, dont l’usage est ti'ès commode, quand il s’agit de dissections continues et qui. ne nécessitent pas à chaque instant un changement d’amplification.
Le prisme redresseur d’Arthur Chevalier a l’avantage de s’appliquer immédiatement sur tout oculaire quelconque, mais il diminue le champ de vision. Pour remédier à cet inconvénient M. Nachet construit un oculaire spécial (fig. 96) qui renferme un prisme à quatre faces dont les angles sont calculés de telle façon que les rayons, formant l’image, y sont réfléchis trois fois avant d’arriver à l’oeil, et donnent sur la rétine une image renversé de celle qui est fournie par
Fig. 96.
MICROSCOPE BINOCULAIRE STÉRÉOSCOPIQUE.
l’objet ; or, comme l’image donnée par l’objectif est renversée par rapport à l’oculaire, celle qui est fournie par le prisme est redressée par rapport à l’objet.