Oculaire comparateur du H. Van Heurck. Com
parer rigoureusement deux diatomées en les examinant successivement sous le même microscope est une chose absolument impossible. On se tire d’affaire en dessinant les deux formes et en comparant les dessins ; mais» quoique ce soit là le meilleur moyen d’étude des diatomées, c’est un procédé qui prend tant de temps qu’on ne peut pas y avoir recours constamment.
Afin d’aller plus vite, nous avions imaginé, il y a déjà longtemps, d’employer simultanément deux microscopes, donnant le même grossissement et rapprochés de façon que chacun d’eux correspondait à l’un des yeux. Après quelques tâtonnements on peut arriver, par un procédé analogue à celui dit « de la double vue » à superposer les images; toutefois cela ne se fait pas sans fatigue et on ne peut continuer le travail pendant de longues heures comme on a souvent besoin de le faire.
Ayant vu décrit dans le journal de la Société royale de Microscopie de juin 1886, le comparateur qu’emploie M. InostranzefF pour comparer la couleur des minéraux, il nous vint à l’idée de construire et d’essayer un appareil semblable. Nous reconnûmes que l’instrument était très pratique mais ne suffisait pas pour les diatomées; d’abord le champ est partiellement coupé, ensuite il reste, là où se joignent les prismes, une bande noire qui ne permet pas un rapprochement parfait, et, enfin, nous préférons que la juxtaposition (pour la raison que nous dirons plus loin) des diatomées se fasse» non dans le sens longitudinal, mais dans la moitié de la largeur de la valve.
M. Cari Reichert, de Vienne, a, d’après notre dessin, construit un appareil qui fonctionne parfaitement. Au lieu des deux prismes juxtaposés par une de leurs arêtes, comme dans l’instrument de M. InostranzefF, nous avons ici deux prismes de grande taille mais de faible largeur et juxtaposés par une des faces triangulaires (fig. 98). Les deux images sont juxtaposées
dans le sens de la hauteur; la pièce portant les deux prismes est mobile, elle peut tourner sur son axe et être fixée dans une position quelconque. En la tournant légèrement on peut faire disparaître complètement la ligne de séparation des deux prismes et cela si parfaitement que l’on peut constituer une valve parfaite avec deux moitiés de valve, appartenant chacune à un des champs.
102 ÉCLAIRAGE ARTIFICIEL DU MICROSCOPE
C’est ainsi que nous avons pu faire un photogramme représentant une valve à' Actinoptychus splendens composé par la juxtaposition, à l’aide du comparateur, de deux demi- valves. Le photogramme doit être examiné très attentivement pour trouver l’endroit où les valves se joignent.
Les comparaisons sont donc aussi complètes que possible et les images sont si nettes, que l’on peut employer même de forts objectifs. Des diaphragmes D coupent dans chaque partie du tube la lumière venant du côté opposé et qui serait nuisible.
Éclairage artificiel du Microscope. 1. Lampes. Le mi-
crographe n’est pas toujours libre d’employer son temps comme il le voudrait, bien souvent il doit remettre au soir les observations qu’il aurait faites plus facilement le jour. Heureusement, il y a peu d’observations qui ne puissent se faire à la lumière artificielle ; l’étude des diatomées et la résolution des tests se font même mieux à la lumière de la lampe qu’à la lumière du jour.
On peut, pour ces observations, se servir d’une lampe à huile, mais une lampe à pétrole est bien préférable, car la lumière en est plus blanche.
Le gaz peut être également employé.
Une lampe à pétrole ordinaire suffit pour la plupart des recherches. Les constructeurs anglais ont cependant imaginé diverses espèces de lampes qui jouissent de quelque avantage.
On en vend qui coûtent des sommes considérables, jusqu’à 1 5o frs et même plus.
L’essentiel est d’avoir une lampe donnant une lumière bien blanche ce qui dépend de la bonne construction du bec et dont on puisse à volonté utiliser soit le tranchant, soit la partie plate, tout en préservant autant que possible l’œil contre la lumière rayonnante de la partie non employée. La lampe figurée ci-contre, de MM. Watson et Sons (fig. 99), remplit parfaitement ces conditions tout en coûtant un prix modique.
Les mêmes fabricants vendent une lampe plus complète, munie d’un réflecteur argenté, d’une lentille condensatrice, d’un verre teinté, etc. Mais ce luxe est le plus souvent inutile.
Mais il y a mieux, aujourd’hui, que réclàirage au pétrole, c’est l’éclairage électrique par incandescence.