MICROSCOPE PHOTO-ÉLECTRIQUE
La difficulté qu’il y a à montrer successivement à un certain nombre de personnes les objets microscopiques sur lesquels on veut appeler leur attention, et la perte de temps qui en résulte nécessairement, a fait depuis longtemps songer à des appareils spéciaux qui permissent d’éviter ces inconvénients. De là l’origine des microscopes à projection.
Ces appareils reposent tous sur le même principe qui est aussi celui de la lanterne magique : les rayons, provenant d’une source de lumière, sont reçus par une lentille convexe (ou une réunion de lentilles jouant le même rôle) qui les concentre sur l’objet ; de là, ces rayons parviennent à un objectif placé à une distance un peu plus grande que la distance focale principale. Grâce à cette disposition, il se forme une image réelle et très amplifiée de l’objet et cette image est reçue sur un écran plus ou moins éloigné.
On distingue plusieurs espèces de microscopes à projection qui, en réalité, sont à peu près le même instrument, mais dont le nom varie d’après l’appareil d’éclairage. Ce sont le microscope solaire, le microscope photo-électrique et le microscope à gaz.
Tous ces appareils exigent une chambre ou une salle complètement obscure, afin qu’aucune lumière autre que celle fournie par l’instrument ne vienne frapper les yeux des spectateurs, et ne diminue par suite l’intensité de l’image qui doit être reçue sur un écran bien tendu et formé soit de papier blanc résistant, soit d’une toile bien blanche. Lorsque les spectateurs sont placés du côté de la toile opposé à celui où est placé l’appareil, il faut alors que la toile soit mouillée immédiatement avant les expériences ou bien, ce qui vaut mieux, qu’elle soit encollée avec une ou deux couches de gélatine. Le but de cet encollage est de fermer les interstices qui se trouvent entre les fils de la toile.
MICROSCOPE SOLAIRE
Le plus ancien des appareils, dont il est ici question, est le microscope solaire dont l’invention est généralement attribuée à Lieber kuhn, Toutefois les recherches de M. Harting prouvent incontestablement que cet appareil est dû au Père Kircher et que Lieberkuhn, qui avait fait connaître cet instrument en Angleterre et s’en était attribué l’invention, n’avait fait qu’imiter un microscope construit par Fahrenheit qui demeurait alors à Amsterdam. C’est dans cette ville, entre les mains de George Clifford et de Henri de Raad, que Lieberkuhn avait vu cet instrument.
Le microscope solaire a reçu de Charles Chevalier de très importantes modifications ; c’est le modèle combiné par cet illustre opticien (fig. 117) dont nous allons donner la description.
AA B B, plaque de bois, ou panneau de volet, percé d’une ouverture circulaire qui doit être située exactement en face du tube T de l’instrument.
aabb^ plaque en cuivre fixée sur la précédente au moyen de boutons à vis, M miroir plan réflecteur qui peut se mouvoir circulairement à l’aide du bouton C, qui fait tourner le disque D au moyen d’un engrenage.
C second bouton qui imprime au réflecteur un mouvement vertical.
Afin de donner toute l’exactitude et la solidité possibles au mouvement vertical de l'appareil, Charles Chevalier a placé sur le côté de l’instrument une roue d’engrenage.
T est un tube conique qui porte à son extrémité évasée le grand verre condensateur ; le sommet du cône est terminé par un tube E qui reçoit un autre tube t, dont l’extrémité est garnie, près du porteobjet, d’un second verre condensateur qui reçoit généralement le nom de focus.
Charles Chevalier a rendu cette lentille mobile au moyen d’une crémaillière. On peut donc changer le foyer de cette lentille, ou, en d’autres termes, placer l’objet plus ou moins près de son foyer, et cette circonstance est importante; car certains objets exigent peu de lumière et d’ailleurs il en est qui seraient consumés ou altérés à
MICROSCOPE SOLAIRE