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l'instant même s’ils étaient placés exactement au foyer des condenseurs. Au niveau de E le tube est mobile, ce qui permet aussi de régler l’éclairage.
N représente la platine formée de deux plaques qui s’écartent et se rapprochent à volonté au moyen de petits ressorts hélicdides. Autrefois on ne pouvait employer que des préparations d’une certaine forme ; la disposition de Charles Chevalier permet de soumettre à l’action de l’instrument tous les corps imaginables, et notamment les boîtes à parois parallèles transparentes.
Voyons maintenant comment est construit le système amplificateur. H est une tige carrée que le bouton d’engrenage F fait glisser dans la boîte G ; à son extrémité se trouve fixée à angle droit la pièce I, qui reçoit les trois lentilles achromatiques K, et dans certaines circonstances la lentille concave L, dont nous reparlerons. Tout près de L se trouve une vis de rappel pour mettre exactement au foyer.
Charles Chevalier a aussi appliqué au microscope solaire l’emploi de la vis de rappel pour les mouvements lents. Aussitôt qu’il parvint, en 1823, à faire des lentilles achromatiques il les adapta au microscope solaire.
U, Avant d’indiquer la j / marche à suivre pour — -A faire usage de l’instrument solaire, explif quons en quelques
mots la théorie de l’instrument.
M (fig. Il 8) représente le miroir, c le grand condensateur, C le focus, L les trois lentilles achromatiques, A la lentille concave achromatique, P est un prisme rectangulaire que l’on adapte ou que l’on supprime à volonté, R R’ représentent les rayons solaires réfléchis en rr par le miroir M, réfractés par le condensateur c, et, enfin, par la lentille C qui les concentre sur l’objet O. Les rayons qui ■ partent de l’objet sont repris et réfractés de nouveau par les lentilles L, et vont, après s’être entre-croisés, former, sur un écran placé au-devant de l’instrument, une image renversée de l’objet, d’autant plus grande que l’écran est plus éloigné de l’objectif.
Nous avons signalé l’emploi de la lentille piano-concave achromatique A (fig. 118); voici les avantages que l’on en retire.
Il arrive souvent que la chambre où l’on fait les expériences n’est pas assez profonde et que l’on ne peut obtenir l’amplification désirable. En plaçant devant les lentilles le verre achromatique concave dont
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MICROSCOPE SOLAIRE
nous avons parlé, on remédie à cet inconvénient, car l’image produite est bien plus grande que si la lentille n’était pas employée. Du reste, la figure fera parfaitement comprendre cet effet : la plus grande divergence des rayons BB’ produit une image plus grande que si elle était formée par la prolongation des rayons bb\ arrêtés à la même distance. Le verre concave peut-être supprimé suivant les effets que l’on désire obtenir.
La figure fait également comprendre l’effet du prisme P, qui permet de reporter l’image, soit latéralement, soit sur le parquet ou au plafond.
Voyons maintenant comment on emploie le microscope solaire :
La chambre servant aux observations devra, autant que possible, n’avoir qu’une fenêtre exposée au midi. Cette fenêtre sera parfaitement calfeutrée à l’aide de volets, puis on enlèvera un des carreaux que l’on remplacera par un panneau de bois que l’on percera d’une ouverture circulaire assez grande pour y faire passer le miroir de l’instrument. C’est sur ce panneau que l’on fixera la plaque aa, bb, que l’on maintiendra à l’aide des boutons à vis qui seront serrés dans des écrous placés dans le panneau.
Le miroir M se trouvera donc en dehors de la fenêtre ainsi que le grand verre condensateur.
On enlèvera alors le porte-objectif L et on fera mouvoir le miroir M en tournant peu à peu les boutons cc jusqu’à ce que le soleil vienne se réfléchir dans le miroir M qui renverra les rayons solaires sur le condensateur. Puis, saisissant l’engrenage du focus, on le fera mouvoir jusqu’à ce qu’on obtienne sur l’écran un disque parfaitement éclairé. Il ne restera plus qu’à remettre en place le porte-objectif et à glisser la préparation entre les deux plaques à ressort de la platine.
On cherchera ensuite le foyer en faisant mouvoir les lentilles à l’aide du bouton F.
On sait que \& focus est destiné à régler la lumière et que l’on peut avec lui éclairer peu ou fortement l’objet, suivant que l’on fait arriver sur ce dernier le foyer des rayons lumineux ou qu’on place l’objet en dedans de ce foyer. Les objets délicats, vivants, etc., ne doivent donc pas être placés au foyer des rayons lumineux, mais bien en dedans. Du reste, un peu d’habitude apprendra de suite ces petites précautions. On devra aussi surveiller l’état de la lumière, car le mouvement de la terre oblige nécessairement à déplacer de temps à autre le réflecteur.
La connaissance intime des objets à observer donnera le secret de l’éclairage et l’on comprendra tout de suite que si, sur un animal vivant, tel que ceux que l’on emploie quant on veut observer la circulation du sang, on projette le foyer des rayons solaires, il y aura cessation de la vie, et par conséquent du phénomène ; d’autres fois, cette concentration de la chaleur est nécessaire, par exemple, lorsqu’il
MICROSCOPE A GAZ
s’agit de faire cristalliser des solutions salines. Il est donc important de savoir régler la lumière avec le focus. On peut également, pour cet usage, se servir du tube E, que l’on fait glisser dans le tube T. L’image produite par le microscope est reçue sur un écran, qui doit être parfaitement tendu et parallèle au microscope. Plus l’écran sera près, plus l’image sera petite et vice versâ. Cependant l’écran ne peut être reculé que dans certaines limites, sinon la lumière devient insuffisante. Du papier blanc, bien tendu sur un châssis, formera un des meilleurs écrans. On peut aussi employer du papier végétal ou projeter l’image Sur une muraille bien blanche et unie.
En se plaçant derrière l’écran, lorsqu’il est en papier mince, on voit distinctement les obj’ets et l’on peut les dessiner. Lorsque l’on montre à un plus ou moins grand nombre de spectateurs les merveilleux effets du microscope solaire , on les fait placer derrière l'écran, afin qu’ils ne puissent voir que l’objet, et que rien ne distraie leur esprit.
Afin d’obvier aux inconvénients de la lumière solaire, surtout lorsqu’il s’agit de démonstrations scientifiques, on a recours à l’emploi de la lumière oxy-hydrique ou de la lumière électrique. On employé donc le microscope à gaz ou le microscope photo-électrique, qui, nous l’avons déjà dit, ne sont autres que l’instrument solaire modifié relativement à la source lumineuse.
Le microscope à gaz, employé premièrement par M. Cooper, de Londres, fut importé en France par M. "Warwick, mais l’appareil était dangereux à employer ; Charles Chevalier et Galy-Cazalat le modifièrent de façon à le rendre tout-à-fait maniable.
On comprend que, malgré l’utilité de cet instrument, son usage soit restreint.
Le microscope photo-électrique fut d’abord construit par Charles Chevalier, d’après les idées de MM. Donné et Foucault. Cet instrument a été perfectionné, relativement à la forme et à l’éclairage, par M. Duboscq, opticien, qui en a fait un appareil commode à employer. Comme le microscope à gaz, le microscope photo-électrique est d’un usage restreint, mais pour la régularité des effets, la vivacité de l’éclat de la lumière, on doit certes préférer la lumière du gaz oxy-hydrique.
Lorsqu’on a affaire à un grand auditoire, les objets très délicats ne peuvent être vus à une certaine distance, on peut alors remplacer l’objet lui-même, soit par une photographie, soit par un bon dessin tracé sur verre.
Les démonstrations à l’aide du microscope à gaz oxy-hydrique sont d’une grande utilité. Nous nous en servons avec beaucoup de succès depuis plus de vingt ans pour nos cours, et nous avons imaginé un appareil simple, très facile à manier et fonctionnant de la manière la plus régulière. Depuis plusieurs années notre appareil fonctionne
MICROSCOPE A GAZ
à l’École supérieure de pharmacie de Paris pour le cours de matière médicale de M. Planchon qui s’en loue beaucoup. Plus récemment le même appareil a été adopté par l’École industrielle d’Anvers, de même que par l’École de médecine de Nantes.
Dans cet appareil la source lumineuse est un cylindre de chaux rendu incandescent par un jet de gaz oxygène et hydrogène qui arrivent à volonté, soit séparés, soit combinés. Le condenseur a trois pouces et demi de diamètre et les courbes des lentilles sont calculées de façon à utiliser entièrement les rayons émis par la source lumineuse.
Fig. 119.
MICROSCOPE A GAZ
Devant le condenseur se trouve le microscope muni d’un mouvement prompt et d’un mouvement lent. L’objectif employé est le 2/3 de pouce de Ross ayant à sa partie antérieure un amplificateur achromatique.
On peut instantanément remplacer le microscope par un objectif spécial permettant de projeter les dessins et les photographies.
Une des qualités les plus précieuses de cet appareil c’est qu’il n’exige qu’une distance de 2 à 3 mètres entre l’instrument et l’écran. L’appareil à photographies, notamment, fournit une image de 2 1/2 mètres de diamètre à 3 mètres de distance.
La production de l’oxygène se fait en 20 minutes environ à l’aide de cornues spéciales en tôle qui sont à l’abri de toute explosion.
MM. Watson & Sons fabriquent aussi un microscope très simple qui s’adapte à la première lanterne à projection venue. Cet appareil, que nous représentons dans la fig. 119, ne peut naturellement être employée que pour les faibles grossissements.
Notons encore, avant de finir, que, grâce aux oculaires à projection du Prof. Abbe, tout microscope quelconque peut se transformer en microscope à projection. Il suffit pour cela de l’incliner à l’horizontalité, d’amener une source lumineuse derrière le condenseur, et de recevoir sur un écran approprié les rayons sortant de l’oculaire.